jeudi 7 janvier 2021

NFL SUPER WILD CARD 2021 : CHUBB, HENRY, KAMARA, LA CHANCE AUX COUREURS !



Pour le plus grand plaisir des amateurs de football américain, en cette éprouvante année de pandémie mondiale, la Ligue Nationale de Football a décidé d'élargir à 14 équipes la participation aux séries éliminatoires 2021.  C'est pourquoi nous avons droit à plus de matchs en première (six) et deuxième ronde (quatre).  Des scénarios divertissants, excitants et bienvenus, alors que nous sommes confinés à demeure, devant nos téléviseurs...

Alors que dans les affrontements de samedi (voir mon billet précédent), les quarts-arrières étaient surtout les points de mire, dans les matchs de dimanche, ce seront plutôt les porteurs de ballon qui pourraient être en vedettes.



BALTIMORE  À  TENNESSEE

Le choc entre les "armées" des Ravens de Baltimore (11-5) et celles des Titans du Tennessee (11-5) devrait être assez brutal dimanche, à Nashville.  Les deux belligérants présentent les deux meilleures attaques terrestres de la NFL.  Du côté des Ravens, l'élusif quart-arrière format géant Lamar Jackson (joueur de l'année en 2019 dans la NFL) peut changer l'issue d'une partie à lui seul, avec ses courses à l'emporte pièce; de l'autre bord, le massif porteur de ballon des Titans, Derrick Henry (photo sous le titre), renverse tout sur son passage lorsqu'il décide que rien ne l'arrêtera.

Pendant que l'offensive du Tennessee est mieux balancée, avec un quart-arrière, Ryan Tannehill pouvant compter sur deux bons receveurs éloignés en A.J. Brown et Corey Davis; Jackson (photo ci-dessus), lui, se fie presque uniquement sur les jeux au sol (seulement 242 passes complétées, dernier rang dans la NFL) pour faire avancer le ballon.  Ça peut devenir problématique si vous tirez de l'arrière au pointage en deuxième demie...

La défensive des Titans contre le jeu aérien est faible, Jackson pourrait en profiter si seulement il lançait mieux le ballon, surtout sur les tracés de passe le long des lignes de côté.

La défensive des Ravens contre les jeux de passe est solide, mais elle est faible contre l'attaque au sol ennemie.  Devinez ce qui va arriver dimanche...  Henry va courir tout l'après-midi !  Tannehill est assez mobile lui aussi.  Il pourrait employer le jeu d'option pour réussir de bons gains, si le front défensif des Ravens se masse à la ligne de mêlée, pour se concentrer sur Henry.

En 2020, les Titans ont compilé le meilleur ratio de la Ligue pour ce qui est des revirements provoqués versus ceux accordés (+ 11).  Seuls les Packers de Green Bay (Aaron Rodgers) ont alloué moins d'interceptions aux adversaires que Tennessee (cinq contre sept).  C'est un aspect encore plus important en matchs éliminatoires.

Tannehill, et ses coéquipiers en attaque, sont excellents en zone rouge (à 20 verges et moins de la zone des buts adverse).  Leur taux de réussite, pour marquer des points dans ce territoire, est près du sommet dans la Ligue.  Ça aussi ça compte en séries d'après saison, quand le jeu se corse.

Les Ravens ont connu des ennuis avec le COVID-19.  Plusieurs joueurs ont été infectés.  Est-ce que cela a laissé des traces ?  

Pour toutes ces raisons, je favorise les Titans dans ce match important, pourvu que leur défensive ne soit pas trop généreuse, comme ça lui arrive assez fréquemment.



CHICAGO  À  NOUVELLE-ORLÉANS

Lorsqu'on pense aux Saints de la Nouvelle-Orléans (12-4), on a en tête le vétéran quart-arrière Drew Brees dépeçant les défensives ennemies avec ses passes savantes.

Mais il ne faut pas oublier le demi offensif Alvin Kamara (photo ci-dessus) qui a réussi pas moins de 16 touchés (dont six en un seul match, récemment) en quinze parties jouées cette saison.  Non seulement il a été de loin le meilleur porteur de ballon de son équipe (932 verges de gains au sol), mais il a été également le meilleur receveur des Saints (107 passes captées pour 756 verges).

La direction de la NFL a été accommodante pour les Saints en plaçant cette partie dimanche, plutôt que samedi, dans le calendrier des éliminatoires.  Samedi, Kamara n'aurait pas pu être en uniforme car sa quarantaine (COVID-19) n'était pas terminée.

Revenu d'une sérieuse blessure aux côtes à la mi-saison, le quart-arrière Drew Brees ne semble pas au meilleur de sa forme, surtout lorsqu'il décoche de longues passes.  Il saluera le retour au jeu de l'ailer espacé étoile Michael Thomas, son arme la plus dangereuse de l'attaque aérienne.  Les blessures ont fait manquer neuf parties à l'habile receveur des Saints.

Le vétéran ailier espacé Emmanuel Sanders a pris la relève pendant son absence, mais Sanders avait de trop grands souliers à chausser pour compenser la perte de Thomas...

De leur côté, les Bears de Chicago (8-8) sont entrés en séries éliminatoires par la porte d'en arrière.  Sans le format élargi cette saison, ils seraient chez eux comme nous, à regarder les matchs éliminatoires devant leur téléviseur.  En déroute pendant une grande partie de la campagne 2020, ils doivent leur salut à une surprenante résurgence de leur quart-arrière Mitch Trubisky, "benché" pendant six matchs, en cours de route, en raison de son jeu erratique.

Pas très efficaces en offensive, les Bears doivent se fier sur leur assez bonne défensive pour limiter les dégâts.  Mais contre la force offensive de la Nouvelle-Orléans, ça ne sera pas suffisant.  En 2020, la défensive des Saints s'est classée au 5e rang, autant contre le jeu au sol que contre l'attaque aérienne.  Ses chances de contenir la faible offensive de Chicago sont bonnes.

Pour renverser les Saints, les Bears devraient provoquer beaucoup de revirements.  Mais dans ce domaine, les Saints sont meilleurs qu'eux (26 contre 18).  À moins que Brees, Thomas et Kamara ne soient vraiment pas en forme, je ne vois pas comment Chicago pourrait gagner ce match...



CLEVELAND  À  PITTSBURGH

Dimanche soir, les Browns de Cleveland (11-5) visitent les Steelers de Pittsburgh (12-4).  Des six parties de la première ronde éliminatoire, c'est la plus difficile à prédire.  Les Steelers ont gagné leur onze premiers matchs avant de s'effondrer en perdant quatre de leurs cinq derniers.  Le quart-arrière Ben Roethlisberger (38 ans, photo ci-dessus) semble au bout de son rouleau, son corps meurtri le trahissant, après des années à encaisser les coups brutaux des joueurs défensifs ennemis.  Cette saison, il aurait joué malgré une blessure à l'épaule.

Déjà, il y a une couple de saisons, le gros Ben penchait vraiment vers la retraite, estimant qu'il ne pouvait plus jouer à son meilleur niveau.  Le temps l'a-t-il soudain rattrapé après un début de campagne fantastique où les Steelers semblaient invincibles ?  Plusieurs analystes imputent davantage les ennuis offensifs des Steelers aux receveurs de l'équipe, qui n'arrivent plus à se découvrir.

En défensive, les blessures qui ont mis fin aux saisons de Bud Dupree et Devin Bush n'ont certes pas aidé non plus.

Leurs opposants de dimanche, les Browns de Cleveland, ont aussi perdu un joueur important lorsque le flamboyant receveur Odell Beckham Jr a vu sa saison connaître une fin abrupte (lors de la semaine 7) quand il s'est tordu les ligaments du genou en tentant de plaquer un adversaire qui venait d'intercepter une passe de son quart-arrière Baker Mayfield.  Avec Jarvis Landry, Beckham Jr représentait une grave menace sur les longs jeux de passe, pour les défensives adverses.



Mais la menace principale de l'attaque de Cleveland se retrouve plutôt dans le champ arrière avec les dangereux porteurs de ballon Nick Chubb (photo ci-dessus) et Kareem Hunt.  Les Browns se situent au 7e rang de la Ligue pour la moyenne de verges gagnées au sol par tentative (4,8).  Les Steelers sont derniers à ce chapitre (3,6).  Les défensives des deux équipes se valent pour contrer l'attaque au sol (4,3 verges par portée).

Là où les Steelers pourraient avoir l'avantage c'est sur le plan de l'attaque aérienne (16e) versus la défense contre la passe des Browns (22e), si Big Ben et ses receveurs sortent de leur torpeur des derniers matchs.

Pittsburgh pourrait aussi tirer avantage d'un impondérable : les Browns sont aux prises avec le COVID-19.  L'entraîneur en chef Kevin Stefanski en souffre, et il ratera la partie.  Tout comme le garde étoile des Browns, Joel Bitonio, pour la même raison.  Les mesures sanitaires contre le coronavirus ont privé le club de quelques sessions d'entraînement.  Quel impact cela aura-t-il sur l'affrontement de dimanche soir ?

On sait que les deux camps se détestent royalement depuis l'incident survenu dans un match, en 2019, quand le chasseur de quart Myles Garrett, des Browns, s'était littéralement rendu coupable de voies de fait en attaquant sauvagement le quart-arrière substitut des Steelers, Mason Rudolph.

Ce sera probablement un match serré.  Plus du tout mobile, Roethlisberger devra bénéficier d'une excellente protection de sa ligne à l'attaque, à l'intérieur de sa pochette, afin de trouver ses receveurs qui, pour leur part, devront faire du bon boulot et créer de la séparation d'avec leurs couvreurs.  Big Ben est peut-être usé physiquement mais sa vaste expérience fait en sorte qu'il a vu et vécu toutes les situations de match durant sa longue et fructueuse carrière.

La défensive des Steelers devra relever le défi colossal que représente la meurtrière attaque au sol des Browns.

Le facteur impondérable (COVID-19 et préparation des Browns dérangée par ce virus) ainsi que l'expérience des séries éliminatoires des Steelers par rapport au manque d'expérience des Browns (première participation en séries depuis 2002), me font pencher, de justesse, en faveur de Pittsburgh.  Ce sera un match chaudement disputé et probablement marqué par des coups salauds entre ces ennemis jurés.  

mercredi 6 janvier 2021

NFL SUPER WILDCARD 2021 : JOSH ALLEN, RUSSELL WILSON ET TOM BRADY VISENT LOIN POUR LEUR ÉQUIPE EN SÉRIES ÉLIMINATOIRES.

L'avantage du terrain en matchs éliminatoires dans la Ligue Nationale de Football.  On ne s'entend pas là-dessus chez les connaisseurs.  Est-ce si important ? Les avis sont encore plus partagés sur cette question, en cette année de COVID-19, où les stades seront vides, ou presque, à cause de la pandémie.

Par exemple, à Seattle, ce samedi, au domicile normalement très bruyant des Seahawks, ce que l'on appelle le 12e joueur sera absent des estrades, faute de spectateurs déchaînés.  Ils ne pourront pas crier à tue tête pour empêcher le quart-arrière adverse de bien se faire entendre de ses coéquipiers lorsqu'il appellera les jeux à la ligne de mêlée.

Curieusement, les seules équipes qui pourraient jouir de l'avantage du terrain en éliminatoires cette saison, ce sont les champions des deux associations : les Packers de Green bay dans la Conférence Nationale; et les Chiefs de Kansas City dans la Conférence Américaine.

