mardi 10 février 2026

UN SUPER BOWL LX ENNUYANT ENTRE LES PATRIOTS ET LES SEAHAWKS ? PAS POUR LES AMATEURS DE BEAUX JEUX DÉFENSIFS !

 

Les mauvaises critiques ont été nombreuses au sujet du spectacle offert par les Patriots de la Nouvelle Angleterre et les Seahawks de Seattle lors du Super Bowl LX, disputé dimanche dernier, au Levi's Stadium de Santa Clara, en Californie.  Certains amateurs de football américain de la Ligue Nationale (NFL) ont même parlé d'un des pires matchs de la saison 2025-26.  Il s'est conclu par une victoire sans équivoque des Hawks, au pointage de 29 à 13.

D'autres observateurs, dont le président Donald Trump, ont plutôt été frustrés par le spectacle de la mi-temps, de la vedette latino-américaine Bad Bunny, mais c'est une autre histoire.  L'appréciation des arts de la scène est toujours une question de goût et c'est très subjectif quand ce n'est pas hautement politique, comme ce fut le cas cette année.

Dans mon article précédent, en prévision de ce match de championnat, j'avais évoqué la possibilité d'une rencontre dominée par le jeu défensif, étant donné la force de ces unités, chez les deux clubs.  Et c'est ce qui est arrivé, surtout en première demie.  La défense des Seahawks a été intraitable, et celle des Patriots a suffisamment bien joué pour réduire les dégâts à trois bottés de placement de Jason Myers. 
 


Les demis défensifs des Patriots ont limité le joueur offensif de l'année dans la NFL, Jaxon Smith-Nhjigba, à quatre réceptions pour seulement 27 verges.  Le demi de coin Christian Gonzalez (no 0, photo ci-dessus) a été particulièrement efficace.  

À 9-0, les hommes de l'entraîneur Mike Vrabel étaient encore dans le coup, mais les amateurs qui espéraient une confrontation serrée, à caractère offensif, avec beaucoup de points et de jeux explosifs, avec une fin dramatique et excitante, sont restés sur leur appétit. 

Au début du 4e quart, après le premier touché de la formation dirigée par Mike MacDonald, à la suite d'un échappé du quart arrière Drake Maye (photo ci-dessous), dans son territoire, le score était de 19 à 0, et les carottes étaient cuites pour les représentants de la Nouvelle Angleterre, au grand désarroi de leurs partisans.



Pour donner une idée de la domination de la brigade défensive des Seahawks, l'attaque des Patriots n'avait amassé que 78 verges de gains nets après trois quarts de jeu !  Elle a ouvert la partie avec huit bottés de dégagement consécutifs.  Plutôt ennuyant...

En point de presse, après la défaite des siens, Drake Maye, en larmes, portait les "stigmates" physiques et mentaux d'un homme battu et défait, dans tous les sens du terme.  Il ressemblait à un boxeur qui vient d'être mis K.O..  Frappé onze fois, et "sacké" à six reprises par les mastodontes de la défense adverse, il avait aussi commis un échappé et deux interceptions.  Pendant trois quarts, il avait essayé en vain de percer cette défensive agressive qui l'a fait paraître trop jeune et inexpérimenté, à seulement 23 ans, et à sa deuxième saison au football professionnel.  

Disant qu'il aurait dû mieux jouer, il a pris le blâme pour la mauvaise performance de son club, mais comme l'a souligné son coach Mike Vrabel, aucun des joueurs des Pats n'a vraiment été à la hauteur pour gagner ce match.  Maye a encore des choses à apprendre et à perfectionner, même s'il est déjà un des meilleurs quarts arrières de la Ligue Nationale.  Il a raté par seulement cinq votes, le titre de joueur le plus utile à son équipe (MVP) cette année, dans la NFL (le gagnant a été le quart des Rams Matthew Stafford → ci-dessous).



