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mardi 30 août 2022

PRÉVISIONS NFL 2022-23 : DES CLUBS MOYENS QUI POURRAIENT SURPRENDRE (BROWNS, SAINTS, CARDINALS, RAIDERS)





 Il y a toujours des équipes de sports qui surprennent par les résultats qu'elles obtiennent et que l'on n'attendait pas.  Ces surprises peuvent être bonnes ou mauvaises, mais elles font mal paraître les prévisionnistes qui se sont trompés dans leurs savantes prédictions !

Si ces clubs déjouent les experts c'est souvent à cause d'imprévus ou de malchance.  Par exemple, des joueurs de premier plan qui se blessent, ou sont suspendus, et doivent s'absenter pour longtemps.  Ou encore un joueur de franchise qui, pour une raison ou une autre sous-performe énormément.

Peut-être que, au contraire, un joueur marginal, ou un agent libre signé à la dernière minute, s'affirme plus que prévu et fait pencher la balance en faveur de sa nouvelle équipe.

Selon son bon ou son mauvais sort, un club moyen peut donc décliner ou s'améliorer plus qu'escompté.  Cela fera pencher la balance suffisamment pour lui faire rater les séries éliminatoires ou, au contraire, lui ouvrir une place dans le tournoi de fin de saison.



Les Browns de Cleveland

Les Browns de Cleveland ont gagné la course effrénée à l'immoral Deshaun Watson (photo ci-dessus) contre trois autres équipes.  Mais ils ont perdu le respect de toute la planète football.  Cette quête folle au prix d'un mirobolant contrat garanti de cinq ans pour $ 230 millions (un record) prouve à quel point les dirigeants de ce club sont désespérés.  Ils veulent enfin s'assurer les services d'un quart-arrière de franchise qui les aidera à mettre fin à une très longue tradition perdante en gagnant un championnat.

Ils croient que Watson sera l'élément qui leur manquait pour gagner un championnat dès maintenant, puisque le reste de l'équipe est dans son «prime» et assez fort pour y parvenir.  La saga Watson n'est cependant pas terminée.  Visé par une vingtaine d'allégations d'agression et d'inconduite sexuelles, l'ex-pivot des Texans de Houston n'a pas joué du tout l'an passé, et il est suspendu pour onze parties cette saison.

Il doit payer une amende de $ 5 millions et s'astreindre à programme pour traiter ses comportements pervers.  Le hic c'est que, après s'être excusé pour ses gestes odieux, au début du camp d'entraînement des Browns, Watson s'est récusé après l'annonce de sa suspension en clamant son innocence et en niant les faits qui lui sont reprochés.

Après son programme de réhabilitation, des experts en psychologie comportementale jugeront s'il est apte à revenir au jeu.  Qui sait ce qui pourrait arriver si Watson continue à renier ses responsabilités et qu'il échoue ses traitements ?

Même s'il réussit à revenir au jeu le 4 décembre, contre son ancienne équipe, quelles seront les réactions des spectateurs aux matchs qu'il jouera et, surtout, comment sera-t-il accueilli par ses coéquipiers et les joueurs opposés ?  Sera-t-il une distraction et un sujet de discorde chez les Browns ?

Après presque deux ans sans jouer, sera-t-il en bonne forme physique et mentale ?  Est-ce qu'il retrouvera son rythme et son synchronisme ?  Pourra-t-il bien s'intégrer à sa nouvelle équipe et maîtriser un nouveau système de jeu ?



L'autre série de questions concerne le quart-arrière qui sera d'office avant que Watson finisse de purger sa longue suspension.  Jacoby Brissett, un QB substitut signé durant la saison morte, en sera à sa 4e équipe, avec à son CV 14 victoires, 23 défaites, et un coefficient d'efficacité de 83.  Combien de matchs les Browns gagneront avec ce quart-arrière de second ordre ?

Pour faire de la place à Watson sous le plafond salarial, les Browns ont pratiquement «donné» aux Panthers de la Caroline leur QB régulier de l'an dernier Baker Mayfield, qui a presque joué toute la saison passée avec une blessure à l'épaule.  Par surcroît, Cleveland devra payer $ 10½ millions du salaire de Mayfield. 

De plus, Watson a coûté cinq choix de repêchage en faveur des Texans : trois choix de première ronde (2022, 2023, 2024), un choix de 3e ronde (2023), et un choix de 4e ronde (2024).



Malgré tout ce brouhaha, l'offensive des Browns risque de ressembler à ce qu'elle est depuis quelques années : axée surtout sur le jeu au sol.  On demandera à Brissett de gérer l'attaque de façon conservatrice.  Bien que diminuée par la retraite du centre JC Tretter, la ligne à l'attaque, et le duo de porteurs de ballon formé de Nick Chubb et de Kareem Hunt (photo ci-dessus → Chubb no 24; → Hunt no 27), seront encore dans le top-3 de la Ligue cette saison.

Cela s'est traduit l'an passé par un premier rang de la NFL pour la moyenne de verges gagnées par course (5,1 verges).  Et ce, sans la contribution d'un bon quart-arrière coureur, à la Lamar Jackson, ou comme Watson pourrait l'être lorsqu'il reviendra au jeu.

Hormis le nouveau venu Amari Cooper (ex-Cowboys), il n'y a pas de receveur dangereux pour faire du jeu aérien des Browns une menace pour les adversaires.  On a renouvelé le contrat de l'ailier rapproché David Njoku (4 ans, $ 54,8 millions).  Sans être une super étoile, il est correct à sa position.

On s'attendait à plus de l'autre ailier rapproché, Austin Hooper.  Voilà pourquoi on n'a pas voulu signer une nouvelle entente avec lui.  Il a été récupéré par les Titans du Tennessee.  L'ailier espacé Jarvis Landry n'a pas été retenu non plus.  Il jouera pour les Saints de la Nouvelle-Orléans cette saison.



