samedi 5 septembre 2026

SAISON 2026 DES BUCCANEERS DE TAMPA BAY : L'ENTRAÎNEUR TODD BOWLES SOUHAITE GÉRER AUTRE CHOSE QUE LA LISTE DES BLESSÉS...


Au moment de leur semaine de congé début novembre 2025, les Buccaneers de Tampa Bay affichaient un solide bilan de six victoires contre deux défaites, avec une avance de deux matchs en tête de la division Sud de la Conférence nationale.  Décrocher un cinquième titre consécutif dans leur section paraissait alors n’être qu’une formalité.

Puis, au retour au travail, la chaîne a débarqué en même temps que la liste des blessés s'est mise à s'allonger dangereusement.  L'infirmerie était bondée de joueurs clés qui ne pouvaient plus aider leur équipe.  Résultat : une débâcle de deux gains contre sept revers pour terminer le calendrier à 8-9, et rater les séries éliminatoires pour la première fois en six ans.

Dans les circonstances, l'entraîneur chef Todd Bowles a reçu un pardon de la haute direction, et il a pu conserver son poste.  Mais il doit envisager la prochaine saison sans deux piliers de longue date : le receveur Mike Evans, parti chez les 49ers de San Francisco, et le secondeur Lavonte David, qui a pris sa retraite.  Il s'agit de deux Bucs qui étaient les figures emblématiques du club floridien depuis très longtemps.



Si tous les blessés de l’an dernier retrouvent la forme et évitent de passer autant de temps à l’infirmerie, Todd Bowles pourrait de nouveau mener son équipe au sommet.  Sur papier, il dispose du meilleur alignement parmi les clubs de la division Sud.

Cela n'en fait pas une puissance dans la NFL, mais comme au cours des dernières saisons, une modeste fiche de 9-8 devrait suffire à être champions dans la plus faible section du circuit Goodell.

Le principal avantage de Tampa Bay est certes son excellente ligne offensive, une des meilleures au pays, avec en tête le vétéran joueur tout étoile Tristan Wirfs (photo ci-dessous), qui, à sa 7e saison, est devenu une référence à sa position, sur la planète football.  C'est bien simple, quand il est blessé ou absent, l'attaque des Bucs piétine, et le quart arrière Baker Mayfield est moins bien protégé.
  


Le bloqueur à gauche de 27 ans a raté cinq matchs la saison dernière, à cause de blessures à un genou et à un orteil.  Il s'est à nouveau blessé, cette fois aux ischio-jambiers, cet été, mais Todd Bowles a indiqué qu'il devrait être de retour au jeu à temps pour la première rencontre de la nouvelle saison, le 13 septembre, contre les Bengals de Cincinnati.

En fait, l'an passé, aucune unité offensive n'a été autant éprouvée par les blessures que celle des Buccaneers.  Seul le joueur de centre Graham Barton a disputé toutes les parties.  Le garde à droite, Cody Mauch n'a joué que dans deux matchs; celui à gauche, Ben Bredeson, ainsi que le bloqueur à droite Luke Goedeke, ont respectivement manqué six joutes chacun.

Avec autant d'éclopés, comment voulez-vous que les autres attaquants de l'équipe puissent s'exprimer, et performer à la hauteur de leur talent ?

C'est certain que dans le groupe des receveurs, le départ de Mike Evans laisse un grand vide, surtout sur le plan robustesse.  Avec son gabarit imposant, Evans est un champion des attrapés contestés.  C'est pourquoi, les Bucs ont sélectionné Ted Hurst III (3e ronde, Georgia State).  À 6'3" il est le plus grand ailier espacé du club, les autres ne mesurant pas plus que 6'1".



En l'absence de Mike Evans, le jeune Emeka Egbuka (no 2, photo ci-dessus) devient l'ailier espacé no 1 de Tampa Bay.  Après des débuts fulgurants la saison dernière, qui faisaient de lui le candidat en avance pour le titre de recrue offensive de l'année dans la NFL, Egbuka s'est blessé aux ischio-jambiers, et il a considérablement ralenti, même s'il n'a pas manqué de matchs.  Ennuyé par une blessure à un orteil à l'entraînement cette année, il semble que cela ne l'empêchera pas de commencer la prochaine campagne avec ses coéquipiers, le 13 septembre.

Comme ce fut le cas en 2024, Chris Godwin Jr a dû s'absenter pour la moitié de la campagne l'an dernier, à cause d'une blessure.  L'ailier éloigné de 30 ans est un gars de 1 000 verges quand il joue la majorité des parties du calendrier de Tampa Bay. Ça fait une grande différence quand il est disponible et en bonne forme physique.

Le receveur no 3, Jalen McMillan (photo ci-dessous) n'a joué que quatre matchs avant de subir une effrayante blessure au cou, la saison dernière.  Choix de 3e tour en 2024, il avait également été blessé à sa saison recrue, et il s'est fait encore mal, cette fois à un genou, au camp d'entraînement, cet été.  Sa présence est incertaine pour le début de la saison.



En l'absence de tous ces blessés, y compris Evans, qui a manqué neuf parties, Tez Johnson a rendu de précieux services à l'attaque des Buccaneers, l'an dernier.  À sa seconde saison dans la NFL, il sera encore un réserviste cette saison, avec la recrue Ted Hurst, ainsi que Kameron Johnson.

La seule vraie faiblesse de l'attaque du coordonnateur offensif Zac Robinson est probablement au poste d'ailier rapproché. Le groupe de receveurs de passes courtes a terminé dernier de la ligue, en termes de verges gagnées, l'an dernier.  

Ce n'est pas la faute de Cade Otton, qui a une fiche satisfaisante de 59 attrapés pour près de 600 verges à ses deux plus récentes campagnes.  C'est simplement que les plans de match offensifs des Bucs privilégient les ailiers espacés aux dépens des ailiers rapprochés, souvent mis de côté. À cette position, Payne Durham et Ko Kieft n'ont pratiquement pas été utilisés, la saison passée.



