mardi 3 janvier 2017

ÉLIMINATOIRES 2017 : LES GIANTS POURRAIENT BROUILLER LES CARTES DANS LA CONFÉRENCE NATIONALE.


Avant le début de la saison 2016, on ne s'attendait pas à de grandes choses de la part des équipes de la division Est de la Conférence Nationale.  Pourtant, deux des formations de cette section ont causé les plus importantes surprises de la campagne qui vient de se terminer dans la Ligue Nationale de Football.  Même les Redskins de Washington ont failli se joindre aux Cowboys de Dallas et aux Giants de New York comme membres de la division Est ayant décroché l'une des six places de la NFC donnant accès aux séries éliminatoires de fin d'année.




Pendant qu'une attaque puissante menée par deux super recrues, le quart-arrière Dak Prescott (no 4) et le porteur de ballon Ezekiel Elliott (no 21, photo ci-dessus), conduisait les Cowboys au premier rang de la Conférence Nationale; une performance aussi inattendue, cette fois en défensive, propulsait les Giants de New York sur les traces de leurs rivaux du Texas.  Advenant une victoire à Green Bay, en fin de semaine, les Giants pourraient affronter les Boys au deuxième tour des séries.  Dallas aurait connu une saison quasi parfaite n'eut été de leurs deux défaites face aux Giants durant le calendrier régulier.  Ces derniers semblent avoir le numéro des champions de leur division.


Il y a quelques semaines, la défensive des "G men" a menotté Prescott et Elliott dans un gain clair et net de New York.  Dans le match d'ouverture de la saison contre ces mêmes Cowboys, le quart-arrière Eli Manning et son habile groupe de receveurs de passes (avec en tête l'irrésistible Odell Beckham Jr, no 13 sur photo sous le titre) avaient répliqué coup pour coup aux attaques de l'offensive ennemie pour l'emporter de justesse en toute fin de rencontre.




Avant de songer à un hypothétique rendez-vous décisif avec Dallas, les Giants devront vaincre les Packers, favoris chez eux, dans le froid de Green Bay.  Le quart-arrière des Packers, Aaron Rodgers est imbattable depuis une demi-douzaine de parties.  Il fait flèche de tout bois, surtout avec son receveur de prédilection Jordy Nelson (photo ci-dessus, 97 passes attrapées pour 1 257 verges et 14 touchés).  L'excellente défensive des Giants pourrait lui compliquer la tâche.  Surtout les demis défensifs Landon Collins (photo ci-dessous, 100 plaqués individuels et 5 interceptions) et Dominique Rodgers-Cromartie (41 plaqués solo et 6 interceptions).  De l'autre côté, la défensive des Packers, mauvaise contre les jeux de passes, sera amochée, plusieurs joueurs étant absents ou diminués par des blessures (y compris le secondeur Clay Matthews).



La clé dans cette rencontre pourrait bien être la performance de Eli Manning.  S'il peut éviter de commettre les revirements habituels (échappés, interceptions) dont il se rend trop souvent coupable, son club a de bonnes chances de causer encore LA surprise, comme lors des deux Super Bowl qu'il a gagné il y a quelques années, dans la première moitié de sa longue carrière.  Bien protégé par sa ligne offensive au cours de la saison (21 sacks), Manning devra se méfier du front défensif des Packers qui, lui, a bien réussi à mettre de la pression sur les quarts-arrières adverses (40 sacks) en 2016.

Ce sont les défensives qui, généralement, gagnent les championnats, mais dans le stade glacial de Green Bay, l'homme des grandes occasions, celui qui fait presque toujours la différence en ces circonstances, c'est l'homonyme de Manning, Aaron Rodgers...

Si on se fie à la prédominance des défensives en séries éliminatoires ou dans les matchs importants, il faut écarter les Flacons d'Atlanta de l'équation des clubs ayant de bonnes chances d'aller jusqu'au bout cette année.  L'attaque menée par le quart Matt Ryan (meilleur de sa position avec un rating de 117.1 cette saison), le rapide receveur Julio Jones (83 attrapés, 1 409 verges de gains) et le porteur de ballon Devonta Freeman (1 079 verges de gains au sol) est la plus redoutable de toutes celles des équipes qui se sont classées en séries de fin de saison, mais la défensive des Falcons est poreuse, au point d'apparaître dans le dernier tiers du classement dans cette catégorie, dans la NFL.