Peut-être à cause de leur prépondérance pour le jeu au sol, les receveurs éloignés de renom, qui ont évolué avec les Browns, n'ont jamais compilé de statistiques impressionnantes.  On pense aux cas récents d'O'dell Beckham Jr et de Landry.  Depuis que le coach Kevin Stefanski (photo ci-dessus) dirige l'équipe (janvier 2020), un seul receveur a franchi le cap des 600 verges de gains par la passe.

Les Browns compteront sur leur excellente défensive pour neutraliser les offensives ennemies et gagner des matchs à bas pointage.  Peu actifs sur le marché des agents libres, mais contraints de libérer de l'espace sous le cap salarial («because» le contrat monstre de Watson), les Browns ont échangé le demi de coin Troy Hill aux Rams de Los Angeles contre un choix de 5e ronde au prochain repêchage.

La défensive sera de nouveau menée par le formidable Pro Bowler pérenne Myles Garrett (16 sacks en 2021), souvent candidat au titre de joueur défensif par excellence du circuit Goodell.  La première ligne n'est cependant pas blindée contre le jeu au sol.  À l'intérieur de cette ligne, la recrue Perrion Winfrey sera testée et Jordan Elliott n'est pas efficace.  Heureusement, à l'extérieur, Jadeveon Clowney complète bien Garrett.

La secondaire est assez solide avec Jeremiah Owusu-Koramoah et Anthony Walker.



La tertiaire est spectaculaire (top-3 dans la NFL) avec, entre autres, des joueurs d'élite comme le demi de coin Denzel Ward (le mieux payé de l'histoire de la Ligue à sa position → photo ci-dessus) et le demi de sûreté John Johnson III.

Les Browns doivent trouver le moyen de gagner avec Brissett au poste de QB en attendant Watson au 12e match.  Leur très difficile calendrier joue cependant contre eux, et quand le supposé prodige se pointera enfin, il pourrait être trop tard pour sauver la saison.

Tiens donc, devinez quel club ils affronteront la première semaine (11 septembre) ?  Les Panthers de la Caroline (chez eux à Charlotte) de leur ex-QB Baker Mayfield !



Les Cardinals de l'Arizona

Mais que se passe-t-il donc avec les Cardinals de l'Arizona ?  Au cours des deux dernières saisons, ils ont joué comme des champions, avant de s'écrouler après la fête de l'Action de Grâce américaine.  Après un départ canon (7-0) en 2021, leur quart-arrière Kyler Murray (photo ci-dessus) était déjà pressenti comme le MVP de l'année.  Leur entraîneur Kliff Kingsbury était couvert d'éloges et on le voyait rafler le titre d'entraîneur de l'année dans la NFL.

Mais voilà, Murray, et le meilleur receveur de l'équipe, DeAndre Hopkins, se sont blessés, et les Cardinals ont perdu cinq de leurs six dernières parties (incluant une cinglante défaite en séries éliminatoires contre les Rams).

Blessé à une cheville, le petit QB des Cards est revenu au jeu après avoir dû sortir de l'alignement pour trois matchs.  Mais il n'était plus le même.  Son coefficient d'efficacité, généralement près de 100, a baissé à 83.  On ne le voyait plus courir et s'esquiver, comme avant, pour échapper à la poursuite des défenseurs adverses, et réaliser des gains au sol pour des premiers essais, ou lancer des passes sublimes.



Murray commence à avoir un historique de blessures important : muscle ischio-jambier en 2019; épaule en 2020; cheville en 2021, et poignet durant le camp d'entraînement cet été.  Sa petite stature (5 pieds 10 pouces, 207 livres) semble poser un problème de durabilité.

Il semble que Murray était mécontent après l'élimination de l'équipe et qu'il songeait à demander un échange.  Les Cardinals ont mis fin à ces récriminations en lui faisant signer une extension de contrat pharaonique de $ 230½ millions pour 5 ans (un record).

Pour le satisfaire encore plus, ils ont donné leur choix de première ronde de repêchage aux Ravens de Baltimore en échange du receveur Marquise Brown (à gauche sur la photo ci-dessus), avec qui Murray a fait la pluie et le beau temps au collège (Oklahoma) en 2017 et 2018.

Brown sera chargé de remplacer Hopkins (suspension de six matchs pour usage de drogue améliorant la performance) comme receveur no 1.  Hopkins a connu une baisse de régime en 2021, mais avant de rater les six derniers matchs de l'équipe, il avait joué presque toutes les premières dix parties malgré une douloureuse blessure aux côtes.  Il a célébré son 30e anniversaire le 6 juin, et à cet âge, un ralentissement est à prévoir pour un receveur de son calibre.



Brown n'est pas un receveur du même calibre que Hopkins (photo ci-dessus).  En trois saisons en carrière, il a maintenu une moyenne de 51 verges de gains aériens par rencontre, mais il en a tout de même engrangé 1 008 l'an passé avec les Ravens, un club qui mise surtout sur le jeu au sol.  Brown remplace plutôt Christian Kirk, devenu agent libre, et qui a été signé par les Jaguars de Jacksonville.

Les Cardinals croient que Rondale Moore (choix de 2e ronde en 2021) et le vétéran A.J. Green (resigné pour un an et $ 3½ millions) viendront bien complémenter Brown en attendant le retour de Hopkins.  L'extraordinaire ailier rapproché Zack Ertz verra probablement sa somme de travail augmenter, si c'est possible.  Après avoir été obtenu dans un échange avec Philadelphie, le vétéran de 31 ans a été tout feu tout flamme en onze parties en Arizona (56 passes captées pour 574 verges et trois touchés).



Pas de crainte au poste de demi offensif.  James Conner (à gauche sur la photo ci-dessus) a été époustouflant l'an passé avec ses 18 touchés et ses gains de 1 127 verges, passes/courses combinées.  Il sera secondé cette saison par Darrel Williams (ex-Chiefs) qui remplace Chase Edmunds, signé par les Dolphins.