Après avoir connu une saison recrue du tonnerre avec 1 122 verges de gains au sol et huit touchés, avec en plus 392 verges par la passe, le demi offensif Bucky Irving (photo ci-dessus) a vu sa campagne 2025 prendre fin à son 10e match, en raison de blessures à l'épaule et au pied.  Revenu au jeu en fin de saison, il ne semblait pas en bonne forme physique.  Sa production en a subi les conséquences passant de 5,4 verges par course à sa saison précédente à seulement 3,4 verges, l'an dernier.  Il compte bien se reprendre cette saison.  

Il a dit que c'était la première fois qu'il subissait l'adversité des blessures depuis qu'il joue au football, c'est-à-dire depuis l'âge de quatre ans.  Le sport lui a beaucoup manqué durant son absence des terrains de football, mais il prétend que ça lui donne la motivation pour revenir plus fort, malgré ce qu'en pense ses détracteurs qui prétendent qu'il est trop petit pour réussir chez les professionnels.  Il veut leur prouver qu'ils ont tort.

Il aura un nouveau coéquipier au champ arrière puisque Rachaad White est passé aux Commanders de Washington durant l'intersaison.  C'est Kenny Gainwell, l'ancien des Steelers et des Eagles qui le remplacera.  Irving et lui sont de petite taille (5'9" et 5'10") et c'est pourquoi le porteur de ballon no 3, Sean Tucker, 205 lbs, apportera du muscle sur les situations de 3e essai et court, ou à la ligne des buts. 



Le quart arrière Baker Mayfield (photo ci-dessus) a été critiqué la saison dernière parce que sa production a beaucoup baissée, comparée à celles de ses deux campagnes précédentes.  Mais il a dû se débrouiller avec des remplaçants, en l'absence de presque tous ses coéquipiers réguliers de l'attaque, manquant de bonnes portions du calendrier.  Il a de plus joué malgré une blessure à l'épaule qui l'a manifestement empêché de donner son plein rendement.

Il a fait les manchettes cet été à propos d'une dispute salariale, en déclarant que l'organisation des Buccaneers lui manquait de respect.  Les négociations ont été reportées jusqu'après la fin de la prochaine saison, et le gérant général Jason Licht a indiqué que si les deux parties ne parvenaient pas à une entente, Mayfield serait simplement "taggé" ("franchise tag") pour la campagne 2027.

Malgré son mécontentement, Mayfield devra revenir au niveau de ses performances d'il y a deux ou trois ans, s'il veut mériter de meilleures conditions contractuelles l'an prochain.



Un autre qui n'était pas content de son traitement salarial, c'était le "massif" joueur de ligne défensive Vita Vea (photo ci-dessus).  Il a même demandé à être échangé.  Le 19 août, la direction des Bucs a accédé à ses demandes d'augmentations de salaire, en lui accordant une prolongation de contrat.  Il touchera 24 millions de $$$ cette année, et autant en 2027.

C'est un élément essentiel sur la première ligne de la défense 3-4 de Tampa Bay.  Son physique imposant (6'4", 347 lbs) et sa mobilité surprenante, pour un homme de sa taille, en font un véritable mur infranchissable pour les coureurs opposés.  Il a même contribué considérablement au "pass rush" la saison dernière (51 pressions dont 4 sacs, et 8 coups sur les QBs).

À ses côtés, Calijah Kancey n'a pas eu de chance l'an passé.  Il s'est tordu un muscle (pectoraux) lors du 3e match, et il a raté le reste de la saison.  Est-ce à cause de cette blessure, ou parce que les entraîneurs sont insatisfaits de son jeu, qu'il semble qu'il ait perdu son poste de partant au profit de Elijah Roberts, cette été ?  Il l’a tellement bien remplacé la saison dernière, et il a continué à briller lors des matchs de pré-saison cette année, au point que les entraîneurs n’ont pas eu d’autre choix que de le mettre en avant.



Le troisième joueur sur cette ligne frontale sera le nouveau venu A'Shawn Robinson (no 91, photo ci-dessus), un ancien des Panthers de la Caroline, qui compte parmi les rares agents libres mis sous contrat par les Buccaneers dans l'intersaison.  Il apporte son physique imposant, sa robustesse, et son expérience, dans la bataille des tranchées. 

La défensive de Todd Bowles a connu des ratés au niveau de la constance, des communications, et de l'exécution, la saison dernière.  Elle s'est souvent effondrée lors de moments cruciaux, au cours desquels elle aurait dû tenir le coup, pour protéger ou procurer des victoires à l'équipe.

Le principal point faible, évident, a été le manque de pression ou de « pass rush ».  Et la faute en revient surtout aux secondeurs de ligne.  Lavonte David s'étant retiré après 14 années de loyaux et exceptionnels services, il fallait trouver un remplaçant cette année.  C'est à cette position que les dirigeants des Bucs ont porté leur attention durant l'intersaison.



Ils ont d'abord embauché l'agent libre Alex Anzalone (ex Lions, photo ci-dessus).  Le vétéran, qui aura 32 ans ce mois-ci, comble en partie l'expérience qui disparaît avec la retraite de David.  

Un autre agent libre venant des Lions, Al-Quadin Muhammad viendra consolider la seconde ligne de défense de Tampa Bay, et fournir justement de l'aide pour le "pass rush" (11 sacs l'an passé).  Il devrait occuper la même position que Yaya Diaby, le titulaire principal, auteur de 62 pressions, dont neuf sacs, en 2025-26.

Le point faible de cette unité est sûrement Christian Rozeboom, qui, selon Pro Football Focus (PFF), a obtenu une des pires évaluations de l'année chez les secondeurs de la NFL (47,1), la saison dernière.  Il ferait mieux de se surveiller car la recrue Josiah Trotter (2e tour, Missouri) n'a que 21 ans, mais pourrait bientôt prendre sa place.



