dimanche 11 janvier 2026

NFL RONDE DES "WILD CARD" 2026 : HOUSTON À PITTSBURGH ⇨ UN MATCH DÉFENSIF ET PHYSIQUE À PRÉVOIR.



Avis aux amateurs de football offensif avec pointage élevé (genre fusillade).  Vous risquez d'être déçus lundi soir, quand vous regarderez le duel éliminatoire de première ronde entre les Texans de Houston (12-5) et les Steelers de Pittsburgh (10-7).

Le club texan possède une des meilleures défensives, au pays de l'Oncle Sam, et elle devrait pouvoir neutraliser l'offensive très ordinaire des porte couleurs de la ville de l'acier.

De l'autre côté, l'attaque de la formation sudiste, habituée d'opérer à la chaleur, chez eux, au Texas, pourrait "figer" dans le froid glacial de Pittsburgh, où l'entraîneur chef Mike Tomlin, des Steelers, a le don de rendre l'accueil plutôt brutal pour les visiteurs, à ce temps ci de l'année.



On pourrait donc assister à une guerre d'usure, axée sur la défensive, et peu excitante.  C'est peut-être la moins intéressante des parties de la première ronde des séries éliminatoires de la Ligue Nationale de Football.

Les Texans arrivent à cette confrontation sur une lancée de neuf victoires consécutives, tandis que les Steelers ont remporté quatre de leurs cinq derniers matchs, pour finir par coiffer difficilement les Ravens de Baltimore, en tête de la division Nord de l'Association Américaine.

Plusieurs experts ont douté des Steelers quand ils ont embauché le vétéran quart arrière Aaron Rodgers, peu de temps avant le début de la saison.  Ils prévoyaient même une fiche perdante pour la troupe de Mike Tomlin, ainsi que son exclusion des séries éliminatoires.  Sans avoir été extraordinaire, Rodgers a bien géré l'attaque de sa nouvelle équipe, pour la conduire au championnat de sa section.



Lundi soir, ce sera son 23e match éliminatoire, et sa grande expérience, dans ce genre de rencontres, pourrait lui permettre de réserver une mauvaise surprise à ses adversaires.  Houston est favori par trois points pour remporter cet affrontement qui promet d'être corsé et rude, dans des conditions climatiques défavorables pour les deux offensives.

On parle beaucoup, et avec raison, du dangereux "pass rush" des Texans, qui met en vedettes les ailiers défensifs Danielle Hunter et Will Anderson.  À eux deux, ils ont récolté un total de 27 sacs.  Ce qui en fait de loin le meilleur duo dans ce domaine, dans la NFL.  Mais la ligne offensive de Aaron Rodgers le protège bien, et il dégaine très rapidement ses passes, ce qui ne donne pas assez de temps aux chasseurs de quart de le rejoindre derrière la ligne de mêlée.

La tertiaire des Texans ne donne guère de chance aux receveurs adverses, mais Rodgers, en lançant rapidement le ballon dans les flancs et les zones intermédiaires, à ses demis offensifs, notamment Kenneth Gainwell (ci-dessous), et à ses ailiers rapprochés Pat Freiermuth et Jonnu Smith, réussit à faire avancer les chaîneurs assez régulièrement.



Sur le plan de l'attaque au sol, la défense anti course de Houston est dure à battre.  Mais, en contre partie, celle des Steelers devrait pouvoir limiter les gains au sol des porteurs de ballon de leurs opposants.  La ligne offensive des Texans s'est améliorée au fil du temps, cette saison, mais son blocage sur les jeux au sol n'a produit qu'une faible moyenne de 3,9 verges par course (29e rang de la NFL).  À eux deux, les demis offensifs Woody Marks et Nick Chubb n'ont réussi qu'un total de cinq courses "explosives" de 20 verges et plus, et cinq touchés.

Leurs homologues chez les Steelers, Kenneth Gainwell et Jaylen Warren, ont fait mieux, avec une moyenne de 4,6 verges par portée, et onze touchés, par la voie terrestre.  Si la température est mauvaise, lundi soir, à Pittsburgh, le jeu au sol prédominera, et sera donc très important.

