lundi 8 février 2016

LA DÉFENSIVE INTRAITABLE DES BRONCOS LEUR PERMET DE GAGNER LE SUPER BOWL 50.


Le Super Bowl réserve toujours de belles histoires à raconter.  C'est le cas depuis 50 ans.  Celui présenté hier à San Francisco ne fait pas exception.  Ce matin, sur la première page de tous les journaux, c'est la photo du quart-arrière gagnant Peyton Manning (ci-dessus) qui apparaît avec le trophée Vince Lombardi en main.  Mais comme il l'a dit lui-même dans une comparaison très juste, il était membre du groupe musical des Broncos et il a chanté quelques chansons, mais il n'était pas le chanteur principal.  Il doit beaucoup à l'intraitable défensive des siens, pour ce triomphe (et après une difficile saison personnelle), qui lui permet de prendre sa retraite (qu'il devrait annoncer dans les prochaines semaines) en champion, et avec le record de 200 victoires en carrière.


Car dans ce dur affrontement au cour duquel les défensives des Panthers et des Broncos ont joué à la hauteur de leur excellente réputation, les attaques des belligérants n'ont pas eu beaucoup de chance.  Ce gain de 24-10, Denver le doit à quelques jeux clés et à un individu en particulier, le joueur du match, Von Miller (photo ci-dessus).  Oui, hier, c'était vraiment "Miller Time" !  Les deux échappés qu'il a provoqués ont entraîné directement les deux touchés des siens.  Lui, et ses coéquipiers de la défensive, ont prouvé que le quart-arrière adverse, Cam Newton, premier choix du repêchage de 2011 devant Miller, n'était pas Super Man, un titre qu'il aime s'attribuer.  Après leur victoire, c'est certain que c'était facile pour les joueurs des Broncos d'affirmer, comme ils n'ont pas manqué de le faire, que le très arrogant Newton jouait avant tout pour lui-même et non pour ses coéquipiers et les partisans de la Caroline.  C'était quand même un bon point...


D'ailleurs, le gros numéro 1 des Panthers (photo ci-dessus) s'est montré inélégant après la défaite des siens.  En conférence de presse, affichant une humeur massacrante, il a quitté précipitamment et brusquement les lieux quand une question d'un journaliste a semblé lui déplaire.  Mauvais perdant, manifestement...  Il faut dire que Newton avait un poids énorme sur les épaules.  Les espoirs du club du joueur de l'année dans la NFL reposaient beaucoup sur lui.  Mais en réussissant à le contrer dans ses courses ou dans ses tentatives de repérer ses receveurs de passe, la défensive des Broncos a réussi ce que peu d'experts croyaient possible.  Mais une fois Newton maîtrisé et ses receveurs bien couverts, l'offensive des Panthers n'avait nulle part où aller.  C'est ça le danger de trop dépendre d'un seul joueur, aussi bon soit-il, pour gagner.


Oh !  L'attaque des champions de la Conférence Nationale a certes fait quelques incursions assez profondément en territoire ennemi.  Mais des revirements et un placement raté ont fait partie des erreurs qui lui ont coûté cher.  Le retour de botté de 61 verges de Norwood ne les a pas aidé non plus, Manning réussissant à le convertir en un placement.  Ça faisait donc un total de 18 points sur 24, redevables à l'unité défensive et aux unités spéciales des Broncos.


Au bout du compte c'est encore une fois la meilleure défensive qui procurait le championnat aux gagnants.  C'est presque toujours la même histoire.  Mais il faut donner le crédit au président John Elway (photo ci-dessus), qui a su tirer la bonne leçon de la retentissante défaite des siens, il y a deux ans, contre Seattle dans le Super Bowl XLVIII.  Son équipe misait alors sur la meilleure offensive de tous les temps pour l'emporter.  On a vu ce qui est arrivé.  Il ne s'est pas trompé cette année en dépensant pas moins de 100 millions de dollars en contrats, pour s'assurer les services des meilleurs joueurs défensifs disponibles.  L'embauche d'un entraîneur en chef plus conservateur, en la personne de Gary Kubiak, s'est aussi avéré un choix judicieux.


De l'autre côté du terrain, l'échec a fait d'autant plus mal aux Panthers qu'ils étaient favoris pour gagner, après une saison de rêve, au cours de laquelle ils n'avaient subi qu'un revers.  Les perdants n'ont pas traîné sur le terrain après le coup de sifflet final.  Sauf un Josh Norman (photo ci-dessus) en pleurs, et visiblement malheureux devant des Broncos se livrant aux célébrations d'usage après un tel accomplissement.  Peut-être que le demi défensif des Panthers avait raison de rester là et de souffrir.  Plus ça fait mal, plus ça sert de leçon pour revenir peut-être l'an prochain et se retrouver cette fois du bord des champions.  Une leçon d'humilité que les jeunes et arrogants Panthers devraient s'efforcer d'apprendre, en effet...