La recrue Rueben Bain Jr (1er tour, Miami, photo ci-dessus) complète le quatuor.  Bain a dominé dans les rangs amateurs, mais son physique est problématique surtout à cause de ses bras jugés trop courts pour son emploi.  Il a aussi été impliqué dans un grave accident routier.  Avec sa production phénoménale à l’université (83 pressions, note de 92,8 de PFF), il était difficile pour les Bucs de le laisser filer, après qu’il soit tombé au 15e rang du repêchage.

David Walker reviendra au jeu après avoir manqué toute sa saison recrue l'an passé en raison d'une blessure au genou.  Il jouera, semble-t-il, un rôle de réserviste secondaire puisqu'il est 3e sur l'organigramme des secondeurs, derrière Bain et Anthony Nelson.  Les Bucs ne veulent probablement pas hâter son retour au jeu à cause de sa blessure, et de son manque d'expérience.

Si le "pass rush" a été déficient la saison dernière, ça n'a pas aidé les gars de la tertiaire qui ont éprouvé toutes sortes de difficultés.  Les statistiques démontrent qu'ils ont vécu une campagne à oublier : 27e contre la passe avec une moyenne de 238,2 verges concédées par match, une efficacité de 97,5 permise aux quarts arrières adverses, 30 touchés alloués, 7,63 verges accordées par passe complétée contre eux. 



Après que Jamel Dean soit devenu joueur autonome, il a quitté Tampa Bay pour se joindre aux Steelers de Pittsburgh, laissant la tertiaire des Buccaneers aux mains de plusieurs jeunes joueurs. Seul vétéran de l’équipe, l’ancien All-Pro Antoine Winfield Jr (photo ci-dessus) aura pour mission de mener cette escouade en manque d’expérience.

Le demi de coin Zyon McCollum a pris un pas de recul la saison dernière après avoir signé une lucrative prolongation de contrat. Si les Bucs ont laissé Dean partir sur le marché des agents libres, c’est parce qu’il avait du mal à rester en santé et prêt à jouer régulièrement. 

Mais son remplaçant Benjamin Morrison semble parti pour connaître le même genre de problèmes.  Il a manqué sept matchs à sa saison recrue l'an dernier, et il a été encore blessé (ischio-jambiers) cet été, au camp d'entraînement.



Le nickel Jacob Parrish (photo ci-dessus) est encore vert, à seulement 22 ans.  À sa saison recrue l'an passé, il a permis 60 passes complétées en sa direction, pour un coefficient d'efficacité élevé de 104,8 pour les passeurs adverses.

À sa deuxième saison, son coéquipier Takee Smith n'a pas mieux joué que lui à son poste de demi de sûreté.  S'il s'est bien comporté contre le jeu au sol, sa note PFF de 56,8 en couverture de passe explique en partie les mauvaises performances des membres de la tertiaire en 2025-26.

Les Bucs ont repêché Keionte Scott en 4e ronde (Miami) cette année, pour aider les titulaires de cette 3e ligne de défense, au cas où un ou plusieurs d'entre eux connaîtrait encore des problèmes cette saison.



Unités spéciales : les deux botteurs de la saison dernière sont de retour : Chase McLaughlin (photo ci-dessus) pour les placements, et Riley Dixon pour les dégagements.  En 2025, ce dernier a enregistré la pire moyenne de verges par botté de la NFL (43,3), et McLaughlin a été très ordinaire, avec son taux de réussite de 84,2 % sur ses tentatives de placement.  Il a manqué de précision, spécialement sur les distances entre 30 et 50 verges, en ratant cinq de ses 20 tentatives de placement.

L'arrivée de Kenny Gainwell avec l'équipe pourrait entraîner un changement chez les retourneurs de bottés d'envoi.  Kameron Johnson est titulaire sur les retours de bottés de dégagement, mais pourrait aussi s'occuper des retours de bottés d'envoi.  Tez Johnson est également une possibilité.


S'ils sont épargnés par les blessures, les Buccaneers pensent qu'ils ont tout ce qu'il faut pour remporter le championnat de la faible division Sud de la NFC, et surprendre aussi en playoffs.

Pour atteindre leur objectif, Baker Mayfield doit retrouver son style de jeu audacieux et sa prise de décision judicieuse qui lui a permis de faire gagner son équipe dans les situations critiques, en fins de matchs, au début de la saison dernière (quatre victoires par un total combiné de neuf points).


Pour sa part, la défensive doit se regrouper et trouver sa cohésion, grâce à de nouveaux leaders, et à un Todd Bowles meilleur pour motiver sa brigade.  Le "pass rush" devra aussi monter en puissance. Pour y arriver, la nouvelle sensation, la recrue Rueben Bain Jr, devra adapter son niveau de jeu exceptionnel chez les amateurs, à l’exigeante compétition du milieu professionnel.  

Il y a de l’incertitude à plusieurs postes dans cette unité, et l’attaque des Bucs devra se montrer plus efficace pour compenser certaines de ces lacunes, au tableau d’affichage.  Pour y arriver, elle aura besoin de tout son monde en santé.  Des doutes subsistent à ce sujet, certains joueurs ayant pris l’habitude chronique de fréquenter régulièrement l’infirmerie, à chaque année. 
 


Les bookmakers favorisent le club de Tampa Bay pour gagner neuf parties cette saison, mais seulement quatre de ces victoires seront par plus de trois points, selon leurs prévisions.  Ce devrait être assez pour récupérer le titre de la faible division Sud de la NFC, bien que la concurrence des autres formations (Saints, Panthers, Falcons) pourraient être plus forte cette année.

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vendredi 4 septembre 2026

SAISON 2026 DES VIKINGS DU MINNESOTA : KEVIN O'CONNELL JOUE LE TOUT POUR LE TOUT AVEC KYLER MURRAY AU POSTE DE QUART ARRIÈRE PARTANT...



Après le congédiement du gérant général Kwesi Adofo-Mensah, à la fin du mois de janvier dernier, son remplaçant, Nolan Teasley, se retrouvait avec le gâchis financier qu'il avait laissé en partant.  

