mardi 10 février 2026

UN SUPER BOWL LX ENNUYANT ENTRE LES PATRIOTS ET LES SEAHAWKS ? PAS POUR LES AMATEURS DE BEAUX JEUX DÉFENSIFS !

 

Les mauvaises critiques ont été nombreuses au sujet du spectacle offert par les Patriots de la Nouvelle Angleterre et les Seahawks de Seattle lors du Super Bowl LX, disputé dimanche dernier, au Levi's Stadium de Santa Clara, en Californie.  Certains amateurs de football américain de la Ligue Nationale (NFL) ont même parlé d'un des pires matchs de la saison 2025-26.  Il s'est conclu par une victoire sans équivoque des Hawks, au pointage de 29 à 13.

D'autres observateurs, dont le président Donald Trump, ont plutôt été frustrés par le spectacle de la mi-temps, de la vedette latino-américaine Bad Bunny, mais c'est une autre histoire.  L'appréciation des arts de la scène est toujours une question de goût et c'est très subjectif quand ce n'est pas hautement politique, comme ce fut le cas cette année.

Dans mon article précédent, en prévision de ce match de championnat, j'avais évoqué la possibilité d'une rencontre dominée par le jeu défensif, étant donné la force de ces unités, chez les deux clubs.  Et c'est ce qui est arrivé, surtout en première demie.  La défense des Seahawks a été intraitable, et celle des Patriots a suffisamment bien joué pour réduire les dégâts à trois bottés de placement de Jason Myers. 
 


Les demis défensifs des Patriots ont limité le joueur offensif de l'année dans la NFL, Jaxon Smith-Nhjigba, à quatre réceptions pour seulement 27 verges.  Le demi de coin Christian Gonzalez (no 0, photo ci-dessus) a été particulièrement efficace.  

À 9-0, les hommes de l'entraîneur Mike Vrabel étaient encore dans le coup, mais les amateurs qui espéraient une confrontation serrée, à caractère offensif, avec beaucoup de points et de jeux explosifs, avec une fin dramatique et excitante, sont restés sur leur appétit. 

Au début du 4e quart, après le premier touché de la formation dirigée par Mike MacDonald, à la suite d'un échappé du quart arrière Drake Maye (photo ci-dessous), dans son territoire, le score était de 19 à 0, et les carottes étaient cuites pour les représentants de la Nouvelle Angleterre, au grand désarroi de leurs partisans.



Pour donner une idée de la domination de la brigade défensive des Seahawks, l'attaque des Patriots n'avait amassé que 78 verges de gains nets après trois quarts de jeu !  Elle a ouvert la partie avec huit bottés de dégagement consécutifs.  Plutôt ennuyant...

En point de presse, après la défaite des siens, Drake Maye, en larmes, portait les "stigmates" physiques et mentaux d'un homme battu et défait, dans tous les sens du terme.  Il ressemblait à un boxeur qui vient d'être mis K.O..  Frappé onze fois, et "sacké" à six reprises par les mastodontes de la défense adverse, il avait aussi commis un échappé et deux interceptions.  Pendant trois quarts, il avait essayé en vain de percer cette défensive agressive qui l'a fait paraître trop jeune et inexpérimenté, à seulement 23 ans, et à sa deuxième saison au football professionnel.  

Disant qu'il aurait dû mieux jouer, il a pris le blâme pour la mauvaise performance de son club, mais comme l'a souligné son coach Mike Vrabel, aucun des joueurs des Pats n'a vraiment été à la hauteur pour gagner ce match.  Maye a encore des choses à apprendre et à perfectionner, même s'il est déjà un des meilleurs quarts arrières de la Ligue Nationale.  Il a raté par seulement cinq votes, le titre de joueur le plus utile à son équipe (MVP) cette année, dans la NFL (le gagnant a été le quart des Rams Matthew Stafford → ci-dessous).



Au 4e quart, il a enfin trouvé des failles dans cette cruelle défensive des Hawks, en lançant deux passes de touché, mais c'était trop tard.  À un moment donné, Maye était tellement harcelé et malmené par le "pass rush" des Seahawks, qu'il voyait des fantômes partout autour de lui, et ratait des passes faciles en précipitant inutilement ses gestes.

En préparation pour cet ultime affrontement de la saison 2025-26, j'avais souligné l'importance de la guerre des tranchées.  L'équipe qui allait la gagner allait remporter la partie.  Et c'est ce qui s'est produit.  Dans son plan de match, Mike MacDonald prévoyait exploiter la faiblesse du côté gauche de la ligne à l'attaque des Patriots, où se trouvent les recrues Will Campbell et Jared Wilson.

Le coach des Hawks a multiplié les commandes de blitz de leur côté, et la stratégie a fonctionné à merveille...  Campbell a alloué 14 pressions au cours de la rencontre, le plus haut total cette saison par un joueur à sa position.  En situations de passe, Maye a été pressé sur plus de la moitié des jeux.  Il n'avait ni l'espace ni le temps pour opérer derrière la ligne de mêlée, et ses receveurs étaient souvent tous bien couverts.  



Lorsqu'il était sous pression, Maye n'a réussi que onze passes en vingt tentatives pour 135 verges et un touché, tout en commettant un échappé et deux interceptions, dont une a été ramené pour un touché par Uchenna Nwosu, tard au 4e quart.  La clé de la victoire pour les Pats, c'était que Maye domine son vis-à-vis Sam Darnold, le quart arrière de Seattle.  