Ça rappelle la saison presque parfaite des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, il y a quelques années.  Super confiants de l'emporter contre les Giants de New York dans le match de championnat, ils avaient fait fabriquer un paquet de produits et de marchandises vantant leur saison parfaite.  C'était vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.  Avec le résultat que l'on connaît...

jeudi 4 février 2016

SUPER BOWL 50 : LES PANTHERS FAVORIS MAIS LES BRONCOS VEULENT GAGNER À TOUT PRIX POUR MANNING.


Dans un des articles que j'ai écrit ici avant le début de la présente saison, j'établissais les Broncos de Denver comme un des clubs favoris pour représenter la Conférence Américaine au match de championnat du Super Bowl, qui aura lieu dimanche prochain, à San Francisco.  Tout le monde savait déjà à ce moment-là que, Peyton Manning, l'un des meilleurs quarts-arrières de tous les temps (nommé cinq fois "Joueur le plus utile à son équipe" -un record-), entreprenait fort probablement la dernière campagne de son illustre carrière.  Et qu'il souhaitait sans doute qu'elle se termine en brandissant à bout de bras le trophée Vince Lombardi, comme ce fut le cas pour John Elway (à gauche avec Manning, photo ci-dessous) un autre grand joueur de quart, qui est l'actuel président des Broncos.  Elway a conclu son brillant parcours avec deux bagues de championnat acquises en 1997 et 1998.  Manning en a une qui date de 2006 mais il a aussi échoué en deux autres occasions quand il a participé au match ultime.


Certes, le vieux numéro 18 des Broncos n'est plus aussi fort et fringuant qu'avant, et il admet d'emblée que si son équipe est rendu là, c'est indéniablement à cause de son excellence en défensive.  Mais ses coéquipiers répliqueront qu'il les a grandement inspirés cette année et qu'ils se sont surpassés pour lui donner la chance de tirer sa révérence dans la gloire, comme il le mérite.  Ce désir d'aller jusqu'au bout pour Manning a été sûrement un facteur qui explique pourquoi les Broncos ont fait l'histoire en 2015-16 en devenant la première équipe en 50 ans à gagner au moins onze parties par la marge de sept points et moins.  Bien sûr, dimanche, la défensive sera encore à l'avant-plan, et Manning, qui est devenu davantage un manager de match, misera sur sa vaste expérience, sa connaissance intime du jeu, et son intelligence, pour minimiser les erreurs, et en faire juste assez en attaque, pour permettre aux siens de triompher.


Ses adversaires, les Panthers de la Caroline (qui comme les Broncos étaient semés no 1 dans leur Conférence au début des éliminatoires), sont favoris par 5 ½ points pour l'emporter.  Rien d'étonnant dans cette prédiction, étant donné la saison exceptionnelle (une seule défaite) qu'ils ont connue.  Ils sont jeunes, forts, enthousiastes, et ils sont menés par un surhomme, leur quart-arrière Cam Newton (6' 5", 245 lbs, photo ci-dessus) , aussi bon coureur que passeur.  Après Peyton Manning et Tom Brady, c'est peut-être lui qui prendra le flambeau et qui deviendra le meilleur quart-arrière de l'histoire du football américain.  Il va sans dire que si les Broncos ont la moindre chance de gagner, c'est avant tout en le rendant uni-dimensionnel, c'est-à-dire, en limitant grandement les dommages qu'il peut causer en courant avec le ballon, soit pour des gains au sol, soit en échappant à la poursuite du front défensif pour réussir ses passes.  Deux défensives supérieures (Seattle et Arizona) presque aussi bonnes que celle des Broncos, n'ont pas réussi cette mission, quasi impossible, au cours des présentes séries éliminatoires.

Les Panthers ont pris l'habitude d'exploser en attaque au cours de la première demie de leurs derniers matchs.  Ils ralentissent par la suite.  Si la défensive des Broncos parvenait à les museler en début de rencontre, elle donnerait de l'espoir au reste du club.  Les Panthers n'ont pas eu tellement d'adversité cette année, ils n'y sont guère habituée.  Comment réagiraient-ils s'ils ne connaissaient pas un bon départ dans le match du Super Bowl ?  On l'a dit, ils sont jeunes, ils pourraient devenir nerveux et cafouiller, même s'ils ont démontré énormément de confiance en eux cette année.  L'inverse est aussi vrai.  Les Broncos, plus expérimentés, ne seraient pas désarçonnés s'ils devaient voir les choses aller mal en première moitié de rencontre.  Ils pourraient laisser passer la tempête et revenir plus forts en seconde demie.