En plus d'avoir obtenu le seul bye (congé) disponible cette année dans la NFL, pour la première ronde des séries, ils évolueront ensuite chez eux, dans un environnement glacial, hostile pour les visiteurs.  Spectateurs ou pas, la neige et le froid devraient être au rendez-vous dans leurs affrontements avec leurs rivaux, probablement étrangers à ce genre de conditions climatiques difficiles.

Dans les rencontres de samedi, on ne devrait pas assister à des surprises.  Les équipes qui ont obtenu le plus de succès en saison régulière devraient l'emporter.



INDIANAPOLIS  À  BUFFALO

À Buffalo, les partisans des Bills sont enthousiastes et optimistes même s'ils devront se contenter de regarder le match de leurs favoris à la télévision ou sur le web.  Imaginez !  Les Bills (13-3) ont remporté leur premier titre de division depuis 1995 !  Avec l'amélioration de leur défensive en seconde moitié de campagne, le club de l'entraîneur Sean McDermott a été très impressionnant.  Il entre en séries avec beaucoup de momentum, surtout après leur plus récent match, une écrasante victoire de 56-26 contre les Dolphins de Miami, qui luttaient pourtant pour se tailler une place en éliminatoires.

C'est surtout du côté de l'attaque que les Bills sont supérieurs aux Colts d'Indianapolis, leurs opposants de samedi.  Après avoir s'être entraîné très fort pour corriger sa mécanique de passeur (motion) durant la saison morte, le quart Josh Allen (photo sous le titre) était transformé, en 2020.  Méconnaissable, il s'est affirmé comme l'un des meilleurs à sa position.  Certains observateurs le voient même comme un candidat sérieux au prestigieux titre de Joueur Le Plus Utile à Son Équipe (MVP) dans la NFL cette année.

Il faut dire que l'arrivée du receveur étoile Stefon Diggs (photo ci-dessus, 127 réceptions pour 1 535 verges de gains, premier rang dans la NFL) avec les Bills a grandement aidé Allen à connaître autant de succès (69,2 % de passes complétées, 37 passes de touché contre 10 interceptions, moyenne de 284 verges par la passe par match, coefficient d'efficacité de 107,2).

Diggs devrait jouer samedi malgré une blessure considérée comme mineure.  Mais, blessé plus gravement, son coéquipier Cole Beasley sera absent.  Quand même une perte importante pour l'attaque aérienne des Bills.  Le vétéran ailier espacé, ex-Cowboys de Dallas, est fiable et il a le don de réussir des attrapés-clés dans des moments importants.  Kenny Stills pourrait le remplacer.  Le rapide John Brown pourrait aussi voir plus d'action.

De leur côté, les Colts (11-5) ont connu une bonne campagne 2020 sous la direction de leur nouveau quart-arrière, le vénérable Philip Rivers, 39 ans (68% de passes complétées pour 4 169 verges, 24 passes de touché contre 11 interceptions, coefficient d'efficacité de 97).  Même s'il a mieux joué vers la fin du calendrier régulier, le meilleur receveur des Colts, T.Y. Hilton (31 ans) a beaucoup ralenti en 2020 (seulement 56 réceptions pour 762 verges).

La seule véritable menace offensive des Colts serait le jeune porteur de ballon Jonathan Taylor (21 ans, 1 169 verges de gains au sol, moyenne de cinq verges par portée) mais on ignore si sa blessure à l'épaule pourrait lui nuire dans la partie de samedi à Buffalo.  Les Colts sont un club bien dirigé qui provoque pas mal de revirements sans en commettre beaucoup (25 contre 15, (+10), 2e meilleure fiche dans la Ligue).  Ils ne sont pas à négliger.

Le dynamique duo Allen-Diggs devrait faire la différence dans cette rencontre.  Victoire peut-être plus serrée que prévue pour les Bills...