Le nouveau DG avait la lourde tâche de remettre la maison en ordre en réglant d'abord l'épineux problème du respect du plafond salarial.  Pour ce faire, il devait entreprendre un grand ménage : abandonner de gros contrats, afin de se donner une marge de manœuvre, que son prédécesseur avait négligée.

Bien sûr, son entraîneur chef, Kevin O'Connell, devait être consulté pour décider quels joueurs laisser partir, et quels remplaçants recruter.  Tout ça en gardant en tête de mettre de l’argent de côté pour réussir à boucler le nouveau budget.



Cette opération délicate tombait au moment où Teasley (photo ci-dessus) et O'Connell devaient composer avec un contexte compliqué par la concurrence acharnée des trois autres équipes de leur division (Nord de la Conférence Nationale).  

L'an dernier, les Vikings devaient rivaliser dès le départ avec les puissances que représentaient les Lions de Détroit et les Packers de Green Bay.  Mais Ben Johnson ayant relevé les Bears de Chicago jusqu'au point qu'ils ont remporté le titre de la section Nord, voilà que Kevin O'Connell doit préparer sa formation à faire face à une triple opposition redoutable, cette saison, avec une masse salariale restreinte.

Que faire dans une telle situation ?  La saison dernière, son équipe avait été éliminée malgré une fiche passable de neuf victoires, huit défaites.  Sa défensive, menée de main de maître par son brillant coordonnateur Brian Flores, (photo ci-dessous) n'était pas en cause.  Elle a terminé au 3e rang de la NFL pour les verges accordées par match (282,6) et au 7e pour les points concédés avec 19,6.



C'était plutôt l'attaque qui était à blâmer, 26e pour les points marqués (20,2 par rencontre) et 28e pour les verges gagnées (275 en moyenne par partie).  Cette faiblesse ne pouvait être attribuée ni aux receveurs, ni aux demis offensifs, ni même à la ligne offensive.  Le véritable responsable était sans aucun doute le quart arrière, J.J. McCarthy, qui, en dix matchs, avait affiché les pires statistiques de rendement pour un pivot de la NFL en 2025-2026.

Il n’était pas question pour Kevin O’Connell d’affronter la rude concurrence de sa division avec McCarthy dans son onze de départ, la saison prochaine.  Il pense avoir trouvé la solution avec l'acquisition de Kyler Murray, un rejet des Cardinals de l'Arizona.  De plus, il ne coûte que le salaire minimum de 1,3 million de dollars pour un an, les Cards acceptant de payer le reste de son contrat (35,5 millions) pour s'en débarrasser.

Tout premier choix au repêchage de 2019, Murray n'a pas livré la marchandise avec les Cardinals, comme le montre son bilan de 38 gains, 49 échecs, et un match nul, comme quart partant.  Il a mené son club à une seule participation aux séries éliminatoires, en 2021, une défaite cinglante de 34 à 11 contre les Rams de Los Angeles.



Mais Kevin O'Connell (photo ci-dessus) pense qu'il peut faire avec lui ce qu'il a réussi avec Sam Darnold, il y a deux ans.  Ce piètre passeur n'allait nul part, avec une carrière décevante, avant de se joindre aux Vikings et de les conduire à un dossier incroyable de 14 victoires, trois revers, en 2024-25, ce qui a d'ailleurs valu à Kevin O'Connell le titre d'entraîneur de l'année dans la NFL.  

L'année suivante, refusant de lui accorder une substantielle augmentation de salaire, les Vikings l'ont laissé partir, et il est allé gagner le Super Bowl avec les Seahawks de Seattle, en février dernier.

À première vue, Kyler Murray ne cadre pas dans le style de quart que O'Connell aime.  Le coach des Viks préfère les quarts arrières qui reçoivent le ballon directement sous le joueur de centre pour favoriser le "play action", et restent dans la pochette pour lancer le ballon.  Tandis que Murray est un adepte de la position "shotgun", et est réputé pour sortir de la zone de protection, que ce soit pour effectuer ses passes, ou courir lui-même avec le ballon.  Ça peut s'expliquer par sa petite taille (5'10") qui l'empêche souvent de voir par-dessus les grands joueurs massés sur la ligne de mêlée.



Ce que Kevin O'Connell apprécie de Kyler Murray c'est la précision de ses passes (67,1 % taux de complétion), et son ratio "passes de touché vs interception" (121:60).  Il est important que Murray limite les revirements, car O'Connell a expliqué que par le passé, lorsque son équipe a commis autant ou moins de revirements que l’adversaire, les Vikings ont affiché un bilan de 35 victoires pour seulement quatre défaites.  

La saison dernière le quart J.J. McCarthy a multiplié les erreurs en redonnant le ballon aux adversaires 14 fois en dix matchs.  Un problème de "mécanique", dans son geste de passe, expliquerait ses tirs imprécis.

Quoi qu'il en soit, si Murray pouvait seulement être moyen dans ses performances, ça pourrait suffire à O'Connell et aux Vikings, étant donné le talent qui l'entoure : une bonne ligne offensive, des receveurs dangereux, et des demis offensifs convenables.



Sur la ligne offensive, le bloqueur à gauche, Christian Darrisaw (photo ci-dessus) a bien performé l'an passé, mais pas à son niveau d'excellence habituel.  Il n’a joué que dix matchs et s’est retiré assez tôt de cinq autres, semblant ménager le genou qu’il s’était blessé la saison précédente.

Le garde à gauche, Donovan Jackson a connu une saison recrue intéressante l'an dernier.  Son blocage sur les jeux au sol est à améliorer, mais en protection sur les jeux de passe il a assez bien fait, ne permettant que deux sacs (aucun dans les neuf derniers matchs) et cinq coups sur les quarts arrières.  Selon les entraîneurs, ce choix de première ronde en 2025 apprend vite, comme le prouve sa progression en seconde moitié de saison.  C'est prometteur pour cette année et celles à venir.