Si jamais les Falcons devaient se frotter à une solide défensive comme celle des Seahawks de Seattle, en deuxième ronde des éliminatoires, c'est loin d'être sûr qu'ils pourraient avoir le meilleur dans cette rencontre.  Malgré la lourde perte du demi défensif Earl Thomas, blessé, Seattle a encore beaucoup de défenseurs capables de faire les gros jeux.  Cliff Avril (photo ci-dessus) est un de ceux-là.  Il a été un des meilleurs de la Ligue, à son poste, pour les sacks, cette saison.  Il devra contribuer à stopper le quart-arrière Matthew Stafford des Lions de Détroit, en fin de semaine, à Seattle, où les Seahawks sont pratiquement invincibles.  Stafford, blessé à un doigt de la main qui lance le ballon, n'est plus en mesure d'accomplir les miracles qui lui ont permis d'effectuer huit remontées gagnantes (un record) au cours de la dernière saison.  Depuis sa blessure, il est moins efficace et les Lions ont perdu les trois derniers matchs du calendrier régulier.


Pour espérer se rendre au Super Bowl, les hawks auront besoin que leur quart-arrière Russell Wilson soit en pleine possession de ses moyens.  Ralenti par une blessure à un genou, en milieu de campagne, Wilson n'a pas été aussi constant et excellent que d'habitude.  Il a néanmoins trouvé une très bonne chimie avec son receveur Doug Baldwin (photo ci-dessus) qui a capté l'impressionnant total de 94 passes pour 1 128 verges de gains.  Lorsqu'il est en bonne forme physique, Wilson est l'un des quarts les plus intelligent et athlétique dans la NFL.  Dans les grands matchs, son sang froid est remarquable.  En plus de Baldwin, Wilson pourra compter sur l'ailier rapproché Jimmy Graham, revenu en force cette année, après une saison marquée par les blessures en 2015.  Il a fait 65 attrapés pour des gains de 923 verges.  S'il fallait qu'il soit aussi dominant dans les présentes séries qu'il l'a été durant ses années avec les Saints de la Nouvelle-Orléans, Seattle pourrait aller loin en éliminatoires.

Au chapitre des déceptions cette année dans la Conférence Nationale, il faut mentionner les Cardinals de l'Arizona et, surtout, les Panthers de la Caroline, finalistes du Super Bowl, l'an passé, mais exclus des séries depuis un bon bout de temps.  Le flamboyant quart-arrière Cam Newton, est passé du statut de MVP, joueur le plus utile en 2016, à celui d'un des pires joueurs de la NFL à sa position (rating de 75.8%, 52.9% de passes complétées, avec 14 interceptions).  Ses performances décevantes, ses nombreuses jérémiades contre l'arbitrage, ne l'ont pas empêché d'être plus maniéré et bouffon que jamais devant les caméras de télévision.  Désolant...

lundi 2 janvier 2017

SUPER BOWL LI : PATRIOTS ET COWBOYS FAVORIS.


Le chemin semble grand ouvert vers le Super Bowl LI pour les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.  Ayant conservé la meilleure fiche dans la Conférence Américaine en 2016, les hommes de l'entraîneur Bill Belichick, des abonnés permanents aux séries éliminatoires de la NFL, n'auront guère d'opposition avant la finale de leur Conférence, qui aura lieu chez eux, dans leur stade.  Auparavant, ils n'auront pas eu de mal à vaincre leurs premiers adversaires, peu importe que ce soit Houston (où sera disputé le match du Super Bowl, le 5 février prochain), Oakland ou Miami.  Ces trois clubs devront se débrouiller avec un quart-arrière de remplacement (en raison de blessure chez les Raiders et les Dolphins) ou un pivot de piètre qualité (Brock Osweiler, dans le cas des Texans).  Avant le début de la saison, on ne prévoyait pas que ces formations prendraient part aux éliminatoires.  Certains clubs ont déçu, comme Cincinnati, Baltimore, Indianapolis et Denver. 

