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mercredi 18 janvier 2023

DEMI-FINALES DE CONFÉRENCE DANS LA NFL : DES CHIEFS DE K.C. REPOSÉS ET BIEN PRÉPARÉS VONT DISPOSER DES MENAÇANTS JAGUARS DE JACKSONVILLE.

Galvanisés par leur incroyable et dramatique victoire de dernière seconde samedi passé en wild card, contre les Chargers de Los Angeles, les Jaguars de Jacksonville s'amènent à Kansas City gonflés à bloc, et défiants, pour batailler contre les Chiefs samedi prochain à 16 hres, en demi-finale de la Conférence Américaine.

Bien reposés, et bien préparés par leur expérimenté et très compétent entraîneur Andy Reid (photo ci-dessus),  les joueurs de l'équipe locale seront prêts à faire face à leurs très motivés visiteurs, qui sont en confiance, grâce à une fin de saison superbe, qui les porte sur une très bonne poussée.

Les Jaguars et leur coach Doug Pederson (photo ci-dessous) ne seront pas intimidés par Reid et sa bande.  Négligés, ils n'ont rien à perdre, et après avoir effacé un désastreux déficit de 27-0 en début de match contre les Chargers de Los Angeles, samedi passé,  ils croient qu'ils peuvent surmonter les plus grands obstacles.  En revenant de l'arrière pour l'emporter in extremis 31-30 contre L.A., Jacksonville comblait le 3e plus important retard dans le pointage dans l'histoire des éliminatoires de la NFL.  Il y a neuf ans, les Colts d'Indianapolis, du quart-arrière Andrew Luck, tiraient de l'arrière par 28 points avant de renverser la situation pour gagner contre Kansas City.  Et il y a 30 ans, les Bills de Buffalo ont battu les Oilers de Houston qui menaient pourtant par 32 points avant de s'effondrer.

On dit souvent qu'en séries éliminatoires, le club qui a le dessus au chapitre du différentiel  des revirements gagnent normalement la partie.  Samedi dernier, les Chargers ont été + 5 dans ce département et ils sont devenus la première formation dans l'histoire de la Ligue Nationale à perdre avec un tel avantage.  26 fois, un club avait eu un différentiel de + 5 (ou plus), dans les revirements, et 26 fois ils avaient gagné.



La semaine passée, dans notre analyse de cette rencontre opposant les Chargers aux Jaguars, à Jacksonville, nous avions mentionné que les chances de victoires des visiteurs seraient bien meilleures s'ils pouvaient compter sur le retour au jeu de deux joueurs d'impact, c'est-à-dire le receveur étoile Mike Williams, blessé au dos, et le super secondeur extérieur Joey Bosa, blessé à l'aine.

J'avais souligné que quand Williams et son coéquipier receveur Keenan Allen étaient tous deux actifs et présents ensemble sur le terrain, les Chargers gagnaient bien plus souvent que si les deux ou l'un d'eux étaient absents.  Or, samedi dernier, Williams a dû déclarer forfait puisque sa blessure au dos était en fait une fracture.  Il s'était blessé au dernier match de la saison contre Denver.  L'entraîneur en chef Brandon Staley a d'ailleurs été critiqué pour avoir trop employer ses joueurs réguliers dans cette partie pourtant sans importance au classement.  S'il avait fait reposer Williams au lieu de l'envoyer souvent dans la mêlée, celui-ci aurait possiblement pu éviter sa malencontreuse blessure. 

Même chose pour Bosa (photo ci-dessous), qui a possiblement aggravé sa blessure à l'aine en prenant part au match contre les Broncos.  Il était tout de même à son poste, samedi passé contre les Chargers.  Il aurait dû s'abstenir et rater la partie !


Peut-être était-il ennuyé encore par sa blessure car il maugréait et semblait très frustré.  Au point de prendre trois punitions stupides, dont deux pour inconduite, ce qui a probablement coûté la victoire aux siens.

En effet, en fin de match, après un touché des Jaguars qui réduisaient l'avance des Chargers à quatre points (30 à 26), Bosa a écopé de sa deuxième pénalité d'inconduite, ce qui a amené le ballon à la ligne d'une verge.  Au lieu de convertir le touché par un botté, Doug Pederson a changé sa décision en commandant une tentative de transformation de deux points.  Celle-ci a été réussie et l'écart n'était plus que de deux points (30-28) en faveur de L.A..

On connaît la suite, après que la défensive des Jaguars (intraitable en 2e demie) ait stoppé rapidement (3 essais) la séquence offensive suivante des Chargers, le quart-arrière des Jags a conduit les siens en territoire adverse.


Confronté à un 4e essai et une verge à franchir, et trop loin de la zone des buts ennemie pour tenter un botté de placement,  Pederson, n'aimant pas la disposition de la défensive opposée, en fonction du jeu qu'il avait prévu, prend un temps d'arrêt et change de stratégie.  Au lieu d'appeler une course en plein centre, là où la défensive s'était massée, il a commandé une course sur le périmètre extérieur.  Le porteur de ballon Travis Etienne (photo ci-dessus) a déjoué les défenseurs des Chargers en les contournant et en s'échappant à leur gauche, pour filer sur 24 verges.  Le botté de placement gagnant, avec 3 secondes à écouler en temps régulier, devenait alors possible.

La défensive des Chargers a joué mollement après que cinq revirements des Jaguars (quatre interceptions et une réception de dégagement ratée) eurent conduit l'équipe à une avance de 27 à 0, qui semblait insurmontable.  Imaginez !  Ces cinq revirements étaient survenus à moins de 32 verges de la ligne des buts de Jacksonville.  Après avoir recouvré le dégagement raté, les Chargers étaient à six verges des buts, mais ils n'ont fait avancer le ballon que d'une petite verge, et ils ont dû se contenter d'un botté de précision de 3 points.  Eussent-ils marqué un touché, sur cette faible distance, qu'ils auraient probablement achevé les Jaguars (9-8).

Le club de la Floride n'aura pas le même loisir de revenir d'un déficit énorme samedi après-midi, contre les Chiefs de Kansas City, champions de leur division (Ouest) pour la septième fois consécutive, et qui ont été récompensés par un bye, la semaine dernière, pour avoir fini la saison régulière avec la meilleure fiche de la Conférence Américaine. 
 