C'est plutôt la ligne à l'attaque qui fait défaut. Le travail de Murray et des porteurs de ballon sera compliqué par la faiblesse de cette unité, une des plus âgée de la Ligue (joueurs au-dessus de 30 ans, en moyenne).  Qui dit vieillissante dit déclinante, et plus vulnérable aux blessures.  Avec aucune relève suffisante en cas de pépins.

Les Cardinals peuvent marquer beaucoup de points, mais ils en donneront pas mal aussi.  La défensive laisse à désirer.  Elle a perdu son as, Chandler Jones (rendu à Las Vegas), de même que l'autre secondeur de ligne Jordan Hicks (Vikings).  Leur place sera prise par les jeunes Zaven Collins et Isaiah Simmons qui n'ont pas été à la hauteur de leur potentiel l'an passé.



Et que reste-t-il dans le réservoir du vieux et éternel blessé J.J. Watt (33 ans → photo ci-dessus) ?  Il n'a réussi qu'un sack en sept parties jouées la saison dernière.

De plus, Jordan Phillips a pris le chemin de Buffalo, ce qui n'est pas un cadeau pour la défensive de l'Arizona qui n'a plus que Markus Golden pour faire vraiment pression sur les QBs ennemis. 

La tertiaire fait pitié aussi, les évaluateurs chevronnés de Pro Football Focus la classant en 27e position sur 32 dans la NFL.  Les demis de coin Byron Murphy Jr et Marco Wilson sont les maillons les moins solides de cette unité.



Coïncidence ou pas, sans Hopkins, la saison passée, les Cardinals ont perdu quatre de leurs six derniers matchs (cinq si on ajoute leur dure défaite en éliminatoires contre les Rams).  Ils devront faire mieux cette saison durant les six matchs de suspension à leur receveur étoile.

Mais ça ne sera pas une sinécure.  Le calendrier des Cards est brutal.  Ils doivent affronter quatre clubs qui ont participé aux séries éliminatoires l'an dernier (Chiefs, Rams, Raiders, Eagles).  Et les matchs à Seattle et en Caroline ne sont pas gagnés d'avance...

Un mauvais début de campagne serait dévastateur, et les Cardinals pourraient glisser au 3e rang de la division Ouest de la NFC, hors de portée des séries éliminatoires.



Les Saints de la Nouvelle-Orléans

Après la retraite de leur fantastique quart-arrière Drew Brees en mars 2021, les Saints de la Nouvelle-Orléans devront se passer de leur super entraîneur Sean Payton (photo ci-dessus), qui a redressé l'équipe à son arrivée en poste en 2006, a gagné le Super Bowl en 2009, et a guidé les siens à neuf participations aux séries de fin de saison.

En 2021, sans Brees, et avec Jameis Winston comme QB partant, Payton a raté les éliminatoires de justesse, au tout dernier match de la saison, avec une fiche de 9-8.  Un peu amer et peut-être fatigué après seize ans d'un labeur très exigeant, Payton a décidé de faire une pose.

C'est un lourd déficit pour la franchise car il a été un des meilleurs de sa profession pendant toutes ces années.  C'est lui qui appelait les jeux.  Ses décisions étaient judicieuses et rarement erronées.  Il manquera à son ex-club.  Il sera analyste de football pour le réseau de télé FOX cette année.

Dennis Allen (photo ci-contre), son coordonnateur à la défensive l'an passé, prendra sa place dans le siège de conducteur en chef.  Sa brève expérience de deux dans un poste similaire avec les Raiders (2012-2014) n'a pas été probante (8 victoires, 28 revers).

Les Saints devraient avoir une assez bonne équipe mais des épées de Damoclès pendent au-dessus de leurs têtes.

Comment se déroulera le retour au jeu de Winston après sa délicate opération au genou (ligament antérieur croisé) ?  

Perdront-ils les services de leur as demi offensif Alvin Kamara (photo ci-dessous), menacé d'une suspension pour une affaire de voies de fait dans un bar de Las Vegas lors de la fin de semaine du Pro Bowl ?



Comment la ligne à l'attaque encaissera l'impact du départ pour Miami du plaqueur offensif Terron Armstead ?  Sans son support, les gardes Andrus Peat et Cesar Ruiz, déjà peu compétents, pourront-ils tenir le coup ?

En défensive, la retraite du demi de sûreté Malcolm Jenkins (trois participations au Pro Bowl) affaiblira-t-elle la tertiaire ?

Il est vrai que durant la saison morte, les Saints ont bien répondu à la plupart de ces interrogations.  Ils ont été bons sur le marché des agents libres en s'assurant les services du renommé demi de sûreté Tyrann Mathieu (ex-Chiefs), du très capable receveur Jarvis Landry, et d'un autre demi défensif plus que respectable en Marcus Maye (ex-Jets).  Mais ils n'ont pas trouvé de remplaçant de qualité pour Armstead.



Le fait saillant de la saison pour les Saints pourrait être le retour au jeu du sensationnel receveur de passes Michael Thomas (photo ci-dessus).  Après avoir établi un record de la NFL pour le nombre de passes captées en une saison (149), en 2019, Thomas n'a joué que sept parties en 2020, et il n'a pas joué du tout l'an dernier (opération à une cheville).  Mais après une si longue absence, et avec son lourd dossier médical, peut-il revenir près du niveau de jeu de 2019 ?

L'affaire judiciaire de Kamara traîne tellement en cour de justice qu'il pourrait être en mesure de jouer toute la saison, la NFL attendant un verdict de culpabilité avant de le suspendre.  Mais ses démêlées avec la justice nuiront-elles à sa concentration et à son jeu ?  Son rendement a diminué en 2021, mais c'était comparé à une saison du tonnerre en 2020.



Les Saints n'ont pas un atout valable avec l'ailier rapproché Adam Trautman, mais la grande question demeure Winston (photo ci-dessus) au poste de QB no 1.

L'an dernier, le coach Payton l'a utilisé intelligemment en limitant son nombre de passes (une couple de douzaines en moyenne par match).  On sait que l'ex-QB de Tampa Bay était une véritable machine à revirements (30 interceptions à sa dernière saison avec les Bucs en 2019 + cinq échappés perdus).