Pour sa part, Blake Brandel reviendra au centre, comme l'an passé, même si sa position naturelle est garde ou bloqueur.  D'ailleurs, peu familier à la position de centre, il éprouve des difficultés lors des remises de ballon, un point technique à améliorer, tout comme sa discipline, puisqu'il écope de trop de pénalités.  Sinon, sa polyvalence, son intelligence du jeu, sa facilité à lire les défensives ennemies, le servent bien, surtout en protection de passe.  Il prend la relève de Ryan Kelly, contraint de prendre sa retraite l’an dernier, après avoir subi ses quatrième, cinquième et sixième commotions cérébrales. 



Le garde à droite Will Fries (photo ci-dessus) a sous performé en 2025 après avoir été obtenu des Colts d'Indianapolis, où il s'était fracturé une jambe.  Revenu au jeu sans préparation physique adéquate, après sa période de réhabilitation, il a quand même réussi à jouer sur 99 % des jeux offensifs des Vikings, un exploit digne de mention !  Il a concédé trois sacs, quatre coups sur ses quarts arrières, et 37 pressions.  Il se dit maintenant à 100 % de ses capacités, ne ressent plus de douleur, et est prêt à entamer du bon pied la prochaine campagne, avec comme objectif de retrouver son niveau de jeu d'avant sa blessure à la jambe.

Le bloqueur à droite Brian O'Neill a été la star de cette ligne offensive, en 2025.  C'est une valeur sûre dans les deux phases du jeu : protection et blocage.

La plus grande force de l'attaque des Vikings, est leur groupe d'ailiers espacés.  Depuis sa saison recrue en 2020, Justin Jefferson a été le meilleur receveur de la NFL, peut-être à égalité avec Ja'Marr Chase, des Bengals de Cincinnati.  Ses stats ont beaucoup baissé l'an dernier, avec 1 048 verges de gains et seulement deux touchés, mais le manque de bons quarts arrières chez les Viks y est sûrement pour quelque chose...



Son coéquipier Jordan Addison (photo ci-dessus) a aussi subi les mêmes conséquences et a vu sa production diminuer.  Mais à seulement 24 ans, sa progression reprendra avec un passeur plus respectable et performant.

Il y a du nouveau au poste d'ailier éloigné no 3.  Jauan Jennings, l'ancien vétéran de cinq saisons avec les 49ers de San Francisco, remplace Jalen Nailor, recruté par les Raiders de Las Vegas.  Il cadre parfaitement dans les besoins de sa nouvelle équipe par son physique imposant de 6'3", 212 lbs, qui l'avantage pour les attrapés contestés, ce qui manquait dans le personnel des Vikings.  

Sa robustesse fait en sorte qu'il peut quasiment servir d'ailier rapproché pour saisir des passes en milieu de terrain, ou à courte distance dans la zone rouge (red zone).  Il a marqué neuf touchés avec les Niners la saison dernière. 



C'est un des meilleurs ailiers offensifs de la Ligue pour bloquer sur les jeux au sol.  Au Minnesota, il bénéficiera de la présence de Justin Jefferson (photo ci-dessus) qui attire toujours les couvreurs des défenses adverses, ce qui laissera d'autant plus d'espace à Jennings pour se faufiler entre les zones extérieures.

Si Jennings peut presque passer pour un ailier rapproché à cause de son style physique, ça adonne bien car l'ailier rapproché officiel, T.J. Hockenson, est en déclin depuis qu'il a été blessé gravement à un genou en décembre 2023.  Il a même dû accepter une baisse de salaire cette année, et il pourrait être remercié de ses services si ça ne clique pas avec Kyler Murray cette saison...

Au chapitre du jeu au sol, les demis offensifs Aaron Jones Jr et Jordan Mason ont connu une assez bonne saison en 2025-26.  Jones aura 32 ans au début décembre, et il a effectué moins de courses que son coéquipier porteur de ballon (132 contre 159 pour Mason).  Sa faiblesse, c'est qu'il a fini au dernier rang de la Ligue pour le nombre de plaquages brisés, en 2025-26.  



Mason (photo ci-dessus) a gagné en moyenne 4,8 verges par portée contre 4,2 pour Jones.  Mais ce dernier a été plus sollicité pour l'attaque aérienne en captant 28 passes pour une moyenne de 7,1 verges de gains par attrapé.  Mason n'a que 28 réceptions à son crédit, en quatre ans de carrière.   

En joignant leurs forces, les deux compères ont apporté en moyenne 112,9 verges de gains totaux par match, à l’attaque de leur équipe. Mais au final, en additionnant tous les gains combinés des coureurs du club du Minnesota en 2025-26, cela les place seulement à la 23e position du circuit Goodell. 

Au plus récent repêchage, les Viks ont sélectionné l'intriguant demi offensif Demond Claiborne, un gars ultra rapide qui court le 40 verges en 4,37 secondes.  Il pourrait occasionnellement servir de "changement de vitesse" dans le champ arrière de son club, et aussi sur les unités spéciales, comme retourneur de bottés.  À 5'10", 188 lbs, sa petite taille pourrait toutefois le désavantager.



Finalement, la recrue Max Bredeson (5e tour, Michigan ⇨ no 45 photo ci-dessus) remplacera C.J. Ham (parti à la retraite) à la position de "full back".  À Michigan il a démontré un grand talent comme bloqueur.

Pour respecter le plafond salarial, le nouveau gérant général Nolan Teasley a dû effectuer des coupures dans la brigade défensive.  Les joueurs de ligne Jonathan Allen (Cincinnati) et Javon Hargrave (Green Bay) ont signé des contrats avec d'autres équipes, et Jonathan Greenard a été échangé aux Eagles de Philadelphie contre deux choix de repêchage de 3e ronde.  

Harrison Smith a été "techniquement" libéré par les Vikings après 14 saisons, mais il n'a pas encore décidé s'il prendra sa retraite.  Il pourrait signer une nouvelle entente pour revenir avec l'équipe.  Il n'a pas participé au camp d'entraînement ni aux matchs pré saison.



Le coach de l'unité défensive 3-4 des Viks, Brian Flores, va semble-t-il remplacer Greenard par Dallas Turner (photo ci-dessus), qui a dominé pour le nombre de sacs (8) pour les Vikings, la saison dernière.  Les trois autres postes de secondeurs de ligne seront occupés par Eric Wilson, Blake Cashman, et Andrew Van Ginkel, trois gars dans la trentaine qui sont bien établis dans la grande ligue.  La recrue Jake Golday (2e tour, Cincinnati) les remplacera quand ils auront besoin de reprendre leur souffle sur les lignes de côté...

Turner est le plus équilibré du quatuor, avec de bonnes performances autant en couverture de passe que pour contrer le jeu au sol.  Sur le "pass rush" il a réussi 42 pressions l'an passé. 

Wilson et Blake excellent pour stopper les coureurs adverses, mais en arrachent contre les jeux aériens.  Van Ginkel (photo ci-dessous) est généralement fiable.  



Comme les autres joueurs de l'unité défensive, les secondeurs doivent se tenir prêts à tous moments, car Flores commande souvent le blitz (48 % des jeux, les plus proches défenses des autres équipes - Falcons, Chiefs, Bucs - sont à 33 ou 34 %).

Le trio qui compose la première ligne de défense manque d'expérience mais est d'assez bonne qualité.  Levi Drake Rodriguez a seulement 18 matchs d'expérience et devra s'améliorer car il a été peu convaincant l'an passé (note de 57,8 selon Pro Football Focus).  Jalen Redmond a mieux joué surtout pour neutraliser le jeu au sol.  Il a du talent pour bien servir coach Flores sur le blitz et le pass rush.  Il a réussi 35 pressions qui ont résulté en un total combiné de neuf sacs et coups sur les quarts arrières opposés. 

Le groupe de partants est complété par la recrue Caleb Banks (1ère ronde, Florida) un colosse de 6'6" 327 lbs, dont on dit beaucoup de bien.  Il est vif, rapide, et un chasseur de quart redoutable, promis à un statut de vedette dans la NFL.



Le plus drôle c'est qu'il aura pour substitut une autre recrue, Domonique Orange (3e tour, Iowa State ⇨ no 97 photo ci-dessus), surnommé "Big Citrus" !  Il sera employé dans une rotation quand ce sera nécessaire et utile.

Du côté de la tertiaire, la recrue Charles Demmings (5e ronde, SF Austin) a fait tourner les têtes aux essais ("combine"), et il a tellement impressionné au camp d'entraînement, qu'il semble avoir volé le poste de demi de coin partant à Isaiah Rodgers.  

L'autre demi de coin sera James Pierre, (photo ci-dessous) un nouveau venu qui a été surtout un réserviste avec les Steelers de Pittsburgh depuis six ans.  Brian Flores le voyait dans sa soupe et désirait l'avoir dans sa formation depuis un bout de temps !  En 255 couvertures de passe l'an dernier, Pierre n'a alloué que 16 réceptions sur 35 ciblées, il a rabattu neuf passes, et réussi une interception.  Il a mérité la meilleure note de PFF pour son travail (88,1) parmi tous les demis de coin de la NFL.
  

Avec Rodgers, qui a bien performé la saison dernière, le groupe de demis de coin des Vikings est solide.

On ne peut pas en dire autant des demis de sûreté.  Si Theo Jackson s'en est assez tiré l'an passé, Byron Murphy Jr (nickel), et Josh Metellus, ont eu de la difficulté en couverture de passe.  Ce sera un point faible à surveiller pendant la prochaine campagne.

Faute de budget, les Vikings sont restés discrets sur le marché des agents libres et ont dû se serrer la ceinture.  Les experts leur ont donnés la 4e plus basse note pour leur recrutement durant l'intersaison, et les trois équipes pires qu'eux n'avaient pas de choix de première ronde au repêchage de cette année...



Les unités spéciales peuvent compter sur le meilleur botteur de précision de la NFL, Will Reichard (photo ci-dessus), nommé  sur la première équipe d'étoiles, la saison dernière.  En deux ans de carrière, le jeune homme de 25 ans n'a jamais raté une seule transformation, et l'an passé, il a manqué seulement deux tentatives de placement (33 réussis en 35 au total, son plus long a été de 62 verges) et c'était sur 50 verges et plus. 

Le bon vieux botteur de dégagement Johnny Hekker, 36 ans, est arrivé au Minnesota ce printemps pour remplacer Ryan Wright, qui a signé un gros contrat avec les Saints de la Nouvelle Orléans.  Mais, coup de théâtre, il a perdu sa bataille au camp d'entraînement contre la recrue Brett Thorson, un Australien de 26 ans.  Hekker a été libéré par les Vikings le 30 août, pour redevenir agent libre.

Le petit receveur réserviste Myles Price, 5'9", 183 lbs s'occupera des retours de bottés.  Il en a réalisé huit très longs la saison dernière, mais il a tendance à mal protéger le ballon.  Le petit bolide, la recrue Demond Claiborne, pourrait bien le défier pour lui prendre sa place.

Les analystes et les experts ne croient pas que le projet de Kevin O'Connell visant à relancer la carrière de Kyler Murray soit réaliste.  De plus, ils pensent que la défense des Vikings a perdu quelques joueurs clés durant l’intersaison et que, sans être complètement affaiblie, elle sera moins performante que l’an dernier, malgré toute l’expertise de son entraîneur Brian Flores pour la maintenir à un haut niveau.

Néanmoins, si Kyler Murray parvient à offrir une performance ordinaire ou moyenne, comme il l’a fait depuis le début de sa carrière, il pourrait bien réussir sa part de jeux explosifs, grâce à l’excellent groupe de receveurs dont il dispose en attaque, et par son talent de coureur sur le jeu au sol.  Est-ce que ce sera suffisant pour faire gagner sa nouvelle équipe ? 
   
À moins qu'il soit complètement perdu dans le système offensif de Kevin O'Connell, qui sera nouveau pour lui, il ne devrait pas lancer 21 interceptions (un sommet dans la NFL en 2025-26) comme les quarts arrières des Vikings l'ont fait la saison dernière.  Il protège bien le ballon habituellement.  

Kevin O'Connell l’a lui-même souligné : quand ses joueurs remportent la bataille des revirements, ils gagnent très souvent leurs matchs.  En 2025, ils affichaient un différentiel de -9 dans ce domaine, ce qui les plaçait au 30e rang de la Ligue Nationale.

Avec la forte concurrence dans leur division, de nombreux observateurs prévoient que les Vikings finiront avec huit ou neuf victoires, bons derniers de la section Nord de la NFC. 

Kevin O'Connell est à la recherche de sa première victoire en playoffs depuis qu'il entraîne les Vikings (2022), il ne semble pas être en mesure de l'obtenir cette saison.    

Au lieu de trop se fier sur un quart arrière qui n'a pas vraiment émergé ou percé dans la NFL, il devrait plutôt lui enlever de la pression en améliorant l'attaque terrestre.  Elle a été un peu mise de côté ces derniers temps, mais elle peut apporter davantage cette saison, grâce au blocage plus efficace des gars de la ligne offensive.  

Bref, c'est un effort collectif constant qui pourrait sauver la saison des Viks, en balayant les incertitudes et les faiblesses, cette année.  O'Connell et Brian Flores ont l'habitude et le pouvoir de soutirer le meilleur de leurs joueurs.  Ce sera encore plus important cette année.


N.B. -  À venir, les prévisions pour la saison 2026 des Panthers de la Caroline et des Buccaneers de Tampa Bay...
  

jeudi 3 septembre 2026

SAISON 2026 DES BENGALS DE CINCINNATI : UNE DÉFENSIVE ENFIN AMÉLIORÉE MAIS PAS LA PROTECTION DE JOE BURROW...



Les trois dernières années ont été frustrantes pour les Bengals de Cincinnati et leur quart arrière vedette Joe Burrow.  Après avoir frôlé la victoire au Super Bowl en 2022 contre les Rams de Los Angeles, le club de l'entraîneur Zac Taylor s'est incliné en finale de Conférence l'année suivante, contre les Chiefs de Kansas City.  Toutefois, au cours des trois dernières saisons, les Tigres de l'Ohio ont raté les séries éliminatoires, affichant deux fois un bilan de 9-8, et un de 6-11, la saison dernière.

De son côté, Joe Burrow a été durement éprouvé par les blessures.  Elles ont gâché trois de ses six saisons dans la NFL.  À son année recrue, en 2020 (il a été le tout premier choix du repêchage, cette année-là), c'était les ligaments du genou (sept parties manquées); en 2023, les ligaments du poignet droit (sept matchs ratés); et l'an passé, un orteil (neuf rencontres hors du terrain, l'équipe n'a gagné qu'un de ces matchs en son absence, fiche de 1-8).  Tellement qu'on peut se demander si Burrow n'est pas fait en porcelaine...

C’est peut-être plutôt la faute de sa ligne offensive, incapable de le protéger, et qui le laisse encaisser de mauvais coups.  Pourtant, il est crucial de mieux s’occuper de Burrow, un quart arrière d’élite, véritable clé du succès offensif, et des espoirs de décrocher enfin un premier championnat national pour les Bengals.



Pendant l’intersaison, les dirigeants de l’équipe ont encore ignoré ce problème, et n’ont pas fait grand chose pour améliorer cette unité défaillante.  Les cinq mêmes membres de ce groupe, classé 28e sur 32 la saison dernière (31e cette année), sont de retour cette année. 

Le problème se situe surtout du côté gauche avec Orlando Brown Jr et Dylan Fairchild, très mal notés en protection sur les jeux de passe.  Mais Fairchild, une recrue en 2025, s'est beaucoup amélioré en seconde moitié de saison, comme le reste de ses compagnons de ligne, d'ailleurs.  Ce qui donne de l'espoir pour la saison prochaine.  Peut-être que cette unité passera de "médiocre" à moyenne, ce qui serait déjà un gros "plus".  

Au plus récent repêchage, les recruteurs des Bengals ont pensé à l'avenir en choisissant deux joueurs de ligne offensive, le centre Conner Lew, et le garde Brian Parker II.  Il semble que ce sont deux bons prospects.



Ailleurs, en attaque, les Bengals sont beaucoup plus avantagés.  Si Burrow peut demeurer en santé, il représente un des meilleurs quarts arrières de la NFL, et il dispose de receveurs de première classe avec les ailiers espacés Ja'Marr Chase (125 attrapés, 1 412 verges, 8 touchés, 15 jeux de 20+ verges, la saison dernière ⇨ photo ci-dessus), et Tee Higgins (59-846-11-14).  Dans un rôle secondaire, Andrei Iosivas, l'ailier éloigné no 3, a capté 33 passes pour 435 verges, mais ce qui est remarquable c'est son excellente moyenne de 13,2 verges par réception.

Au poste d’ailier rapproché, Mike Gesicki a retrouvé de l’énergie depuis son arrivée à Cincinnati, il y a deux ans.  L’an dernier, il n’a échappé aucune passe, en captant 28 pour 307 verges et deux touchés, en 13 matchs.  

Drew Sample est son adjoint, mais il faudra surveiller Erick All Jr (4e ronde, Iowa, en 2024), qui pourrait surprendre à son retour au jeu, après avoir raté toute la saison dernière (blessure au genou droit).  Il a brillé au camp d'entraînement cet été.



L'attaque aérienne est vraiment privilégiée dans les plans de match des Bengals.  On peut le comprendre avec un quart comme Burrow, et ses excellents receveurs.  C’est aussi pour ça que le demi offensif Chase Brown (photo ci-dessus) est souvent mis à contribution dans les jeux de passe.  