Durant sa carrière de 24 ans comme coach en chef, Andy Reid montre une fiche de 28-5 (playoffs inclus) lorsqu'il bénéficie d'une semaine supplémentaire (bye) pour préparer son club.  Avec le QB Patrick Mahomes (photo ci-dessus), à K.C., son dossier est encore plus reluisant (9-1), avec une offensive qui produit 30,1 points en moyenne par joute.  Mais Pederson, son opposant, connaît très bien son homologue.  Il a joué pour Reid pendant trois ans avec Green Bay (1997-99), et il a été son coach adjoint pendant sept saisons (avec Philadelphie de 2009 à 2012 et avec les Chiefs, de 2013 à 2015).  Il peut très bien rivaliser avec lui au point de vu stratégie.

Par contre, même si elle fonctionne à plein régime, avec la bonne tenue de sa ligne à l'attaque, le jeu amélioré de son jeune quart-arrière Trevor Lawrence,  et les solides performances du demi offensif Etienne et des receveurs Evan Engram, Christian Kirk, et les deux Jones (Zay et Marvin),  l'offensive des Jags ne peut se comparer à celle des Chiefs, qui a été de loin la meilleure de la NFL cette saison.

Mahomes est supérieur à Lawrence.  Il a passé pour 5 250 verges et 41 touchés.  Les stats de Lawrence sont modestes en comparaison : 4 113 verges par la passe et 25 touchés.  Et il est parfois inconstant.  Avant le début de la campagne, on se demandait comment Mahomes allait pouvoir s'ajuster à un nouveau groupe de receveurs (à part l'ailier rapproché Travis Kelce).  L'as QB des Chiefs a réussi à mettre à contribution une foule de receveurs en s'ajustant parfaitement à son nouveau personnel, dont font partie les ailiers éloignés Juju Smith-Schuster et Marquez Valdes-Scantling.  Impressionnant !  Ce sont plutôt les défensives adverses qui ont eu des difficultés à contrer les nouveaux venus dans l'offensive des Chiefs !



Andy Reid a une arme offensive clé pour malmener la défensive des Jaguars.  Celle-ci est la plus faible de la NFL contre les ailiers rapprochés.  Et disons qu'avec Travis Kelce (photo ci-dessus) à ce poste, les Chiefs ont un atout pour faire des dommages.  Attendez-vous à un gros match du no 87 !  Et si l'unité défensive tente de le couvrir avec deux ou trois hommes, ça va libérer les autres receveurs de K.C..

Les défensives des deux clubs vont accorder pas mal de verges aux deux puissantes offensives en présence, mais celle des Chiefs est moins vulnérable cette saison.  Elle a réussi 55 sacks (2e meilleur total dans la NFL) et elle est un peu supérieure à celle de leurs opposants de samedi en ce qui concerne les verges allouées.  Lawrence joue mal et il a des problèmes à lire correctement la défensive ennemie quand celle-ci le presse dans son jeu.

L'unité défensive des Jaguars en arrache cependant pour stopper les offensives adverses sur les 3e essais.  Ce qui pourrait être un gros souci contre Mahomes et Kelce.  Par contre, cette brigade défensive excelle pour provoquer des revirements (3e de la Ligue avec 27).


Les deux équipes se sont affrontées le 13 novembre dernier et Kansas City a pris une avance rapide de 20-0 avant de résister à une remontée des Jaguars pour finalement triompher 27-17.  Ce scénario pourrait bien se répéter samedi prochain au domicile des Chiefs.  Cette saison, les hommes d'Andy Reid ont gagné dix des onze matchs dans lesquels Mahomes a passé pour plus de 260 verges.  Et ils sont 8-0 quand il passe pour plus de 320 verges.  Ce qu'il devrait être en mesure d'accomplir samedi contre les Jaguars.

Contre eux, le 13 novembre, il a réussi quatre passes de touché et il a engrangé 331 verges de gains, malgré une interception.  En séries éliminatoires, les Chiefs sont expérimentés et aguerris, contrairement aux Jaguars dont les présences en playoffs ont été rares ces dernières années.  C'est un facteur non négligeable.  Avec Reid, Mahomes et Kelce, les Chiefs sont toujours des aspirants à la grande finale du Super Bowl.

Ils n'écarteront peut-être pas facilement les Jaguars de leur chemin, mais une victoire est plus que probable samedi en demi-finale de l'AFC...

mercredi 11 janvier 2023

NFL WILD CARD 2023 : UN MATCH DIFFICILE À PRÉDIRE ENTRE LES CHARGERS DE LOS ANGELES ET LES JAGUARS DE JACKSONVILLE.

Jouer à pile ou face pour choisir qui des Chargers de Los Angeles (10-7) ou des Jaguars de Jacksonville (9-8) devraient gagner le 2e match de wild card de la NFL, samedi soir, en Floride ?  Peut-être pas une mauvaise idée !  Les deux clubs se ressemblent.  Même si les Jaguars ont écrasé les Chargers 38-10 lors de la semaine 3 (25 septembre 2022), ça ne veut pas dire qu'on aura le même résultat samedi.

Les Jaguars constituent la seule surprise parmi les formations qui se sont taillées une place en éliminatoires dans la Conférence Américaine cette saison.  Après un début de campagne atroce (3-7), ils ont rebondi en gagnant six de leurs sept dernières rencontres.  Mais ils auraient très bien pu être éliminés des séries samedi passé lorsqu'ils tiraient de l'arrière tard dans le match contre les Titans du Tennessee.

C'est un ballon échappé par le quart-arrière substitut des Titans, Joshua Dobbs, qui a causé la perte des siens.  Josh Allen (photo ci-dessous), des Jaguars, a retourné l'échappé jusque dans la zone des buts pour permettre à l'équipe floridienne de gagner 20 à 16.  Une victoire des Titans leur aurait procuré le championnat de la division Sud et une participation aux playoffs à la place des Jags.



Tennessee a perdu ses sept derniers matchs, surtout en raison de l'absence de leur quart-arrière titulaire Ryan Tannehill, blessé au cours des cinq plus récentes rencontres de l'équipe.  La liste des blessés s'est d'ailleurs étirée tout au long de la campagne.

Les partisans des Titans ont aussi blâmé leur club favori pour avoir échangé leur seul receveur menaçant, A.J. Brown, aux Eagles de Philadelphie, en avril 2022.  Les Titans l'ont remplacé par le vieux Robert Woods, qui leur a donné à peu près...la moitié du rendement de Brown !

Dans cette division Sud, on s'attendait à beaucoup plus des Colts d'Indianapolis (4-12-1) et de leur nouveau quart-arrière Matt Ryan.  Mais ce dernier a échoué lamentablement, perdant même son poste de partant avant la fin du calendrier.

Il est indubitable que le quart-arrière des Jaguars, Trevor Lawrence (photo ci-dessus), s'est beaucoup amélioré sous la direction du nouveau coach de l'équipe et ex-gagnant du Super Bowl, Doug Pederson.  Le prédécesseur de ce dernier, Urban Meyer avait très mal guidé Lawrence, à sa saison recrue en 2021.  Le jeune QB a bien fait cette année avec un rating de 95,2 combiné à un pourcentage de passes complétées de 66,3 %, avec 25 passes de touché et 8 interceptions.  Bien protégé par sa ligne à l'attaque, il n'a subi que 27 sacks.

On disait beaucoup de bien du demi offensif Travis Etienne (photo ci-dessous) et il a rempli ses promesses cette année après avoir raté toute sa saison recrue l'an dernier à cause de blessures.  Il a gagné 1 125 verges par la course (moyenne de 5,1 verges par portée) en plus de 316 autres en captant 35 passes.  Il a fait une réelle différence dans le champ arrière des Jags.

Le receveur Christian Kirk a également connu une excellente campagne en parcourant 1 108 verges sur 84 ballons attrapés, dont 8 pour des touchés.  Zay Jones, Marvin Jones et l'ailier rapproché Evan Engram l'ont bien secondé.  Au total, l'offensive des Jaguars s'est hissée dans le top 10 de la NFL en marquant 23,8 points par partie.



La défensive de Jacksonville a fait sa part dans trois dernières victoires cruciales en tenant les adversaires à une moyenne de 7,3 points par match.  Pour la saison, elle a alloué 20,6 points par rencontre, ce qui est bon pour le 12e rang de la Ligue.

Les Jaguars sont devenus la cinquième équipe de l'histoire de la NFL à finir premier de leur division après avoir compilé le pire dossier de la Ligue l'année précédente (3-14).   

On attendait plus des talentueux Chargers de Los Angeles en 2022-23.  Le quart-arrière étoile Justin Herbert (photo ci-dessous) a joué une bonne partie de la saison en dépit d'une douloureuse blessure aux côtes.  Ses excellents receveurs Mike Williams (quatre rencontres ratées, et blessé au dos lors du dernier match) ainsi que Keenan Allen (sept parties ratées) ont rarement été ensemble sur le terrain en raison de blessures.  Lorsqu'ils sont tous les deux de l'alignement, la fiche des Bolts est nettement plus reluisante.

En leur absence le demi offensif Austin Ekeler doit prendre les bouchées doubles.  Il a saisi 107 passes (722 verges, 13 touchés) en plus de porter le ballon 204 fois (915 verges, 5 touchés).  L'attaque aérienne des Bolts (5e meilleure de la Ligue) pourrait profiter de la faiblesse des Jaguars (27e de la NFL) contre les jeux de passe.

Après 12 joutes, les Chargers avaient autant de défaites que de victoires (6-6) et ils ont dû gagner quatre de leurs cinq derniers matchs pour éviter de finir K.O. comme ce fut trop souvent le cas dans leur histoire récente.



Même si ça n'a pas paru dans leur cinglante défaite de 38-10 contre Jacksonville lors de la semaine 3, samedi soir, les Chargers vont compter sur leur excellente défensive contre la passe (6e meilleure de la NFL) pour contenir Trevor Lawrence et ses receveurs.  Mais si c'est le cas, Travis Etienne pourrait jouer un rôle clé en profitant de la faiblesse de Los Angeles contre le jeu au sol (27e de la Ligue).  De plus l'as défensif Joey Bosa (photo ci-dessus) a aggravé sa blessure à l'aine lors de la dernière partie de la saison dimanche passé.  Lui et Mike Williams représentent des cas douteux pour samedi, et même s'ils jouent, ils ne seront sûrement pas à 100% de leurs capacités.



En somme, il s'agit de deux clubs de force pas mal égale.  Les preneurs aux livres ne s'entendent pas.  Si Bosa et Williams (photo ci-dessus) ne sont pas en mesure de contribuer à leur équipe, l'écart de points des pronostics en faveur des Chargers se réduit à 1½ point.  Ce pourrait être ce qu'on appelle les «impondérables» qui détermineront l'issue de cette partie éliminatoire.  Et dans ce domaine, les Chargers n'ont pas souvent eu de chance...    

jeudi 25 août 2022

PRÉVISIONS SAISON 2022-23 DE LA NFL : DES CLUBS ENTRE DOUTE ET ESPOIR (JAGUARS, JETS, LIONS, SEAHAWKS).



Certains clubs de la Ligue Nationale de Football sont des perdants permanents, et leur reconstruction s'éternise sans donner de bons résultats.  Après avoir changé de pilotes pour redresser leur chancelant bateau et voguer vers un nouveau départ, ils espèrent enfin sortir du brouillard et retrouver le beau temps.

D'autres équipes, dont la bonne fortune ne tenait qu'à un ou deux joueurs de concession, voient soudain leur ciel s'obscurcir après avoir perdu ces éléments clés de leur alignement.  Elles se fient sur des remplaçants de moindre valeur mais des doutes planent sur l'avenir.

Après avoir récemment jeté un regard sur les derniers de classe (https://footballmaniaavechacksaw.blogspot.com/2022/08/previsions-saison-2022-23-de-la-nfl-les.html) en vue de la prochaine saison de la NFL, examinons les formations qui devraient se classer dans les avant-derniers au classement général.



▶ Les Jaguars de Jacksonville

Au cours des onze dernières saisons, les pauvres Jaguars de Jacksonville en ont infligé dix, -avec dix défaites ou plus-, à leurs malheureux partisans.  Le milliardaire Shahid Khan a acheté le club en janvier 2012, et depuis ce temps, les Jaguars ont gagné 42 parties et en ont perdues 119 autres.  Un désastre !

La dernière campagne a été particulièrement éprouvante (pire club de la Ligue avec trois gains et quatorze revers) avec un entraîneur extrêmement incompétent en la personne de Urban Meyer.  Nul sur les lignes de côté, Meyer avait un comportement honteux hors du terrain, préférant passer son temps dans les bars de sa région, plutôt que de chercher des solutions aux nombreux problèmes de l'équipe qu'il était sensé diriger.

Son remplacement par Doug Pederson (photo ci-dessus), l'ancien coach des Eagles, -qui a gagné le Super Bowl LII en out-coachant Bill Belichick, des Patriots, le 4 février 2018-, est déjà un gage d'amélioration pour le club de la Floride.  Ancien quart-arrière, Pederson devrait aider le jeune Trevor Lawrence (photo ci-dessous) qui tente de réussir à cette même position, avec les Jaguars.



Pourtant bourré de talent, le premier choix du repêchage de 2021 a dû se débrouiller sans l'aide d'un bon guide pour le coacher à sa saison recrue.  Bien sûr, comme bien des recrues, il a commis trop d'erreurs (17 interceptions, un sommet dans la NFL) et il a raté beaucoup de passes faciles (seulement 12 passes de touché).

Mais il n'y avait guère de joueurs talentueux pour l'appuyer en offensive (la pire de la NFL avec une moyenne de 14,9 points marqués par rencontre).  Ses receveurs ont été parmi les plus coupables de la Ligue pour les passes échappées.  Mal protégé par sa ligne offensive, Lawrence a subi 32 sacks, mais sans son talent pour éviter la pression des défensives adverses, ce nombre aurait été plus élevé.

Durant la saison morte, les Jaguars ont fait quelques changements à presque toutes les positions, autant en attaque qu'en défense.  Mais les améliorations qui peuvent en résulter risquent d'être assez mineures.

Lawrence devra montrer une réelle progression dans son jeu.  Les Jags ont surpayé (72 millions de $$$ pour 4 ans) Christian Kirk (ex-Cardinals, photo ci-contre) pour qu'il se joigne à leur formation.  Tout comme celui dont il prend la place, (DJ Chark rendu à Détroit), ce n'est pas un receveur d'élite.  Il n'a aucune saison d'au moins 1 000 verges de gains à son palmarès.  Il est coté comme un joueur moyen à son poste.  Jacksonville n'a donc pas un vrai receveur no 1.

Zay Jones (3 ans, 24 millions de $$$), et le fragile ailier rapproché Evan Engram, viennent aussi du marché libre, mais ce ne sont pas des joueurs d'impact non plus.

Sur la ligne à l'attaque, la signature du garde Brandon Scherff (ex-Commanders) va compenser pour le départ à la retraite du centre Brandon Linder, mais à moins que les autres membres de cette unité ne progressent significativement, elle restera une des plus faibles de la NFL.


Au champ arrière, des points d'interrogation persistent.  Les deux titulaires de l'an passé reviennent de graves blessures.  James Robinson tente un retour après s'être tordu le tendon d'Achille, et le porteur de ballon de 2e année, le prospect Travis Etienne (photo ci-dessus), blessé au pied, n'a pas joué du tout à son année recrue.

L'amélioration de l'anémique offensive des Jaguars repose donc presque entièrement sur celle du quart-arrière Trevor Lawrence, mieux dirigé par le coach Doug Pederson.  Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas garanti.

En défensive, on compte sur plusieurs jeunes pour tenir le fort.  Aussi prometteurs qu'ils soient, c'est toujours une boîte à surprise que cela donne comme production.  S'ils ne sont pas vraiment prêts à jouer dans la grande Ligue, les bons résultats peuvent se faire attendre.



La première ligne de défense n'est guère excitante.  Roy Robertson-Harris et Folorunso Fatukasi ne sont pas les plus solides.  On pense que l'ailier défensif Travon Walker (photo ci-dessus), le premier choix au total au dernier repêchage, est prêt à prendre les responsabilités de joueur régulier dès cette année.  Faute de mieux à sa position, on va lui faire confiance, mais encore là, rien n'est assuré.

Cette première ligne, comme la seconde avec le défaillant secondeur de ligne Foyesade Oluokun et la perte de Myles Jack (rendu à Pittsburgh) n'augurent rien de bien prometteur.  Les recrues Devin Lloyd et Chad Muma seront mis à contribution mais qu'est-ce que ça va donner ?

Ça regarde mieux du côté de la tertiaire où une hausse de qualité est probable par rapport à la grande faiblesse de cette unité au cours des trois dernières saisons.  Les Jaguars ont obtenu des renforts avec la signature à grands frais (30 millions de $$$ pour trois ans) du vétéran demi de coin Darious Williams (ex-Rams, photo ci-dessous).  On pense également qu'à leur deuxième saison, le demi de coin Tyson Campbell, et le demi de sûreté Andre Cisco, seront encore meilleurs qu'à leur saison recrue, qui, déjà, avait été très satisfaisante.



Une chose est certaine, la brigade défensive doit provoquer beaucoup plus de revirements pour être efficace.  Elle a terminé loin au dernier rang à ce chapitre en 2021, avec un maigre total de neuf (sept interceptions, deux échappés recouvrés).

Quand on part d'aussi loin que les Jaguars (une victoire en 2020, trois victoires en 2021), il ne faut pas espérer faire des bonds de géant au classement.  Certains experts leur prédisent une fiche de 7-10 cette saison.  5-12 m'apparaît plus réaliste, à moins que plusieurs des jeunes joueurs de la formation dépassent vraiment les attentes, et que les adversaires des Jaguars les prennent trop souvent à la légère...



▶ Les Lions de Détroit

Les Lions de Détroit n'ont gagné qu'un match éliminatoire (en 1991 contre Dallas) depuis 1957 !  Leur nom est étiqueté sur la définition du mot «défaite».  L'an dernier, leur bilan de 3-13-1 marquait leur 4e saison consécutive avec dix défaites ou plus (totaux combinés de 17-46-2).

Après un horrible début de campagne l'automne passé (0-10-1), le message positif, et la conduite dynamique du nouveau coach Dan Campbell, ont semblé porter fruits, son club remportant la moitié de ses six dernières parties.

Peut-être que les Lions pourront être portés par ce modeste élan en 2022, mais, si certains changements semblent prometteurs et des améliorations probables, il reste beaucoup à faire pour qu'ils sortent de leur profonde hibernation et de leur longue tradition perdante.



Leur quart-arrière Jared Goff (photo ci-dessus) a connu quelques bons moments en fin de saison, mais cet ancien premier choix de repêchage (2016 par les Rams), n'est jamais revenu à son bon niveau de performance de 2018, quand il a conduit les Rams au Super Bowl LIII (défaite de 13-3 contre les Patriots le 3 février 2019).  

Goff est particulièrement inadéquat sur les longs jeux de passe (dernier dans la NFL), ce qui est pour le moins handicapant pour une offensive condamnée à de petits gains et à un très faible pourcentage de conversion sur les troisièmes essais (les Lions ont fini derniers de la Ligue avec 34,7 % de succès dans ce domaine).

Cette carence à l'attaque n'est peut-être pas imputable entièrement à Goff.  Ses receveurs peuvent aussi être pointés du doigt.  C'est pourquoi, au cours de l'entre-saison, les Lions ont ajouté de la vitesse pour «étirer» le terrain et mieux capitaliser sur le long jeu aérien (bombes).  D.J. Chark (ex-Jaguars) a été signé comme agent libre, après n'avoir joué que quatre parties l'an dernier à cause d'une fracture à la cheville; et on a repêché la recrue Jameson Williams (12e choix de première ronde cette année, mais qui a subi une opération pour un ligament croisé antérieur endommagé, -on ignore s'il est pleinement rétabli-).

Les Lions croient aussi que l'ailier espacé Amon-Ra St. Brown (choix de 4e ronde en 2021, photo ci-contre) peut continuer sur sa formidable lancée de fin de saison, l'an passé (51 passes captées pour 560 verges et cinq touchés, dans les six derniers matchs des Lions).  Pour le nombre de passes captées (90), et de verges gagnées (912), St. Brown a établi un nouveau record de franchise pour une recrue des Lions.

Si l'excellent ailier rapproché T.J. Hockenson peut enfin demeurer sur le terrain de jeu et loin de l'infirmerie, Jared Goff pourrait avoir de meilleures options de passe, avec ce nouveau groupe de receveurs, surtout si le rapide Chark peut retrouver sa superbe de 2019, quand il avait accumulé des gains de 1 008 verges avec Jacksonville.

Chez les demis offensifs, D'Andre Swift et Jamaal Williams ne devraient rien casser encore en 2022, les Lions étant en vain à la recherche d'une attaque au sol explosive depuis les beaux jours de...Barry Sanders (1989-1998).

Si Goff peut avoir des excuses pour la piètre tenue offensive de l'équipe, il ne pourra blâmer sa ligne à l'attaque.  Menée par les as Frank Ragnow (centre, photo ci-dessus) et Penei Sewell (plaqueur à droite), cette unité est classée 3e meilleure du circuit par les experts de Pro-Football-Focus (PFF).

En défensive, le portrait est plutôt sombre.  À l'intérieur de la première ligne, Michael Brockers (31 ans) et Levi Onwuzurike sont pourris.  L'an passé, la première campagne de Alim McNeill a été peu convaincante.  À l'extérieur, les joueurs de ligne Aidan Hutchinson (2e choix au total au dernier repêchage) et Romeo Okwara (qui a raté les 13 dernières parties en 2021 en raison d'un tendon d'Achille tordu) devraient faire du bon boulot.

La seconde ligne est également plus que douteuse avec les linebackers Alex Anzalone et Derrick Barnes.  Les joueurs défensifs des Lions n'ont réussi que 30 sacks en 2021 (30e rang dans la Ligue).



La tertiaire est plus étanche mais avec des réserves en ce qui concerne le jeune demi de coin Jeff Okudah (3e choix au total du repêchage de 2020, photo ci-dessus) qui n'a jamais pu démontrer ses capacités parce qu'il n'a disputé que dix parties (blessures sérieuses) en deux saisons.  

Cette unité a été tout de même renforcée avec l'arrivée de DeShon Elliott (ex-Ravens) et celle de Mike Hughes (ex-Chiefs).  Mais elle manque de profondeur et deviendrait donc plus à risque si des blessures devaient survenir à ses titulaires réguliers.

Globalement, la défensive des Lions est encore vulnérable, et leur attaque reste peu menaçante.  La saison dernière, les Lions ont perdu quatre matchs au pointage serré (trois points ou moins) dont trois dans les dernières secondes, et deux sur des placements adverses de plus de 50 verges.



Se sont-ils assez améliorés durant la saison morte pour gagner plus de ces parties contestées en 2022 ?  C'est possible si les nouvelles acquisitions du club performent tel qu'espéré; si les blessures arrêtent d'affecter sérieusement leurs joueurs clés; et si les jeunes recrues de l'équipe ne déçoivent pas.  Bien des «si» à considérer.  Deux ou trois victoires de plus qu'en 2021 sont à leur portée si les nombreux «si» ne deviennent pas des scies !



▶ Les Jets de New York

En parlant des équipes de New York quand j'ai analysé les Giants, dans mon article précédent, j'ai évoqué aussi les longues années de déconvenues des Jets.  Depuis 2016, ils croupissent au dernier rang de la division Est de la Conférence Américaine, avec un affreux bilan de 27 victoires, 70 défaites.

Et ce n'est pas cette année qu'ils vont sortir du trou.  Surtout si, à sa seconde saison, le jeune quart-arrière Zach Wilson (photo ci-dessus) ne progresse pas.  L'an passé il a éprouvé énormément de difficultés.  Visiblement pas à l'aise dans le système offensif dans lequel il devait apprendre à se débrouiller, Wilson a manqué de précision dans ses passes, a été inconstant, en plus de manquer de jugement.  Son taux d'efficacité (inefficacité plutôt !) de 69,7 a été le pire de la NFL chez les QBs réguliers.

Il sera mieux entouré cette année, bien qu'il est possible qu'il rate le premier match puisqu'il se remet d'une opération au genou après s'être blessé lors de la première partie pré-saison.



La ligne à l'attaque a parfois failli à la tâche en 2021, mais l'ajout de l'agent libre Laken Tomlinson (ex-49ers, photo ci-dessus) aidera à son renforcement, surtout pour faciliter le jeu au sol.

Conscients des lacunes dans le groupe de receveurs, les Jets ont fait un coup double chez les ailiers rapprochés en faisant l'acquisition de deux bons vétérans en C.J. Uzomah (ex-Bengals) et Tyler Conklin (ex-Vikings).

Du côté des receveurs éloignés, il n'y a rien pour écrire à sa mère, avec l'ordinaire duo Corey Davis et Elijah Moore.  Les Jets espèrent que la recrue Garrett Wilson (10e choix au total au dernier repêchage) pourra s'affirmer dès cette saison.  Il ne devrait pas trop peiner à combler la perte de Jamison Crowder, parti à Buffalo.



Les porteurs de ballon sont très jeunes.  Michael Carter en sera à sa 2e année et la recrue Breece Hall (photo ci-dessus) est un bon prospect.  Mais on ne doit pas placer la barre des attentes trop haute dans leur cas...

Si l'offensive des Green Men pourrait être plus mordante cette saison, c'est surtout la défensive qui doit être nettement meilleure.  Sidérant et inacceptable, voilà comment on pourrait qualifier la tenue en défensive des Jets en 2021.  La pire défense de la Ligue accuse des statistiques affreuses : près de 30 points alloués en moyenne par match; et près de 400 verges de gains par match données aux adversaires.  Ayoye !!!

Inutile de dire que cette horrible performance est pratiquement impossible à répéter en 2022... Si la très faible ligne secondaire n'a pas été corrigée dans l'entre-saison, la première ligne bénéficiera du retour au jeu de Carl Lawson (qui, blessé, a raté toute la saison 2021 -tendon d'Achille-) et de l'arrivée de Jacob Martin (ex-Texans).  La recrue Jermaine Johnson II (choix de première ronde) participera à la reconstruction de cette unité.



Les choses regardent mieux aussi du côté de la tertiaire.  Le demi de coin D.J. Reed Jr (ex-Seahawks, photo ci-dessus) est une bonne acquisition.  Et les Jets pensent que la recrue Sauce Gardner (4e choix au total lors du plus récent repêchage) saura faire sa marque dès cette saison.  Avec l'apport du nouveau demi de sûreté Jordan Whitehead (ex-Buccaneers) et le retour en santé de Lamarcus Joyner, les Jets auront une brigade défensive qui devrait passer de médiocre, à moyenne, cette année.  La principale faiblesse demeure l'incapacité de stopper le jeu au sol des adversaires.

Les Jets devraient encore finir derniers dans leur division, mais tant Zach Wilson que la défensive ne peuvent logiquement faire pire que l'an passé.  Les hommes de l'entraîneur Robert Saleh ont subi des défaites cinglantes en 2021.  Ils devraient être bien plus compétitifs en 2022.  Une fiche de 6-11 est plausible.



▶ Les Seahawks de Seattle

Peut-être que vous êtes surpris de voir les Seahawks de Seattle parmi mes prédictions les plus pessimistes pour la prochaine saison.  En fait, les opinions divergent concernant cette équipe de la division Ouest de la Conférence Nationale.

Évidemment, tout le monde se demande comment le coach Pete Carroll (photo ci-dessus), et ses hommes, se tireront d'affaire sans le quart-arrière Russell Wilson, échangé, -avec un choix de repêchage de 4e ronde-, aux Broncos de Denver le 16 mars dernier.  En retour, Seattle a reçu : deux choix de première ronde, deux choix de deuxième ronde, un choix de cinquième ronde, le quart-arrière Drew Lock, le joueur de ligne défensive Shelby Harris, et l'ailier rapproché Noah Fant (qui remplace le TE Gerald Everett qui s'est joint aux Chargers).

Certains observateurs croient que les Hawks auront un avantage immédiat à la suite de cette méga transaction.  Moi je pense le contraire.  Wilson a été le grand responsable des neuf années de succès que cette franchise a connues avec lui comme général.  De 2012 à 2021, sous son leadership, Seattle a gagné 104 fois, a perdu 53 fois, en plus d'un match nul.  Sans lui, Pete Carroll a une fiche perdante de 15 gains, 20 revers.

En 2013, dès sa 2e saison avec les Seahawks, il les a menés au championnat de la Ligue (Super Bowl XLVIII) et en grande finale la saison suivante.

Oui, la fameuse défensive des Seahawks, «The Legion of Boom», a joué un grand rôle durant cette ère victorieuse, mais sans Russell Wilson (photo ci-contre) pour diriger l'attaque, les efforts de cette flamboyante brigade défensive auraient été vains.

Pete Carroll, -tout en reconnaissant que son ancien quart-arrière a probablement été le meilleur joueur de l'histoire de l'équipe (fondée en 1976)-, prétend que sa formation saura bien se passer des services du célèbre no 3, grâce au personnel qu'elle a obtenu en échange de Wilson, et aux autres changements faits durant l'entre-saison.



Il a vanté Drew Lock mais c'est plutôt Geno Smith (photo ci-dessus), l'autre quart-arrière de l'équipe, qui sera le partant cet automne.  Ce qui n'est guère rassurant... Smith n'est pas un QB no 1.  Il a prouvé ses limites dès ses deux premières années (2013 et 2014) avec les Jets de New York.  Par la suite, il a été démis de son poste de partant et il n'a plus joué que sporadiquement avec les Jets, les Giants, les Chargers et les Seahawks.

Ses statistiques parlent d'elles-mêmes : une fiche de 13-21 avec un médiocre pourcentage de passes complétées de 58,8 % et un bas coefficient d'efficacité de 75,7.

En trois saisons à Denver, les chiffres de Drew Lock (photo ci-dessous) ne sont guère meilleurs : un dossier victoires/défaites de 8-13, avec 59,3 % de passes réussies et une efficacité peu impressionnante de 79,3.



Par comparaison, Wilson a complété 65 % de ses passes, y compris 292 pour des touchés, et son taux d'efficacité est impressionnant à 101,8.  Il a subi 427 sacks du quart et c'est là-dessus qu'il faut insister.  Même s'il a été rudoyé souvent à cause d'une mauvaise ligne à l'attaque qui ne le protégeait pas, il n'a raté que trois parties en raison de blessures (toutes l'an passé).

Pressé de toutes parts, il parvenait quand même à s'esquiver et à improviser des jeux à merveille.  Les statistiques indiquent qu'il est le meilleur QB de la Ligue lorsqu'il est sous pression.  Smith et Lock devront se débrouiller avec cette même faible ligne offensive (moins Duane Brown, qui a pris sa retraite).  Pas sûr qu'ils pourront réussir aussi bien que Wilson à improviser sous la pression.

La défensive des Seahawks est loin de la qualité de celle de l'époque de la «Legend of Boom».  Le dernier représentant de cette brigade d'élite, le légendaire secondeur de ligne Bobby Wagner a quitté pour se joindre aux Rams de Los Angeles.  Les Seahawks croient que son successeur, Jordyn Brooks (photo ci-dessous), lui est supérieur et, compte tenu de l'âge de Wagner (32 ans), ils ont peut-être raison.

Mais le vieux linebacker était un capitaine extraordinaire pour cette défensive.  Brooks sera-t-il aussi clairvoyant que lui pour lire les offensives adverses ?  Les nouveaux coéquipiers de Wagner à Los Angeles ne tarissent pas d'éloges envers lui, spécialement en ce qui a trait à sa vision et à son savoir-faire défensif.  

Un autre bon élément défensif, le demi de coin D.J. Reed, porte maintenant les couleurs des Jets de New York.  Le chasseur de QB Carlos Dunlap est aussi parti (Kansas City).  Encore là, il est loin d'être certain que son remplaçant Uchenna Nwosu (ex-Chargers) fera mieux que lui.  De plus, le nouveau retraité, K.J. Wright, risque d'être fort regretté...

Si la ligne à l'attaque croule souvent sous la pression des défensives ennemies, l'inverse n'est pas vrai.  Si la défensive des Seahawks en arrachent tellement, c'est premièrement parce qu'elle n'exerce pas assez de pression sur les QBs opposés (34 sacks). Cette déficience met beaucoup de pression sur la tertiaire qui n'est pas forte d'avance.



La défensive des Seahawks sera une des pires du circuit Goodell.  Seuls les joueurs de ligne Poona Ford et Al Woods, ainsi que les demis défensifs Sidney Jones IV et Quandre Diggs sont dignes de confiance.

À l'offensive, bien sûr les rapides DK Metcalf (photo ci-dessus) et Tyler Lockett sont vus comme le point fort du club.  Mais ça c'était avec un QB futur membre du Temple de la Renommée pour leur lancer le ballon.  Lockett a été invisible au cours des trois parties que Wilson a manqué après sa blessure à un doigt.  Des difficultés d'adaptation et une baisse de calibre, versus le nouveau QB partant, sont à prévoir.

Dans le champ arrière, la retraite de Chris Carson laisse Rashaad Penny comme porteur de ballon no 1.  Sa moyenne de 5,6 verges par portée, en quatre ans à Seattle, est formidable.  Avec la recrue Ken Walker III (choix de 2e ronde au repêchage de cette année), il aura beaucoup de travail car Pete Carroll a déjà annoncé ses couleurs.  Il favorisera à outrance le jeu au sol, une tradition conservée chez les Hawks.  Cependant, leur boulot sera compliqué par leur faible ligne à l'attaque, la pire de toute la NFL.

Avec cette faiblesse flagrante et importante, ainsi qu'une défensive très inférieure à la moyenne, ajoutez l'absence d'un vrai quart-arrière no 1, alors je ne vois vraiment pas comment les Seahawks pourraient au moins égaler leurs sept victoires de 2021.  Une ou deux victoires de moins sont prévisibles.  Pete Carroll risque d'avaler sa gomme de travers...

lundi 6 septembre 2021

SAISON 2021-22 DE LA NFL : LES TITANS DU TENNESSEE VISENT LE SUPER BOWL.









Très largement favoris pour rafler le titre dans la division Sud de la Conférence Américaine, les Titans du Tennessee ont de plus grandes ambitions cette saison.  Ils visent une participation au prochain Super Bowl, rien de moins.  Oui ils ont les outils nécessaires en attaque, mais leur défensive laisse à désirer, du moins pour un club qui aspire aux plus grands honneurs...

Si je faisais partie de l'unité défensive d'une équipe de la NFL, je n'aimerais pas affronter l'attaque des Titans du Tennessee.  Sur les jeux au sol, la locomotive Derrick Henry est presque impossible à arrêter.  Si vous vous massez à la ligne de mêlée pour espérer limiter les dégâts que le gros gaillard peut causer, le quart-arrière Ryan Tannehill peut changer le jeu et passer facilement le ballon à trois dangereux receveurs que sont A.J. Brown, et deux nouvelles acquisitions : Julio Jones -futur membre du Temple de la Renommée- et Josh Reynolds, qui a montré de très belles choses l'an passé avec les Rams de Los Angeles.

Choisissez votre poison !  Jones (photo ci-dessus) a 32 ans, et ses meilleures saisons sont probablement derrière lui, mais sa seule présence imposera le respect aux demis défensifs et aux secondeurs de ligne adverses, et ça va libérer de l'espace pour Brown et Reynolds, en plus de rendre encore plus dangereux Henry quand le front défensif ennemi s'attendra à un jeu de passe mais que le ballon lui sera remis.

La défensive reste douteuse même si les Titans ont signé Bud Dupree et Denico Autry (une grosse perte pour les Colts, les seuls rivaux sérieux des Titans dans leur division) pour corriger la grande lacune qu'a été le manque de pression sur les quarts-arrières opposés l'an passé.  Le Tennessee pourrait avoir des ennuis en couverture de passe car pas moins de quatre de leurs spécialistes se retrouvent sous d'autres cieux après avoir quitté l'équipe.  Au moins la moitié d'entre eux ne seront probablement pas remplacés adéquatement.

Obtenu en 2019 des Dolphins de Miami, en échange de presque rien, le quart-arrière Ryan Tannehill a été un vrai vol pour les Titans.  Il est rare qu'un joueur de plus de 30 ans se révèle enfin, à un âge si tardif.  Mais cela a été le cas pour Tannehill qui s'est classé parmi les QB les plus efficaces depuis deux ans.  Il a métamorphosé l'offensive de l'équipe qui, avec ses quarts précédents, n'allait nulle part.

Le calendrier 2021 des Titans ne sera pas reposant et leur défensive chancelante risque d'accorder encore beaucoup de verges et de points aux adversaires.  Leur puissante attaque devra donc compenser et maintenir un long temps de possession du ballon afin de ménager cette défensive vulnérable.

L'opposition n'est pas très forte dans la division Sud, ce qui devrait permettre aux Titans de finir en tête sans coup férir.  Mais de là à se rendre en finale de Conférence, c'est loin d'être dans la poche...










Alors que l'offensive est la force des Titans du Tennessee, c'est la défensive qui est celle des Cots d'Indianapolis, leurs principaux rivaux dans la division Sud de la Conférence Américaine.  Même si cette unité a perdu les services de Denico Autry (rendu chez leurs pires ennemis, les Titans), de Justin Houston et de Malik Hooker, les Colts devraient pouvoir compter encore sur une défensive très capable de se classer dans le top-10 de la Ligue Nationale.

Mais c'est un tout autre portrait en offensive.  Le quart-arrière Philip Rivers a pris sa retraite et les Colts l'ont remplacé par Carson Wentz (photo ci-dessus), un choix extrêmement risqué.  D'abord, le nouveau titulaire a la réputation d'être un joueur fragile.  On a même établi à 87 % ses probabilités de blessures graves en 2021 !  Ensuite, son niveau de jeu n'a pas cessé de péricliter depuis 2017, sa seule bonne saison chez les pros.

L'an dernier il a été absolument affreux avec les Eagles de Philadelphie.  Mais il devait constamment courir pour sauver sa vie à cause de la pire ligne offensive de la Ligue dans le domaine de la protection du QB.

Les Colts croient que, mieux protégé, et mieux dirigé, Wentz fera du bon travail à Indianapolis.  Ça reste à prouver !  En cas d'absence à cause de blessure, Wentz n'a aucun remplaçant valable puisque le quart substitut, Jacoby Brissett, est maintenant avec les Dolphins de Miami.

En attaque, les Colts devront s'en remettre surtout à leur excellent porteur de ballon Jonathan Taylor (3e meilleur de la Ligue pour les gains au sol en 2020).  Le manque de bons  receveurs pose problème.  T.Y. Hilton (cou) est encore blessé (comme c'est trop souvent le cas) et il aura 32 ans en novembre.  Le seul autre bon prospect à cette position est le jeune Michael Pittman, de qui les Colts expèrent une vraie éclosion en 2021.