Au 4e quart, il a enfin trouvé des failles dans cette cruelle défensive des Hawks, en lançant deux passes de touché, mais c'était trop tard.  À un moment donné, Maye était tellement harcelé et malmené par le "pass rush" des Seahawks, qu'il voyait des fantômes partout autour de lui, et ratait des passes faciles en précipitant inutilement ses gestes.

En préparation pour cet ultime affrontement de la saison 2025-26, j'avais souligné l'importance de la guerre des tranchées.  L'équipe qui allait la gagner allait remporter la partie.  Et c'est ce qui s'est produit.  Dans son plan de match, Mike MacDonald prévoyait exploiter la faiblesse du côté gauche de la ligne à l'attaque des Patriots, où se trouvent les recrues Will Campbell et Jared Wilson.

Le coach des Hawks a multiplié les commandes de blitz de leur côté, et la stratégie a fonctionné à merveille...  Campbell a alloué 14 pressions au cours de la rencontre, le plus haut total cette saison par un joueur à sa position.  En situations de passe, Maye a été pressé sur plus de la moitié des jeux.  Il n'avait ni l'espace ni le temps pour opérer derrière la ligne de mêlée, et ses receveurs étaient souvent tous bien couverts.  



Lorsqu'il était sous pression, Maye n'a réussi que onze passes en vingt tentatives pour 135 verges et un touché, tout en commettant un échappé et deux interceptions, dont une a été ramené pour un touché par Uchenna Nwosu, tard au 4e quart.  La clé de la victoire pour les Pats, c'était que Maye domine son vis-à-vis Sam Darnold, le quart arrière de Seattle.  

La faiblesse de ce dernier cette saison, coupable de nombreux revirements, c’est plutôt Maye qui en a été responsable.  Au contraire, Darnold a géré l'attaque sans gros coup d'éclat, mais sans faire d'erreur non plus.  Il a bien protégé le ballon, évitant les jeux négatifs en ne concédant qu’un seul sac, et aucune interception ni échappé.  Encore là, sa ligne à l'attaque l'a bien protégé, et a gagné cette partie de la bataille des tranchées.

Pendant que la défensive des Seahawks neutralisait Maye, et l'offensive aérienne des Patriots, elle réduisait à des miettes leur production sur les jeux au sol.  Maye a été le "meilleur" porteur de ballon de son club, avec cinq courses pour 37 verges, tandis que ses demis offensifs, Rhamondre Stevenson et TreVeyon Henderson, étaient limités à des gains combinés de 42 verges en 13 courses, pour une moyenne famélique de 3,2 verges par portée.



De l'autre côté du ballon, la ligne offensive des gars de Seattle a également remporté sa bataille des tranchées, en ouvrant des brèches dans le front défensif des Patriots, afin de permettre des gains de cinq verges en moyenne par portée (135 verges au total) à son porteur de ballon Kenneth Walker (photo ci-dessus), nommé ensuite le joueur par excellence du match (MVP).  Walker a réussi des courses explosives de 30 et 29 verges, et il a ajouté deux attrapés pour des gains de 26 verges par la passe.

Les joueurs de Mike Vrabel ont subi une sévère correction dans ce match de championnat, mais ils doivent être fiers de leur saison.  Après deux années avec des fiches de quatre victoires et treize défaites, ils ont complètement renversé la situation en gagnant 17 matchs en 2025-26.  Un bon repêchage, le bon travail des instructeurs, et l'acquisition de quelques bons agents libres ont produit des résultats inespérés.

De l'avis de Vrabel, nommé entraîneur de l'année dans la NFL jeudi dernier, les Patriots ont deux ans d'avance dans leur programme de reconstruction.  D'avoir atteint le Super Bowl dès cette année était totalement imprévu et très surprenant.  En vue de la prochaine campagne, ils doivent prioritairement trouver un receveur no 1, digne de cette appellation, et achever de rebâtir leur ligne offensive, pour continuer de connaître du succès.  Ils disposent de beaucoup d'espace sous le plafond salarial.  Mais le calendrier 2026-27 sera beaucoup plus difficile que celui qu'ils viennent de compléter. 
 