Avec les Saints en 2021, il n'a commis que trois interceptions en sept matchs joués, avant la blessure qui l'a sorti de l'alignement pour le reste de la campagne.  Avec ses nouvelles armes offensives (Jarvis, Thomas) et un nouvel entraîneur, est-ce que Winston lancera plus de passes pour ainsi refaire connaissance avec ses anciens démons le rendant coupable de multiples revirements ?



Si tout va bien, et que ses joueurs évitent les blessures, l'offensive devrait se classer plus haut que sa 28e place de l'an dernier (pire performance de son histoire).

La défensive ne pose pas de problèmes.  Elle excelle surtout contre le jeu au sol.  Les pertes de l'entre-saison ont été bien compensées.  Il est même possible que les Saints présentent la meilleure défensive de la Conférence Nationale.  Un seul bémol peut-être :  deux de leurs meilleurs contributeurs, Cameron Jordan et Demario Davis, ne rajeunissent pas.  Ils sont tous deux âgé de 33 ans, au bord d'une possible baisse de rendement.

Comme on peut le constater, plusieurs questions demeurent en vue de la prochaine saison des Saints.  Les Buccaneers sont encore largement favoris pour gagner le championnat de la division, et même de la Conférence Nationale.  La route vers les séries éliminatoires n'est pas sûre pour les représentants de la Nouvelle-Orléans.  Leur calendrier n'est pas commode.  J'ai des doutes au sujet de Winston.  Sans régresser, les Saints pourraient stagner, même si la 2e place de leur division semble assurée.



Les Raiders de Las Vegas

Les Raiders de Las Vegas se sont améliorés grâce à leurs mouvements positifs durant l'entre-saison.  Mais le problème c'est que les autres équipes de leur division (AFC Ouest, K.C., Denver, Chargers) seront probablement encore plus forts qu'eux.

Si l'ajout du dominant receveur de passes Davante Adams (ex-Packers → photo sous le titre de cet article), un bon ami du quart-arrière des Raiders Derek Carr (photo ci-dessus) va rendre encore plus explosive l'attaque de l'équipe, la défensive accueille aussi un nouvel élément de premier ordre en Chandler Jones (ex-Cardinals).

Adams a signé un contrat de 5 ans qui lui rapportera $ 140 millions.  Il a été un des meilleurs receveurs de la Ligue au cours des dernières années.  Ses deux plus récentes saisons ont été spécialement prodigieuses avec 238 passes attrapées pour 2 927 verges de gains et 29 touchés.  Phénoménal !



Et les autres bons receveurs des Raiders (Hunter Renfrow → photo ci-dessus; et l'ailier rapproché Darren Waller) pourront profiter de plus de liberté et d'espace en raison des doubles couvertures que les défenses adverses mettront sur Adams pour tenter de minimiser les dégâts qu'il peut leur causer.

Même le demi offensif Josh Jacobs, principal responsable de l'attaque terrestre, pourra bénéficier de ce groupe de receveurs, craint par l'adversaire, pour éviter d'avoir à faire face à une boîte défensive surpeuplée, une tactique employée pour étouffer le jeu au sol. Les secondeurs de ligne et les demis défensifs adverses ne pourront pas se payer ce luxe de se masser près de la ligne de mêlée, de peur de laisser à découvert des poisons comme Adams, Waller et compagnie.

Ce qui pourrait noircir ce beau panorama offensif, c'est la très déficiente ligne à l'attaque, qui se classe parmi les plus mauvaises de la NFL.  L'an passé elle a fini au dernier rang en protection de quart-arrière (le plus grand nombre de pressions allouées sur le QB par les défensives opposées).  Le garde à gauche Denzelle Good, et le plaqueur à droite Alex Leatherwood, en arrachent beaucoup !  Conséquence : Carr a subi 40 sacks l'an passé.



En défensive l'arrivée de Chandler Jones (à droite sur la photo ci-dessus) fera le plus grand bien.  Avec l'autre ailier défensif, le géant Maxx Crosby (à gauche sur la même photo), ils vont répandre la terreur dans le champ arrière ennemi, ce qui va soulager et aider les autres membres de la défense des Raiders.  Ils en ont bien besoin car les trous sont nombreux à plusieurs positions.  À commencer par l'intérieur de la première ligne, où Bilal Nichols, et surtout Johnathan Hankins, sont chancelants.

Parmi les trois linebackers Jayon Brown ne fait pas le poids, tandis que Divine Deablo a parfois du mal à tenir son bout.  Dans la tertiaire ce sont Duron Harmon et Trayvon Mullen Jr qui ont du mal à bien faire leur boulot.

L'an dernier, la fin de saison des Raiders a été particulièrement excitante.  Un vrai danger pour les cardiaques !  Devant absolument gagner leurs quatre derniers matchs pour espérer mériter une place en séries éliminatoires, les Raiders ont battu les Browns, les Broncos, les Colts et les Chargers par de faibles marges combinées de 13 points au total.  Incroyable !

Durant la saison ils ont compilé une fiche de cinq victoires, une défaite, dans les parties décidées par trois points ou moins.  Le scénario typique de ces rencontres c'était un placement gagnant dans les dernières secondes, parfois après être revenu de l'arrière dans le pointage.  De vrais «cardiac kids» !

Heureusement, pour masquer un peu les insuffisances défensives, les Raiders ont le privilège de compter parmi leurs rangs deux des meilleurs botteurs de la NFL.

Daniel Carlson (photo ci-dessous) a fracassé un record de franchise la saison dernière en marquant 150 points, dont 120 sur des bottés de placement réussis.



Le botteur de dégagement AJ Cole a été élu au Pro Bowl grâce à son étincelante moyenne de 50 verges par botté !