En ce qui concerne l'attaque aérienne, le froid, - et possiblement la neige et le vent -, pourraient annuler l'avantage des Texans pour compléter de longues passes.  Le quart arrière C.J. Stroud aime lancer souvent ce genre de "bombes" à son rapide ailier éloigné Nico Collins (photo ci-dessous), qui a réussi 18 catchs de 20 verges et plus, cette saison.  La défense anti aérienne de Pittsburgh est une des pires du circuit Goodell (29e).  Elle a donné 243,9 verges, en moyenne par match, en 2025-25, dont 53 passes de 20 verges et plus.



Aaron Rodgers possède aussi une arme offensive pour les longues passes, en D.K. Metcalf, qui reviendra au jeu lundi, après avoir purgé ses deux matchs de suspension.  Il a réussi 15 de ces catchs de longue portée, et son physique imposant lui permet de gagner beaucoup de verges après l'attrapé.  Il devra cependant jouer contre une des meilleures défenses anti aérienne de la Ligue (6e) et face à deux demis de coin d'élite en Derek Stingley et Kamari Lassiter, sans oublier le très efficace demi de sûreté Jalen Pitre.

Sur les passes de longues distances, il faut donner l'avantage aux Texans, en vertu du rapport de forces attaque vs défensive.



En définitive, c'est la supériorité de Houston en défense qui devrait faire la différence en leur faveur dans ce match sans lendemain pour les perdants.  Cependant, Mike Tomlin est un excellent motivateur, et ses joueurs seront galvanisés par leur bruyante foule de supporteurs, au Acrisure Stadium de Pittsburgh.

Ce serait étonnant qu'un des deux clubs puissent atteindre la barre des 20 points dans cette bataille défensive.

Texans   17,     Steelers   16.        

samedi 10 janvier 2026

NFL, RONDE DES "WILD CARD" 2026 : L.A. CHARGERS @ NEW ENGLAND ⇨ LA PROTECTION DE JUSTIN HERBERT EST CRUCIALE POUR LES CHARGERS.



Après un long voyage qui les a conduits de la côte du Pacifique jusque sur la côte Est des États-Unis, les Chargers de Los Angeles (11-6) rendent visite aux Patriots de la Nouvelle Angleterre (14-3) dimanche soir, dans un match de la première ronde éliminatoire de la Ligue Nationale de Football.  

Si on compare les dossiers des deux adversaires pour la saison 2025-26, le choix des bookmakers, 3½ points en faveur des Patriots, est logique.  Pour mieux le comprendre, analysons les deux formations en présence.

🏈  LES QUARTS ARRIÈRES

Même si le quart des Pats, Drake Maye, est le candidat numéro 1 au titre de joueur le plus utile à son équipe (MVP) cette année, dans la NFL, je ne donnerais pas l'avantage au club de l'entraîneur chef Mike Vrabel, par rapport au quart des Bolts, Justin Herbert. 
 


Maye (ci-dessus) présente certes de meilleures statistiques que son homologue de Los Angeles, mais il a eu la chance de bien performer face à une très grande majorité de défensives médiocres en 2025-26.  Un privilège que Herbert n'a pas eu.  Et ce dernier a eu la malchance de devoir jouer derrière une ligne offensive décimée par les blessures, contrairement à son vis-à-vis de la Nouvelle Angleterre.

Herbert a été de loin le quart arrière de la NFL qui a été frappé le plus souvent et le plus durement.  D'ailleurs, il s'est fait  fracturer la main gauche.  Mais il fait preuve de beaucoup de courage en continuant de jouer malgré ce handicap.  Il doit fréquemment "courir pour sa vie" pour échapper au "pass rush" des clubs adverses.  Mais ça lui offre aussi des occasions de gagner du terrain en portant le ballon.  Il l'a fait 83 fois cette saison, pour des gains de 498 verges (moyenne de 6 verges par course), deux touchés au sol, et 5 courses de 20 verges et plus.



Il a plus d'expérience en séries éliminatoires que Drake Maye.  Celui-ci en sera à ses débuts en playoffs, alors que Herbert (photo ci-dessus) effectuera son 3e départ en pareilles occasions.  Bien sûr, le pivot des Chargers risque de commettre des revirements si sa ligne à l'attaque ne le protège pas, et s'il est frappé durement derrière la ligne de mêlée.  Il a subi 54 sacs, commis deux échappés perdus, et 13 interceptions, cette saison.

Heureusement pour lui, le "pass rush" des Pats n'est pas si redoutable.  Il n'a produit que 35 sacs, durant le dernier calendrier régulier, le 5e plus faible total dans la Ligue Nationale.  Les blessures ont obligé les Chargers à utiliser 29 combinaisons différentes dans la composition de leur ligne offensive, cette saison.  Malgré tout, Herbert a été capable de se débrouiller, et ses demis offensifs aussi.



