Si on compare les dossiers des deux adversaires pour la saison 2025-26, le choix des bookmakers, 3½ points en faveur des Patriots, est logique. Pour mieux le comprendre, analysons les deux formations en présence.
🏈 LES QUARTS ARRIÈRES
Même si le quart des Pats, Drake Maye, est le candidat numéro 1 au titre de joueur le plus utile à son équipe (MVP) cette année, dans la NFL, je ne donnerais pas l'avantage au club de l'entraîneur chef Mike Vrabel, par rapport au quart des Bolts, Justin Herbert.
Maye (ci-dessus) présente certes de meilleures statistiques que son homologue de Los Angeles, mais il a eu la chance de bien performer face à une très grande majorité de défensives médiocres en 2025-26. Un privilège que Herbert n'a pas eu. Et ce dernier a eu la malchance de devoir jouer derrière une ligne offensive décimée par les blessures, contrairement à son vis-à-vis de la Nouvelle Angleterre.
Herbert a été de loin le quart arrière de la NFL qui a été frappé le plus souvent et le plus durement. D'ailleurs, il s'est fait fracturer la main gauche. Mais il fait preuve de beaucoup de courage en continuant de jouer malgré ce handicap. Il doit fréquemment "courir pour sa vie" pour échapper au "pass rush" des clubs adverses. Mais ça lui offre aussi des occasions de gagner du terrain en portant le ballon. Il l'a fait 83 fois cette saison, pour des gains de 498 verges (moyenne de 6 verges par course), deux touchés au sol, et 5 courses de 20 verges et plus.
Il a plus d'expérience en séries éliminatoires que Drake Maye. Celui-ci en sera à ses débuts en playoffs, alors que Herbert (photo ci-dessus) effectuera son 3e départ en pareilles occasions. Bien sûr, le pivot des Chargers risque de commettre des revirements si sa ligne à l'attaque ne le protège pas, et s'il est frappé durement derrière la ligne de mêlée. Il a subi 54 sacs, commis deux échappés perdus, et 13 interceptions, cette saison.
Heureusement pour lui, le "pass rush" des Pats n'est pas si redoutable. Il n'a produit que 35 sacs, durant le dernier calendrier régulier, le 5e plus faible total dans la Ligue Nationale. Les blessures ont obligé les Chargers à utiliser 29 combinaisons différentes dans la composition de leur ligne offensive, cette saison. Malgré tout, Herbert a été capable de se débrouiller, et ses demis offensifs aussi.
Pour sa part, Drake Maye (ci-dessus) doit également se soucier de sa sécurité quand il veut tenter des passes. Il a subi 48 sacs en 2025-26, et le "pass rush" des Bolts est bien plus dangereux que celui de son équipe. De plus, la défense anti aérienne de Los Angeles est supérieure à celle des Patriots. Maye a réussi beaucoup plus de longues passes que Herbert, mais, encore là, c'était contre de bien pire défenses que celle des Chargers. Par surcroît, dans des conditions climatiques difficiles, comme celles prévues dimanche soir à Foxborough, ce possible atout risque de disparaître.
Somme toute, je dirais qu'aucun des deux quarts arrières n'a l'avantage l'un contre l'autre, pour ce match éliminatoire.
🏈 ATTAQUE AU SOL
Encore sur ce plan, je pense qu'il y a match nul. Les deux attaques au sol ont produit des gains identiques de 4,4 verges par course, cette saison. Chez les Patriots, le porteur de ballon Rhamondre Stevenson a fini la campagne en force, et son coéquipier, la recrue TreVeyon Henderson, a démontré une explosivité remarquable, pour de longues courses.
D'autre part, il y a peut-être une inquiétude en ce qui concerne le demi offensif Omarion Hampton (photo ci-dessus), des Bolts. Blessé à une cheville, sa participation au duel de dimanche est incertaine, même s'il a dit que son plan c'était de jouer lors de cette importante rencontre. Son coéquipier du champ arrière, Kimani Vidal, sera fidèle au rendez-vous de dimanche, en Nouvelle Angleterre.