Les Patriots ont, de loin, l'équipe la mieux balancée dans leur Conférence.  Ceux qui pensaient que Tom Brady (photo) reviendrait plus affamé et vindicatif que jamais après sa suspension de début de saison (quatre parties à cause du scandale des ballons dégonflés) ne se sont pas trompés.  Le général en attaque des Pats a démontré qu'il n'avait rien perdu de son savoir-faire en revenant au jeu : 28 passes de touché contre seulement deux interceptions, et une note d'évaluation globale de 112.2.  Sa ligne offensive l'a bien protégé puisqu'il n'a subi que 15 sacks.

La perte de son as ailier rapproché, Rob Gronkowski, toujours blessé, n'a pas semblé déranger Brady.  Il faut dire que Belichick avait prévu le coup en engageant un remplaçant de qualité en Martellus Bennett (photo ci-dessous, 55 passes captées pour 701 verges).  Le receveur éloigné Julian Edelman a encore été ultra-fiable en saisissant pas moins de 98 ballons (4e place dans la Ligue) en franchissant 1 106 verges.


La défensive a également excellé, notamment contre le jeu au sol (allouant seulement 88 verges par match).  Contre la passe, le demi défensif Malcolm Butler s'est particulièrement signalé avec quatre interceptions et 48 plaqués.

À mon avis, seuls les Steelers de Pittsburgh pourraient surprendre les Patriots en les battant à leur domicile, en finale.  Dans un match axé sur l'offensive, Ben Roethlisberger et ses dangereux fabricants de jeux explosifs Le'Veon Bell et Antonio Brown viendraient peut-être à bout des représentants de la Nouvelle-Angleterre.  Ce trio en aura préalablement fait voir de toutes les couleurs aux Chiefs de Kansas City, semés numéro 2 dans l'AFC, qui, d'après moi, n'ont pas les ressources nécessaires pour atteindre la finale de leur Conférence.  Ils n'ont pas d'attaque aérienne suffisante -à part le prodigieux ailier rapproché Travis Kelce-, et, en défensive, ils sont vulnérables contre la course.  De leur côté, les Steelers sont sur une longue séquence victorieuse et leur défensive joue quand même assez bien.


Différence à noter, en comparaison des années précédentes, Roethlisberger (photo ci-dessus) est mieux protégé par sa ligne à l'attaque (17 sacks contre Big Ben cette saison).  Une mauvaise nouvelle pour les défenses ennemies...  Par contre, le gros quart-arrière des Steelers a lancé plus d'interceptions (13).  Les joueurs de Pittsburgh ont le couteau entre les dents cette année.  Ils n'abandonnent jamais même lorsqu'ils se sont placés dans des situations difficiles.  Ils jouent avec confiance et défiance.  Ils sont à surveiller.

Demain, un coup d'oeil sur la Conférence Nationale, où le chemin vers le Super Bowl est un peu moins libre.

lundi 8 février 2016

LA DÉFENSIVE INTRAITABLE DES BRONCOS LEUR PERMET DE GAGNER LE SUPER BOWL 50.


Le Super Bowl réserve toujours de belles histoires à raconter.  C'est le cas depuis 50 ans.  Celui présenté hier à San Francisco ne fait pas exception.  Ce matin, sur la première page de tous les journaux, c'est la photo du quart-arrière gagnant Peyton Manning (ci-dessus) qui apparaît avec le trophée Vince Lombardi en main.  Mais comme il l'a dit lui-même dans une comparaison très juste, il était membre du groupe musical des Broncos et il a chanté quelques chansons, mais il n'était pas le chanteur principal.  Il doit beaucoup à l'intraitable défensive des siens, pour ce triomphe (et après une difficile saison personnelle), qui lui permet de prendre sa retraite (qu'il devrait annoncer dans les prochaines semaines) en champion, et avec le record de 200 victoires en carrière.