LOS ANGELES RAMS À SEATTLE

Je suis un fan des Rams (10-6) depuis mon enfance.  Simplement parce qu'ils étaient l'une des deux équipes que j'ai vues à mon premier match à vie, à la télé.  J'aimais leur uniforme et le dessin des cornes sur leurs casques !  En 2020, ils ont présenté une des meilleures défensives (et une des plus dispendieuses $$$ !) de la NFL.  Mais comme l'entraîneur en chef Sean McVay le disait en fin de saison, si seulement son quart-arrière Jared Goff protégeait mieux le ballon, les Rams seraient meilleurs encore.

Lorsqu'il est dans son assiette, Goff est assez bon.  Mais son irrégularité en fait enrager plus d'un, moi le premier.  Quand le jeu appelé est bien là pour lui, ses receveurs à découvert, et sa ligne à l'attaque le protège bien, il peut compléter ce jeu et connaître du succès.  Mais si les conditions ne sont pas bonnes, il ne peut pas improviser, et c'est là qu'il commet des erreurs et des revirements (13 interceptions, 7 échappés dont 4 échappés perdus, seulement 20 passes de touché et un coefficient d'efficacité de 90).  Il ne peut guère se dépanner en courant avec le ballon car il est peu mobile.

McVay a la mèche assez courte.  Sa patience semble avoir atteint ses limites envers Goff.  Celui-ci est blessé au pouce de la main avec laquelle il lance le ballon.  Sa présence est incertaine pour la partie de samedi.  Même si McVay a dit avoir encore confiance en son quart-arrière numéro un, il a également déclaré qu'il avait confiance en son remplaçant, le jeune John Wolford (25 ans), qui a bien fait à son premier match comme partant dans la NFL (une victoire de 18-7 contre Arizona, la semaine passée).  

Après avoir été victime d'une interception en début de rencontre, Wolford a montré beaucoup d'aplomb, de leadership et de cran.  Il a bien géré l'offensive, en protégeant le ballon, en réussissant les jeux faciles, et en faisant de bonnes courses sur des jeux planifiés.  Il a manqué de fini en zone ennemie mais il a permis à son botteur d'être assez près des buts pour réussir six placements.  On a vu que sur les lignes de côté, McVay avait apprécié l'attitude et la performance de son jeune quart.    

C'est tout le contraire pour son adversaire de samedi, le brillant quart-arrière Russell Wilson (photo ci-dessus) des Seahawks de Seattle (12-4).  Avant de connaître quelques difficultés à la mi-saison, Wilson était un des favoris pour le titre de joueur de l'année dans la NFL.  Mais il peut tout faire sur un terrain de football.  Vétéran aguerri, intelligent, mobile, il excelle dans les situations corsées, quand l'enjeu est grand, et qu'il doit improviser.

Dans le premier affrontement des deux rivaux de division en saison régulière, la coriace défensive des Rams avait embouteillé l'offensive des Hawks, qui était toutefois privée de ses meilleurs porteurs de ballon à cause de blessures.  Mais, récemment, dans le second affrontement, cette fois à Seattle, Wilson a trouvé des solutions dans un gain de 20-9 des siens contre L.A..

Que ce soit Goff ou Wolford au poste de quart chez les Rams, ceux-ci partent désavantagés par rapport à la force offensive de leurs adversaires.  Même si l'excellent receveur Cooper Kupp devrait être de retour au jeu pour les Rams après avoir dû s'absenter (COVID-19 ?) dans le dernier match de la saison contre les Cardinals.

Il faudrait vraiment une rare et exceptionnelle contre performance de Wilson, doublée d'un match vraiment extraordinaire de la défensive des Rams pour que ces derniers gagnent samedi.  Ce n'est pas impossible mais c'est peu probable.