Avec leur nouvel entraîneur en chef, l'ex-gourou de l'offensive des Patriots, Josh McDaniels, les Raiders devraient marquer une tonne de points, car leur attaque est améliorée.  Mais leurs défectuosités au niveau de la ligne à l'attaque et de la défensive les condamnent au dernier rang de leur division, même s'ils vont probablement gagner plus de matchs qu'ils vont en perdre.  

jeudi 30 décembre 2021

LES HOMMAGES SE MULTIPLIENT APRÈS L'ANNONCE DU DÉCÈS DE JOHN MADDEN.












Il avait une personnalité unique. C'était un être authentique et original.  Il était aimé par plusieurs millions de personnes.  Il sera grandement regretté.  Le légendaire «coach» de football américain John Madden est décédé subitement mardi, chez lui, à Pleasanton, Californie, à l'âge de 85 ans.  Depuis la triste annonce de sa mort, les hommages ne cessent d'affluer de partout.  Difficile de l'imaginer sans vie, lui que l'on a toujours connu si exubérant, et qui incarnait tellement la joie de vivre.

John Madden a excellé pendant dix ans comme entraîneur des Raiders d'Oakland.  Il possède toujours, à ce jour, l'une des meilleures fiches (en termes de pourcentage de victoires) dans l'histoire de la NFL.  

Entraîneur il l'était toujours durant ses 30 ans comme analyste football sur les réseaux de télé.  Non seulement parce qu'il était un précurseur et un grand connaisseur en nous enseignant le football avec ses fameux schémas de jeux et de stratégies, mais parce qu'il nous entraînait à sa suite dans son amour passionné de la «game».



C'était un personnage haut en couleur, plein d'humour, et si drôle, notamment dans les publicités qui le mettait en vedette, et dans ses inoubliables célébrations gargantuesques du jour de l'Action de Grâce (avec son fameux Turducken) !  Sans oublier comment il gesticulait le long des lignes de côté quand il était coach et qu'il enguirlandait les arbitres lorsque ceux-ci rendaient des décisions «injustement» défavorables à son club.

Il riait volontiers de lui-même ou des plaisanteries des humoristes ou des caricaturistes à son sujet, que ce soit à propos de son style effréné ou de son «look» excentrique.  Un jour, quelqu'un l'avait comparé à «un lit défait».  Loin de s'offusquer de la comparaison, Madden avait répliqué, en riant, que c'était assez juste comme image !

Comme à son habitude, cet expert dans l'art du divertissement avait fait rire tout le monde qui assistait à son entrée au Temple de la Renommée, en racontant le moment le plus heureux de sa vie.  En 1977, à la fin du match du Super Bowl qu'il venait de remporter, cela avait pris cinq ou six joueurs de son club pour le soulever et le porter en triomphe.  Madden était lourd.  Il a déjà pesé 350 livres.



Ployant sous cette encombrante masse, les joueurs l'ont rapidement laissé tomber.  «Boum !», de raconter le nouveau membre du Temple de la Renommée, en reprenant cet onomatopée qui a contribué à le rendre si célèbre.  Mais ce fâcheux incident était correct selon le coloré personnage : «parce que c'était moi, et que c'était eux, et que c'était le moment le plus heureux de ma vie.»

Heureusement, contrairement à bien d'autres hommes remarquables, on a reconnu sa valeur et son talent de son vivant : plus jeune coach de l'histoire de la NFL à 32 ans, champion du Super Bowl en 1977, un nombre record de seize prix Emmy à titre de meilleur analyste de sport, intronisé au Temple de la Renommée du Football en 2006, associé au jeu vidéo le plus lucratif (portant son nom et qui a rapporté plus de quatre milliards de dollars en revenus) etc.  Et bien sûr, toute l'admiration de plusieurs millions d'amateurs de football, ainsi que celle des dirigeants et de plusieurs générations de footballeurs amateurs et professionnels.















Je lui avais consacré un des premiers billets de ce blogue, en 2009, lorsqu'il avait annoncé sa retraite après 30 ans de carrière en tant qu'analyste et commentateur de football à la télé américaine.

https://footballmaniaavechacksaw.blogspot.com/2009/04/truculent-big-john-madden.html

Je ne répéterai pas ce que j'avais écrit alors, mais je laisse la parole à quelques-uns des hommes qui l'ont mieux connu et aimé, et qui ont tenu à lui rendre hommage, de son vivant comme après sa disparition.

D'abord, Roger Goodell, le commissaire de la Ligue Nationale de Football, qui a souligné le rôle clé qu'a joué John Madden pour faire de son circuit le plus populaire et le plus prospère dans le sport majeur : «Personne n'aimait le football plus que Coach.  Il incarnait le football.  Il était une source d'inspiration pour moi et pour beaucoup de gens.  Il n'y aura jamais un autre John Madden, et nous lui serons à jamais redevables de tout ce qu'il a fait pour faire du football et de la NFL ce qu'ils sont aujourd'hui».



Ken Stabler (no 12, photo ci-dessous), qui a été le quart-arrière de John Madden pendant ces nombreuses années de succès comme coach des Raiders, a toujours pensé que le point fort de son entraîneur était son style : «...il avait le don de nous laisser être qui nous voulions être, sur le terrain et en dehors du terrain»(...)«il n'y avait aucun code vestimentaire ou de restriction pour la longueur des cheveux ou de la barbe»(...) «Comment le récompenses-tu d'avoir agi comme ça ?  Tu gagnes pour lui.»  Cette façon de faire contrastait énormément avec celle d'un coach aussi sévère et conservateur comme Tom Landry, des Cowboys de Dallas.  Autant Madden pouvait être démonstratif le long des lignes de côté, autant Landry était impassible et sans émotions.


Il faut se rappeler qu'à l'époque, à la fin des années '60 et au début des années '70 aux États-Unis, on était en pleine période des hippies, du «peace and love», de la drogue et des fêtes bien arrosées.  Plusieurs joueurs des Raiders étaient plutôt délinquants et «hors-la-loi», autant sur le terrain de football qu'en dehors de celui-ci.  Mais tout ce que Madden leur demandait c'était d'être à l'heure pour les activités et les matchs de l'équipe, en plus de jouer dur.  Et dur ils ont joué !  Ils terrorisaient les autres clubs en les malmenant physiquement.  Au grand plaisir de leurs partisans qui s'affichaient parfois avec des accoutrements de pirates, avec imitations de tibias entrecroisés et de crâne de mort !  Comme sur le logo de leur équipe !