En attaque, si Manning peut entrer dans son rythme caractéristique et déclencher de courtes passes rapides à gauche et à droite, il pourrait faire passer de mauvais moments à la défensive des Panthers.  Cette dernière sera-t-elle vulnérable avec un Thomas Davis jouant avec un avant-bras cassé ?  Manning, qui tente de devenir le premier quart-arrière partant à gagner le Super Bowl avec deux clubs différents (Colts + Broncos), a des armes pour faire mal à n'importe qui.  Emmanuel Sanders (photo ci-dessus) est dangereux avec sa vitesse et son talent de "sauteur" qui le rend capable de capter le ballon en "altitude" et au milieu de plusieurs défendeurs.  Demaryius Thomas a été bien tranquille en séries jusqu'ici, mais il peut se réveiller durant le Super Bowl.  Au contraire, l'ailier rapproché Owen Daniels  fait flèche de tout bois et il a aidé les siens à parvenir au match de championnat en marquant deux touchés contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, en finale de Conférence.


Je ne crois pas que l'une ou l'autre des attaques au sol aura bien du succès face aux défensives étanches qu'elles vont affronter.  Le sort de la partie reposera donc grandement sur les épaules des quarts-arrières et de leur capacité à éviter la pression des fronts défensifs adverses.  Avec l'âge, Manning a ralenti.  Il n'a pas beaucoup de chance de gagner du temps en courant derrière la ligne de mêlée pour repérer ses receveurs.  Il doit donc décocher ses passes rapidement, après un minimum de recul derrière son joueur de centre.  Il sera vulnérable sur les longs jeux, soit en hâtant ses passes pour éviter de subir des sacs (un manque de précision pourrait en résulter ainsi que des interceptions, un point fort chez les demis défensifs de la Caroline), soit en risquant d'être frappé et blessé s'il ne peut pas échapper à la poursuite du front défensif des Panthers, menée par l'incroyable Luke Kuechly (photo ci-dessus) qui semble toujours être partout sur le terrain !


Plus jeune et plus fort que Manning, Cam Newton a maintenant assez d'expérience (5 ans) pour ne pas être autant désavantagé à ce chapitre, par rapport à son vénérable homologue des Broncos.  Mais il aura le défi de résister à la meilleure défensive de la Ligue quand on parle de pression sur le quart ennemi.  En saison régulière elle a dominé pour le nombre de sacs avec 52.  Contre Brady, il y a deux semaines, elle a réussi à le presser sur 46% de ses tentatives de passes.  Si Von Miller et DeMarcus Ware sont des maîtres dans ce domaine, leur coéquipier Derek Wolfe (photo ci-dessus) n'est pas loin derrière.  S'ils parviennent à contenir Newton, ce dernier aura du mal à rejoindre son receveur de prédilection, l'ailier rapproché Greg Olsen.  À part ce dernier, Newton n'a pas beaucoup d'options.


Mais dans ces matchs du Super Bowl il y a presque toujours des inconnus qui se distinguent et s'illustrent.  Cette année, ce pourrait être le receveur Devin Funchess (un géant de 6' 5" des Panthers, photo ci-dessus).  Le grand gaillard pourrait remplacer le meilleur receveur de son club, Kelvin Benjamin, qui n'a pas joué un seul match cette saison après s'être blessé à un genou durant le camp d'entraînement.  Ça n'a pas empêché les Panthers de maintenir la meilleure moyenne de points comptés par partie (31,2).

Dimanche il faudra surveiller attentivement la bataille des tranchées.  C'est là que ça va se décider.  La ligne à l'attaque de Manning doit le protéger et lui donner le temps de travailler efficacement.  De l'autre côté, le front défensif des Broncos devra faire aussi bien sinon mieux que contre Brady et les Patriots dans la finale de l'AFC.  S'il ne parvient pas à mettre la main au collet de Newton, la journée pourrait être très longue pour "l'Orange Crush"...

Victoire des Panthers 20 à 16.

lundi 25 janvier 2016

NEWTON TROP FORT POUR LES CARDINALS / LA DÉFENSIVE DES BRONCOS MATE BRADY ET LES PATRIOTS.