Car dans ce dur affrontement au cour duquel les défensives des Panthers et des Broncos ont joué à la hauteur de leur excellente réputation, les attaques des belligérants n'ont pas eu beaucoup de chance.  Ce gain de 24-10, Denver le doit à quelques jeux clés et à un individu en particulier, le joueur du match, Von Miller (photo ci-dessus).  Oui, hier, c'était vraiment "Miller Time" !  Les deux échappés qu'il a provoqués ont entraîné directement les deux touchés des siens.  Lui, et ses coéquipiers de la défensive, ont prouvé que le quart-arrière adverse, Cam Newton, premier choix du repêchage de 2011 devant Miller, n'était pas Super Man, un titre qu'il aime s'attribuer.  Après leur victoire, c'est certain que c'était facile pour les joueurs des Broncos d'affirmer, comme ils n'ont pas manqué de le faire, que le très arrogant Newton jouait avant tout pour lui-même et non pour ses coéquipiers et les partisans de la Caroline.  C'était quand même un bon point...


D'ailleurs, le gros numéro 1 des Panthers (photo ci-dessus) s'est montré inélégant après la défaite des siens.  En conférence de presse, affichant une humeur massacrante, il a quitté précipitamment et brusquement les lieux quand une question d'un journaliste a semblé lui déplaire.  Mauvais perdant, manifestement...  Il faut dire que Newton avait un poids énorme sur les épaules.  Les espoirs du club du joueur de l'année dans la NFL reposaient beaucoup sur lui.  Mais en réussissant à le contrer dans ses courses ou dans ses tentatives de repérer ses receveurs de passe, la défensive des Broncos a réussi ce que peu d'experts croyaient possible.  Mais une fois Newton maîtrisé et ses receveurs bien couverts, l'offensive des Panthers n'avait nulle part où aller.  C'est ça le danger de trop dépendre d'un seul joueur, aussi bon soit-il, pour gagner.


Oh !  L'attaque des champions de la Conférence Nationale a certes fait quelques incursions assez profondément en territoire ennemi.  Mais des revirements et un placement raté ont fait partie des erreurs qui lui ont coûté cher.  Le retour de botté de 61 verges de Norwood ne les a pas aidé non plus, Manning réussissant à le convertir en un placement.  Ça faisait donc un total de 18 points sur 24, redevables à l'unité défensive et aux unités spéciales des Broncos.


Au bout du compte c'est encore une fois la meilleure défensive qui procurait le championnat aux gagnants.  C'est presque toujours la même histoire.  Mais il faut donner le crédit au président John Elway (photo ci-dessus), qui a su tirer la bonne leçon de la retentissante défaite des siens, il y a deux ans, contre Seattle dans le Super Bowl XLVIII.  Son équipe misait alors sur la meilleure offensive de tous les temps pour l'emporter.  On a vu ce qui est arrivé.  Il ne s'est pas trompé cette année en dépensant pas moins de 100 millions de dollars en contrats, pour s'assurer les services des meilleurs joueurs défensifs disponibles.  L'embauche d'un entraîneur en chef plus conservateur, en la personne de Gary Kubiak, s'est aussi avéré un choix judicieux.


De l'autre côté du terrain, l'échec a fait d'autant plus mal aux Panthers qu'ils étaient favoris pour gagner, après une saison de rêve, au cours de laquelle ils n'avaient subi qu'un revers.  Les perdants n'ont pas traîné sur le terrain après le coup de sifflet final.  Sauf un Josh Norman (photo ci-dessus) en pleurs, et visiblement malheureux devant des Broncos se livrant aux célébrations d'usage après un tel accomplissement.  Peut-être que le demi défensif des Panthers avait raison de rester là et de souffrir.  Plus ça fait mal, plus ça sert de leçon pour revenir peut-être l'an prochain et se retrouver cette fois du bord des champions.  Une leçon d'humilité que les jeunes et arrogants Panthers devraient s'efforcer d'apprendre, en effet...

Ça rappelle la saison presque parfaite des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, il y a quelques années.  Super confiants de l'emporter contre les Giants de New York dans le match de championnat, ils avaient fait fabriquer un paquet de produits et de marchandises vantant leur saison parfaite.  C'était vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.  Avec le résultat que l'on connaît...

jeudi 4 février 2016

SUPER BOWL 50 : LES PANTHERS FAVORIS MAIS LES BRONCOS VEULENT GAGNER À TOUT PRIX POUR MANNING.


Dans un des articles que j'ai écrit ici avant le début de la présente saison, j'établissais les Broncos de Denver comme un des clubs favoris pour représenter la Conférence Américaine au match de championnat du Super Bowl, qui aura lieu dimanche prochain, à San Francisco.  Tout le monde savait déjà à ce moment-là que, Peyton Manning, l'un des meilleurs quarts-arrières de tous les temps (nommé cinq fois "Joueur le plus utile à son équipe" -un record-), entreprenait fort probablement la dernière campagne de son illustre carrière.  Et qu'il souhaitait sans doute qu'elle se termine en brandissant à bout de bras le trophée Vince Lombardi, comme ce fut le cas pour John Elway (à gauche avec Manning, photo ci-dessous) un autre grand joueur de quart, qui est l'actuel président des Broncos.  Elway a conclu son brillant parcours avec deux bagues de championnat acquises en 1997 et 1998.  Manning en a une qui date de 2006 mais il a aussi échoué en deux autres occasions quand il a participé au match ultime.


Certes, le vieux numéro 18 des Broncos n'est plus aussi fort et fringuant qu'avant, et il admet d'emblée que si son équipe est rendu là, c'est indéniablement à cause de son excellence en défensive.  Mais ses coéquipiers répliqueront qu'il les a grandement inspirés cette année et qu'ils se sont surpassés pour lui donner la chance de tirer sa révérence dans la gloire, comme il le mérite.  Ce désir d'aller jusqu'au bout pour Manning a été sûrement un facteur qui explique pourquoi les Broncos ont fait l'histoire en 2015-16 en devenant la première équipe en 50 ans à gagner au moins onze parties par la marge de sept points et moins.  Bien sûr, dimanche, la défensive sera encore à l'avant-plan, et Manning, qui est devenu davantage un manager de match, misera sur sa vaste expérience, sa connaissance intime du jeu, et son intelligence, pour minimiser les erreurs, et en faire juste assez en attaque, pour permettre aux siens de triompher.


Ses adversaires, les Panthers de la Caroline (qui comme les Broncos étaient semés no 1 dans leur Conférence au début des éliminatoires), sont favoris par 5 ½ points pour l'emporter.  Rien d'étonnant dans cette prédiction, étant donné la saison exceptionnelle (une seule défaite) qu'ils ont connue.  Ils sont jeunes, forts, enthousiastes, et ils sont menés par un surhomme, leur quart-arrière Cam Newton (6' 5", 245 lbs, photo ci-dessus) , aussi bon coureur que passeur.  Après Peyton Manning et Tom Brady, c'est peut-être lui qui prendra le flambeau et qui deviendra le meilleur quart-arrière de l'histoire du football américain.  Il va sans dire que si les Broncos ont la moindre chance de gagner, c'est avant tout en le rendant uni-dimensionnel, c'est-à-dire, en limitant grandement les dommages qu'il peut causer en courant avec le ballon, soit pour des gains au sol, soit en échappant à la poursuite du front défensif pour réussir ses passes.  Deux défensives supérieures (Seattle et Arizona) presque aussi bonnes que celle des Broncos, n'ont pas réussi cette mission, quasi impossible, au cours des présentes séries éliminatoires.

Les Panthers ont pris l'habitude d'exploser en attaque au cours de la première demie de leurs derniers matchs.  Ils ralentissent par la suite.  Si la défensive des Broncos parvenait à les museler en début de rencontre, elle donnerait de l'espoir au reste du club.  Les Panthers n'ont pas eu tellement d'adversité cette année, ils n'y sont guère habituée.  Comment réagiraient-ils s'ils ne connaissaient pas un bon départ dans le match du Super Bowl ?  On l'a dit, ils sont jeunes, ils pourraient devenir nerveux et cafouiller, même s'ils ont démontré énormément de confiance en eux cette année.  L'inverse est aussi vrai.  Les Broncos, plus expérimentés, ne seraient pas désarçonnés s'ils devaient voir les choses aller mal en première moitié de rencontre.  Ils pourraient laisser passer la tempête et revenir plus forts en seconde demie.


En attaque, si Manning peut entrer dans son rythme caractéristique et déclencher de courtes passes rapides à gauche et à droite, il pourrait faire passer de mauvais moments à la défensive des Panthers.  Cette dernière sera-t-elle vulnérable avec un Thomas Davis jouant avec un avant-bras cassé ?  Manning, qui tente de devenir le premier quart-arrière partant à gagner le Super Bowl avec deux clubs différents (Colts + Broncos), a des armes pour faire mal à n'importe qui.  Emmanuel Sanders (photo ci-dessus) est dangereux avec sa vitesse et son talent de "sauteur" qui le rend capable de capter le ballon en "altitude" et au milieu de plusieurs défendeurs.  Demaryius Thomas a été bien tranquille en séries jusqu'ici, mais il peut se réveiller durant le Super Bowl.  Au contraire, l'ailier rapproché Owen Daniels  fait flèche de tout bois et il a aidé les siens à parvenir au match de championnat en marquant deux touchés contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, en finale de Conférence.


Je ne crois pas que l'une ou l'autre des attaques au sol aura bien du succès face aux défensives étanches qu'elles vont affronter.  Le sort de la partie reposera donc grandement sur les épaules des quarts-arrières et de leur capacité à éviter la pression des fronts défensifs adverses.  Avec l'âge, Manning a ralenti.  Il n'a pas beaucoup de chance de gagner du temps en courant derrière la ligne de mêlée pour repérer ses receveurs.  Il doit donc décocher ses passes rapidement, après un minimum de recul derrière son joueur de centre.  Il sera vulnérable sur les longs jeux, soit en hâtant ses passes pour éviter de subir des sacs (un manque de précision pourrait en résulter ainsi que des interceptions, un point fort chez les demis défensifs de la Caroline), soit en risquant d'être frappé et blessé s'il ne peut pas échapper à la poursuite du front défensif des Panthers, menée par l'incroyable Luke Kuechly (photo ci-dessus) qui semble toujours être partout sur le terrain !


Plus jeune et plus fort que Manning, Cam Newton a maintenant assez d'expérience (5 ans) pour ne pas être autant désavantagé à ce chapitre, par rapport à son vénérable homologue des Broncos.  Mais il aura le défi de résister à la meilleure défensive de la Ligue quand on parle de pression sur le quart ennemi.  En saison régulière elle a dominé pour le nombre de sacs avec 52.  Contre Brady, il y a deux semaines, elle a réussi à le presser sur 46% de ses tentatives de passes.  Si Von Miller et DeMarcus Ware sont des maîtres dans ce domaine, leur coéquipier Derek Wolfe (photo ci-dessus) n'est pas loin derrière.  S'ils parviennent à contenir Newton, ce dernier aura du mal à rejoindre son receveur de prédilection, l'ailier rapproché Greg Olsen.  À part ce dernier, Newton n'a pas beaucoup d'options.


Mais dans ces matchs du Super Bowl il y a presque toujours des inconnus qui se distinguent et s'illustrent.  Cette année, ce pourrait être le receveur Devin Funchess (un géant de 6' 5" des Panthers, photo ci-dessus).  Le grand gaillard pourrait remplacer le meilleur receveur de son club, Kelvin Benjamin, qui n'a pas joué un seul match cette saison après s'être blessé à un genou durant le camp d'entraînement.  Ça n'a pas empêché les Panthers de maintenir la meilleure moyenne de points comptés par partie (31,2).