Dépendamment de la santé de Hampton, et compte tenu de la faiblesse de la ligne à l'attaque des Bolts, les Patriots pourraient finalement avoir un avantage de ce côté-là du ballon.
🏈 ATTAQUE AÉRIENNE
En général, j'aime mieux le groupe de receveurs des Chargers, surtout avec la nouvelle des accusations d'assaut (étranglement et étouffement) contre le receveur des Pats, Stefon Diggs (photo ci-dessous). Le jugement contre lui a été reporté après le Super Bowl, et la NFL ne semble pas l'avoir suspendu entre temps. Mais on ne peut pas négliger l'impact que pourrait avoir cette malheureuse affaire sur son rendement dimanche soir.
C'est normalement l'ailier éloigné le plus performant de son club. D'autant plus que ses coéquipiers receveurs Mack Hollins (abdomen), et Kayshon Boutte (ischio-jambiers) sont blessés. Ça laisse seulement l'ailier rapproché Hunter Henry, et le substitut DeMario Douglas comme ressources "fiables" pour Drake Maye.
Quant à lui, Justin Herbert a plusieurs receveurs de qualité à sa disposition, si sa ligne offensive lui donne assez de temps pour les rejoindre. Ladd McConkey, Keenan Allen, Quentin Johnston, Tre' Harris, et l'ailier rapproché Oronde Gadsden, sont tous capables de réussir de gros jeux par la passe.
Avantage Chargers.
🏈 LES DÉFENSIVES
Statistiquement parlant, ces deux unités défensives semblent d'égale force. Mais il faut encore relativiser leurs performances selon l'opposition à laquelle elles ont dû faire face. La brigade des Chargers a affronté huit équipes aux fiches perdantes, tandis que celle des Pats a eu la vie plus facile en rencontrant douze clubs au dossier négatif.
Rappelons que le "pass rush" de la défense des Bolts a été plus "mordant" que celui de leurs adversaires de dimanche. De plus, la défense anti aérienne des Chargers a réussi 19 interceptions (3e dans la NFL) contre seulement 10 pour celle des Patriots. Cette unité défensive de Los Angeles a donné moins de gros jeux de 20 verges et plus, que celle de ses opposants de dimanche, et ce, contre des attaques plus dangereuses que celles qu'a affrontées la défense de la Nouvelle Angleterre.
Avantage Chargers.
🏈 LES UNITÉS SPÉCIALES
Les Chargers sont supérieurs aux Patriots pour ce qui est du botteur de précision. Cette saison, Cameron Dicker a réussi 92,7 % de ses tentatives de placement, contre 84,4 % pour son homologue Andy Borregales, des Pats. La différence est au niveau des placements réussis sur les distances entre 40 et 50 verges. Dicker en a placé 12 sur 13 entre les poteaux des buts, alors que Borregales en ratait quatre sur onze, sur les mêmes distances.
Du côté de Los Angeles, les retourneurs de bottés d'envoi ont eu le meilleur sur ceux des Patriots, mais ce fut le contraire sur les retours de bottés de dégagement, où les unités spéciales de la Nouvelle Angleterre ont été nettement plus efficaces.
Évidemment, au point de vue du positionnement sur le terrain, les retours de bottés de dégagement donnent un avantage aux Patriots, surtout si on a un match défensif serré. Mais au cas où l'issue du duel de dimanche devait se décider par un botté de placement tardif, Dicker (photo ci-dessus) est plus fiable que Borregales.
Verdict : ça va dépendre des circonstances et des conditions météo.
Il ne faut pas oublier que les Patriots ont l'avantage de la foule et du terrain. Ce qui fait aussi pencher la balance du côté de la troupe de Mike Vrabel c'est la faiblesse de la ligne à l'attaque des Chargers. Elle peut ralentir considérablement l'attaque au sol des Chargers, et nuire au travail et à la protection de Justin Herbert, lorsqu'il doit lancer le ballon.
Par contre, si ce front offensif, habituellement chancelant, arrive à offrir une performance respectable, dimanche, à Foxborough, il pourrait changer une défaite probable en victoire surprenante...
Chargers 17, Patriots 20.