TAMPA BAY À WASHINGTON

Seul club visiteur favori pour l'emporter samedi, les Buccaneers de Tampa Bay (11-5) ne devrait pas trop peiner pour vaincre le club de football de Washington (7-9).  Ceux qui étaient autrefois connus sous le nom de Redskins de Washington ont causé la surprise en remportant le championnat de leur division de loin la plus faible de la NFL.  Avant le début de la campagne, on leur prédisait davantage le dernier rang.  Et c'est vers ces bas fonds qu'ils semblaient se diriger dans la première portion du calendrier avec une fiche de deux victoires, six défaites.

Puis, les deux premiers quarts-arrières de Washington, Dwayne Haskins et Kyle Allen se sont retrouvés sur la liste des blessés et/ou ont tellement mal joué que l'entraîneur en chef Ron Rivera a dû faire appel à son quart no 3, le fragile vétéran Alex Smith, dont on a maintes fois cru sa carrière finie en raison de graves blessures subies au cours des dernières années.

Appuyé par la deuxième meilleure défensive de la Ligue, Smith (36 ans, qui avait manqué la saison 2019 au complet) en a fait assez pour sauver la saison de son club.  Très vulnérable physiquement, sa carrière ne tenant que par un fil, advenant qu'il se fasse frapper solidement, Smith a montré énormément de courage.

Durant sa longue carrière, à San Francisco (2005 à 2012) et à Kansas City (2013 à 2017), il a fait sa réputation par le don qu'il a toujours eu de bien gérer ses matchs.  Pas de grands coups d'éclat, mais capable de s'arranger avec les éléments offensifs qu'il a, tout en minimisant les erreurs.

Dans la victoire déterminante qui assurait le titre de division à Washington, la semaine dernière dans le match contre Philadelphie, Smith était à son poste malgré une autre blessure à un mollet.  Il a accompli le travail, remportant son cinquième gain en huit parties comme quart partant cette saison.  Il sera encore là, comme un brave soldat, samedi contre les Bucs.

Ceux-ci seront des adversaires redoutables.  L'attaque dirigée par le légendaire quart-arrière Tom Brady (à droite sur photo ci-dessus) est en effet terrifiante.  Terrific Tom (43 ans) savait ce qu'il faisait en s'amenant à Tampa Bay après avoir quitté les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, avec qui il a remporté six Super Bowls.  Frustré de ne pas avoir assez de bons receveurs à Foxboro, il s'est assuré de ne pas en manquer en choisissant les Bucs pour poursuivre sa glorieuse carrière.

En effet il peut compter sur les excellents ailiers espacés Mike Evans et Chris Godwin, auxquels est venu s'ajouter le très talentueux Antonio Brown (à gauche sur la photo ci-dessus), à la mi-saison.  Après une période d'ajustement normale, Brady, avec ses dangereuses armes offensives comptant également les porteurs de ballon Ronald Jones et Leonard Fournette, a produit à un rythme d'enfer.

L'attaque des Bucs a marqué pas moins de 122 points dans les trois dernières parties du club.  Brown et Fournette sont bien connus pour leur inconduite, mais si ils sont capables d'être assez disciplinés, et de se concentrer sur le football, ils peuvent aider leur club à se rendre loin en séries éliminatoires.

La défensive de Washington est rude et étanche, mais le soutien qu'elle peut espérer de l'offensive est nettement insuffisant pour espérer surprendre Tampa Bay.  Victoire assez aisée des Bucs.    

mardi 5 janvier 2021

ENFIN DE QUOI CÉLÉBRER POUR LES PATRIOTS "HATERS" !


Les temps ont été longs et durs pour les Patriots "haters", dont je fais partie.  Pour la première fois en deux décennies, le club dirigé par Bill Belichick (photo ci-dessus) a connu une saison perdante (sept victoires, neuf défaites) en 2020.  Enfin !  Le long des lignes de côté, on a pu voir le gourou des Pats se creuser la tête, avec un air débiné, cherchant des solutions aux sérieux problèmes de son offensive anémique, quand ce n'était pas sa défensive qui accordait trop de verges au sol à ses adversaires (131 verges par match, 26e dans la NFL).

Ça faisait drôle de voir Robert Kraft, l'omnipotent propriétaire de l'équipe, soudain plus discret que d'habitude, observer les déboires de ses protégés dans un stade vide, privé de spectateurs à cause du coronavirus.  Ce fut la seule consolation pour Kraft, ne pas voir et entendre les partisans huer sa bande de perdants.

Il faut dire que le club de la Nouvelle-Angleterre a été durement éprouvé par les blessures, les absences de certains joueurs ayant contracté le COVID-19, ou ayant choisi de ne pas disputer cette saison à cause de cette pandémie (huit joueurs, le plus haut total parmi les formations de la Ligue Nationale).

Mais la raison principale du dérapage de ce club dominant au cours des vingt dernières années aura été le quart-arrière Cam Newton, venu en relève de Tom Brady, le héros de cette dynastie, parti en Floride rejoindre les Buccaneers de Tampa Bay, qu'il a d'ailleurs conduit à une place en séries éliminatoires.



Newton a certes été mauvais, lançant seulement huit passes de touché contre dix interceptions.  Mais il n'y avait personne autour de lui pour faire de gros jeux.  Les porteurs de ballon principaux, Damien Harris (six matchs ratés), Sony Michel (photo ci-dessus) sept matchs ratés) et Rex Burkhead (six matchs ratés) manquaient souvent à l'appel en raison de blessures ou de maladie.  Son seul receveur dangereux, Julian Edelman, n'a joué que six rencontres.

Newton semblait perdu sur le terrain.  Nouveau joueur dans l'organisation, devant évoluer dans un nouveau système de jeu, il n'arrivait pas à trouver ses repères.  Il ne réussissait même les courtes passes -à ses demis ou aux ailiers rapprochés- qui sont ordinairement si efficace dans le système offensif de Belichick.  Ses courses au sol, sa grande force, le dépannaient de temps à autres.

Par surcroît, son attitude de Superman, se voulant au-dessus de tout, ne l'a pas bien servi.  Ce qui n'est d'ailleurs pas étranger au fait qu'il a lui-même attrapé le COVID-19.  Comme si ça ne pouvait pas lui arriver, étant donné son fort complexe de supériorité et sa grande force physique.


Il est quasi certain qu'il ne reviendra pas avec l'équipe, la saison prochaine.  À moins qu'il accepte un poste de quart substitut.  Ce qui serait fort étonnant, justement parce qu'il est tellement imbu de sa super personne.  Outre le fait que ses receveurs n'arrivent pas à se découvrir, Newton lance le ballon en flèche, avec trop de force, en ratant sa cible.  Ce qui ne facilite évidemment pas la tâche de ses receveurs.

Ou bien Belichick choisira un jeune quart-arrière au prochain repêchage (même si le DG des Pats n'est pas renommé pour ses bons choix de repêchage ces dernières années), ou bien il ira voir chez les agents libres.  À moins qu'il procède à un échange pour mettre la main sur un vétéran qui est peut-être en disgrâce ailleurs.

Des noms ont circulé dans les rumeurs.  On parle de Mitch Trubisky (Bears), Carson Wentz (Eagles) et même de l'ancien Patriots Jim Garoppolo (49ers).

Ce qui n'a pas aidé les Pats, c'est également l'émergence des Bills de Buffalo et des Dolphins de Miami, dans leur division (AFC Est).  Pendant ces nombreuses années où ils ont connu tant de succès, les hommes de Belichick pouvaient battre facilement les autres clubs de leur section parce qu'ils étaient faibles, la plupart du temps.

Alors, la campagne 2020 des Patriots : une erreur de parcours à cause des blessures et des absents ("opting out" pré-saison à cause du COVID-19) ?  Ou parce que Belichick n'a pas su reconstruire un club en déclin ?  On verra ce qu'il fera dans l'entre-saisons...