Pour sa part, Drake Maye (ci-dessus) doit également se soucier de sa sécurité quand il veut tenter des passes.  Il a subi 48 sacs en 2025-26, et le "pass rush" des Bolts est bien plus dangereux que celui de son équipe.  De plus, la défense anti aérienne de Los Angeles est supérieure à celle des Patriots.  Maye a réussi beaucoup plus de longues passes que Herbert, mais, encore là, c'était contre de bien pire défenses que celle des Chargers.  Par surcroît, dans des conditions climatiques difficiles, comme celles prévues dimanche soir à Foxborough, ce possible atout risque de disparaître.

Somme toute, je dirais qu'aucun des deux quarts arrières n'a l'avantage l'un contre l'autre, pour ce match éliminatoire.

🏈  ATTAQUE AU SOL

Encore sur ce plan, je pense qu'il y a match nul.  Les deux attaques au sol ont produit des gains identiques de 4,4 verges par course, cette saison.  Chez les Patriots, le porteur de ballon Rhamondre Stevenson a fini la campagne en force, et son coéquipier, la recrue TreVeyon Henderson, a démontré une explosivité remarquable, pour de longues courses.



D'autre part, il y a peut-être une inquiétude en ce qui concerne le demi offensif Omarion Hampton (photo ci-dessus), des Bolts.  Blessé à une cheville, sa participation au duel de dimanche est incertaine, même s'il a dit que son plan c'était de jouer lors de cette importante rencontre.  Son coéquipier du champ arrière, Kimani Vidal, sera fidèle au rendez-vous de dimanche, en Nouvelle Angleterre.

Dépendamment de la santé de Hampton, et compte tenu de la faiblesse de la ligne à l'attaque des Bolts, les Patriots pourraient finalement avoir un avantage de ce côté-là du ballon.

🏈  ATTAQUE AÉRIENNE

En général, j'aime mieux le groupe de receveurs des Chargers, surtout avec la nouvelle des accusations d'assaut (étranglement et étouffement) contre le receveur des Pats, Stefon Diggs (photo ci-dessous).  Le jugement contre lui a été reporté après le Super Bowl, et la NFL ne semble pas l'avoir suspendu entre temps.  Mais on ne peut pas négliger l'impact que pourrait avoir cette malheureuse affaire sur son rendement dimanche soir.



C'est normalement l'ailier éloigné le plus performant de son club.  D'autant plus que ses coéquipiers receveurs Mack Hollins (abdomen), et Kayshon Boutte (ischio-jambiers) sont blessés.  Ça laisse seulement l'ailier rapproché Hunter Henry, et le substitut DeMario Douglas comme ressources "fiables" pour Drake Maye.

Quant à lui, Justin Herbert a plusieurs receveurs de qualité à sa disposition, si sa ligne offensive lui donne assez de temps pour les rejoindre.  Ladd McConkey, Keenan Allen, Quentin Johnston, Tre' Harris, et l'ailier rapproché Oronde Gadsden, sont tous capables de réussir de gros jeux par la passe.

Avantage Chargers.

🏈  LES DÉFENSIVES

Statistiquement parlant, ces deux unités défensives semblent d'égale force.  Mais il faut encore relativiser leurs performances selon l'opposition à laquelle elles ont dû faire face.  La brigade des Chargers a affronté huit équipes aux fiches perdantes, tandis que celle des Pats a eu la vie plus facile en rencontrant douze clubs au dossier négatif.



Rappelons que le "pass rush" de la défense des Bolts a été plus "mordant" que celui de leurs adversaires de dimanche.  De plus, la défense anti aérienne des Chargers a réussi 19 interceptions (3e dans la NFL) contre seulement 10 pour celle des Patriots.  Cette unité défensive de Los Angeles a donné moins de gros jeux de 20 verges et plus, que celle de ses opposants de dimanche, et ce, contre des attaques plus dangereuses que celles qu'a affrontées la défense de la Nouvelle Angleterre.

Avantage Chargers.

