Ça sera cependant le cas samedi soir prochain, quand les hommes de l'entraîneur chef Matt LaFleur seront les visiteurs au Soldier Field de Chicago pour se mesurer aux Bears du coach Ben Johnson, en première ronde du tournoi éliminatoire menant au Super Bowl du 8 février 2026.
Les bookmakers penchent du côté des Packers pour gagner cette partie par 1½ point. Mais les prévisionnistes sont vraiment partagés sur cette question. Les deux clubs disposent d’attaques redoutables capables de marquer beaucoup de points, et il reste à voir comment les défenses parviendront à limiter au maximum leur production.
🏈 QUAND LES BEARS ONT LE BALLON.
C'est un peu ironique de parler de l'attaque du club de Chicago. En fait, on peut dire que les Bears ont deux attaques, de la façon que leur défensive "attaque" le ballon. La troupe de Ben Johnson a dominé la NFL pour les revirements provoqués avec 33, dont 23 interceptions. Ce fut une des clés du succès de leur saison extraordinaire, qui a été couronnée par le championnat de leur section. Rappelons que l'an dernier, avant l'arrivée en poste de Ben Johnson, les Bears n'avaient gagné que cinq parties.
Johnson a fait bénéficier sa nouvelle équipe de sa vaste expertise en attaque lorsqu'il était le coordonnateur offensif des Lions de Détroit, au cours des années précédentes. Il a transformé l'offensive des Bears en une puissance de la NFL. S'appuyant sur une ligne à l'attaque dominante, le jeu au sol a explosé, devenant le 3e meilleur du circuit Goodell, avec des gains de 4,85 verges par course.
Johnson a également formé le jeune quart arrière Caleb Williams, qui s'est considérablement amélioré, grâce à ses enseignements. Bien protégé par sa ligne offensive, Williams profite de beaucoup de temps (3,31 secondes en moyenne) pour lire les défenses ennemies, trouver ses receveurs, et lancer le ballon avec son bras canon. L'attaque aérienne des "Ours" se situe dans le top-10 de la Ligue, avec une moyenne de gains de 225,1 verges par match.
De plus, samedi, les Bears devraient pouvoir compter à nouveau sur le rapide ailier éloigné Rome Odunze (photo ci-dessus), lui qui a raté les cinq dernières rencontres de son équipe en raison d'une blessure à un pied.
La défensive de Chicago est vulnérable, surtout contre le jeu au sol. Mais les joueurs de la tertiaire ont souvent aussi du mal à assurer une bonne couverture sur les jeux de passes. Ce sera donc primordial pour l'attaque terrestre des Bears de contrôler le temps de possession du ballon, pour éviter que la défense soit trop longtemps exposée, sur le terrain.
Cette mission, les porteurs de ballon D'Andre Swift, et la recrue Kyle Monangai, peuvent l’accomplir avec succès. Le quart arrière Caleb Williams, et même parfois, les différents receveurs de l'équipe, peuvent aussi contribuer à cette menace offensive par la voie terrestre.
Une fois cette attaque au sol bien établie, Caleb Williams peut recourir efficacement au "play action", afin de lancer le ballon à ses receveurs, dans les zones intermédiaires et profondes. Outre Odunze, les ailiers rapprochés Colston Loveland (photo ci-dessus) et Cole Kmet; ainsi que les ailiers espacés DJ Moore, Luther Burden et Olamide Zaccheaus, sont disponibles pour capter ces passes pour de longs gains.
Face à eux, la défense des Packers est affaiblie par l'absence de plusieurs joueurs blessés. Le front-7 est amputé des plaqueurs Devonte Wyatt (cheville) et Jordon Riley (tendon d'Achille); de l'ailier défensif étoile Micah Parsons (genou); et des secondeurs de ligne Kristian Welch (cheville) et Nick Niemann (pectoraux). Par surcroît, le plaqueur Warren Brinson, et le secondeur Edgerrin Cooper, sont des cas incertains pour samedi.
Dans la tertiaire, c'est également la catastrophe. Plusieurs joueurs manquent à l'appel : les demis de coin Bo Melton (genou), Kamal Hadden (cheville), Nate Hobbs (genou), de même que les demis de sûreté Zayne Anderson (cheville) et Javon Bullard (cas incertain, blessé à un genou).