Les joueurs des Raiders étaient souvent indisciplinés, mais le seul reproche que Madden leur faisait c'était sur les pénalités de procédures inadmissibles (false start).  Il ne les engueulait pas pour un plaqué raté ou pour avoir été pris hors position.  Un autre de ses anciens protégés, le joueur de ligne offensive Art Shell s'est souvenu : «Les joueurs adoraient jouer pour lui.  Il rendait le camp amusant pour nous, et la saison aussi.» 

Comme analyste, John Madden était aussi respecté par les joueurs de la NFL.  L'ancien quart-arrière John Elway a dit que les joueurs pouvaient contester facilement les commentaires des autres analystes, mais quand c'était John Madden qui parlait, on l'écoutait.  Et les critiques du coach étaient faites de façon à ne pas offenser les joueurs.  Ce que ceux-ci appréciaient beaucoup.



Comme analyste, John Madden était un véritable animateur.  Divertissant, habile vulgarisateur, toujours bien préparé et informé, il demeure le modèle par excellence pour tous les commentateurs de sport d'aujourd'hui.

C'est parce que le son des télé-diffusions des matchs de la NFL ne rendait pas bien les sons qu'il entendait lorsqu'il était coach sur le terrain, que le coloré commentateur s'est mis à les imiter durant ses descriptions : les «boum», «doing», «bam» et autres «woup» ou «whap», qui ont fait sa marque de commerce...  Personne n'avait fait ça avant lui.  Et c'était tellement le fun de l'entendre ainsi animer les reportages et ses explications.

Curieusement, trois jours avant sa mort, le jour de Noël, le réseau de télévision Fox a diffusé un documentaire racontant la vie de John Madden.  Dans ce documentaire, le vénéré coach dit que, lorsqu'il était jeune, son père lui avait conseillé de trouver un emploi qu'il aimerait.  Un emploi si intéressant qu'il lui ferait oublier les vicissitudes de la vie.  En faisant carrière dans le monde du football, un monde qu'il a tant aimé, John Madden affirme qu'il a été le gars le plus chanceux au monde.  Parce qu'il n'a jamais eu l'impression de travailler.  Ce ne fut que du plaisir et du bonheur.

Que seule la mort pouvait arrêter...

mardi 7 septembre 2021

SAISON 2021-22 DE LA NFL : LES CHIEFS DE KANSAS CITY, TOUJOURS LES CHEFS DE FILE DANS L'OUEST DE LA AFC.



Dans l'Ouest de la Conférence Américaine, les Chiefs de Kansas City sont nettement les favoris.  Non seulement pour dominer leur division, mais pour aller jusqu'au bout et remporter le prochain Super Bowl.  Ils devront cependant faire face à plus de compétition dans leur section et prier pour que leurs joueurs-clés demeurent en santé, car ils manquent de profondeur en défensive...

Finalistes au dernier Super Bowl et très (trop ?) confiants de le gagner, les Chiefs ont été ramenés brutalement sur terre en subissant une cuisante défaite (31-9) aux mains des champions, les Buccaneers de Tampa Bay de Tom Brady.  Cette humiliation sera une source de motivation en 2021 car ils voudront venger cet affront.

Ils en ont d'ailleurs tiré des leçons, notamment dans l'urgence de remodeler leur ligne à l'attaque qui a lamentablement perdu sa guerre des tranchées face à leurs rivaux des Bucs.  Il est vrai que si cette ligne a si mal parue à cette occasion, c'est que leur quart-arrière Patrick Mahomes était blessé à un pied et que le manque de mobilité qui en résultait ne lui permettait plus aussi facilement d'échapper à la pression exercée par le front 7 adverse.


Mahomes a mangé la volée de sa vie en étant plaqué et harcelé pendant tout le match, mais il ne faut pas trop s'en étonner car son style de jeu agressif l'expose à jouer dangereusement.  À seulement 25 ans, il a déjà été ennuyé fréquemment par des blessures aux chevilles, au pied, et à un genou, en plus d'avoir subi au moins une commotion cérébrale.  On sait qu'il sort souvent de sa pochette protectrice, qu'il court fréquemment avec le ballon, en plus de lancer celui-ci en déséquilibre, de toutes les façons possibles.  Toutes ces actions prélèvent un lourd tribut physique et le prédisposent aux «accidents».

D'où l'importance de le protéger davantage, comme Brady l'est, à Tampa Bay.  Ce fut donc la priorité l'été dernier à K.C..  Et il semble que les dirigeants de l'équipe aient bien travaillé en ce sens en allant chercher des joueurs capables de combler les lacunes de cette ligne offensive.

Un échange a amené Orlando Brown (ex-Ravens).  On a pigé chez les agents libres en signant Joe Thuney (ex-Patriots).  À la position de centre, en plus de signer Austin Blythe (ex-Rams), les Chiefs ont repêché Creed Humphrey (2e ronde, 63e choix au total, de Oklaoma).  Le garde Kyle Long (ex-Bears) a été tiré de sa retraite et rejoindra Laurent Duvernay-Tardif quand tous deux seront remis de leurs blessures.

Résultat de tout ces chambardements sur la ligne offensive : Eric Fisher a dû faire ses valises pour aller jouer avec les Colts d'Indianapolis et Mitchell Schwartz a été libéré et se remet encore d'une grave blessure au dos subie en octobre 2020. 

Tout en apprenant à jouer ensemble avec cohésion, les nouveaux membres de cette ligne à l'attaque améliorée devraient ouvrir davantage de bons couloirs de course et profiter ainsi au porteur de ballon Clyde Edwards-Helaire, qui a bien fait à sa saison recrue l'an passé.  Ses coéquipiers, les demis offensifs Darrell Williams et Jerick McKinnon, pourront en bénéficier aussi de cette meilleure tenue de l'O.L..