🏈  LES UNITÉS SPÉCIALES

Les Chargers sont supérieurs aux Patriots pour ce qui est du botteur de précision.  Cette saison, Cameron Dicker a réussi 92,7 % de ses tentatives de placement, contre 84,4 % pour son homologue Andy Borregales, des Pats.  La différence est au niveau des placements réussis sur les distances entre 40 et 50 verges.  Dicker en a placé 12 sur 13 entre les poteaux des buts, alors que Borregales en ratait quatre sur onze, sur les mêmes distances.

Du côté de Los Angeles, les retourneurs de bottés d'envoi ont eu le meilleur sur ceux des Patriots, mais ce fut le contraire sur les retours de bottés de dégagement, où les unités spéciales de la Nouvelle Angleterre ont été nettement plus efficaces.



Évidemment, au point de vue du positionnement sur le terrain, les retours de bottés de dégagement donnent un avantage aux Patriots, surtout si on a un match défensif serré.  Mais au cas où l'issue du duel de dimanche devait se décider par un botté de placement tardif, Dicker (photo ci-dessus) est plus fiable que Borregales. 

Verdict : ça va dépendre des circonstances et des conditions météo.



Il ne faut pas oublier que les Patriots ont l'avantage de la foule et du terrain.  Ce qui fait aussi pencher la balance du côté de la troupe de Mike Vrabel c'est la faiblesse de la ligne à l'attaque des Chargers.  Elle peut ralentir considérablement l'attaque au sol des Chargers, et nuire au travail et à la protection de Justin Herbert, lorsqu'il doit lancer le ballon.  

Par contre, si ce front offensif, habituellement chancelant, arrive à offrir une performance respectable, dimanche, à Foxborough, il pourrait changer une défaite probable en victoire surprenante...

Chargers  17,     Patriots    20.
          

vendredi 9 janvier 2026

NFL RONDE DES "WILD CARD" 2026 : SAN FRANCISCO À PHILADELPHIE ⇨ DANS LE FROID DE PHILADELPHIE, LES 49ers SONT DÉFAVORISÉS PAR LE CLIMAT ET LES BLESSURES À LEURS JOUEURS DÉFENSIFS...



Les 49ers de San Francisco (12-5) ont quitté la chaleur de la Californie pour se rendre dans la froidure de Philadelphie où ils affronteront les Eagles (11-6) en première ronde des séries éliminatoires (Wild Card) de la Ligue Nationale de Football.  

Ce n'est pas ce qu'ils espéraient.  L'idéal, pour eux, aurait été de pouvoir sauter cette 1ère ronde en finissant premiers au classement de la Conférence Nationale, la semaine dernière.  Ils auraient eu l'avantage du terrain pour le reste des playoffs, jusqu'au Super Bowl du 8 février prochain, qui sera joué chez eux, à San Francisco (Santa Clara).

Ils auraient aussi bénéficié de plusieurs jours supplémentaires pour se reposer et permettre à plusieurs de leurs joueurs blessés de guérir leurs blessures.  Mais voilà, les plans ont changé après leur défaite de 13 à 3 subie contre les Seahawks de Seattle, lors du dernier match du calendrier régulier, samedi passé.  Les Hawks ont ainsi pu les devancer en tête de la division Ouest, et de la NFC. 
 


Ce revers humiliant de 13 à 3, a marqué la pire performance offensive des Niners depuis que Kyle Shanahan (photo ci-dessus) dirige l'équipe, soit, depuis 2017.  On peut se demander si cette rebuffade laissera des traces dimanche, face aux Eagles, dans un stade glacial.

Par surcroît, cette dure bataille contre le club de Seattle a coûté cher puisqu'elle a causé d'autres blessures à des joueurs réguliers, surtout en défensive, une unité qui était déjà sévèrement amochée.  

Pas moins de cinq secondeurs de ligne sont sur la liste des blessés : Tatum Bethune (aine) et Nick Martin (commotion) sont déjà exclus de la rencontre de dimanche.  Fred Warner (cheville), Luke Gifford (quadriceps) et Dee Winters (cheville) représentent des cas incertains, mais plutôt douteux.



Quatre ailiers défensifs sont également sur le carreau, dont Mykel Williams (genou) et Nick Bosa (genou) qui sont définitivement hors de combat; tandis que Yetur Gross-Matos et Keion White (ischio-jambiers) sont questionnables pour dimanche, tout comme le plaqueur Jordan Elliott (genou→ photo ci-dessus).

Du côté de l'offensive, le rapide ailier éloigné Brandon Aiyuk, ainsi que le garde Ben Bartch seront encore absents pour une période indéterminée,  L'ailier espacé Ricky Pearsall risque de manquer aussi le rendez-vous de dimanche, car il est blessé à un genou et à une cheville.  L'ailier rapproché George Kittle devrait jouer, même s'il soigne encore une blessure à une cheville.  

Le bloqueur Trent Williams pourrait tenter un retour au jeu s'il est suffisamment remis d'une blessure aux ischio-jambiers.  Williams est un joueur étoile très important pour protéger le quart Brock Purdy sur les jeux de passes, et pour ouvrir le chemin au porteur de ballon Christian McCaffrey.  À lui seul, il peut faire une différence dans un match d'une telle envergure.



De l'autre côté, les Eagles sont en bien meilleure santé car l'entraîneur chef Nick Sirianni (photo ci-dessus) a fait reposer ses meilleurs joueurs, au lieu de les utiliser, lors du dernier match de l'équipe, dimanche dernier, contre les Commanders de Washington.  

Sirianni espère de tout coeur que le bloqueur Lane Johnson pourra revenir au jeu dimanche, après qu'il ait raté six semaines en raison d'une blessure à un pied.  Johnson a participé aux entraînements cette semaine.  L'attaque des Aigles, et son quart arrière Jalen Hurts, sont plus efficaces quand il est à son poste, sur la ligne offensive.  Comme Trent Williams, des Niners, Johnson peut faire une grosse différence, comme le prouve les statistiques du quart Jalen Hurts et du demi offensif Saquon Barkley.  Elles sont meilleures quand Johnson est sur le terrain, pour les appuyer.

L'état de santé des joueurs des deux équipes a influencé le choix des preneurs aux livres pour le duel de dimanche.  Ils misent sur les Eagles pour gagner par 5½ points.  Un autre facteur en leur faveur c'est le fait que la partie a lieu à domicile, devant leurs farouches partisans. 
 


De plus, les 49ers ne sont pas habitués de jouer dans des conditions climatiques aussi rigoureuses, en terrain hostile.  Leur attaque pourrait être ralentie par le froid, la neige et le vent, tandis que leurs jeunes joueurs défensifs, prenant la place des vétérans blessés, manquent d'expérience, dans ce genre de match éliminatoire.

Leurs rivaux de la défensive de Philadelphie sont nettement plus aguerris, et profitent de la vaste expérience de 40 ans, de leur coordonnateur Vic Fangio.  Ils sont bien préparés à faire face à la dangereuse attaque des Niners.  Ils jouent mieux depuis la mi-saison.  

En effet, depuis la semaine 10, cette défensive a été la meilleure de la NFL en n'accordant que 15,6 points en moyenne, par rencontre.  Ainsi, bien supportée, l'attaque peut être conservatrice et s'assurer d'éviter les revirements, afin de marquer juste assez de points pour remporter des victoires.



L'offensive a également fait des progrès au cours des dernières semaines.  Ce n'est pas étranger au fait que les Eagles ont recommencé à utiliser plus fréquemment le jeu d'option de course avec le quart Jalen Hurts (photo ci-dessus) comme porteur de ballon.  Ce sont des jeux de course désignés pour Hurts, après avoir feinté une remise au demi offensif.  Barkley est plus efficace et productif grâce à cette tactique qui rend confuse la défense adverse.  Ce jeu a rapporté tant de succès l'an passé, lors de la conquête du trophée Lombardi (Super Bowl 59).

Hurts a été critiqué cette saison, justement parce qu'il courait moins avec le ballon, et qu'il ne lançait pas suffisamment de passes à ses dangereux ailiers éloignés A.J. Brown et DeVonta Smith.  Mais il a remédié à la situation au cours des dernières semaines, même si l'attaque au sol est toujours privilégiée.  Brown et Smith ont terminé la saison avec plus de 1 000 verges de gains aériens.  Barkley pourrait également recevoir plus de passes dimanche contre les 49ers, afin de déstabiliser leur jeune défensive.

Avant l'affront de la panne offensive de samedi passé contre Seattle, les Niners avaient produit une moyenne de 35,7 points par partie, au cours d'une série de six victoires consécutives.  Le quart Brock Purdy (photo ci-dessous) avait été formidable en lançant au moins deux passes de touchés à chaque match.  Mais la plupart du temps, c'était contre de faibles défensives. 
 


Les Niners ont subi quatre de leurs cinq défaites cette saison quand ils ont affronté des défensives dans le top-7 de la NFL.  Leur moyenne de points marqués n'a été que de 15,6 dans ces rencontres.  Les Eagles possèdent justement une de ces défensives les plus avares de points (5e).  Elle est particulièrement restrictive contre les jeux de passes, et contre les ailiers rapprochés adverses.  

Les demis de coin Cooper DeJean, et surtout Quinyon Mitchell, ne se font pas déjouer souvent par les quarts arrières ennemis.  Mitchell n'a pas alloué de passe de touché, cette saison.  Et il est le demi de coin qui a permis le moins de passes complétées, dans la NFL.  La tertiaire de Philadelphie a été la meilleure de la Ligue dans ce département, en ne permettant qu'un taux de passes complétées de 56,5 %.  Avis à Brock Purdy et à son ailier rapproché George Kittle... 

La fiche de 12-5 des 49ers est pas mal trompeuse.  San Francisco avait probablement le calendrier le plus facile dans la Ligue Nationale.  Contre des adversaires qui ne sont pas en séries éliminatoires cette année, les Niners ont remporté huit matchs sur neuf (8-1); tandis que contre des opposants qui participent aux playoffs cet hiver, leur fiche est de quatre gains et autant d'échecs (4-4).



Leur défense contre le jeu aérien se situe parmi les moins étanches dans le circuit Goodell (25e avec une moyenne de 232,4 verges accordées par rencontre).  Le "pass rush", de cette défense décimée par les blessures, est le pire de la Ligue.  Il n'a produit que 20 sacs (32e), et n'exerce de la pression sur les QBs adverses que 25 % du temps (32e).  Ce qui va faciliter la tâche de Jalen Hurts et de sa ligne offensive, dimanche.  

Ce manque de pression pénalise aussi la défense secondaire des 49ers, car Hurts disposera de plus de temps pour repérer ses receveurs, qui auront eux aussi plus de temps pour se démarquer de leurs couvreurs.

De son côté, la défensive des Eagles va se concentrer sur Christian McCaffrey (photo ci-dessous), qui est à la fois le meilleur porteur de ballon et le meilleur receveur de son équipe.  C'est le moteur de l'attaque de San Francisco.  Parvenir à limiter le plus possible sa production, c'est s'offrir de meilleures chances de gagner cet affrontement de dimanche.
  

Forcer les Niners à de longs 3e essais représente la clé du succès en défensive.  Si Ricky Pearsall est encore absent dimanche, et que McCaffrey est bien surveillé, ça laisse peu d'options à Brock Purdy pour convertir ces longs 3e essais.  Surtout dans le contexte où la défense excelle contre les ailiers rapprochés, dont fait partie George Kittle.  De plus, contrairement au faible "pass rush" des 49ers, celui des Eagles est redoutable.  Il a produit 42 sacs cette saison (8e plus haut total dans la NFL).

Pendant que les 49ers ont compilé un dossier négatif de -6 en ce qui concerne les revirements, cette saison, ce fut l'inverse pour les Aigles (+ 6).  À cause de ses nombreux joueurs absents à cause de blessures, la troupe de Kyle Shanahan aura beaucoup de mal à gagner la guerre des tranchées, surtout dans les conditions hivernales de Philadelphie.  C'est probablement là que la partie va se jouer et se décider.  

Les Eagles ont plus de chances d'avoir le dessus sur leurs adversaires quand ils les dominent physiquement.  Ça leur permet d'établir solidement leur attaque au sol, et d'épuiser leurs opposants en contrôlant le temps de possession du ballon.  Sans oublier que Jalen Hurts et son offensive sont très opportunistes en zone payante ("red zone") puisqu'ils marquent des touchés dans 70,5 % des occasions (1er dans la NFL), notamment à l'aide de leur fameuse poussée fraternelle ("tush push"→ photo ci-dessous).



Peut-être que Kyle Shanahan a soutiré le meilleur de ses joueurs dans cette longue saison marquée par les blessures.  Il ne leur reste probablement plus grand chose dans le réservoir.  Cela a paru dans leurs deux derniers matchs, quand leur défense et leur attaque ont flanché à tour de rôle.

Bien reposés et bien préparés, les Eagles sont prêts à défendre leur titre de champions du Super bowl de l'an dernier.  Les 49ers vont s'en rendre compte dimanche prochain, dans l'igloo de Philadelphie, sous les hurlements d'une foule de partisans déchaînés contre eux.

49ers  20,    Eagles  24.