Affichage des articles dont le libellé est Herkimer. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Herkimer. Afficher tous les articles

jeudi 24 juin 2021

CHEERLEADERS DES ANNÉES 1960 ET LE MOUVEMENT DES DROITS CIVILS AUX USA.



En 1960, le cheerleading franchit un autre pas de géant. La prestigieuse Ligue Nationale de Football ouvre ses portes pour la première fois aux cheerleaders professionnelles. Ce sont les Colts de Baltimore qui ont l'honneur et le bonheur de poser ce geste qui est à la fois une reconnaissance du statut enviable déjà atteint par le cheerleading mais qui servira également de tremplin pour l'évolution de ce futur sport.

Les années soixante sont celles de la bataille des droits civils pour les personnes de race noire aux États-Unis. Ces temps de tumultes et d'affrontements viendront troubler spécialement la vie des étudiants sur les campus universitaires. Dans la société américaine, ce sont des endroits progressistes par excellence pour nourrir les revendications des noirs, qui sont de plus en plus nombreux dans ces institutions d'enseignement supérieur. Dans le sud du pays, où ils sont encore en plus grand nombre, les noirs protestent souvent pour dénoncer le fait qu'ils ne sont pas assez bien représentés dans les équipes de cheerleaders. À certains points névralgiques du territoire américain, cela se traduira par des manifestations, des boycottages de cours et même des émeutes.


L'intégration des "blacks" au cheerleading se fera peu à peu mais il connaîtra quelques difficultés en raison des différences de styles. À cause de leur culture et de leur bagage génétique, les noirs sont plus adeptes d'un style acrobatique rythmé. Les blancs sont plus orientés vers des figures ou des chorégraphies misant davantage sur la beauté et la grâce des gestes que sur des prouesses de haute voltige. Le mariage des deux styles sera très bénéfique au cheerleading et il le conduira plus tard à son apogée.

En 1968, au moment où ce mariage commence à porter ses fruits, une autre innovation concourra à rendre encore plus attrayant le spectacle des Pom Pom Girls : il s'agit du pom pom en vinyl créé par Fred Gasthoff. Lawrence Herkimer conserve toutefois ses droits (brevet) sur cet objet étincelant qui améliore et embellit tellement le "travail" et le physique des charmantes meneuses de claques.

Sur la photographie en tête d'article, on voit un typique "home coming", une cérémonie traditionnelle de bienvenue faite par les cheerleaders des Colts de Baltimore. Cela se passe en 1959 au retour des joueurs des Colts après une partie disputée à l'étranger. Dans le montage photographique ci-dessous, vous pourrez voir en images les sujets que je viens d'aborder. Toujours sur une musique de NFL films, Times of Glory.

vendredi 26 juin 2009

DANGEREUSEMENT SEXY !

Nous reprenons notre histoire du cheerleading au début des années '70. Un homme, Jeff Webb (voir photo) sera le principal artisan d'importants développements qui conduiront le cheerleading à son statut actuel : un sport complet mariant athlétisme et divertissement.

L'intérêt de Webb pour le cheerleading se manifeste sur le tard, un an seulement avant sa graduation, à l'Université de l'Oklahoma. Tout de suite après, en 1971, il entre à la NCA (National Cheerleaders Association) dirigée par Lawrence Herkimer. Ce dernier, considéré comme le père du cheerleading moderne, est tellement impressionné par les qualités de Webb qu'il voit immédiatement en lui un successeur éventuel. À peine un an s'écoule avant que le jeune homme se retrouve vice-président et gérant général de la NCA.

Mais le coup de foudre de Herkie pour Webb ne durera pas longtemps. L'élève et le mentor ne tarderont pas à développer des divergences d'opinions à propos de leurs plans d'avenir pour le développement du cheerleading. Très présent dans les camps d'entraînement des meneuses de claques, Webb se rend vite compte que les jeunes ont changé, suivant en cela l'évolution rapide et spectaculaire de la condition féminine aux États-Unis. Contrairement à Herkimer, Webb croit à la nécessité d'adapter le cheerleading à la libéralisation des moeurs qui a cours dans la société américaine. Il en vient à penser que la philosophie et les méthodes de Lawrence Herkimer et de la NCA sont dépassées. Webb constate qu'à l'approche de son 25e anniversaire d'existence la NCA stagne et qu'elle n'amène pas les jeunes cheerleaders à réaliser leur plein potentiel.

C'est pourquoi, en 1974, avec une douzaine d'instructeurs qui partagent son avis, Jeff Webb quitte la NCA pour fonder la UCA (Universal Cheerleaders Association). Il voit grand mais réalise vite que ce n'est pas une mince tache de concurrencer la toute puissante NCA. Les premières années de la UCA sont difficiles. Webb dirige son association à partir de son modeste appartement et parfois même de son automobile ! La première année, il réussit à faire un profit de $ 850 ! Mais petit à petit, Webb transformera le cheerleading en une discipline sportive populaire et en une incroyable industrie du spectacle mettant en vedette les filles les plus sexy d'Amérique. Et, dans les décennies '80 et '90, c'est la télévison qui lui servira de tremplin pour propulser la UCA vers les plus hauts sommets, éclipsant au passage la NCA et Herkimer.

À cette époque, avec la complicité de ESPN, un nouveau réseau de télé, Webb organise des compétions nationales de cheerleading qui obtiennent immédiatement un succès sans précédent. Pris de court, Herkimer tente d'imiter son ancien élève mais il est trop tard. La UCA s'emparera progressivement de 90% du marché de confection d'uniformes de Pom Pom Girls. Le cheerleading comptera bientôt plus de 3,5 millions d'adeptes. L'organisation de Webb prendra aussi le dessus sur la NCA pour ce qui est du nombre de camps d'entraînement. Depuis plusieurs années, la UCA est l'organisation numéro 1 incontestée du cheerleading aux USA. Webb a gagné son pari et le chiffre d'affaire de sa compagnie dépasse maintenant les 300 millions de dollars par année.

Les images qui suivent (voir video) sont à couper le souffle et montrent à quel point Webb a su conduire le cheerleading à un haut niveau d'accomplissement !




vendredi 5 juin 2009

DES POMPONS PAR MILLIONS

Au début des années '50, avec l'avènement de la télévision en couleurs, celui que l'on surnomme Mr Cheerleader, Lawrence Herkimer, cherche un accessoire coloré qui paraîtrait bien au petit écran. En 1956 il a l'idée de se servir de papier crêpé pour confectionner une fantaisie esthétique qui allumera et illuminera les rêves de millions de filles américaines. C'est l'invention du fameux pom pom. Dès sa naissance, le pom pom soulève passions et polémiques. Herkimer tient mordicus à ce que l'on écrive le nom de sa trouvaille avec un "n" à la fin, pompon et non pas pom pom car, dans le langage vulgaire, l'expression "pom pom" est employée pour faire allusion à l'acte sexuel !

Pom pom ou pompons, peu importe, la mode fait tout de suite rage et toutes les meneuses de claques veulent en posséder. Herkie ne perd pas de temps pour réagir et prend soin de faire breveter sa découverte. La fabrication et la vente de ce gadget génial viendront considérablement gonfler sa fortune. Mais pas autant qu'un autre de ses tours de magie d'homme d'affaires "gambler".

En effet, l'année 1972 marquera un autre tournant qui lui rapportera GROS. Cette année-là, ses camps d'entraînement pour cheerleaders, disséminés partout aux USA, viennent emplir ses coffres de 5 millions de dollars. Cet argent provient d'une multitude de collèges, d'écoles secondaires, d'universités et autres institutions populaires. Dans un geste aussi habile que surprenant, Herkimer se revire de bord et redonne presque la totalité de ces revenus (4,5 millions de $) à ceux qui l'avaient payé. En retour de ce "don", tous ses clients doivent toutefois assurer à sa compagnie l'exclusivité des achats de marchandise ou matériel de cheerleading destinés aux élèves (costumes, pompons, souliers, etc). Aucun des peu nombreux concurrents d'Herkie n'étaient assez riches pour "accoter" une telle offre.

Ainsi, à partir de cette époque, année après année, Herkimer ne fera plus que couvrir ses frais avec l'opération de ses camps d'entraînement mais ses usines de fournitures pour cheerleaders tourneront à plein rendement. Ses clients lui seront toujours fidèles, tout comme les jeunes pom pom girls pendant les années que dureront leur carrière. Lorsqu'en 1986 Mr Cheerleader vendra sa business de camps d'entraînement (pas ses autres actifs), il empochera la faramineuse somme de 20 millions de dollars.

Aux dernières nouvelles, Herkimer se tenait encore en bonne forme physique, à l'âge de 83 ans. Mais il confessait qu'il y a plus de vingt ans qu'il ne performait plus son célèbre "Herkie Jump". Pour y arriver aujourd'hui, disait-il, ça lui prendrait un système de levée et de poulies, et encore... Peu importe, la passion du cheerleading lui aura permis de "s'élever" vers de nombreux honneurs et hommages que son pays a été heureux de lui rendre en reconnaissance de sa contribution sans pareille dans la mise en valeur de la société américaine.

À ce point de notre récit, il convient de résumer en images la partie de l'histoire que nous avons déjà abordée. Plusieurs des images du diaporama ci-dessous sont tirées des archives de l'Université du Kansas. De Johnny Campbell en 1898 jusqu'aux belles années de Lawrence Herkimer, que de chemin parcouru ! Que l'Amérique a changé, et avec quelle beauté et quelle force ! Une belle histoire sur la musique de NFL Films, intitulée "American Holiday"...




vendredi 29 mai 2009

MR CHEERLEADER

Après avoir servi deux ans dans la marine américaine au cours de la guerre 39-45, Lawrence Herkimer rentre chez lui au Texas. Dans les années qui suivent, il décroche un diplôme en éducation physique à l'université Southern Methodist (SMU) qui l'engage comme professeur presque tout de suite après sa graduation. Les weekends, celui que l'on surnomme Herkie, donne des cliniques de cheerleading dans les écoles des environs. Au fil des ans, il a développé une passion pour l'aspect technique de cette activité qui est un prolongement naturel de son domaine d'enseignement.

Très tôt, cette passion le pousse à inventer de nouvelles chorégraphies et de nouveaux sauts pour les meneuses de claques. Un de ces sauts, le "Herkie Jump" (voir photo ci-dessus) est devenu un classique du genre. Son enthousiasme et sa compétence le font vite remarquer. En 1948, il organise le premier camp d'entraînement estival pour les cheerleaders. Pour faire connaître son expertise, il fonde également un magazine : le MEGAPHONE. Emballés par sa popularité et ses talents, les directeurs d'écoles s'arrachent ses services. L'un d'eux fait une offre ferme à Herkimer : $ 500 comptant ou $ 1 par élève qu'il recrutera. Notre homme est du genre "gambler" et il choisit la seconde option car il a déjà constaté l'engouement des jeunes filles pour le cheerleading. Il gagne son pari haut la main en amassant rapidement plus de $ 4 500.

Devant ce succès retentissant, il décide d'abandonner son poste de professeur d'université. En 1951, il investit $ 600 dans la création de la NATIONAL CHEERLEADERS ASSOCIATION (NCA). Les affaires vont rondement, le nombre d'élèves payants ne cesse pas d'augmenter. Les cliniques de formation d'Herkimer se répandent dans presque tous les états des USA. Son instinct et son sens de l'entrepreneurship incitent Herkie à pousser encore plus loin sa business. Il se rend compte que, ce qui risque d'être le plus lucratif, ce ne sont pas les cours que sa bande d'instructeurs donnent mais bien tous les à-côtés comme les uniformes et les accessoires de cheerleaders. Cette niche d'affaire n'existe pas autrement que sous une forme artisanale rudimentaire et désorganisée.

Toujours guidé par son esprit aventurier, il mise le tout pour le tout en achetant une manufacture de textile pour la somme de $ 100 000. Il s'en servira pour la confection de costumes de meneuses de claques. Le succès est encore au rendez-vous. Il décide de continuer sur sa lancée en faisant l'acquisition d'une usine de fabrication de contenants de carton pour le lait. On y fabriquera désormais des mégaphones (porte voix). Herkimer ne s'arrêtera pas là. S'ajouteront à ses actifs des manufactures pour produire des rubans, des boutons, des chaussures, des blouses et des jupes. La fameuse jupette "à plis", si caractéristique des cheerleaders des années '50 et '60, tire son origine du travail de design de l'épouse d'Herkie, Dorothy. En 1953, Herkimer incorpore toutes ses entreprises dans une même compagnie. Ses affaires sont plus que florissantes car il a peu de concurrents. Mais l'édification de sa fortune colossale n'en est qu'à ses débuts. Une invention géniale propulsera bientôt sa compagnie vers de nouveaux sommets.