La faiblesse de ce dernier cette saison, coupable de nombreux revirements, c’est plutôt Maye qui en a été responsable.  Au contraire, Darnold a géré l'attaque sans gros coup d'éclat, mais sans faire d'erreur non plus.  Il a bien protégé le ballon, évitant les jeux négatifs en ne concédant qu’un seul sac, et aucune interception ni échappé.  Encore là, sa ligne à l'attaque l'a bien protégé, et a gagné cette partie de la bataille des tranchées.

Pendant que la défensive des Seahawks neutralisait Maye, et l'offensive aérienne des Patriots, elle réduisait à des miettes leur production sur les jeux au sol.  Maye a été le "meilleur" porteur de ballon de son club, avec cinq courses pour 37 verges, tandis que ses demis offensifs, Rhamondre Stevenson et TreVeyon Henderson, étaient limités à des gains combinés de 42 verges en 13 courses, pour une moyenne famélique de 3,2 verges par portée.



De l'autre côté du ballon, la ligne offensive des gars de Seattle a également remporté sa bataille des tranchées, en ouvrant des brèches dans le front défensif des Patriots, afin de permettre des gains de cinq verges en moyenne par portée (135 verges au total) à son porteur de ballon Kenneth Walker (photo ci-dessus), nommé ensuite le joueur par excellence du match (MVP).  Walker a réussi des courses explosives de 30 et 29 verges, et il a ajouté deux attrapés pour des gains de 26 verges par la passe.

Les joueurs de Mike Vrabel ont subi une sévère correction dans ce match de championnat, mais ils doivent être fiers de leur saison.  Après deux années avec des fiches de quatre victoires et treize défaites, ils ont complètement renversé la situation en gagnant seize matchs en 2025-26.  Un bon repêchage, le bon travail des instructeurs, et l'acquisition de quelques bons agents libres ont produit des résultats inespérés.

De l'avis de Vrabel, nommé entraîneur de l'année dans la NFL jeudi dernier, les Patriots ont deux ans d'avance dans leur programme de reconstruction.  D'avoir atteint le Super Bowl dès cette année était totalement imprévu et très surprenant.  En vue de la prochaine campagne, ils doivent prioritairement trouver un receveur no 1, digne de cette appellation, et achever de rebâtir leur ligne offensive, pour continuer de connaître du succès.  Ils disposent de beaucoup d'espace sous le plafond salarial.  Mais le calendrier 2026-27 sera beaucoup plus difficile que celui qu'ils viennent de compléter. 
 


Rien n'est jamais garanti dans la NFL, et plusieurs formations gagnantes, des années passées, l'ont appris à leurs dépends, en connaissant des saisons difficiles, après des succès éclatants.  Parlez en aux Commanders de Washington, par exemple... 

Pour gagner un Super Bowl, il faut que plusieurs facteurs soient au rendez-vous : un peu de chance, éviter les blessures graves chez les joueurs clés, avoir une bonne chimie dans l’équipe, respecter le budget tout en recrutant d’excellents joueurs autonomes, et être menés par des entraîneurs compétents. Bref, ça fait pas mal de variables à gérer, et certaines sont hors de contrôle.

Du côté des Seahawks, après le départ du vieil entraîneur Pete Carroll, il y a deux ans, on a continué à privilégier la défensive pour assurer le succès de l'équipe.  La défensive gagne les championnats, les Seahawks l'ont encore prouvé cette année.  Après avoir bâti une défense dominante, comme assistant coach, avec les Ravens de Baltimore, Mike MacDonald a poursuivi dans la même voie en s'amenant comme entraîneur chef à Seattle.  

Des agents libres de qualité (Ernest Jones IV, Jarran Reed, DeMarcus Lawrence) sont venus se greffer à une brigade comptant des jeunes joueurs recrutés lors des trois derniers repêchages et qui ont 25 ans ou moins (le demi de coin Devon Witherspoon, le demi de sûreté Nick Emmanwori, le joueur de ligne Derick Hall, et le plaqueur Byron Murphy). 
 


Cette unité est solide pour longtemps, et le mérite de sa construction revient également au gérant général John Schneider (photo ci-dessus).  Celui-ci a aussi embauché les joueurs autonomes Sam Darnold, le joueur de ligne offensive Josh Jones, et le receveur Cooper Kupp, (six réceptions pour 61 verges) qui ont tous contribué à la victoire au Super Bowl 60.

En gagnant leur second trophée Lombardi, les Seahawks ont vengé l'amère défaite subie au Super Bowl 49, il y a onze ans, contre les Patriots.  Une interception de Malcolm Butler à une verge des buts, à vingt secondes de la fin du match, avait changé une victoire certaine des Hawks en un cuisant revers de 28 à 24.  

Choisir de lancer le ballon dans le trafic, collé sur la ligne des buts, alors que le porteur de ballon tout étoile Marshawn Lynch aurait pu atteindre la zone des buts en fonçant vers elle avec le ballon, est un choix de jeu qui hantait l'organisation et les partisans des Seahawks depuis longtemps.  L'heure de la revanche avait sonné...  Mission accomplie !             

Aucun commentaire: