mercredi 4 février 2026

SUPER BOWL LX : L'EFFICACITÉ DES QUARTS ARRIÈRES DRAKE MAYE ET SAM DARNOLD FERA VRAIMENT LA DIFFÉRENCE DANS CE MATCH DE CHAMPIONNAT.



Le Super Bowl est l'événement sportif le plus important en Amérique, si ce n'est pas dans le monde entier.  Dimanche, pour sa 60e représentation, il opposera les Seahawks de Seattle (16-3) aux Patriots de de la Nouvelle Angleterre (17-3).  

Les Hawks seront en quête d'une deuxième victoire (fiche de 1-2) dans ce match de championnat de la Ligue Nationale de Football, alors que les Pats tenteront d'établir un record en remportant un 7e trophée Vince Lombardi (fiche de 6-5).

Les Seahawks sont le choix des parieurs pour l'emporter par 4½ points.  Les preneurs aux livres se basent sur l'entièreté de la saison 2025-26 des deux équipes pour favoriser Seattle.  Comme ce fut le cas depuis le début de la présente campagne, ils ont minimisé les succès des Patriots à cause de leur calendrier facile.  Et ils justifient leur préférence pour les Seahawks en raison de leur défensive, qu'ils évaluent comme la meilleure de la NFL.  Ils croient en l'adage que ce sont les défensives qui gagnent les championnats.



Mais en séries éliminatoires, la défensive de l'équipe du coach Mike Vrabel a été intraitable en allouant seulement une moyenne de 8,7 points en trois matchs, alors que celle des Seahawks en a accordé le double (16,5) en deux parties.  

Contre le jeu au sol, la défense de l'entraîneur Mike MacDonald est réputée impénétrable, mais celle des Pats a été extraordinaire en matchs éliminatoires en limitant les adversaires à une mince récolte de 3,15 verges par course (contre 4,53 verges du côté de la défense de Seattle).

Les défensives des deux équipes ont excellé cette saison pour limiter le nombre de jeux explosifs au sol.  Dans un match important comme celui de dimanche, c'est ce genre de jeu, de dix verges et plus, qui peut faire la différence entre la victoire et la défaite.
  


À ce chapitre, en offensive, en ce qui concerne le potentiel pour les jeux explosifs au sol, les Hawks ont peut-être un avantage, sur le plan individuel, avec le porteur de ballon Kenneth Walker (photo ci-dessus).  Mais dans l'ensemble, l'attaque au sol des Patriots annule cet avantage avec la contribution de trois joueurs : Rhamondre Stevenson, TreVeyon Henderson, et le quart arrière Drake Maye, qui offrent, à eux trois, plus de possibilités de jeux explosifs de dix verges et plus.  

L'absence, à cause de blessure, du porteur de ballon Zach Charbonnet (genou), ajoute au désavantage des Seahawks en ce qui a trait à l'attaque terrestre.  D'autant plus que Walker est assez inconstant dans sa productivité.  Il peut sortir un gros match, comme il peut être relativement inefficace dans tel ou tel match.

Je crois que cette rencontre va se jouer davantage au niveau de la guerre des tranchées.  Le club qui va la remporter va fort probablement gagner la partie.  Si le « pass rush » des Patriots parvient à mettre souvent de la pression sur le quart des Seahawks, Sam Darnold, il pourrait devenir inefficace et être amené à commettre des revirements, comme cela lui est arrivé fréquemment pendant la saison régulière.
  


Darnold (no 14, ci-dessus) est un quart peu mobile, qui court rarement avec le ballon, d’autant moins puisqu’il est toujours ennuyé par une blessure aux muscles abdominaux. Il est donc encore moins enclin à porter le ballon, de peur d’être plaqué durement, et d’aggraver sa blessure.

On dit que son homologue Drake Maye (épaule) a été blessé également dans son dernier match, à Denver.  Ce qui expliquerait sa faible performance comme passeur, face aux Broncos, le 25 janvier dernier.  Mais cette semaine, il s'est dit remis de cette blessure.  