Depuis que Micah Parsons a été blessé pour le reste de la saison, lors du match à Denver, le 14 décembre dernier, les Packers ont accordé une moyenne de 198 verges au sol par match, soit 5,4 verges par course. Une recette qui pourrait être désastreuse contre la dangereuse attaque terrestre des Bears. Contre les Ravens de Baltimore, il y a deux semaines, la défense anti course de Green Bay a été "punie" pour 307 verges, dont 216 verges et quatre touchés par Derrick Henry (photo ci-dessus).
De plus, en perdant les services de Parsons, le "pass rush" de Green Bay est devenu presque nul pour faire pression sur les quarts arrières opposés. Ce qui devrait laisser encore plus de temps à Caleb Williams pour déjouer la défense du "Pack". À noter également, que sans Parsons, les Packers ont perdu leurs quatre derniers matchs, cette saison.
🏈 QUAND LES PACKERS ONT LE BALLON.
Avec leur défensive à court de plusieurs éléments importants, les Packers doivent s'attendre à ce que les Bears marquent beaucoup de points. Leur offensive devra donc contre attaquer avec force pour scorer encore plus de points que Chicago. Les porteurs de ballon Josh Jacobs (photo ci-dessus) et Emmanuel Wilson devront exploiter au maximum la faiblesse de la défense des Bears contre le jeu au sol (29e de la NFL avec cinq verges accordées par course).
Mais c'est surtout avec le jeu aérien que les joueurs offensifs du "Pack" devront être agressifs. Le quart arrière Jordan Love reviendra enfin au jeu après avoir manqué 2¾ matchs à cause d'une commotion cérébrale. Malgré l'absence importante de son ailier rapproché Tucker Kraft, blessé à un genou, Love dispose d'un bon arsenal de receveurs compétents avec Jayden Reed, Christian Watson (photo ci-dessous), Matthew Golden, et Romeo Doubs.
Mais le problème, c'est que sa ligne offensive doit composer avec l'absence de trois de ses membres réguliers, tous blessés : le centre Elgton Jenkins (fracture au bas d'une jambe), et les gardes John Williams (dos) et Donovan Jennings (cou). Love aura-t-il la protection et le temps nécessaires pour rejoindre ses receveurs sur une base régulière ?
Le "pass rush" des Bears pourrait ainsi détenir une des clés de la victoire s'il parvient à gagner la guerre des tranchées contre cette ligne à l'attaque affaiblie des Packers, dans le froid de Chicago...
Si, justement, les conditions climatiques sont mauvaises (froid, neige, vent) au Soldier Field, samedi soir, cela avantagera le club local, car l'attaque aérienne de Green Bay sera défavorisée, tandis que ce sera l'inverse pour l'attaque au sol des Bears.
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Le fait que les Bears soient les négligés des parieurs pour remporter ce match, est un manque de respect, et un élément supplémentaire pour les motiver. Les deux adversaires se sont partagé les honneurs lors des deux matchs très serrés qu’ils ont disputés l'un contre l'autre pendant la saison régulière. La rencontre de samedi pourrait aussi être décidée tard au dernier quart.
Cette année, six des onze victoires des Bears ont été arrachées dans les deux dernières minutes des matchs, alors qu’ils effectuaient une remontée au score. C'est un record de la NFL (depuis 1970). Ça prouve qu'ils sont résilients, qu'ils n'abandonnent jamais, et...qu'ils sont également chanceux !
Les Packers sont plus expérimentés en séries éliminatoires, ayant participé à quatre des cinq dernières éditions, tandis que les Bears en sont à leur première présence depuis 2020. La défense des Bears couvre ses faiblesses en étant agressive et en provoquant de nombreux revirements. Pour espérer l'emporter, les Packers devront donc protéger le ballon, et enlever cet avantage à la brigade défensive de Chicago.
Les Bears ont l'avantage du terrain et de la foule. Sur le plan stratégique, la partie d'échecs entre Ben Johnson et Matt LaFleur risque de tourner en faveur du coach de l'équipe locale. Trop de soldats sont blessés et absents dans le camp des Packers. C’est pourquoi, si ce match tourne à la fusillade, Green Bay n’aura pas assez d'effectifs suffisants pour répondre coup pour coup aux assauts de l’attaque du club de la ville des vents.
Packers 23, Bears 24.
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