En plus de ses 232 courses pour 1 019 verges et six touchés au sol, il a capté 69 passes pour 437 verges de gains aériens et cinq touchés.  Cela fait de lui un joueur très utile dans l'attaque de son équipe. Le vétéran Samaje Perine est son auxiliaire au champ arrière.  Il a porté le ballon 84 fois pour 382 verges et trois touchés, la saison dernière.

Comme la défense a souvent fait défaut ces dernières années, les dirigeants de l'équipe en ont fait une priorité à améliorer durant l'intersaison.  L’an dernier, cette brigade a été l’une des pires de la NFL, aussi bien contre le jeu au sol que contre la passe.  Elle avait besoin d'aide et de renforts à tous les nivaux.



Il fallait d'abord remplacer l'as du "pass rush" Trey Hendrickson, parti chez les rivaux de division, les Ravens de Baltimore.  Il y avait urgence.  C’est pourquoi les Bengals ont échangé leur choix de premier tour (10e rang) au repêchage, contre les services de Dexter Lawrence II (photo ci-dessus) des Giants de New York.

C'est le joueur dominant dans les tranchées que les Bengals recherchaient depuis longtemps, pour l'intérieur de leur première ligne de défense (4-3).  Depuis 2022, il a accumulé 103 pressions sur les actions de passe, ce qui représente de loin le total le plus élevé parmi les plaqueurs de la Ligue, sur cette période.  

À ses côtés, il y aura aussi un nouveau venu, car les dirigeants du club ont mis sous contrat l'agent libre Jonathan Allen, 31 ans, un ancien des Vikings et des Commanders.  Comme Lawrence, il est surtout efficace pour mettre de la pression sur les attaquants adverses en situations de passe ("pass rush").  Comme son nouveau coéquipier, il a aussi eu du mal à contrer le jeu au sol, en 2025-26.


Un autre nouveau venu les rejoint en première ligne, Boye Mafe (photo ci-dessus), ex porte couleurs des Seahawks de Seattle.  Myles Murphy est le seul joueur de cette unité qui revient à son poste de l'an dernier, avec les Bengals.  Il s'est beaucoup amélioré en seconde moitié de saison. 

Tous ces joueurs auront du mal à compenser pour le nombre de sacs perdus, avec le départ de Hendrickson.  Celui-ci en a réussi 17½ à chacune de ses deux saisons précédentes (2023, 2024), soit à peu près la moitié du total de sa brigade.

L’an dernier, aucune équipe n’a raté autant de plaquages que les secondeurs et les joueurs de la tertiaire des Bengals. Et on s’attend encore à ce que les secondeurs soient le principal point faible de l’équipe. 
 


Selon Pro Football Focus, le vétéran Oren Burks, et les joueurs de 2e année Barrett Carter (photo ci-dessus) et Demetrius Knight Jr, se sont classés de la 83e à la 88e position, sur les 88 secondeurs ayant participé à suffisamment de jeux, pour être considérés dans le classement. Ce sont eux qui, dans la NFL, ont gagné le moins de batailles à un contre un sur le pass rush, et qui ont réussi le moins de plaquages pour des pertes de terrain. 

Inutile de préciser, après cette évaluation du Front-7 des Bengals, qu'il est un des moins bien coté de la ligue, en prévision de la saison prochaine...

C’est bien mieux pour ce qui est de la tertiaire.  C’est à ce niveau qu’il y aura une amélioration par rapport à l’an dernier, notamment en ce qui concerne la qualité des plaquages.  Les nouveaux demis de sûreté, Bryan Cook (ex Chiefs) et Kyle Dugger (ex Steelers et ex Patriots) sont des valeurs sûres dans ce domaine. 



Jordan Battle (photo ci-dessus) complète le trio de demis de sûreté.  Solide en soutien face au jeu au sol, il a toutefois rencontré des difficultés contre le jeu de passe, la saison dernière.

C'est un peu l'inverse chez les demis de coin Dax Hill, DJ Turner et Jalen Davis, assez compétent en couverture de passe, mais déficient contre le jeu au sol.  Leur groupe est classé au 12e rang dans la NFL, en vue de la prochaine campagne.

Les unités spéciales restent les mêmes en ce qui concerne les botteurs.  Le botteur de précision Evan McPherson revient pour sa 6e saison avec l'équipe, et celui qui s'occupe des bottés de dégagement, Ryan Rehkow, en sera à sa 3e année dans ses fonctions, pour Cincinnati.  Il a été seulement un des cinq botteurs de la NFL à avoir maintenu une moyenne de plus de 50 verges sur ses bottés, en 2025-26.



McPherson (photo ci-dessus) a connu sa meilleure saison l'an passé en réussissant 25 de ses 28 tentatives de placement (89,3 %).

Il y aura un changement pour les retours de bottés puisque le titulaire, lors de la dernière campagne, Charlie Jones, a quitté l'équipe, et est maintenant avec les Giants de New York.  Deux joueurs le remplaceront : le demi offensif Samaje Perine s'occupera des retours de bottés d'envoi, alors que le receveur Ke'Shawn Williams se chargera des retours de bottés de dégagement.


Tous les entraîneurs et leurs assistants sont de retour avec le club de Cincinnati.  Le coach principal, Zac Taylor en sera à sa 8e saison.  Mais s'il ne réussit pas à conduire sa troupe à une place en séries éliminatoires, il pourrait perdre son emploi l'an prochain.

Les Bengals ont un calendrier favorable cette année, ce qui devrait faciliter la tâche de Taylor.  Son attaque devrait être une des trois meilleures de la NFL si Burrow ne se blesse pas à nouveau.  Sa défensive devrait être suffisamment améliorée pour ne pas saboter la saison comme elle l'a fait trop souvent auparavant.

Cincinnati est favori dans pas moins de 15 matchs en 2026-27.  C'est nettement exagéré !  D'après moi, dix ou onze victoires sont davantage dans le domaine du possible.  J'attends pour voir si la défense est vraiment meilleure, et si Burrow ne tombera pas encore au combat, abandonné pas sa piètre ligne offensive...  
 

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