Rien n'est jamais garanti dans la NFL, et plusieurs formations gagnantes, des années passées, l'ont appris à leurs dépends, en connaissant des saisons difficiles, après des succès éclatants.  Parlez en aux Commanders de Washington, par exemple... 

Pour gagner un Super Bowl, il faut que plusieurs facteurs soient au rendez-vous : un peu de chance, éviter les blessures graves chez les joueurs clés, avoir une bonne chimie dans l’équipe, respecter le budget tout en recrutant d’excellents joueurs autonomes, et être menés par des entraîneurs compétents. Bref, ça fait pas mal de variables à gérer, et certaines sont hors de contrôle.

Du côté des Seahawks, après le départ du vieil entraîneur Pete Carroll, il y a deux ans, on a continué à privilégier la défensive pour assurer le succès de l'équipe.  La défensive gagne les championnats, les Seahawks l'ont encore prouvé cette année.  Après avoir bâti une défense dominante, comme assistant coach, avec les Ravens de Baltimore, Mike MacDonald a poursuivi dans la même voie en s'amenant comme entraîneur chef à Seattle.  

Des agents libres de qualité (Ernest Jones IV, Jarran Reed, DeMarcus Lawrence) sont venus se greffer à une brigade comptant des jeunes joueurs recrutés lors des trois derniers repêchages et qui ont 25 ans ou moins (le demi de coin Devon Witherspoon, le demi de sûreté Nick Emmanwori, le joueur de ligne Derick Hall, et le plaqueur Byron Murphy). 
 


Cette unité est solide pour longtemps, et le mérite de sa construction revient également au gérant général John Schneider (photo ci-dessus).  Celui-ci a aussi embauché les joueurs autonomes Sam Darnold, le joueur de ligne offensive Josh Jones, et le receveur Cooper Kupp, (six réceptions pour 61 verges) qui ont tous contribué à la victoire au Super Bowl 60.

En gagnant leur second trophée Lombardi, les Seahawks ont vengé l'amère défaite subie au Super Bowl 49, il y a onze ans, contre les Patriots.  Une interception de Malcolm Butler à une verge des buts, à vingt secondes de la fin du match, avait changé une victoire certaine des Hawks en un cuisant revers de 28 à 24.  

Choisir de lancer le ballon dans le trafic, collé sur la ligne des buts, alors que le porteur de ballon tout étoile Marshawn Lynch aurait pu atteindre la zone des buts en fonçant vers elle avec le ballon, est un choix de jeu qui hantait l'organisation et les partisans des Seahawks depuis longtemps.  L'heure de la revanche avait sonné...  Mission accomplie !             

mercredi 4 février 2026

SUPER BOWL LX : L'EFFICACITÉ DES QUARTS ARRIÈRES DRAKE MAYE ET SAM DARNOLD FERA VRAIMENT LA DIFFÉRENCE DANS CE MATCH DE CHAMPIONNAT.



Le Super Bowl est l'événement sportif le plus important en Amérique, si ce n'est pas dans le monde entier.  Dimanche, pour sa 60e représentation, il opposera les Seahawks de Seattle (16-3) aux Patriots de de la Nouvelle Angleterre (17-3).  

Les Hawks seront en quête d'une deuxième victoire (fiche de 1-2) dans ce match de championnat de la Ligue Nationale de Football, alors que les Pats tenteront d'établir un record en remportant un 7e trophée Vince Lombardi (fiche de 6-5).

Les Seahawks sont le choix des parieurs pour l'emporter par 4½ points.  Les preneurs aux livres se basent sur l'entièreté de la saison 2025-26 des deux équipes pour favoriser Seattle.  Comme ce fut le cas depuis le début de la présente campagne, ils ont minimisé les succès des Patriots à cause de leur calendrier facile.  Et ils justifient leur préférence pour les Seahawks en raison de leur défensive, qu'ils évaluent comme la meilleure de la NFL.  Ils croient en l'adage que ce sont les défensives qui gagnent les championnats.



Mais en séries éliminatoires, la défensive de l'équipe du coach Mike Vrabel a été intraitable en allouant seulement une moyenne de 8,7 points en trois matchs, alors que celle des Seahawks en a accordé le double (16,5) en deux parties.  

Contre le jeu au sol, la défense de l'entraîneur Mike MacDonald est réputée impénétrable, mais celle des Pats a été extraordinaire en matchs éliminatoires en limitant les adversaires à une mince récolte de 3,15 verges par course (contre 4,53 verges du côté de la défense de Seattle).

Les défensives des deux équipes ont excellé cette saison pour limiter le nombre de jeux explosifs au sol.  Dans un match important comme celui de dimanche, c'est ce genre de jeu, de dix verges et plus, qui peut faire la différence entre la victoire et la défaite.
  


À ce chapitre, en offensive, en ce qui concerne le potentiel pour les jeux explosifs au sol, les Hawks ont peut-être un avantage, sur le plan individuel, avec le porteur de ballon Kenneth Walker (photo ci-dessus).  Mais dans l'ensemble, l'attaque au sol des Patriots annule cet avantage avec la contribution de trois joueurs : Rhamondre Stevenson, TreVeyon Henderson, et le quart arrière Drake Maye, qui offrent, à eux trois, plus de possibilités de jeux explosifs de dix verges et plus.  

L'absence, à cause de blessure, du porteur de ballon Zach Charbonnet (genou), ajoute au désavantage des Seahawks en ce qui a trait à l'attaque terrestre.  D'autant plus que Walker est assez inconstant dans sa productivité.  Il peut sortir un gros match, comme il peut être relativement inefficace dans tel ou tel match.

Je crois que cette rencontre va se jouer davantage au niveau de la guerre des tranchées.  Le club qui va la remporter va fort probablement gagner la partie.  Si le « pass rush » des Patriots parvient à mettre souvent de la pression sur le quart des Seahawks, Sam Darnold, il pourrait devenir inefficace et être amené à commettre des revirements, comme cela lui est arrivé fréquemment pendant la saison régulière.
  


Darnold (no 14, ci-dessus) est un quart peu mobile, qui court rarement avec le ballon, d’autant moins puisqu’il est toujours ennuyé par une blessure aux muscles abdominaux. Il est donc encore moins enclin à porter le ballon, de peur d’être plaqué durement, et d’aggraver sa blessure.

On dit que son homologue Drake Maye (épaule) a été blessé également dans son dernier match, à Denver.  Ce qui expliquerait sa faible performance comme passeur, face aux Broncos, le 25 janvier dernier.  Mais cette semaine, il s'est dit remis de cette blessure.  

À cause de sa ligue à l'attaque qui le protège plutôt mal, en situations de passes, Maye subit trop de sacs, mais il parvient aussi à échapper souvent à la pression en courant avec le ballon.  Il en résulte des gains au sol souvent fort appréciables.  C'est ce qui le différentie de Sam Darnold, et qui lui donne un avantage par rapport à lui.  De plus, en 2025-26, la défense des Seahawks a eu du mal à contenir les quarts arrières mobiles qui court avec le "cuir".  C'est une de leurs rares faiblesses...



Dans ces situations de pression, Maye (ci-dessus) peut également lancer le ballon rapidement et avec précision, même quand ses receveurs font l'objet d'une couverture serrée.  Quant à lui, en pareilles circonstances, Darnold risque simplement de paniquer, de se débarrasser du ballon, ou de commettre un revirement.

Le coordonnateur offensif de Seattle, Klint Kubiak, a toutefois trouvé le moyen d'aider Sam Darnold à mieux faire face à ce genre de pression.  Il commande davantage de "play actions", de passes voilées, ou de passes vives dans les entre zones, notamment aux demis offensifs.  Ces jeux sont habilement dissimulés à la ligne d'engagement, surtout lors des premiers essais.  Les défensives adverses ne savent jamais ce qui les attend...

Et lorsque Darnold est bien protégé (3e meilleur QB de la NFL lorsqu'il n'est pas sous pression, 28e quand il est pressé), et qu'il a le temps de passer, il devient une menace pour les jeux explosifs à son dangereux complice Jaxon Smith-Njigba, le meilleur ailier espacé de la NFL, cette saison.  

Les Patriots vont probablement essayer de le couvrir avec leur meilleur demi défensif Christian Gonzalez, mais à un contre un, personne n'a réussi à vraiment neutraliser Smith-Njigba (photo ci-dessous), cette saison.  Et s'ils mettent deux joueurs sur lui, ça pourrait ouvrir le terrain pour ses coéquipiers Cooper Kupp, et le marchand de vitesse Rashid Shaheed (également une grande menace sur les retours de bottés).



Ce n'est pas pour rien que Drake Maye est considéré sérieusement pour le titre de joueur le plus utile à son équipe (MVP) cette année.  À 23 ans à peine, il fait preuve de beaucoup de maturité et de sang froid, même dans les situations critiques.  Ses succès ne lui montent pas à la tête, il reste humble, et il veut sans cesse s'améliorer, tout en donnant beaucoup de crédit à ses coéquipiers.

Bon passeur, il a un taux de réussite impressionnant sur les longues passes.  Sans avoir un Jaxon Smith-Njigba ou un Puka Nacua à sa disposition, il se sert bien de ses receveurs Stefon Diggs, Kayshon Boutte et Hunter Henry pour faire avancer les chaîneurs et gagner des premiers essais.  S'ils ne sont pas démarqués, Maye peut gagner des premiers essais avec ses jambes.  On le compare d'ailleurs à Patrick Mahomes, sous cet aspect.

Certes, il ne faut pas oublier que Maye est inexpérimenté, à seulement sa seconde année dans le circuit Goodell.  Ce sont ses premières séries éliminatoires, et en trois rencontres jusqu'ici, il a commis six échappés, - dont trois perdus -, et deux interceptions.  



Il a été moins efficace dans l'ensemble de son jeu, et moins précis dans ses passes, mais il a fait face à trois grosses défensives, - comparables à un certain point à celle des Seahawks -, et ce, dans des conditions climatiques difficiles.  Mais au final, il a quand même conduit son club à la victoire, à chaque fois.  Il a réussi à bien exécuter des jeux cruciaux, quand il le fallait.

À Santa Clara, dimanche, la température ne sera pas un obstacle au jeu aérien.  S'ils peuvent jouir d'une protection adéquate en situations de passes, Maye et Darnold devraient pouvoir tester sérieusement les défenses adverses.  Mais si les deux quarts arrières sont souvent sous pression, Maye a plus de chances de bien s'en tirer que Darnold.
  

La défense des Seahawks est solide, mais pas infaillible, comme l'offensive des Rams de Los Angeles l'a démontré dans les deux derniers affrontements contre elle (64 points marqués, gains totaux de 1 038 verges !).

Même si les Seahawks sont favoris pour mettre la main sur le trophée Lombardi, je ne serais pas du tout étonné de voir Drake Maye faire la différence en faveur de son équipe, et donner un 7e titre du Super Bowl aux Patriots...         

jeudi 22 janvier 2026

NFL 2025-2026, MATCH DE CHAMPIONNAT DE LA CONFÉRENCE NATIONALE : L.A. RAMS À SEATTLE ⇨ LA MEILLEURE OFFENSIVE (RAMS) CONTRE LA MEILLEURE DÉFENSIVE (SEAHAWKS).


Beaucoup d'observateurs pensent que le match de championnat de la Conférence Nationale opposant les Rams de Los Angeles aux Seahawks, à Seattle, dimanche, est digne d'un Super Bowl, puisqu'il met aux prises les deux meilleures équipes de la Ligue Nationale de Football.

On a eu un avant-goût de ce que sera le duel de dimanche prochain, lors de la semaine 16, quand les Hawks ont défait les Rams 38 à 37, en prolongation, dans la rencontre la plus enlevante de l'année dans la NFL, le 18 décembre dernier.

Lors de la semaine 11, un mois auparavant, le club de l'entraîneur Sean McVay (photo ci-dessous) a gagné de justesse 21 à 19.  Donc, deux parties qui se sont décidées par un total de trois points.  Ça promet des palpitations cardiaques pour dimanche !



C'est dire comment il y a très peu de différence dans le rapport de forces entre les deux formations.  Seattle est favori par 2½ points par les preneurs aux livres, mais les experts sont très divisés à savoir qui remportera cette bataille au sommet de la NFC.

Les Rams possèdent la meilleure attaque avec en tête le quart arrière Matthew Stafford, candidat de premier ordre au titre de joueur par excellence de la NFL (MVP) cette année.  Il peut compter sur le meilleur duo d'ailiers éloignés de la Ligue, avec Puka Nacua et Davante Adams.  Et Sean McVay est devenu un génie dans l'art, - ou la science -, d'utiliser ses ailiers rapprochés.

Du côté de l'attaque au sol, le duo Kyren Williams et Blake Corum se complète bien et il pourrait avoir l'avantage sur ses homologues des Seahawks, puisque le demi offensif Zach Charbonnet sera absent à cause d'une blessure à un genou.  Il était lui-même un très bon complément à son coéquipier Kenneth Walker.


Il faut préciser qu'il y a quelques doutes au sujet de la santé des deux quarts arrières en présence.  Stafford a été blessé à une main lors du premier match éliminatoire face aux Panthers de la Caroline, le 10 janvier, et il semble éprouver des problèmes de précision dans ses passes, depuis ce temps.  Dimanche dernier, le froid glacial et le vent de Chicago a pu jouer contre lui.  Mais s'il est en possession de tous ses moyens, il sera dur à arrêter avec la complicité de Nacua et Adams.

Son adversaire, Sam Darnold, joue lui aussi en dépit d'une blessure (oblique) et sa production a baissé depuis qu'il a subi quatre interceptions face aux Rams le 16 novembre 2025.  Les Rams sont un peu sa bête noire depuis le match éliminatoire du 13 janvier 2024, quand il a été malmené par leur défensive, dans un revers de 27 à 9, alors qu'il était avec les Vikings du Minnesota. 

À ses trois dernières parties contre les Rams, Darnold (photo ci-dessous) a été victime d'un échappé, de sept interceptions, et de neuf sacs.  Cette saison, son coefficient d'efficacité contre eux est seulement de 48,4.  C'est vraiment le facteur X de la confrontation de dimanche pour le championnat de l'Association Nationale.



La défensive des Seahawks est leur principal atout pour se rendre au Super Bowl du 8 février prochain.  Mais Stafford et ses coéquipiers de l'offensive ont eu du succès contre elle, dans leurs deux affrontements en saison régulière.  Si cette défense a une faiblesse, c'est contre le jeu aérien impliquant les demis offensifs et les ailiers rapprochés adverses.  

Or, récemment, Sean McVay a davantage utilisé son porteur de ballon Kyren Williams comme receveur de passes, et, comme je l'ai mentionné ci-haut, c'est un maître pour se servir brillamment de ses ailiers rapprochés Tyler Higbee et Colby Parkinson.

Pour enlever de la pression sur les épaules de Sam Darnold, le coach des Hawks, Mike MacDonald, met surtout l'accent sur le jeu au sol (50,6 % des jeux en saison régulière, 63,5 % contre les 49ers samedi dernier), mais en perdant Charbonnet, il devra surutiliser Walker, ce qui risque d'avoir un impact plus ou moins défavorable.  Durant la saison, quand Walker était moins productif, Charbonnet prenait la relève, et comblait souvent le manque à gagner.



Sur le plan de l'attaque aérienne, Darnold a eu du succès cette saison sur les longues passes à son meilleur receveur Jaxon Smith-Njigba.  Mais sa blessure à l'abdomen peut-elle lui nuire pour déclencher ce genre de "bombe", dimanche ?  Si la partie de dimanche devient une fusillade (shootout) avec Stafford, ce dernier devrait avoir le dessus sur Darnold.  