Chez les receveurs, exit Sammy Watkins, qui en sera déjà à sa quatrième équipe avec Baltimore.  Ça libère le poste de receveur éloigné no 2 aux côtés du lièvre Tyreek Hill.  Les Chiefs croient qu'à sa troisième saison dans la Ligue, le rapide Mecole Hardman (photo ci-dessus) est prêt à prendre du galon.  Byron Pringle et Demarcus Robinson sont d'autres prétendants.  Travis Kelce vieillit (32 ans) mais il demeure l'un des meilleurs de la Ligue à son poste d'ailier rapproché.

De médiocre la saison dernière, la défensive des Chiefs devrait se classer dans la moyenne cette année.  En 2020, des blessures à des joueurs importants ont miné ses ressources et exposé le manque de profondeur de ce côté du ballon.  Quelques changements ont été effectués avant le camp d'entraînement, mais la tertiaire demeure «so-so» et le nouveau venu, le plaqueur Jarran Reed devra donner un sérieux coup de main pour aider cette unité défensive à faire davantage pression sur les QB adverses, une faiblesse, durant la dernière campagne.

Champions incontestés du Super Bowl en 2019, les Chiefs ont perdu de leur superbe l'an passé.  Certes, ils continuaient de gagner presque tous leurs matchs, mais avec des pointages plus serrés.  Mahomes dit viser une fiche de 20-0 (en incluant les séries éliminatoires) cette saison, mais son club devra d'abord se méfier de rivaux plus redoutables dans sa division.




À chaque début de saison, lorsqu'on évalue les forces en présence dans la Ligue Nationale de Football, on constate que la très grande majorité des clubs vont demeurer les mêmes. C'est-à-dire que, malgré les modifications apportées à leur alignement à cause du respect du plafond salarial, du repêchage et du marché des agents libres, les plus fortes formations vont encore dominer et les plus faibles vont toujours en arracher, du moins, à court terme, dans un avenir prévisible.

Il y a bien quelques exceptions, mais elles sont plutôt rares.  Une bonne organisation sait se maintenir longtemps près des sommets, tandis qu'il faut souvent plusieurs années pour reconstruire solidement une franchise qui est tombée dans les bas fonds du classement.

Reste les autres, de force moyenne, qui se seront peut-être améliorées dans l'entre-saisons grâce à de nouveaux entraîneurs, un bon repêchage, l'ajout judicieux d'agents libres de fort calibre pour combler des faiblesses (sans, d'un autre côté, avoir perdu trop de bons joueurs sur ce même marché des agents libres), de bons échanges et la progression bien prévue des jeunes joueurs de l'organisation.

Ainsi, grâce à ce bon travail durant la saison morte, certains clubs pourront causer des surprises durant la saison régulière.  Plusieurs experts pensent que les Chargers de Los Angeles pourraient être une de ces bonnes surprises en 2021.  Et ça pourrait être attribuable en grande partie à leurs nouveaux entraîneurs.  Même si l'an passé, avec les anciens entraîneurs en place, l'équipe a fini la saison en force en alignant cinq victoires d'affilée, dont la dernière contre Kansas City, les éventuels champions de leur Conférence. 


Au poste d'entraîneur-chef, Brandon Staley (photo ci-dessus) arrive de pas très loin puisqu'il dirigeait l'an passé la défensive no 1 de la NFL chez les Rams, les voisins des Chargers, à Los Angeles.  D'ailleurs, c'est lui qui appellera les jeux en défensive pour son nouveau club.  Il s'est fait une réputation de champion pour varier les formations (looks) et les stratégies pour mêler ou dérouter les offensives adverses.

Il a rebrassé les cartes dans les schémas défensifs en changeant certains joueurs de positions en vue de la prochaine campagne.  Autour du noyau des stars défensives des Chargers, il manque toutefois un demi de sûreté de qualité, un secondeur de ligne efficace et il y a encore trop peu de joueurs pour appliquer de la pression sur les quarts-arrières opposés.

En attaque, Staley veut aussi instaurer un mélange de systèmes offensifs, mais il prône surtout l'adoption de celui des Saints de la Nouvelle-Orléans.  Celui-ci est axé sur les longs jeux de passes et il met beaucoup l'accent sur les courtes passes aux demis sortant du champ arrière.  Le porteur de ballon Austin Ekeler doit donc s'attendre à être mis davantage à contribution au cours de la prochaine saison, comme l'est Alvin Kamara avec les Saints.  Ekeler n'est pas Kamara.  Il est moins costaud et moins durable.  Il pourrait ployer sous le fardeau de cette charge supplémentaire de travail.


La demande de Staley pour davantage de longs jeux aériens, genre «bombes», mettra aussi à l'épreuve la force du bras du jeune quart-arrière Justin Herbert (photo ci-dessus) recrue offensive de l'année 2020 dans la NFL.  Si on peut se fier sur la dernière campagne, il n'y a pas d'inquiétude au sujet des capacités de Herbert de propulser le ballon sur de grandes distances...  Du moment que ses receveurs Keenan Allen, Mike Williams, Jalen Guyton et Tyron Johnson soient suffisamment «bien en jambes» pour courir d'aussi longues routes !

Pour les passes courtes, Herbert sera moins bien servi puisque son excellent ailier rapproché Hunter Henry a quitté pour la Nouvelle-Angleterre et qu'il sera remplacé par le «vieux» Jared Cook, qui a beaucoup ralenti.  Herbert pourra toujours se rabattre sur ses demis offensifs pour jouer ce rôle sur les courtes distances.

Pour donner le temps à Herbert de passer aussi souvent le ballon, la ligne offensive devra être à la hauteur pour le protéger.  On a embauché le centre étoile Corey Lindsay (ex-Packers) et on a repêché le plaqueur offensif Rashawn Slater en première ronde, mais les gardes Matt Feiler et Oday Aboushi sont loins d'être très compétents...

Herbert subira-t-il la fameuse «guigne de la 2e année» ?  Il doit se familiariser avec un nouveau livre de jeux et une combinaison de systèmes offensifs pas mal compliquée.  Depuis fort longtemps, à chaque nouvelle saison, on croit que les Chargers ont beaucoup de talent et qu'ils vont se hisser parmi l'élite de la NFL.  Chaque fois, ils déçoivent.  Est-ce que ce sera encore le cas en 2021 ?  On verra bien !




Comme les Chargers, les Broncos de Denver donnent beaucoup d'espoir à leurs partisans au moment d'amorcer le calendrier 2021.  Plusieurs connaisseurs prétendent qu'ils lutteront avec les Chargers pour une des dernières places en séries éliminatoires dans la Conférence Américaine.

Il est vrai que leur excellente défensive force le respect.  Leur tertiaire et leurs joueurs capables de presser les QB adverses (dont Von Miller, photo ci-dessous) représentent des forces de premier ordre.  Mais en attaque, je ne partage pas les évaluations flatteuses de plusieurs analystes.

Les Broncos, dit-on, sont venus très près de mettre le grappin sur Aaron Rodgers cet été.  Mais ils ont manqué leur coup et ils se sont rabattus sur...Teddy Bridgewater qui, à part une bonne performance de cinq matchs en remplacement de Drew Brees, en 2019, n'a jamais rien cassé dans la NFL depuis ses débuts en 2014 au Minnesota.  L'an passé, avec les Panthers de la Caroline, en quinze parties, il a commis onze interceptions.

C'est lui qui sera le quart partant, dimanche prochain, à la place de Drew Lock, qui a connu une saison atroce en 2020 comme QB no 1 des Broncos (seulement 57 % de passes complétées, dont seize pour des touchés, quinze interceptions, faible efficacité de 75).  On reproche aux Broncos de ne pas avoir plutôt repêché un jeune quart-arrière, alors qu'il y en avait encore de très bons qui étaient disponibles quand les recruteurs de Denver ont fait leur choix de première ronde.

Depuis la retraite de Payton Manning, en 2015, les Broncos n'ont jamais pu trouver un quart-arrière valable.  Si vous ne savez pas si votre quart-arrière, au poste le plus important de l'équipe, est en mesure de bien accomplir ses tâches, vous risquez gros en ce qui concerne vos chances de succès.

Je ne partage pas non plus les hommages rendus au groupe de receveurs des Broncos, par certains experts qui les classent très hauts parmi les meilleurs de la NFL.  Qu'est-ce que Courtland Sutton, Tim Patrick, Jerry Jeudy et Noah Fant ont de si excitant pour mériter une aussi bonne évaluation ?  Je me le demande...

Melvin Gordon III n'est pas un mauvais porteur de ballon, mais ce n'est pas ce que l'on peut appeler un «game changer»...

Peut-être neuf victoires pour les Broncos, grâce à leur bonne défensive.  Pas de qualification en séries de fin de saison.




Les Raiders de Las Vegas ont donné tout l'or de Fort Knox (100 millions de dollars sur un contrat de dix ans) pour embaucher le flamboyant entraîneur Jon Gruden.  Après trois ans, les résultats sont assez minces : 29 gains, 39 revers.  À venir jusqu'ici, on ne peut pas dire que Mark Davis, le propriétaire de l'équipe, est content de son énorme investissement...

Il faut dire que les Raiders sont partis de loin et que le dossier de Gruden s'est amélioré d'année en année, jusqu'à parvenir à une moyenne de .500 (8-8 en 2020).  Un fait troublant demeure : après trois bons débuts de saison, le club s'est effondré chaque fois en deuxième moitié de calendrier.

Pour expliquer ces revers de fortune, les observateurs pointent la mauvaise défensive, de mauvais repêchages et de mauvais choix d'agents libres.

Pour remédier aux ennuis de la défensive, qui a été pourrie en 2020, les Raiders ont remplacé quatre partants durant la saison morte.  La plus notable addition est celle de l'excellent agent libre Yannick Ngakoue (ex-Ravens et ex-Jaguars), un maître pour presser les quarts-arrières ennemis, réussir des sacks et faire échapper le ballon aux adversaires.  Sur la première ligne de défense, les ajouts de Solomon Thomas, Quinton Jefferson et Darius Philon sont les bienvenus.  Les Raiders espèrent que sur les deux autres lignes de défense, certains jeunes joueurs, y compris des recrues, pourront hausser leur niveau de jeu et contribuer à faire passer la défensive de médiocre à passable.




En attaque, à son arrivée en poste, Gruden (photo ci-dessus) avait laissé entendre qu'il remplacerait le quart-arrière Derek Carr par «son homme».  Il n'en a rien fait et c'est tant mieux puisque Carr vient de connaître trois saisons irréprochables (plus de 4 000 verges de gains par la passe à chaque année).  Il utilise à merveille son extraordinaire ailier rapproché Darren Waller.  

Mais les deux receveurs de deuxième année, Henry Ruggs III et Bryan Edwards devront en donner beaucoup plus, après des saisons recrues peu impressionnantes. Il y a des limites à toujours lancer le ballon à Waller.  Ça devient une tactique trop prévisible pour les défensives opposées. Par chance, les agents libres John Brown et Willie Snead IV vont ajouter de l'expérience complémentaire pour mieux nantir ce groupe de receveurs.  

La grande force des porteurs de ballon Josh Jacobs et Kenyan Drake va dispenser les Raiders de trop se fier sur leur attaque aérienne.

Malgré quelques changements récents, la ligne à l'attaque reste suspecte, et un point faible.

L'offensive des Raiders a de bonnes chances de bien fonctionner encore en 2021.  Si la défensive peut mieux tenir le coup, Gruden pourrait mieux justifier son salaire astronomique en conduisant les siens à plus de succès.  Mais les autres clubs de leur division sont eux aussi en progression et ils ne leur feront pas de cadeaux...