Dimanche il faudra surveiller attentivement la bataille des tranchées.  C'est là que ça va se décider.  La ligne à l'attaque de Manning doit le protéger et lui donner le temps de travailler efficacement.  De l'autre côté, le front défensif des Broncos devra faire aussi bien sinon mieux que contre Brady et les Patriots dans la finale de l'AFC.  S'il ne parvient pas à mettre la main au collet de Newton, la journée pourrait être très longue pour "l'Orange Crush"...

Victoire des Panthers 20 à 16.

lundi 25 janvier 2016

NEWTON TROP FORT POUR LES CARDINALS / LA DÉFENSIVE DES BRONCOS MATE BRADY ET LES PATRIOTS.


Hier, dans la NFL, autant la première finale de Conférence, celle de l'Américaine, a été haletante; autant la seconde, celle de la Nationale, a été dénuée de suspense.  Dans cette dernière, pas besoin d'épiloguer outre mesure : le quart-arrière Cam Newton (no 1, photo ci-dessus) était tout simplement trop fort pour ses adversaires, les Cardinals de l'Arizona, humiliés 49-15 par la Caroline.  Le jeune prodige des Panthers, qui a lancé deux passes de touché, en plus d'en marquer deux lui-même par la course, a été à ce point dominant que l'on a eu l'impression qu'il jouait contre des enfants ou une équipe d'amateurs.  Idem pour la défensive des Panthers, qui a ridiculisé le quart-arrière ennemi Carson Palmer, en interceptant quatre de ses passes, et en provoquant deux autres revirements après lui avoir fait échapper le ballon.  À un moment donné, sur trois jeux consécutifs, les Cards ont commis trois revirements !  Incroyable !  Les hommes de Bruce Arians ont livré une performance gênante...

Mais donnons le crédit aux Panthers, qui, cette fois, après avoir pris une grosse avance au pointage, en première demie, n'ont pas connu de relâchement par la suite, comme cela avait été le cas pour eux à quelques occasions cette saison.  Ils ont tellement écrasé leur opposition, que les preneurs aux livres de Las Vegas les ont établis favoris par quatre points pour gagner le Super Bowl 50, dans deux semaines.  Ce sera leur seconde apparition à cette classique annuelle.


À Denver, la finale entre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Broncos en a été une digne du haut calibre habituel des séries éliminatoires de la NFL.  Elle n'a connu son excitant dénouement que dans les dernières secondes du quart final.  Même si pendant toute la rencontre, la féroce défensive du club local a tout fait pour ennuyer, frapper, et neutraliser le fameux duo offensif formé de Tom Brady et Rob Gronkowski, il s'en est fallu de très peu, quelques centimètres en fait, pour que les deux piliers des Pats poussent le match en prolongation.  Avec douze secondes au cadran, après un touché de ce même Gronkowski, Brady a tenté un converti de deux points en lançant le ballon à son gros ailier rapproché, à découvert dans la zone des buts.  Le demi défensif Aqib Talib, des Broncos, a touché le ballon du bout des doigts pour le faire dévier dans les mains de son coéquipier Bradley Roby, qui a réussi l'interception.  Après un botté court recouvré, les Broncos ont pu savourer cette victoire qui les propulse au Super Bowl pour la 8e fois, un record de la Ligue.


Si les Patriots ont dû tenter la transformation de deux points, en fin de partie, c'est parce que leur botteur Stephen Gostkowski (photo ci-dessus) avait raté celle d'un point, après le touché de Steven Jackson, au premier quart.  Il s'agissait de son premier échec du genre après 523 réussites d'affilée !  Le malheureux no 3 des Patriots s'en voulait, et, après le match, il a pris le blâme pour la défaite.  Avant le début de la saison j'avais écrit ici un article soulignant le changement de règlement en ce qui concerne les convertis d'après touché.  Puisque ceux-ci devaient être effectués plus loin de la zone des buts, je prévoyais qu'il s'en raterait plusieurs et que cela pourrait changer le résultat de certains affrontements.  On l'a vu encore hier...