Hier, dans la NFL, autant la première finale de Conférence, celle de l'Américaine, a été haletante; autant la seconde, celle de la Nationale, a été dénuée de suspense.  Dans cette dernière, pas besoin d'épiloguer outre mesure : le quart-arrière Cam Newton (no 1, photo ci-dessus) était tout simplement trop fort pour ses adversaires, les Cardinals de l'Arizona, humiliés 49-15 par la Caroline.  Le jeune prodige des Panthers, qui a lancé deux passes de touché, en plus d'en marquer deux lui-même par la course, a été à ce point dominant que l'on a eu l'impression qu'il jouait contre des enfants ou une équipe d'amateurs.  Idem pour la défensive des Panthers, qui a ridiculisé le quart-arrière ennemi Carson Palmer, en interceptant quatre de ses passes, et en provoquant deux autres revirements après lui avoir fait échapper le ballon.  À un moment donné, sur trois jeux consécutifs, les Cards ont commis trois revirements !  Incroyable !  Les hommes de Bruce Arians ont livré une performance gênante...

Mais donnons le crédit aux Panthers, qui, cette fois, après avoir pris une grosse avance au pointage, en première demie, n'ont pas connu de relâchement par la suite, comme cela avait été le cas pour eux à quelques occasions cette saison.  Ils ont tellement écrasé leur opposition, que les preneurs aux livres de Las Vegas les ont établis favoris par quatre points pour gagner le Super Bowl 50, dans deux semaines.  Ce sera leur seconde apparition à cette classique annuelle.


À Denver, la finale entre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Broncos en a été une digne du haut calibre habituel des séries éliminatoires de la NFL.  Elle n'a connu son excitant dénouement que dans les dernières secondes du quart final.  Même si pendant toute la rencontre, la féroce défensive du club local a tout fait pour ennuyer, frapper, et neutraliser le fameux duo offensif formé de Tom Brady et Rob Gronkowski, il s'en est fallu de très peu, quelques centimètres en fait, pour que les deux piliers des Pats poussent le match en prolongation.  Avec douze secondes au cadran, après un touché de ce même Gronkowski, Brady a tenté un converti de deux points en lançant le ballon à son gros ailier rapproché, à découvert dans la zone des buts.  Le demi défensif Aqib Talib, des Broncos, a touché le ballon du bout des doigts pour le faire dévier dans les mains de son coéquipier Bradley Roby, qui a réussi l'interception.  Après un botté court recouvré, les Broncos ont pu savourer cette victoire qui les propulse au Super Bowl pour la 8e fois, un record de la Ligue.


Si les Patriots ont dû tenter la transformation de deux points, en fin de partie, c'est parce que leur botteur Stephen Gostkowski (photo ci-dessus) avait raté celle d'un point, après le touché de Steven Jackson, au premier quart.  Il s'agissait de son premier échec du genre après 523 réussites d'affilée !  Le malheureux no 3 des Patriots s'en voulait, et, après le match, il a pris le blâme pour la défaite.  Avant le début de la saison j'avais écrit ici un article soulignant le changement de règlement en ce qui concerne les convertis d'après touché.  Puisque ceux-ci devaient être effectués plus loin de la zone des buts, je prévoyais qu'il s'en raterait plusieurs et que cela pourrait changer le résultat de certains affrontements.  On l'a vu encore hier...


Avant ce point saillant, les Broncos avaient commis leur pire erreur de la rencontre lorsque le demi offensif Ronnie Hillman n'a pu saisir un relais de Peyton Manning (photo ci-dessus).  Les arbitres ont cru en une passe incomplète mais les reprises télévisées ont plutôt montré qu'il s'agissait d'un échappé puisque le ballon avait été lancé vers l'arrière.  L'entraîneur des Pats, Bill Belichick a contesté la décision et il a eu gain de cause.  À 22 verges des buts adverses, Brady a capitalisé sur l'occasion en conduisant son attaque jusqu'au touché (course d'une verge de Jackson) qui aurait dû normalement permettre à son équipe d'égaler le pointage, à ce moment-là...  On connait la suite...


Sans connaître un match extraordinaire au point de vue statistiques (17 passes complétées en 32 tentatives pour 176 verges de gains), Manning a bien géré l'offensive en ne prenant pas de risques inutiles, compte tenu du pointage et de la position de son club sur le terrain, et en faisant confiance à sa solide défensive.  Il n'a pas commis d'interception et il a été opportuniste en rejoignant deux fois son ailier rapproché Owen Daniels (photo ci-dessus) pour des touchés.  En point de presse après la victoire, Manning s'est félicité pour avoir été patient tout au long de cette saison très particulière pour lui.  En effet, après avoir connu une campagne record (55 passes de touché !) il y a deux ans, le vétéran no 18 a expérimenté une première moitié de saison difficile en 2015, lançant 17 interceptions par rapport à seulement neuf passes de touchés.  Après une absence de six matchs en raison d'une blessure au pied, il a dû réchauffer le banc pendant une couple de parties avant de reprendre son poste.  Beaucoup de gens le croyaient fini...  En jouant avec sagesse, de façon conservatrice, et selon ses moyens, -encore considérables-, il a confondu ses détracteurs...


Si, à l'offensive, Manning a été assez efficace en respectant le plan de match de son entraîneur Gary Kubiak, il en a été de même pour la défensive, qui avait pour mission de déranger Brady le plus possible.  En plus de limiter à des gains insignifiants l'attaque au sol des Pats, Von Miller (2½ sacs, + une interception, photo ci-dessus) et ses coéquipiers ont plaqué Brady quatre fois pour des sacs, en le frappant -parfois rudement- à pas moins de 20 reprises lorsqu'il tentait des passes.  En comparaison, Manning n'a été atteint que quatre fois.  La ligne à l'attaque de la Nouvelle-Angleterre n'a pas assez bien protégé son quart-arrière ou est-ce que le front défensif de Denver était trop fort ?  Un peu les deux, probablement...

La défensive des Broncos a tenu en respect tous les éléments offensifs des Patriots sauf...Gronkowski.  Après avoir été muselé en première demie, le no 87 a livré toute une performance par la suite, même s'il a manqué quelques séquences offensives des siens à cause de crampes ou de malaises aux jambes, de déshydratation, et de manque d'oxygène (altitude des montagnes du Colorado !).  En plus de réussir un touché important en fin de match, il a capté huit passes pour d'impressionnants gains de 144 verges (presque la moitié des gains de son club).  Il s'est plaint à quelques reprises aux arbitres parce qu'il estimait qu'on l'avait illégalement retenu ou que l'on avait commis de l'obstruction à son endroit.  Certains cas étaient "limite", en effet...

Après la rencontre, les journalistes et les partisans déçus des Patriots ont aussi questionné certaines décisions de Belichick.  À deux reprises, au quatrième quart, profondément en territoire des Broncos, pourquoi a-t-il préféré tenter de gagner le premier jeu au 4e essai plutôt que de tenter deux courts placements ?  Il a répondu que c'était le pointage, et le temps qui restait dans le match, qui avaient dicté sa conduite.

En finales de Conférence, Peyton Manning a donc porté sa fiche à trois victoires et une défaite contre Tom Brady.  Il deviendra dans deux semaines, à près de 40 ans, le plus vieux quart-arrière à participer à un match du Super Bowl.  D'ici là, je reviendrai vous faire part de mon analyse et de ma prédiction pour ce match ultime.  Jusqu'ici cette année, j'ai visé juste dix fois sur dix dans mes prévisions...  De quoi mériter moi aussi ma place au Super Bowl !!!  Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !

vendredi 22 janvier 2016

FINALE DE LA CONFÉRENCE NATIONALE : AVEC CAM NEWTON AUX COMMANDES, RIEN NE SEMBLE IMPOSSIBLE POUR LES PANTHERS...


C'est très rare que l'on voit ça...  La semaine passée, pendant une pause commerciale, au 4e quart du match éliminatoire entre Seattle et la Caroline, les membres de l'unité défensive des Panthers étaient sur le terrain et se ravitaillaient en eau et en boisson énergétique, en attendant de reprendre l'action.  Fatigués, à bout de souffle, ils tentaient d'empêcher leurs adversaires de compléter une remontée qui aurait été la plus spectaculaire de l'Histoire de la NFL (un déficit de 31 points à la demie).

C'est alors qu'ils ont reçu de la visite.  Avec toute l'énergie entraînante, et la bonne humeur qu'on lui connaît, le quart-arrière Cam Newton (photo ci-dessus) est venu leur distribuer des mots et des cris d'encouragement, des tapes dans le dos ou sur les épaules, des poignées de main...  Dans bien des équipes, cette initiative peu commune d'un joueur offensif venant se mêler à des joueurs défensifs, aurait paru inappropriée.  Pas chez les Panthers, et pas de la part de Newton, un gars "pas ordinaire", qui fait des choses "pas ordinaires", avec la candeur innocente du gamin qu'il est toujours, à l'âge de 25 ans !


Celui qu'on l'on pressent sérieusement comme joueur de l'année dans la Ligue Nationale de Football, s'est comporté de la sorte pendant toute la campagne.  Sa détermination, sa force herculéenne, ses grandes habiletés, son enthousiasme sans borne, semblent le rendre capable de soulever des montagnes.  Avec lui, tout semble possible.  Même renverser l'improbable.  Comme gagner des parties après que son club ait tiré énormément de l'arrière, ou qu'il ait perdu ou vu fondre sérieusement des avances de 17 points (contre Indianapolis), 23 points (Green Bay), 28 points (New York Giants) et 31 points (la semaine dernière contre les Seahawks).

Ce genre d'écarts ou de revirements pourrait faire peur à bien des joueurs ou des entraîneurs à la veille de la finale de Conférence de dimanche contre les Cardinals de l'Arizona.  Mais pas à Newton.


Confiant en ses moyens et au plan de match de son coach Ron Rivera, le grand et gros no 1 des Panthers n'est jamais nerveux, même quand la soupe devient chaude pour les siens.  Dans ce temps-là, Newton n'envisage rien d'autre que de faire ce qu'il faut faire, et ce qu'il sait qu'il peut faire.  C'est pas plus compliqué que ça !  Irrésistible le leader des "Cats" ?  On le dirait bien, surtout lorsque l'on considère la fiche de son équipe cette année (16 victoires, une seule défaite) et ses exploits personnels, uniques dans l'Histoire de la NFL.  Cette saison, il est en effet devenu le premier quart-arrière à lancer 35 passes de touché et à marquer lui-même dix touchés au sol, en courant avec le ballon.


Et c'est bien là ce qui rend fous les joueurs des défensives adverses, comme Dwight Freeney (no 54 photo ci-dessus), des Cards, qui ont pour principales missions de stopper le jeu au sol et de presser et/ou plaquer (sac) le quart-arrière.  On ne sait jamais si l'imposant Newton va passer, courir avec le ballon, ou "hypnotiser" les défenseurs avec le jeu d'option.  Pour ce qui est de mettre la main au collet de la jeune merveille des Panthers, bonne chance !  Il peut vous échapper à la fois par sa vitesse surprenante pour un tel gabarit, ses feintes savantes, ou sa force de boeuf !

La défensive des Cardinals aurait eu de meilleures chances de limiter les dégâts que peut causer Newton, et l'attaque qu'il dirige, si elle avait pu compter sur les services du demi de sûreté Tyrann Mathieu (photo ci-dessus).  Ce dernier est l'un des deux meilleurs éléments de son unité, mais il ratera la rencontre de dimanche, après avoir été opéré à un genou, plus tôt cette saison.  Une lourde perte pour l'Arizona, tout comme celle du secondeur Alex Okafor, lui aussi au rancart.  Comme le soulignait leur coéquipier Patrick Peterson, on ne peut pas vraiment remplacer des joueurs d'une telle valeur.


Avant sa blessure, le nom de Mathieu revenait même dans les discussions pour le choix du Joueur Défensif de l'Année dans la NFL.  C'est dire comment il était dominant.  Sans lui et Okafor, la défensive des Cardinals paraît moins bonne que celle des Panthers.  Cependant, la tertiaire de ceux-ci, Josh Norman en tête (photo ci-dessus), est mieux d'être en forme et en bonne santé, car elle en aura plein les bras avec les redoutables receveurs des Cards (Fitzgerald, John Brown, Floyd, Gresham).  D'autant plus que le quart-arrière Carson Palmer (photo ci-dessous) pourrait devoir leur lancer souvent le ballon parce que l'attaque au sol de l'Arizona piétine et connaît plusieurs ratés depuis quelques matchs.


Contrairement à cette situation difficile chez les Cardinals, le jeu au sol (2e rang dans la NFL avec une moyenne de 142,6 verges de gains par match) se porte très bien du côté de la Caroline, avec Newton, capable d'obtenir de bons gains quand il court avec le ballon, et le demi Jonathan Stewart.  C'est un autre atout favorisant les Panthers.

À la différence de "Superman" Newton, que ce soit devant ou derrière la ligne de mêlée, Palmer est loin d'être doué pour courir et éviter la pression du front défensif ennemi.  Heureusement, ses joueurs de ligne le protègent bien.  Mais un mastodonte comme Kawann Short (onze sacs, à droite sur photo ci-dessous), des Panthers, aura plus de chances de le plaquer, pour des pertes de terrain, si Palmer doit passer plus souvent qu'il le souhaite, en raison des déficiences de son attaque au sol.


Le vétéran quart-arrière des Cards a gagné son premier match éliminatoire en douze ans de carrière, la semaine dernière contre les Packers de Green Bay.  Mais ça lui a pris de la veine en prolongation, et une performance record de son receveur Larry Fitzgerald, pour y arriver.  Son jeu en séries de fin de saison a toujours laissé à désirer.  Même pendant la majorité de la rencontre de la semaine passée, gagnée contre Green Bay, Palmer n'a pas vraiment été convaincant...

Oui, les Panthers de la Caroline ont connu quelques frayeurs cette saison quand ils ont vu leurs rivaux revenir de l'arrière ou prendre de grandes avances contre eux.  Mais comme le rappelait l'entraîneur Ron Rivera, les Panthers ont tout de même remporté ces parties-là.

La défensive des Cardinals utilise plus le blitz que toute autre équipe de la NFL.  Mais Newton est le quart-arrière de la Ligue qui a lancé le plus de passes de touché (18) lorsqu'il fait face à ce genre de tactique.  En l'absence de deux piliers défensifs importants (Mathieu et Okafor) du côté de l'Arizona, Newton aura encore plus beau jeu si ses opposants dégarnissent leur lignes secondaire et tertiaire afin de foncer sur lui dans des tentatives souvent illusoires de le neutraliser.

Quand la pression devient trop forte, Newton peut s'esquiver en courant avec le ballon ou en le lançant rapidement à son dépanneur de luxe, le très fiable ailier rapproché Greg Olsen (77 passes captées pour des gains de 1 104 verges, en saison régulière).

Je prévois une victoire des Panthers par la marge d'au moins un touché.

jeudi 21 janvier 2016

FINALE DE LA CONFÉRENCE AMÉRICAINE : TOM BRADY N'AFFRONTERA PAS PEYTON MANNING !


C'est de bonne guerre...  Ça fait partie du "show"...  Les médias font du sensationnalisme avec cette histoire, et ça excite les mordus du football américain...  Mais dimanche prochain (contrairement à ce que tout le monde pense), quand les Patriots de la Nouvelle-Angleterre visiteront les Broncos au Mile High Stadium de Denver, Tom Brady et Peyton Manning ne s'affronteront pas !  Non, ce ne sera pas un duel entre les deux vétérans quarts-arrières étoiles...  Comme le répétait encore une fois Manning, quand on l'a interrogé sur le terrain de son équipe, après la victoire de la semaine passée contre les Steelers de Pittsburgh, le football est un sport d'équipe, pas un sport individuel.  Ce sera donc les Patriots contre les Broncos, et tous les membres (joueurs + les entraîneurs + le personnel de soutien) de chaque club devront apporter leur contribution pour vaincre les adversaires.


C'est ainsi que Brady devra battre, non pas son homologue des Broncos, mais tous ceux à qui il devra réellement faire face, c'est-à-dire, les membres de la défensive numéro un de la NFL.  Peu importe qu'il soit oui ou non supérieur à un Manning (40 ans en mars prochain) supposément déclinant et ralenti, ce n'est pas de lui qu'aura à se soucier Brady mais du blitz du front défensif des Broncos et de l'excellente couverture de leur tertiaire.  Certes, Terrific Tom peut exploiter, comme pas un autre joueur de quart, les confrontations avantageuses (certains de ses receveurs couverts ou non par certains défenseurs moins bons ou mal placés) qui pourront se présenter devant lui.  Mais ce ne sera pas de la tarte, comme semble le penser une très forte majorité d'experts (87% de ceux dont j'ai vérifié les prédictions) qui ont choisi la formation de Bill Belichick pour l'emporter facilement dimanche.


Je ne suis pas d'accord avec ces prévisions simplistes, basées presque uniquement sur la valeur des quarts-arrières.  Brady a une fiche perdante en carrière (deux victoires, six défaites) au Mile High Stadium.  Il a un dossier de 3-3 en éliminatoires quand il joue à l'étranger.  Deux de ces trois revers sur la route, en séries de fin de saison, ont été encaissée à Denver. 

Les Broncos profiteront de l'avantage du terrain et de la foule.  Dans les montagnes du Colorado, les conditions climatiques sont souvent rudes.  Les vents soufflent parfois avec force, et leur direction est capricieuse.  Ce qui pourrait enlever le léger avantage qu'ont les botteurs des Patriots par rapport à ceux des Broncos.  Ces derniers sont plus familiers avec la haute altitude de Denver (l'oxygène y est plus rare, c'est un facteur qui affecte les visiteurs peu habitués et mal conditionnés en ces circonstances) et les effets de la température dans leur stade.  Les retourneurs de bottés des Pats sont plus dangereux que ceux de leurs opposants, mais, par contre, les unités spéciales de Denver sont excellentes en couverture anti-retours.