Seuls les Colts croient encore que Wentz va «ressusciter» cette année pour conduire à bon port leur attaque plutôt inoffensive sur les longs jeux de passe.  Si ils perdent leur pari sur lui, ils auront bien des bâtons dans les roues pour gagner suffisamment de parties pour accéder aux séries de fin de saison, au terme d'un calendrier très peu commode pour tous les clubs de leur division.









La seule chose que les pitoyables Jaguars de Jacksonville (1-15) ont réellement gagné l'an passé c'est le premier choix au repêchage de 2021.  Et ce choix n'était pas difficile à faire. Le quart-arrière Trevor Lawrence (photo ci-dessus) a été l'heureux élu, comme tout le monde le prévoyait.  Il a bien fait au camp d'entraînement et dans les matchs préparatoires, et les risques qu'il échoue (comme bien d'autres premiers choix dans l'hsitoire de la NFL) sont, semble-t-il, très minces.  Les fans des Jags sont très très excités à son sujet, mais leurs attentes semblent pas mal trop élevées !  Le jeune homme n'est probablement pas un messie ou un sauveur qui va transformer leurs favoris en champions, du moins, pas cette saison...

Dépourvus à chaque position de leur alignement l'an dernier, les Jaguars ont dépensé des fortunes dans l'entre-saisons pour engager des agents libres.  Parmi ceux-ci notons des noms intéressants comme le receveur Marvin Jones (ex-Lions) qui, avec D.J. Chark, devrait former un duo dynamique comme ailiers éloignés.  Dans le champ arrière, Jacksonville a ajouté Carlos Hyde pour seconder le jeune James Robinson qui a été fantastique en 2020 (1 414 verges de gains au total).  Au poste de quart-arrière, on a acquis C.J. Beathard, au cas où le jeune Lawrence faillirait à la tâche.

En défensive, les nouveaux coachs de l'équipe vont passer davantage à un système 3-4 (trois joueurs en première ligne et quatre en seconde ligne) au lieu du 4-3 inefficace de l'an dernier.  Les Jaguars ont profité du marché des agents libres en sur-payant des gars comme Roy Robertson-Harris (ex-Bears) et Jihad Ward (ex-Ravens) pour améliorer leur capacité de presser les quarts adverses.  Une pression qui faisait gravement défaut en 2020.  Ils ont également misé sur Malcom Brown (ex-Saints) pour renforcer leur défense contre le jeu au sol.

Du côté de la couverture contre la passe, ils ont aussi marqué des points en allant chercher le demi de coin Shaquill Griffin (ex-Seahawks) et le demi de sûreté Rayshawn Jenkins (ex-Chargers).  Mais la valeur ajoutée de cette unité défensive, poreuse l'an dernier, va dépendre surtout de la progression des jeunes joueurs qui sont nombreux à plusieurs postes.

Bref, les Jaguars seront meilleurs cette année, surtout si la prometteuse recrue Trevor Lawrence réussit sa rentrée chez les pros.  Il reste trop de trous à boucher en défensive pour que l'équipe connaisse une saison gagnante.  Mais six ou sept victoires en 2021 devient un objectif à leur portée si tous les ajustements apportés à la formation, et aux plans de matchs, portent fruits, pour faire en sorte que tout se déroule assez bien...













En 2021, les joueurs des Texans de Houston auront la moyenne d'âge la plus élevée de la NFL.  Et...probablement la pire formation de la Ligue aussi !  Au cours de la dernière année, la franchise du Texas a été une véritable entreprise de destruction massive !  Tous leurs meilleurs éléments ont pris la porte de sortie.

Il restait le quart-arrière Deshaun Watson (photo ci-dessus), mais celui-ci sera probablement écarté de l'alignement car il doit faire face à pas moins de 22 plaintes d'inconduite ou d'agressions sexuelles.  À sa demande, l'équipe tente de l'échanger, mais ils n'ont pas trouvé preneur jusqu'à maintenant, et il semble qu'on le paiera pour qu'il demeure chez lui cette saison.

Comme si les choses n'allaient pas déjà très mal !  Les pronostics sont épouvantables en vue de la prochaine campagne.  Les moins pires prédisent quatre victoires (comme en 2020) aux Texans.  D'autres leur en accordent deux.  Les plus pessimistes : zéro !

Peut-être que ces sombres prédictions sont trop sévères.  L'entraîneur en chef  David Culley a confirmé que c'est Tyrod Taylor qui sera aux commandes de l'attaque lors du premier match régulier de l'équipe, dimanche prochain.  Par le passé, avec d'autres formations, Taylor a connu quelques bonnes séquences, mais ce n'est certainement pas un aussi bon QB que Watson.  De plus, il est sujet aux blessures.

Autour de lui, le personnel offensif ne fera pas de miracle.  Le seul bon receveur est Brandin Cooks qui, gageons-le, verra beaucoup de doubles couvertures sur lui.

Chez les porteurs de ballon, David Johnson devrait voir le plus d'action, mais il y a aussi Phillip Lindsay, Mark Ingram II et Rex Burkhead qui doivent tous se demander comment et dans quelle mesure ils seront utilisés au champ arrière.  Tous peuvent toutefois servir assez bien d'options sur des jeux de passe.  La ligne offensive comporte des faiblesses qui n'ont pas été corrigées dans l'entre-saisons.

La défensive aussi, a été presque complètement changée.  Ce sera étrange de ne plus voir J.J. Watt à son poste, lui dont la direction a eu pitié en l'envoyant poursuivre (et possiblement finir) sa glorieuse carrière en Arizona.  Il faut absolument que cette nouvelle unité, rebâtie avec 19 vétérans provenant du marché des agents libres, soit capable d'effacer la minable performance de leurs prédécesseurs de l'an dernier qui n'ont réussi à provoquer que neuf petits revirements.

Les Texans espèrent que tous ces nouveaux venus d'expérience pourront faire mieux dans tous les départements, que ce soit pour neutraliser les jeux au sol, appliquer de la pression sur les quarts-arrières, ou améliorer la couverture sur les jeux aériens.  Pratiquement derniers dans la Ligue dans tous ces domaines, les Texans peuvent difficilement être aussi pires que la saison passée.

En 2021, les Texans peuvent surprendre quelques adversaires pas très forts qui les prendront trop à la légère.  Quatre victoires, c'est pas mal tout ce qu'ils peuvent espérer...