Dans la victoire des siens 41 à 6, contre les 49ers de San Francisco, samedi dernier, Darnold a été peu actif comme passeur.  Il n'a complété que douze passes pour 124 verges et un touché.  Était-ce à cause de sa blessure ?  On l'a vu grimacer de douleur quand il a subi deux sacs contre le "pass rush" des Niners.  À quel point est-il diminué par sa blessure ?  Ça sera à surveiller dimanche.

Il apparaît sur la liste des blessés de Seattle cette semaine, en compagnie de Charbonnet, des bloqueurs Charles Cross (pied) et Amari Kight; des gardes Bryce Cabeldue et Josh Jones; des ailiers espacés Tory Horton (menton) et Cody White (aine); des secondeurs de ligne Uchenna Nwosu (ischio-jambiers) et Chazz Surratt (cheville); ainsi que de l'ailier rapproché Elijah Arroyo et des demis offensifs Robbie Outzts et George Holani (ischio-jambiers).



Chez les Rams, on déplore l'absence importante du bloqueur Rob Havenstein (cheville) puisque son remplaçant Warren McClendon est un point faible du front offensif, notamment en blocage, sur les jeux de passes.  Le demi de coin Ahkello Whiterspoon (épaule) manque également à l'appel.  Le secondeur de ligne Byron Young (genou ⇨ photo ci-dessus) et les demi défensifs Emmanuel Forbes (épaule) et Quentin Lake (malade) représentent des cas incertains pour la joute de dimanche.

Certains de ces blessés sont des joueurs clés, et leur absence pourrait influencer le résultat de la bataille pour l'obtention du laisser passer vers le Super Bowl.

Le front-7 des Rams devra jouer son meilleur match pour faire pression sur Darnold et la ligne offensive de Seattle.  Sinon, leur tertiaire serait menacée, elle qui en arrache depuis la mi-saison.  C'est un point faible, tout comme les unités spéciales des Rams.  McVay prétend que ces dernières jouent mieux depuis qu'il a remplacé leur coach Chase Blackburn par Ben Kotwica, il y a un mois.  Mais cette assertion reste discutable...



Dans le formidable duel du 18 décembre dernier, c'est un retour de botté, bon pour un touché, de Rashid Shaheed (photo ci-dessus), qui a sonné le réveil des Seahawks, qui ont comblé un déficit de 30 à 14 pour finalement l'emporter en surtemps.  Et contre les Bears, dimanche dernier, un mauvais botté de dégagement de Ethan Evans a failli coûté cher aux Rams.  Il s'était fait également bloquer un botté contre les Panthers, il y a deux semaines.   

Dans un match serré comme celui prévu dimanche entre ces deux rivaux de la division Ouest de la NFC, les unités spéciales peuvent faire la différence.

Comme l'ont démontré les deux affrontements précédents entre les deux formations, la victoire peut aller d'un côté comme de l'autre, tellement ces deux belligérants sont d'égales forces.  Ça va se jouer sur quelques gros jeux : un revirement crucial, une blessure à un joueur clé, une performance individuelle extraordinaire, etc.
  


Prédire le résultat de ce match c'est comme tirer à pile ou face.  Il ne faut pas oublier non plus que les Seahawks ont l'avantage de jouer à domicile, devant la foule la plus bruyante de la NFL.  

Je suis un partisan des Rams depuis très longtemps.  Il n'y a rien que j'espère plus que de les voir accéder au match ultime du Super Bowl, comme en 2021.  Cooper Kupp avait été le joueur par excellence (MVP) de cette importante victoire, mais il joue maintenant pour les Seahawks, de sa ville natale...  Viendra-t-il hanter ses anciens coéquipiers dimanche ?  

Il fera froid à Seattle.  Mais ce sera moins pire qu'à Chicago dimanche passé.  On prévoit une température un peu en bas de 40° F., soit au-dessus du point de congélation.  Matthew Stafford devrait être plus à l'aise de bien faire fonctionner la redoutable offensive aérienne des Rams, une nouvelle version de l'ancien "greatest show on turf" des années 1999 à 2001...

Rams  28,    Seahawks  27.