À cause de sa ligue à l'attaque qui le protège plutôt mal, en situations de passes, Maye subit trop de sacs, mais il parvient aussi à échapper souvent à la pression en courant avec le ballon.  Il en résulte des gains au sol souvent fort appréciables.  C'est ce qui le différentie de Sam Darnold, et qui lui donne un avantage par rapport à lui.  De plus, en 2025-26, la défense des Seahawks a eu du mal à contenir les quarts arrières mobiles qui court avec le "cuir".  C'est une de leurs rares faiblesses...



Dans ces situations de pression, Maye (ci-dessus) peut également lancer le ballon rapidement et avec précision, même quand ses receveurs font l'objet d'une couverture serrée.  Quant à lui, en pareilles circonstances, Darnold risque simplement de paniquer, de se débarrasser du ballon, ou de commettre un revirement.

Le coordonnateur offensif de Seattle, Klint Kubiak, a toutefois trouvé le moyen d'aider Sam Darnold à mieux faire face à ce genre de pression.  Il commande davantage de "play actions", de passes voilées, ou de passes vives dans les entre zones, notamment aux demis offensifs.  Ces jeux sont habilement dissimulés à la ligne d'engagement, surtout lors des premiers essais.  Les défensives adverses ne savent jamais ce qui les attend...

Et lorsque Darnold est bien protégé (3e meilleur QB de la NFL lorsqu'il n'est pas sous pression, 28e quand il est pressé), et qu'il a le temps de passer, il devient une menace pour les jeux explosifs à son dangereux complice Jaxon Smith-Njigba, le meilleur ailier espacé de la NFL, cette saison.  

Les Patriots vont probablement essayer de le couvrir avec leur meilleur demi défensif Christian Gonzalez, mais à un contre un, personne n'a réussi à vraiment neutraliser Smith-Njigba (photo ci-dessous), cette saison.  Et s'ils mettent deux joueurs sur lui, ça pourrait ouvrir le terrain pour ses coéquipiers Cooper Kupp, et le marchand de vitesse Rashid Shaheed (également une grande menace sur les retours de bottés).



Ce n'est pas pour rien que Drake Maye est considéré sérieusement pour le titre de joueur le plus utile à son équipe (MVP) cette année.  À 23 ans à peine, il fait preuve de beaucoup de maturité et de sang froid, même dans les situations critiques.  Ses succès ne lui montent pas à la tête, il reste humble, et il veut sans cesse s'améliorer, tout en donnant beaucoup de crédit à ses coéquipiers.

Bon passeur, il a un taux de réussite impressionnant sur les longues passes.  Sans avoir un Jaxon Smith-Njigba ou un Puka Nacua à sa disposition, il se sert bien de ses receveurs Stefon Diggs, Kayshon Boutte et Hunter Henry pour faire avancer les chaîneurs et gagner des premiers essais.  S'ils ne sont pas démarqués, Maye peut gagner des premiers essais avec ses jambes.  On le compare d'ailleurs à Patrick Mahomes, sous cet aspect.

Certes, il ne faut pas oublier que Maye est inexpérimenté, à seulement sa seconde année dans le circuit Goodell.  Ce sont ses premières séries éliminatoires, et en trois rencontres jusqu'ici, il a commis six échappés, - dont trois perdus -, et deux interceptions.  



Il a été moins efficace dans l'ensemble de son jeu, et moins précis dans ses passes, mais il a fait face à trois grosses défensives, - comparables à un certain point à celle des Seahawks -, et ce, dans des conditions climatiques difficiles.  Mais au final, il a quand même conduit son club à la victoire, à chaque fois.  Il a réussi à bien exécuter des jeux cruciaux, quand il le fallait.

À Santa Clara, dimanche, la température ne sera pas un obstacle au jeu aérien.  S'ils peuvent jouir d'une protection adéquate en situations de passes, Maye et Darnold devraient pouvoir tester sérieusement les défenses adverses.  Mais si les deux quarts arrières sont souvent sous pression, Maye a plus de chances de bien s'en tirer que Darnold.
  

La défense des Seahawks est solide, mais pas infaillible, comme l'offensive des Rams de Los Angeles l'a démontré dans les deux derniers affrontements contre elle (64 points marqués, gains totaux de 1 038 verges !).

Même si les Seahawks sont favoris pour mettre la main sur le trophée Lombardi, je ne serais pas du tout étonné de voir Drake Maye faire la différence en faveur de son équipe, et donner un 7e titre du Super Bowl aux Patriots...         

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