On savait avant le début de la saison que la lutte serait féroce pour l'obtention du premier rang de la division Est de la Conférence Nationale de la NFL. Après le départ canon (5-0) des Giants de New York, on pouvait croire qu'ils étaient partis pour la gloire et que rien ne pourrait les arrêter. Attaque au sol en forme de rouleau compresseur et défensive solide comme le roc devaient assurer le succès aux New Yorkais. Or, cinq semaines plus tard, les "G" men se retrouvent avec une séquence de quatre défaites de suite et ce sont les Cowboys de Dallas (6-3) qui trônent au sommet du classement de leur division. Et les hommes de Tom Coughlin peuvent s'estimer chanceux d'avoir vu les Cowboys trébucher dimanche dernier à Green Bay (défaite de 17-7) pendant qu'eux se reposaient durant leur bye.En effet, belle occasion gaspillée par Dallas qui, avec une victoire contre les Packers, aurait pu prendre une avance de deux matchs sur les Giants et les Eagles au sommet de l'Est de la NFC. Après ce revers de trop, les fans de l'America's Team, qui rêvaient déjà au championnat, étaient furieux et imputaient la défaite au coordonnateur à l'attaque Jason Garrett. Ils l'ont trouvé stupide de ne pas avoir eu davantage recours au monstre à trois têtes (Barber, Jones, Choice) qui occupe le champ arrière de l'offensive de leurs favoris. De fait, les talentueux porteurs de ballon des Boys n'ont couru que 14 fois contre la défensive des Packers. Pendant ce temps, le receveur Roy Williams commettait un échappé coûteux après un très long gain et manquait ensuite une passe cruciale qui aurait encore permis à Dallas d'être en position de marquer. Deux jeux qui ont pesé lourd dans la défaite.
On ne peut pas blâmer les partisans d'être en colère. Car pourquoi se fier à un gars peu fiable comme Williams alors que les dangereux demis offensifs du club peuvent aisément gruger du terrain (moyenne de 5,1 verges par portée, sans compter qu'ils sont aussi très bons pour capter des passes dans le flanc) et écouler les minutes au cadran ?
On savait qu'en 2009, Dallas aurait une attaque redoutable et une défensive moyenne. Mais des doutes persistaient au sujet du quart Tony Romo et des ailiers éloignés. L'excellente combinaison Romo-Jason Witten ne pouvait pas faillir et elle ne l'a pas fait. On espérait que Romo soit plus mature et il l'a été jusqu'à maintenant : il lit mieux les défensives ennemies, il commet moins d'erreurs de jugement, il lance moins d'interceptions et il est plus habile pour éviter les sacks. Et ses receveurs Miles Austin et Patrick Crayton ont beaucoup mieux fait que prévu. Crayton est aussi un des meilleurs retourneurs de bottés de la Ligue.
On a aussi beaucoup reproché aux entraîneurs de ne pas exploiter davantage la grande vitesse du demi Felix Jones, une menace constante, capable de réussir le "coup de circuit" à tout moment aussi bien sur les jeux au sol que sur les jeux de passes. Mais les coachs veulent ménager leur "poulin" qui se blesse trop souvent. L'autre raison de son utilisation réduite c'est qu'il est un bloqueur médiocre qui protège mal son quart-arrière.
La défensive des Cowboys est ordinaire mais elle compte sur un secondeur et un leader extraordinaire : Keith Brooking (photo), un agent libre signé au cours de l'été. Il mène l'équipe pour le nombre de plaqués et il est également la "meilleure meneuse de claque" sur les lignes de côté quand c'est l'attaque qui est sur le terrain ! Faut le voir gesticuler, soulever la foule, encourager ses coéquipiers, répandre la bonne humeur sur le banc... Quel contraste avec le spécialiste de la destruction d'esprit d'équipe, et j'ai nommé le détestable Terrell Owens, parti à Buffalo. On ne s'ennuie pas de lui dans le big "D".
Si seulement les Cowboys pouvaient enfin avoir un meilleur ratio de revirements (-3 présentement) et bien jouer en décembre, tous les espoirs seraient permis pour leurs admirateurs. Ça fait trois ou quatre ans qu'ils "chokent" dans cette période cruciale de la saison. Mais qui sait ? Avec un Romo plus mature, un bon équilibre entre l'attaque terrestre et l'offensive par la passe, avec un leader et un cheerleader de la trempe de Brooking (en défensive et en touche !), les Cowboys pourraient conjurer le mauvais sort cette année et rester bien en selle pour les séries éliminatoires...