Si le froid, le vent, la neige ou la pluie rendent le terrain glissant ou en mauvais état, le jeu au sol deviendrait encore plus crucial.  Sur ce plan, les Broncos, avec les porteurs de ballon C.J. Anderson (photo ci-dessus) et Ronnie Hillman seraient nettement favorisés puisque les Patriots doivent s'en remettre à deux remplaçants (Bolden et Steven Jackson) pour palier l'absence des blessés Dion Lewis et LaGarrette Blount.  Au niveau de la guerre des tranchées, toujours importante et basique, les joueurs de ligne du club local devraient aussi avoir le dessus sur leurs rivaux, d'autant plus qu'un élément-clé du front défensif des Patriots, Jerod Mayo (photo ci-dessous) est blessé et ne participera pas à la rencontre.


Et puis, Peyton Manning, même s'il est âgé et usé, et qu'il en est probablement à ses derniers matchs en carrière, est-il si inférieur à Brady pour que les experts et les gérants d'estrade lui prédisent un ultime échec dimanche ?  Je ne le pense pas.  En seconde moitié de saison, il a raté plusieurs matchs à cause d'une blessure.  Il est revenu reposé et en meilleure forme.  Meilleure que celle qu'il avait à pareille date l'an dernier, a-t-il confié aux journalistes avant le début des séries éliminatoires, il y a deux semaines.  Sachant que son illustre carrière tire à sa fin, ses coéquipiers vont tout donner pour lui, afin qu'elle ne se termine pas sur une mauvaise note, avant le Super Bowl.


On parle beaucoup des as receveurs de Brady (Edelman et Gronkowski) mais les deux sont fragiles.  Edelman revient à peine d'une fracture d'un pied et porte des orthèses dans ses souliers.  Et Gronkowski a mal au dos et aux genoux.  Les demis défensifs des Broncos ont d'ailleurs prévenu que c'est à cette hauteur qu'ils vont frapper et plaquer le gros ailier rapproché des Patriots.  Curieusement, c'est possiblement James White (photo ci-dessus), un porteur de ballon plutôt utilisé comme receveur par les Pats, qui pourrait donner davantage de fil à retordre à la défensive de "l'Orange Crush".  Il est employé sporadiquement mais sa grande vitesse lui permet parfois de réaliser de gros jeux.

De son côté, Manning peut compter sur des demis offensifs et des receveurs en bonne santé.  Demaryius Thomas, Emmanuel Sanders et l'ailier rapproché Owen Daniels sont tous des receveurs de qualité et ils peuvent accomplir du bon travail surtout sur les tracés courts (huit à douze verges) et les passes rapides de Manning.  Lorsqu'il est dans son rythme, le 18 des Broncos est méthodique et régulier comme une horloge.  Il a été plus erratique cette année, mais, comme dans le match de la semaine dernière contre les Steelers, il sera conservateur, et il va chercher à diminuer les risques pour éviter les revirements.  La défensive qu'il affronte, contrairement à Brady, est plutôt moyenne (8e contre la course, 16e contre la passe), cogne moins dur, et ne provoque pas autant de revirements (21, contre 27 pour les Broncos) que celle du club du coach Gary Kubiak.


Il serait étonnant que l'attaque au sol affaiblie des Patriots fonctionne bien contre la défensive no 1 pour neutraliser le jeu terrestre dans la NFL.  Brady devra donc passer fréquemment, ce qui rend tout de même ses stratégies plus prévisibles (la défensive des Broncos est également no 1 contre la passe, le demi de coin Aqib Talib -photo ci-dessus- est particulièrement efficace) quoiqu'il sait toujours comment se débrouiller dans ce genre de situation.

Les Broncos ont une brillante fiche de dix victoires, trois défaites, dans les matchs au pointage serré (marge de sept points et moins) cette année.  Tout indique que nous aurons affaire dimanche à ce genre de confrontations corsées.  Dans cette éventualité, je parierais que le club qui a la meilleure défensive va gagner, comme elle gagne généralement les championnats, d'ailleurs...  C'est certain que ça prend un minimum d'offensive pour que cela arrive.  Manning, bien que vieux et ralenti, peut encore procurer ce seuil minimal aux siens.

Je dois confesser que je pourrais paraître biaisé dans mon analyse car je n'aime pas les tricheurs.  Les Patriots en sont (Spygate, Deflategate, etc).  Mais, quand je pèse le pour et le contre dans la plupart des facteurs qui vont déterminer l'issue de cette finale de conférence, je vois plus de positifs qui font pencher la balance en faveur des Broncos.  Qu'une majorité écrasante d'experts pensent le contraire ne change rien pour moi...