Avant ce point saillant, les Broncos avaient commis leur pire erreur de la rencontre lorsque le demi offensif Ronnie Hillman n'a pu saisir un relais de Peyton Manning (photo ci-dessus).  Les arbitres ont cru en une passe incomplète mais les reprises télévisées ont plutôt montré qu'il s'agissait d'un échappé puisque le ballon avait été lancé vers l'arrière.  L'entraîneur des Pats, Bill Belichick a contesté la décision et il a eu gain de cause.  À 22 verges des buts adverses, Brady a capitalisé sur l'occasion en conduisant son attaque jusqu'au touché (course d'une verge de Jackson) qui aurait dû normalement permettre à son équipe d'égaler le pointage, à ce moment-là...  On connait la suite...


Sans connaître un match extraordinaire au point de vue statistiques (17 passes complétées en 32 tentatives pour 176 verges de gains), Manning a bien géré l'offensive en ne prenant pas de risques inutiles, compte tenu du pointage et de la position de son club sur le terrain, et en faisant confiance à sa solide défensive.  Il n'a pas commis d'interception et il a été opportuniste en rejoignant deux fois son ailier rapproché Owen Daniels (photo ci-dessus) pour des touchés.  En point de presse après la victoire, Manning s'est félicité pour avoir été patient tout au long de cette saison très particulière pour lui.  En effet, après avoir connu une campagne record (55 passes de touché !) il y a deux ans, le vétéran no 18 a expérimenté une première moitié de saison difficile en 2015, lançant 17 interceptions par rapport à seulement neuf passes de touchés.  Après une absence de six matchs en raison d'une blessure au pied, il a dû réchauffer le banc pendant une couple de parties avant de reprendre son poste.  Beaucoup de gens le croyaient fini...  En jouant avec sagesse, de façon conservatrice, et selon ses moyens, -encore considérables-, il a confondu ses détracteurs...


Si, à l'offensive, Manning a été assez efficace en respectant le plan de match de son entraîneur Gary Kubiak, il en a été de même pour la défensive, qui avait pour mission de déranger Brady le plus possible.  En plus de limiter à des gains insignifiants l'attaque au sol des Pats, Von Miller (2½ sacs, + une interception, photo ci-dessus) et ses coéquipiers ont plaqué Brady quatre fois pour des sacs, en le frappant -parfois rudement- à pas moins de 20 reprises lorsqu'il tentait des passes.  En comparaison, Manning n'a été atteint que quatre fois.  La ligne à l'attaque de la Nouvelle-Angleterre n'a pas assez bien protégé son quart-arrière ou est-ce que le front défensif de Denver était trop fort ?  Un peu les deux, probablement...

La défensive des Broncos a tenu en respect tous les éléments offensifs des Patriots sauf...Gronkowski.  Après avoir été muselé en première demie, le no 87 a livré toute une performance par la suite, même s'il a manqué quelques séquences offensives des siens à cause de crampes ou de malaises aux jambes, de déshydratation, et de manque d'oxygène (altitude des montagnes du Colorado !).  En plus de réussir un touché important en fin de match, il a capté huit passes pour d'impressionnants gains de 144 verges (presque la moitié des gains de son club).  Il s'est plaint à quelques reprises aux arbitres parce qu'il estimait qu'on l'avait illégalement retenu ou que l'on avait commis de l'obstruction à son endroit.  Certains cas étaient "limite", en effet...

Après la rencontre, les journalistes et les partisans déçus des Patriots ont aussi questionné certaines décisions de Belichick.  À deux reprises, au quatrième quart, profondément en territoire des Broncos, pourquoi a-t-il préféré tenter de gagner le premier jeu au 4e essai plutôt que de tenter deux courts placements ?  Il a répondu que c'était le pointage, et le temps qui restait dans le match, qui avaient dicté sa conduite.

En finales de Conférence, Peyton Manning a donc porté sa fiche à trois victoires et une défaite contre Tom Brady.  Il deviendra dans deux semaines, à près de 40 ans, le plus vieux quart-arrière à participer à un match du Super Bowl.  D'ici là, je reviendrai vous faire part de mon analyse et de ma prédiction pour ce match ultime.  Jusqu'ici cette année, j'ai visé juste dix fois sur dix dans mes prévisions...  De quoi mériter moi aussi ma place au Super Bowl !!!  Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !