dimanche 30 août 2026

SAISON 2026 DES PACKERS DE GREEN BAY : L'ENTRAÎNEUR MATT LaFLEUR DOIT ÊTRE PLUS IMAGINATIF EN ATTAQUE, ET LA DÉFENSE DOIT TENIR LE COUP EN ATTENDANT LE RETOUR DE MICAH PARSONS...



L’an dernier, à la même période, l’arrivée de Micah Parsons chez les Packers de Green Bay avait enflammé l’enthousiasme des partisans.  Avec ce joueur défensif, peut-être le meilleur de la Ligue Nationale de Football, le club du Wisconsin semblait enfin avoir trouvé la pièce manquante pour atteindre le Super Bowl.

Jusqu’au 14 décembre 2025, tout se passait comme prévu pour atteindre l’objectif.  Le "Pack" affichait un bilan de 9-3-1, (les trois défaites par la marge de 3 points chacune), et Parsons tenait ses promesses avec, entre autres, 12½ sacs, bien parti pour battre son record personnel dans ce domaine, et étant devenu le premier joueur de l'histoire de la NFL à réussir au moins 12 sacs, dans chacune de ses cinq premières saisons en carrière.

Ce jour-là, à Denver, la formation du pilote Matt LaFleur menait 23 à 21 contre les Broncos, au 3e quart, quand la catastrophe est arrivée.  Micah Parsons s'est écroulé au sol, blessé gravement au genou gauche (ligaments croisés tordus).  Résultat : les Packers ont perdu Parsons, - probablement, au mieux, jusqu'en octobre prochain -, ils ont perdu le match à Denver, et n'en ont plus gagné un seul depuis (cinq défaites consécutives).


Ils étaient parvenus quand même à participer aux séries éliminatoires, mais ils se sont inclinés au premier tour, devant leurs grands rivaux, les Bears de Chicago, au compte de 31 à 27, alors qu'ils menaient 21 à 3 jusqu'à la 5e minute du 3e quart.

Encore une amère déception pour les fans "à tête de fromage", qui sont aussi collectivement propriétaires de la franchise de Green Bay.

Depuis que Matt LaFleur dirige l'équipe, c'est-à-dire depuis 2019, les Packers n'ont connu qu'une saison perdante (8-9 en 2022, la seule fois que LaFleur a raté les playoffs).  À ses trois premières années, il a conduit ses joueurs à trois titres de la division Nord de la Conférence Nationale, en remportant 13 victoires à chaque fois.  



Il possède une fiche enviable de 76-40-1 (65,4 %) mais de seulement 3-6 en matchs éliminatoires.  Il a atteint la finale d'Association à une seule occasion, en 2020, une défaite de 31-26 face au club de Tom Brady, les Buccaneers de Tampa Bay.

Dans une ligue aussi compétitive que la NFL, un tel bilan ne peut pas être jugé mauvais.  C'est difficile de gagner sur une si longue période.  Mais les fidèles supporteurs du "Pack" sont impatients et veulent un championnat, depuis le dernier triomphe de leurs favoris en 2011, à la belle époque de leur quart arrière étoile Aaron Rodgers.

On reproche à LaFleur un style conservateur et peu inventif, misant bien trop sur le jeu au sol.  D’autant plus qu’il peut compter sur un excellent passeur comme Jordan Love, qui a encore progressé la saison dernière en portant son coefficient d’efficacité à 101,2, le sixième meilleur parmi les quarts réguliers du circuit Goodell.  Il a aussi été l’un des plus performants pour les longues passes, et pour éviter les jeux risqués (revirements).



Cette équipe compte de bons receveurs, avec les ailiers espacés Christian Watson (photo ci-dessus), Jayden Reed, et Matthew Golden, ainsi que les ailiers rapprochés Tucker Kraft et Jonnu Smith.  Mais à part ce dernier, tous les autres ont été blessés l’an passé : Watson a manqué 7 matchs, Reed 10, Kraft 9, et Golden 3.  

Kraft connaissait une saison du tonnerre avant sa blessure.  Il était le meilleur receveur de son club.  Son absence a aussi fait mal à l'attaque, que celle de Parsons à la défense.  Avec eux, lors des playoffs, le sort de l'équipe aurait été différent.  Kraft devrait être encore la principale cible de Jordan Love cette année.

Watson pourrait vraiment s'affirmer comme un ailier éloigné dangereux sur les tracés moyens et longs, s'il demeure en santé.  En 2024, sa moyenne de 21,4 verges par attrapé suggérait qu'il pourrait atteindre le cap des 1 000 verges par saison.



Reed (photo ci-dessus) a été limité par les blessures lors de la plus récente campagne, mais il est solide et fiable quand il est en forme, comme il y a deux ans, quand il avait amassé un bon butin avec ses 857 verges de gains, et six touchés.

Golden a été un choix de première ronde en 2025.  Il est très talentueux même s'il a déçu à sa saison recrue.  Il a tout de même réussi sept jeux explosifs de 20 verges et plus, dans un rôle secondaire.    

Si les Packers devaient être aussi décimés par les blessures à leurs meilleurs receveurs, cette année, ils n'ont plus de remplaçants fiables, puisqu'ils ont échangé Dontayvion Wicks aux Eagles de Philadelphie, et que Romeo Doubs a profité de son statut d'agent libre pour se joindre aux Patriots de la Nouvelle Angleterre.  Doubs a été d’une grande aide pour l’attaque aérienne la saison dernière, surtout lorsque Jayden Reed et Christian Watson étaient blessés.



De toute façon, Matt LaFleur pourrait être forcé de centrer son attaque sur le jeu aérien puisque son demi offensif de prédilection, le porteur de ballon Josh Jacobs (photo ci-dessus), est accusé de violence domestique, et pourrait être suspendu par les autorités de la NFL.  

Encore là, au champ arrière, il n'y a plus d'alternatives valables, Emanuel Wilson ayant quitté l'équipe pour aller jouer avec les Seahawks de Seattle.  Il n'y a que des substituts qui ont peu ou pas d'expérience chez les professionnels : Marshawn Lloyd, Chris Brooks, et Pierre Strong Jr.

La perte de Jacobs serait significative car malgré le manque de soutien de sa ligne offensive, inefficace en blocage sur le jeu au sol, le robuste porteur de ballon de 28 ans, réussissait à gagner plusieurs verges après contact.  Il devait aussi faire face au fait que la stratégie de Matt LaFleur, consistant à appeler très souvent des jeux de course, était devenue prévisible pour les défenses adverses, qui attendaient ainsi Jacobs de pied ferme. 



Le point faible de l’attaque du "Pack" reste la ligne offensive, qui risque encore d’être l’une des moins performantes cette saison, car deux de ses titulaires de la campagne 2025 sont partis : le plaqueur à gauche Rasheed Walker (Caroline), et le centre/garde Elgton Jenkins (Cleveland).  De plus, trois joueurs devront s'ajuster et s'habituer à un nouveau rôle et à un nouveau poste.

Jordan Morgan (photo ci-dessus) devrait hériter du poste de plaqueur à gauche, après avoir dépanné un peu partout sur cette unité l’an dernier.  S’il assure correctement la protection sur les jeux de passe, il reste un bloqueur médiocre sur les jeux au sol.

Son voisin, le garde à gauche Aaron Banks, n’a pas obtenu de bonnes notes en 2025, dans aucune des deux phases du jeu. 
 


Sean Rhyan (photo ci-dessus) a terminé au dernier rang (40e) parmi les centres de la NFL, en protection du quart arrière (selon Pro Football Focus).  C'est pourquoi le seul joueur offensif choisi par Green Bay, lors du dernier repêchage, a été un centre, Jager Burton (5e ronde, Kentucky).  Il pourrait venir en relève à Rhyan s'il continue à éprouver des difficultés.

Sur le flanc droit de l’attaque, le garde Jacob Monk est un visage peu connu, n’ayant pris part qu’à 57 matchs en tant que remplaçant au poste de centre, lors de la dernière saison.

De ce côté, le plaqueur sera Zach Bako-Bewele, le seul de cette unité à avoir vraiment bien performé l’an passé.  Il a beaucoup manqué à l'équipe quand il a raté cinq parties à cause d'une blessure. 



Si le travail des gars de cette ligne offensive est important pour Josh Jacobs et les autres porteurs de ballon, il l'est aussi pour le quart Jordan Love (photo ci-dessus) qui est beaucoup moins efficace lorsqu'il subit la pression des défenses opposées.  

Quand il a pu lancer le ballon à partir de la pochette protectrice l'an dernier, Love a complété près de 80 % de ses passes.  Sinon, lorsqu'il a été sous pression, son taux de complétion a chuté à 42 %, aucun touché, et quatre interceptions.

Au poste de quart arrière, les Packers ont perdu un substitut de choix quand Malik Willis a été embauché par les Dolphins de Miami.  Le vétéran de 37 ans, Tyrod Taylor (photo ci-dessous) le remplacera chez les Packers.  Il en sera à sa 8e équipe dans la NFL.
 


Les pertes ont été nombreuses en défensive durant la saison des agents libres ou lors d'échanges : les ailiers Rashan Gary (Dallas) et Kingsley Enagbare (Jets de NY); le plaqueur Colby Wooden (Indianapolis); les demis de coin Nate Hobbs (San Francisco) et Trevon Diggs (Seattle); le secondeur Quay Walker (Las Vegas), et le coordonnateur défensif Jeff Hafley (nouvel entraîneur chef des Dolphins de Miami.

En première ligne de la  défense 3-4, Devonte Wyatt et Karl Brooks sont de retour après une saison précédente peu convaincante.  Ils auront un nouveau coéquipier à leurs côtés, le vétéran de 33 ans Javon Hargrave, qui a porté les couleurs des Vikings du Minnesota l'an passé.  

Wyatt (photo ci-dessous) tentera de rebondir cette année après avoir manqué sept matchs à cause de diverses blessures, durant la campagne 2025-26.  Hargrave n'est plus au sommet de sa forme, mais il est encore efficace sur le "pass Rush" (31 pressions avec les Viks l'an passé).  Il rejoint le nouveau coordonnateur défensif des Packers, Jonathan Gannon, qui a été son instructeur quand il évoluait avec les Eagles de Philadelphie au début des années 2020 (23 sacs en trois saisons là-bas).



En attendant le retour de Micah Parsons, les autres secondeurs des Packers devront redoubler d’efforts pour compenser son absence, surtout en ce qui concerne le "pass rush".  Mais ils ont démontré très peu de résultats positifs pour ce qui est des sacs puisqu'ils totalisent ensemble seulement 15 sacs en carrière.  

Avant la blessure de Parsons en décembre dernier, la défense avait réussi 33 sacs.  Dans les quatre rencontres suivantes, sans Parsons, elle en a obtenu seulement quatre.  Et dans trois de ces matchs, la défensive a accordé plus de 400 verges, comparées à une seule fois en 14 parties, quand Parsons était de l'alignement.

La saison dernière, Parsons (79 pressions en 14 matchs) et Rashan Gary, ont totalisé 133 des 317 pressions de la défense. Gary n’est plus dans l’équipe et Parsons pourrait manquer un à deux mois au début de la prochaine campagne.  Qui va compenser pour ces pertes ? 



L'expérimenté Zaire Franklin (photo ci-dessus), acquis dans un échange avec les Colts d’Indianapolis, prendra la place de Quay Walker, devenu agent libre et parti chez les Raiders.  L'an dernier, il a connu la pire saison de sa carrière, et l’une des moins bonnes parmi tous les secondeurs de la NFL.  Faible contre le jeu au sol, et auteur de nombreux plaquages manqués, il avait pourtant brillé l’année précédente avec 173 plaquages, un sommet dans la Ligue.  À Green Bay, on espère qu’il retrouvera le niveau qui était le sien il y a deux ans.

Les dirigeants du "Pack" compte beaucoup sur le secondeur de 3e année Edgerrin Cooper, qui a fait beaucoup de progrès l'an passé (118 plaquages), après une saison recrue déjà formidable.  En l'absence de Parsons, c'est lui qui devient le pilier de la ligne secondaire, avec l'aide de Franklin.  Il est très fort contre le jeu au sol, mais il n'a enregistré qu'un demi sac, et Franklin seulement deux, en 2025-26.  

Isaiah McDuffie est le suppléant qui prendra probablement la place de Parsons en attendant son retour.  Il tentera de limiter les dégâts en son absence.  L'autre titulaire sur ce second rideau est le très fiable Lukas Van Ness.



Dans la tertiaire, les Packers ont sans doute le meilleur trio de demis de sûreté de la NFL avec Xavier McKinney (photo ci-dessus), Evan Williams et Javon Bullard.

C’est l’inverse chez les demis de coin, où Keisean Nixon et Carrington Valentine sont plutôt médiocres, même s’ils ont parfois sorti de bonnes performances en 2025.  C'est pourquoi les Packers ont appelé au secours Benjamin St-Juste, un ancien des Chargers et des Commanders, et qu'ils ont sélectionné Brandon Cisse (2e ronde, South Carolina) et Domani Jackson (6e tour, Alabama) au dernier repêchage.  

Ils pourraient tous jouer un rôle plus important en cas de défaillance de Nixon et Valentine.  St-Just a connu la meilleure saison de sa carrière l'an dernier à Los Angeles, n'accordant que 47,5 % de passes complétées, dans sa direction.  Cisse a été constant en défense contre la passe à l'université, mais il s'est surtout distingué contre le jeu au sol. 



Un des faits saillants dans la défaite des Packers au premier tour des séries, le 10 janvier dernier, a été les trois placements ratés par Brandon McManus.  Cela a fini par faire la différence dans ce match sans lendemain.  Le botteur fautif a été congédié, et le nouveau coordonnateur des unités spéciales, Cam Achord, fera confiance à la recrue Trey Smack (6e ronde, Florida, photo ci-dessus) pour s'occuper des bottés de précision, cette saison.

Le botteur de dégagement Daniel Whelan est de retour pour une 4e saison.  Il a été époustouflant, lors de la plus récente campagne, en enregistrant une incroyable moyenne de 51,7 verges par botté.

Derniers dans la Ligue Nationale pour la moyenne de verges par retour de botté de dégagement, les Packers ont mis sous contrat l'agent libre Skyy Moore, qui a pris le 6e rang chez les retourneurs de bottés d'envoi, et le 7e sur les retours de bottés de dégagement, l'an dernier, dans la NFL, avec les 49ers de San Francisco.   En début de carrière (2022, 2023) il a agi sporadiquement comme receveur, avec les Chiefs de Kansas City.
  
Plusieurs blessures à des joueurs clés à toutes les positions ont ruiné les chances de championnat des Packers l'an dernier.  Ils ont perdu plusieurs joueurs durant l'intersaison, ce qui fait qu'il n'ont plus de profondeur en attaque, comme en défense.  Advenant encore des blessures aux principaux titulaires des postes de partants, cette année, ils seront "cuits" !

Ils sont déjà privés de Parsons, leur meilleur joueur, et ils attendent des nouvelles des autorités de la NFL pour une possible suspension de leur seul bon porteur de ballon, Josh Jacobs.


Dans les circonstances, Matt LaFleur aurait avantage à centrer davantage l'offensive sur le jeu aérien, et sur celui de son excellent quart arrière Jordan Love.  Il n'aura peut-être pas le choix.

Le calendrier du "Pack" est favorable en début de saison avec des matchs "prenables" contre les Vikings, les Jets, les Falcons, et les Bucs.  Après, face aux Bears et aux Cowboys, LaFleur et ses protégés espèrent que Micah Parsons reviendra au jeu.

Les experts sont généreux et optimistes en établissant Green Bay comme favori dans 13 matchs en 2026-27, mais ils tempèrent leur ardeur en ne leur accordant que neuf ou dix victoires.  Ce qui devrait suffire aux Packers pour participer aux séries, de justesse, comme d'habitude ! 


Avec une attaque de calibre moyen, Matt LaFleur doit imaginer des plans de match plus variés, créatifs et audacieux, afin d'augmenter la production, et être moins prévisible par les défensives ennemies.  C'est possible avec un quart arrière de la trempe de Jordan Love.  C'est même nécessaire, car LaFleur a commencé à perdre le respect de ses joueurs.

En défense, Macah Parsons a prouvé l'an passé qu'il pouvait faire une grande différence en propulsant sa brigade dans le top-10 de la NFL. 

Les conditions gagnantes sont claires pour la prochaine campagne : éviter le plus possible les blessures, diversifier l'attaque, pouvoir compter sur une ligne offensive plus efficace, et récupérer Micah Parsons au plus vite ! 

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samedi 29 août 2026

SAISON 2026 DES BEARS DE CHICAGO : L'ENTRAÎNEUR CHEF BEN JOHNSON PRUDENT ET SOUCIEUX MALGRÉ LES GRANDS PROGRÈS DE L'AN PASSÉ...



Deux jours après l'élimination de son équipe, alors qu'elle venait de perdre de justesse en prolongation, contre les Rams de Los Angeles, en demi finale de la Conférence Nationale, l'entraîneur chef Ben Johnson des Bears de Chicago, ne se faisait pas d'illusion.  Dans son bilan de fin de saison, malgré les immenses progrès réalisés par ses joueurs au cours de la dernière année, il a simplement conclu qu'il faudrait repartir à zéro en 2026-27.

Pourtant, Johnson, à sa première expérience à titre d'entraîneur chef dans la Ligue Nationale de Football, avait fait passer les Bears, de trois campagnes consécutives au dernier rang de la division Nord de la NFC (fiche cumulative de 15 victoires pour 36 défaites) à la première place, celle de champions de cette section, en vertu d'un bilan de 11-6.  Il s'agissait d'un premier titre de division pour les Bears depuis 2018.  Et il avait aussi guidé sa troupe à une première victoire en séries éliminatoires depuis 2010, par surcroît contre les ennemis jurés des Ours, les Packers de Green Bay.

Reconnu pour être un génie de l'offensive, Johnson n'a pas fait mentir sa réputation.  En 2024, l'attaque des Bears avait terminé 28e de la NFL pour les points marqués, et dernière pour les verges gagnées.  La saison passée, Ben Johnson l'a fait remonter respectivement aux 9e et 6e rang de la Ligue.  Toute une différence !



Une bonne part de ces succès offensifs peuvent être imputés à l'amélioration de la ligne à l'attaque.  Le directeur général Ryan Poles a fait trois acquisitions importantes avant le début de cette fructueuse saison .  Il a d'abord renforcé l'intérieur de ce front offensif en obtenant par des échanges, les gardes Joe Thuney (photo ci-dessus) et Jonah Jackson, deux joueurs ayant participé au Pro Bowl.  

Puis, Poles a mis sous contrat l'agent libre, le centre Drew Dalman, qui a très bien joué, mais qui a surpris tout le monde en prenant sa retraite cette année, à l'âge de 27 ans seulement.  Le DG des Bears a dû réagir rapidement pour le remplacer, en transigeant à nouveau pour s'assurer les services du vétéran de 31 ans, Garrett Bradbury, un ancien des Patriots et des Vikings.  

Il s'agit d'une baisse importante de qualité de jeu par rapport à Dalman.  À Chicago, on chuchote que Bradbury ne fera pas long feu au centre de la ligne offensive, car la recrue Logan Jones (2e ronde, Iowa), qui aura 25 ans en octobre, et qui a été nommé meilleur centre universitaire l'an passé, pourrait lui voler sa place, plus tôt que tard...  Jones a surtout excellé en protection sur les jeux de passe, en permettant seulement trois pressions en 336 essais à Iowa, durant sa dernière saison.



Au poste de plaqueur à droite, pas de souci, Darnell Wright (photo ci-dessus) a été sélectionné sur la 2e équipe d'étoiles au terme de la dernière campagne.  Par contre, de l'autre côté, c'est l'inverse.  Ozzy Trapilo a subi une grave blessure au genou durant les éliminatoires contre les Packers, et il pourrait être absent pendant plusieurs semaines durant la prochaine campagne.

Il y aura une bataille "royale" entre plusieurs joueurs pour le remplacer.  La liste comprend : le vétéran Braxton Jones, qui serait le favori, mais qui sera défié par Theo Benedet, Kiran Amegadjie, et Jedrick Wills Jr, un agent libre mis sous contrat (ex Browns de Cleveland) durant l'intersaison.  Le choix de ce titulaire est crucial, car c'est lui qui a la grande responsabilité de protéger le côté aveugle du quart arrière Caleb Williams lorsqu'il recule pour tenter une passe.  Et, détail peu rassurant, Braxton Jones est justement faible en protection, sur les jeux aériens.  

Ben Johnson a avoué hier qu'il était très préoccupé par cette situation, car peu importe qui occupera ce poste parmi les possibles remplaçants de Trapilo, aucun ne semble très compétent.  



La saison dernière, l'amélioration de cette ligne offensive avait fait une énorme différence pour la protection de Williams (photo ci-dessus).  Son nombre de sacs ayant baissé de 68 en 2024, à 24, en 2025-26.  Le front offensif des Bears a été un des meilleurs de la NFL l'an passé, autant pour bloquer sur les jeux au sol, qu'en protection sur les jeux aériens.

Du côté des demis offensifs, la situation des Bears a été très satisfaisante avec les excellentes prestations de D'Andre Swift (1 087 verges, soit 4,9 verges par course, plus neuf touchés) et de la surprenante recrue Kyle Monangai (783 verges et cinq touchés).  Ce dernier est présentement blessé (hyper extension, genou droit) avec une étiquette "de semaine en semaine", comme période d'inactivité.  

Choix tardif de 7e ronde au repêchage de 2025, Monangai (photo ci-dessous) a étonné par son efficacité et sa puissance, qui lui ont permis de briser une trentaine de plaquages, et de gagner 4,5 verges en moyenne par course.  



Le quart Caleb Williams a aussi fait sa part en gagnant 388 verges au sol, et en marquant trois touchés.  Élusif, puissant coureur, grâce à son gabarit imposant, Williams a souvent échappé aux pressions des défenses adverses pour réussir des courses qui ont constitué des faits saillants, et rapporté des premiers essais.  

L'attaque au sol sera encore au coeur de l'offensive des Ours au cours de la saison prochaine.  Avec une moyenne de 144,5 verges de gains au sol par match, l'attaque terrestre des Bears a fini au 3e rang de la Ligue lors de la dernière campagne.  47 % des jeux offensifs de l'équipe ont été des jeux au sol. 

L'attaque aérienne pourrait manquer de receveurs de premier plan, à la suite du départ de l'ailier espacé no 1, DJ Moore, maintenant avec les Bills de Buffalo.  Les jeunes Rome Odunze (24 ans) et Luther Burden III (photo ci-dessous) sont prêts à assumer plus de responsabilités, et ont connu une bonne saison l'an dernier, mais après eux, le groupe de receveurs manque de profondeur.  



À preuve, l'ailier éloigné no 3 devrait être Kalif Raymond, un ancien des Lions, qui a joué sous les ordres de Ben Johnson, quand ce dernier était coordonnateur offensif à Détroit.  Raymond est plutôt un expert en retours de bottés.  L'autre solution pourrait être Jahdae Walker, 24 ans, un receveur ayant un bon gabarit (6'3", 206 lbs), qui en sera à sa seconde saison en NFL, avec Chicago.  

Odunze a raté cinq matchs à cause d'une fracture de stress à un pied, l'an passé.  Il dit qu'il devra dorénavant faire attention pour éviter de se blesser à nouveau à ce pied.  Mais il a démontré assez de talent et d'explosivité pour être en mesure d'égaler la production de DJ Moore.  Il sera cependant plus surveillé, et aura davantage de pression, en tant que nouvel ailier espacé no 1 de l'équipe.  Il doit améliorer son efficacité sur les attrapées contestées, et diminuer son nombre de passes échappées. 

Quant à Burden, il s’est distingué par sa capacité à gagner beaucoup de terrain après l’attrapé, et il voudra continuer sa progression, cette saison.



Mais aucun d'entre eux pourrait être la cible favorite de Caleb Williams.  Comme la saison dernière, ce devrait être plutôt l'ailier rapproché Colston Loveland (photo ci-dessus), qui, à sa saison recrue, a épaté la planète football avec ses 58 catchs pour 713 verges de gains, six touchés, et dix jeux explosifs de 20 verges et plus.  C'est très rare qu'une recrue puisse exceller autant, à sa position, chez les professionnels. 

Comme c'est en train de devenir une mode dans le circuit Goodell, Loveland pourrait être appelé à participer à une formation à trois ailiers rapprochés avec son coéquipier Cole Kmet, et la recrue Sam Roush (3e ronde, Stanford).  Ça compense pour le manque d'ailiers espacés pour l'attaque aérienne, ou ça aide l'attaque terrestre, quand ces gros ailiers rapprochés servent de bloqueurs.

Mais c'est du moteur de l'attaque, le quart arrière Caleb Williams, que devra venir la différence pour que les Bears aillent loin cette année.  L'ancien tout premier choix du repêchage de 2024 a fait des progrès considérables l'an passé.  Il a un potentiel énorme qui reste à développer.


La saison dernière il a probablement réussi les deux plus belles passes de touchés de la part d'un quart arrière de la NFL : celle de 46 verges à DJ Moore, pour la victoire en prolongation, le 20 décembre contre Green Bay; et celle de 14 verges à Cole Kmet (photo ci-dessus) qui a forcé la prolongation, dans les dernières secondes en temps réglementaire, contre les Rams de Los Angeles, en demi finale de conférence, le 18 janvier.  

En réalité, cette "bombe" a couvert une cinquantaine de verges puisque Williams avait été pourchassé jusqu'au milieu du terrain par les défenseurs des Rams, avant de décocher sa passe avec force, même en déséquilibre.  De l'avis de tous les observateurs, ce fut un des jeux les plus incroyables et quasi impossibles dans l'histoire des séries éliminatoires de la NFL. 

Williams a montré la puissance de son bras, et a considérablement réduit son nombre de sacs (de 68 à 24) la saison dernière, mais il doit encore travailler sur la précision de ses passes (seulement 58,1 % complétées).  Il faut dire qu’une partie de ces passes manquées est due aux receveurs, qui les ont souvent échappées (3e plus haut total de la NFL).  Il n'en reste pas moins que seul J.J. McCarthy, des Vikings, a été plus imprécis que Williams, parmi les quarts réguliers de la Ligue, l'an passé.



Williams (photo ci-dessus) a tout de même établi un record de franchise avec 3 942 verges de gains aériens, et son ratio passes de touché vs interceptions (27 : 7), a été le 5e meilleur dans la NFL.  Il a été particulièrement efficace en fins de matchs, ou en prolongation, quand les Bears sont revenus de l'arrière sept fois, dans les deux dernières minutes de jeu, pour l'emporter.  

Plusieurs de ces actions décisives ont été particulièrement intenses et spectaculaires, Williams s’échappant de la pression pour étirer le jeu, et réussir des passes qui sauvaient la mise à son équipe.  C’est ainsi que les gars de Chicago ont hérité du surnom de “Cardiac Bears”.

Si les attaquants des Ours ont mérité ce surnom, il en va de même également pour les hommes de la brigade défensive.  Ils ont provoqué 33 revirements (dont 23 interceptions, un sommet dans la NFL) pour sortir souvent leur équipe du pétrin, la saison dernière.  Mais seulement quatre de ces larcins appartiennent à des défenseurs qui font encore partie de la formation du club de la ville des vents.



Les changements de possession du ballon sont un élément clé du football américain.  L’habileté des joueurs des Bears dans ce domaine a toutefois camouflé, compensé, ou fait oublier bien des faiblesses de leur défense, l’an passé. Cette année, il sera presque impossible de reproduire ce tour de passe-passe en raison des nombreux changements de personnel survenus durant l’intersaison.

Des membres importants de l'unité défensive ont quitté pour signer des contrats ailleurs dans la NFL, mentionnons : le secondeur de ligne Tremaine Edmunds, l'ailier Dominique Robinson, les demis de sûreté Jaquan Brisker et Kevin Byard, le demi de coin Nashon Wright, et le nickel back C.J. Gardner-Johnson.

La priorité était donc de trouver des remplaçants pour combler ces pertes.  Les dirigeants des Bears voulaient surtout améliorer la vitesse de leur unité défensive.  C'est pourquoi ils ont fait signer des contrats aux agents libres Coby Bryant (demi de sûreté, ex Seanhawks) et Devin Bush (secondeur, ex Browns).  Ils sont aussi passés par le repêchage pour sélectionner le demi de sûreté Dillon Thieneman (1ère ronde, Oregon), et le demi de coin Malik Muhammad (4e tour, Texas).
  


Bryant est un joueur agressif et instinctif, capable de donner le ton, ou de renverser le cours d’un match, grâce à quelques plaquages percutants.  Mais à quel point a-t-il été aidé par la forte tertiaire des champions Seahawks de Seattle au cours des dernières années ?  Il pourrait être sur évalué à cause de ça.  Oups ! Je viens d'apprendre qu'il va manquer de 4 à 6 mois d'activités après avoir été opéré au genou gauche.  Ayoye !  Ça c'est un coup dur pour Dennis Allen et les pauvres Ours ! 

Thieneman (photo ci-dessus) est un marchand de vitesse, versatile, avec beaucoup de caractère, qui selon les dirigeants de l'équipe devrait devenir un joueur étoile.  Il est aussi efficace pour stopper le jeu au sol que pour couvrir sur les passes.  Dans les circonstances, il devra faire sa marque comme partant dès cette année.  

La tertiaire devrait retrouver les demis défensifs Jaylon Johnson (aine) et Kyler Gordon (aine et mollet) qui ont raté plusieurs matchs en raison de blessures, la saison dernière.  Mais les Bears auront du mal à compenser la perte de Kevin Byard qui a réussi sept interceptions l'an passé.



La ligne de front bénéficiera des retours au jeu de Dayo Odeyingbo (photo ci-dessus), qui a manqué la moitié de la plus récente campagne (tendon d'Achille) et de Shemar Turner (genou).  Mais le nom de ce dernier apparaît toujours sur la liste des blessés, et son retour dans l'unité du coordonnateur défensif Dennis Allen pourrait être retardé jusqu'en octobre ou novembre.

Allen voudrait améliorer le "pass rush" de sa bande.  Il n'a rapporté que 35 sacs l'an dernier, le 5e plus petit total dans la NFL.  Le vétéran Montez Sweat devrait encore contribuer à ce nombre (10 sacs en 2025-26), et Allen pense qu'à sa 3e année dans la Ligue, Austin Booker pourra en réussir bien plus que la saison passée (4½).  Booker a raté sept matchs l'automne dernier (genou) et il s'est blessé à l'aine hier, au camp d'entraînement (durée de son absence : de semaine en semaine).

Le manque de "pass rush" de cette première ligne de la défense 4-3 des Bears n'est pas sa seule faiblesse.  Son pourcentage de réussite pour stopper le jeu au sol pose aussi un problème.  Les coupables de cette déficience sont Grady Jarrett, 33 ans (photo ci-dessous), et Gervon Dexter Sr, qui ont obtenu de mauvaises notes sur leur bulletin de la plus récente campagne.  


Les Bears ont signé Neville Gallimore (ex Colts et ex Rams), mais ce n'est pas lui qui peut régler leur problème contre le jeu au sol, tandis que Booker et Odeyingbo sont des cas incertains...  Pas sûr qu'avec ce personnel sur la première ligne, les Bears vont gagner plusieurs batailles dans la guerre de tranchées qui détermine souvent l'issue des matchs dans la NFL...

Par contre, Dennis Allen est très content de l'acquisition du secondeur Devin Bush (ex Browns), un des meilleurs à sa position dans le circuit Goodell.  Bush compose une des plus solide ligne secondaire de la NFL, avec ses coéquipiers TJ Edwards, D'Marco Jackson, Noah Sewell et Jack Sanborn.  

Il n'y a pas grand chose à ajouter en ce qui concerne les unités spéciales.  Cairo Santos revient cette saison pour améliorer encore son statut de botteur de placements le plus précis de l'histoire des Bears (taux de réussite de 88,3 %).  Le botteur de dégagement, Tory Taylor, a battu le record de franchise la saison passée avec une moyenne de 47,8 verges par botté.



Notons toutefois que les unités spéciales seront plus performantes sur les retours de bottés, grâce à l’acquisition de Kalif Raymond (ex Lions, photo ci-dessus), l’un des meilleurs retourneurs de la Ligue Nationale.

*  *  *

Il existe plusieurs raisons de douter que les Bears puissent reproduire l’incroyable saison qu’ils ont réalisée l’an dernier.  D'abord, en 2025-26, incluant les éliminatoires, ils ont remporté huit victoires par la marge d'un touché ou moins, dont sept en revenant de l'arrière dans les deux dernières minutes de jeu, souvent contre des clubs faibles. Ils ont été chanceux.  Mais à trop jouer avec le feu, on finit par se brûler.  

D'ailleurs, dans leurs cinq derniers matchs, ils ont marqué seulement 47 points dans les trois premiers quarts de jeu, et 77 points au dernier quart.  Ils ont perdu trois de ces rencontres.  On ne peut pas toujours revenir d'un déficit, en tardant à se mettre en marche dès le début des parties.  Leur chance a fini par s'enfuir, et elle pourrait bien s'absenter aussi au cours de la prochaine campagne.



La défensive des Bears n'était pas très bonne l'an passé, mais elle a sauvé les meubles grâce aux 33 revirements qu'elle a provoqués.  Des 23 interceptions réussies la saison dernière, toutes, sauf quatre, appartiennent à des joueurs qui ne sont plus avec l'équipe.  Encore là, une diminution des revirements provoqués est à prévoir, laissant la défense encore plus vulnérable...

Équipe de dernière place en 2024, les Bears ont pu bénéficier d'un calendrier facile l'an passé.  Ce ne sera pas le cas cette saison.  Ils auront le 6e calendrier le plus compliqué de la NFL. 

Caleb Williams a joué les héros en fins de matchs, lors de la plus récente campagne.  Mais cela a occulté son manque de précision sur la majorité de ses passes.  Son groupe de receveurs manque de profondeur, et pourrait ne pas l'aider à compenser son imprécision, qui deviendrait ainsi un problème chronique, et fera augmenter son nombre d'interceptions.



Avec tous les changements et les coups durs qui ont secoué la défensive durant l’intersaison, il serait surprenant qu’elle s’améliore par rapport à son modeste niveau de l’an dernier.  Rappelons qu’ils ont terminé 23e pour les points accordés, 29e pour les verges concédées par match, et figuré parmi les derniers de la Ligue pour les sacs et les jeux n’ayant pas entraîné de revirements.

Oui, Ben Johnson (photo ci-dessus) a accompli des miracles lors de sa première saison comme entraîneur chef dans la NFL.  Mais avec l’effectif dont il dispose cette année, il pourrait bien manquer de tours de magie dans son sac, tout comme ses "Cardiac Bears", susceptibles de faire des crises du coeur durant la prochaine campagne, surtout contre des adversaires nettement plus redoutables que ceux qu'ils ont pris pas surprise l'an passé.

Leurs rivaux de division, Détroit et Green Bay, les attendent de pied ferme, et toutes les autres équipes comptent bien exploiter leurs faiblesses défensives pour se venger de ce qu’ils leur ont fait subir en 2025-2026. 
 


Les Bears ont plusieurs bons jeunes joueurs en attaque, et du lot, Caleb Williams peut aussi s'améliorer cette année.  Il pourrait être assez fort pour transporter littéralement son équipe.  Mais les analystes sont sceptiques et projettent environ neuf victoires pour les protégés de Ben Johnson en 2026-27.  Selon leurs prévisions, Chicago va rater les séries éliminatoires puisqu'ils seront devancés au classement de leur division par les Lions et les Packers.

La marge est mince entre la victoire et la défaite dans la NFL.  Il suffit de quelques détails pour faire basculer la chance d'un côté à l'autre.  Parlez en aux Chiefs de Kansas City, qui sont passés du bord des perdants l'an passé, après une décennie au cours de laquelle ils ont établi une dynastie.

Seul le génie offensif de Ben Johnson pourra sauver les Bears du naufrage cette saison, mais son navire va subir des dommages en rencontrant quelques écueils...



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Des prévisions concernant d'autres clubs de la NFL, pour la saison 2026-27 :










jeudi 27 août 2026

SAISON 2026 DES FALCONS D'ATLANTA ET DE LEUR NOUVEAU COACH KEVIN STEFANSKI : "AVEC DES SI ON VA À PARIS" ?



Quand on se pose plein de questions sur un club de sport, c’est qu’on cherche à éclaircir des zones d’ombre, ou des points incertains, qui peuvent jouer sur sa valeur ou son futur.  

Prenons l'exemple des Falcons d'Atlanta, une équipe de la Ligue Nationale de Football qui n'a pas eu une seule saison gagnante depuis huit ans.  Les changements apportés à la direction et à l’alignement durant l’intersaison leur apporteront-ils plus de succès cet automne ? On peut en douter...

Pour rehausser le prestige et la crédibilité de la franchise, le club de Géorgie s’est offert pour la première fois un président football.  Et c’est nul autre que son ancienne vedette et quart arrière emblématique, Matt Ryan. 



Déçu par le bilan du directeur général Terry Fontenot, on l’a remplacé par Ian Cunningham, pour remettre l’équipe sur les rails.  Il n’a encore jamais occupé ce poste dans sa carrière.

Estimant que l’entraîneur chef Raheem Morris avait lui aussi échoué, on l'a remplacé par Kevin Stefanski, même si celui-ci n’a pas réussi à briser la tradition de médiocrité des Browns de Cleveland (fiche de 45-56) durant les six années passées à leur tête.    

À son tour, Stefanski (photo ci-dessous) a nommé Tommy Rees comme nouveau coordonnateur offensif.  C’est lui qui commandera les jeux de l'attaque, depuis les lignes de côté. 



La grande question est de savoir si ces nouveaux dirigeants disposeront du personnel nécessaire pour vraiment faire la différence et, pourquoi pas, décrocher le titre de la modeste division Sud de la Conférence Nationale ?  Les Falcons ont terminé la dernière saison dans une triple égalité en tête de cette faible section, avec un bilan de huit victoires et neuf défaites.  Le bris d’égalité les a cependant relégués au troisième rang, les privant ainsi d’une place en séries éliminatoires.

De gros nuages noirs au-dessus des quarts arrières...

Au poste clé de l’attaque, le quart arrière, les Falcons sont en difficulté.  Après la grave blessure au genou qui a mis fin à la saison de Michael Penix l’an dernier, le vétéran Kirk Cousins avait pris la relève avec un certain succès, menant l’équipe à un dossier de cinq victoires et deux défaites, après un mauvais départ de 3-7 avec Penix.  Les Faucons ont terminé la saison en remportant leurs quatre derniers matchs.

Cousins ayant quitté le club pour se joindre aux Raiders de Las Vegas, les dirigeants des Falcons devaient trouver un remplaçant, et ils n'ont pu trouvé mieux que Tua Tagovailoa, rejeté par les Dolphins de Miami, qui ne croyaient plus en lui pour relancer leur équipe en reconstruction.
  


Que ce soit parce qu'il était mal entouré à Miami, ou parce qu'il avait amorcé son déclin à cause de ses problèmes de santé, Tagovailoa (photo ci-dessus) a vu son efficacité diminuer au fil des dernières saisons.  La goutte qui a fait déborder le vase à Miami, c'est possiblement ses 15 interceptions, l'an passé...  

Comme il n’a presque rien coûté aux Falcons (1 215 000 $), les Dolphins assumant encore une grande partie de son contrat pour 52,78 millions de dollars cette saison, les dirigeants du club ont tenté le coup avec lui, espérant qu’à 28 ans, il puisse retrouver son niveau supérieur d'il y a trois ou quatre ans. 

Michael Penix a déclaré hier qu'il serait prêt à revenir au jeu à temps pour le début de la saison régulière, le 13 septembre, à Pittsburgh, contre les Steelers.  L'entraîneur Kevin Stefanski devra décider lequel de ses deux passeurs il enverra alors dans la mêlée, pour débuter la partie.



Le fait est que Penix (photo ci-dessus), un choix de première ronde (8e au total) au repêchage de 2024, n'a pas prouvé qu'il pouvait être un quart arrière de franchise après ses deux premières saisons à Atlanta.  Comme ce fut le cas durant ses années dans les rangs amateurs, il a raté souvent des matchs à cause de diverses blessures, développant ainsi une réputation de joueur fragile.  

Sur 34 matchs possibles avec les Falcons, il n’en a joué que 14. Pendant ces rencontres, son taux de passes complétées (59,6 %), ses passes de touché (12), ses interceptions (6) et son indice d’efficacité de 85,8 laissent planer des doutes.  Pour sa troisième année, il doit convaincre ses dirigeants qu’il peut être un quart arrière régulier dans la NFL, et justifier ainsi sa sélection élevée au repêchage.

Compte tenu des multiples commotions cérébrales subies par Tagovailoa, comment de matchs les quarts des Falcons pourront-ils jouer à 100 % de leurs capacités, la saison prochaine ?



🏈Un plan d'urgence pour la ligne offensive... 

Les dirigeants des Falcons ont été pris par surprise quand le plaqueur à droite, Kaleb McGary a pris sa retraite de façon inattendue, cette année, après avoir raté toute la saison passée en se blessant au bas de la jambe, lors du camp d'entraînement.  

Son remplaçant de l'an dernier, Elijah Wilkinson ayant quitté l'équipe pour se joindre aux Cardinals de l'Arizona; et l'autre  suppléant possible, Storm Norton, ayant été déclaré inapte à jouer cette saison à cause d'une blessure, les dirigeants des Falcons ont dû se revirer de bord rapidement pour mettre sous contrat l'agent libre Jawaan Taylor (ex Chiefs et ex Jaguars ➡ photo ci-dessus).

Penix et Tagovailoa étant des passeurs gauchers, c'est Taylor qui devra protéger leur côté aveugle, en situations de passe.  Taylor a été moyen en protection sur les jeux aériens, l'an passé, avec Kansas City.  Mais en ce qui a trait au blocage sur les jeux au sol, il a été un des pires plaqueurs de la NFL.  Il a également un autre défaut : il écope de trop de pénalités... 
 


Heureusement, ses futurs coéquipiers Matthew Bergeron (photo ci-dessus), Chris Lindstrom, et le centre Ryan Neuzil, sont tous d'excellents bloqueurs, pour le super demi offensif Bijan Robinson.  Et avec l'autre membre de la ligne offensive, le plaqueur à gauche Jake Matthews, ils ont bien joué la saison dernière, pour protéger leur quart arrière, sur les jeux aériens.  La qualité de cette ligne à l'attaque ne devrait donc pas trop diminuer.

🏈Un Superman au champ arrière...

En regardant jouer les Falcons la saison dernière, on avait l’impression que toute leur attaque reposait sur un seul homme : le fantastique demi offensif Bijan Robinson.  Que ce soit en portant le ballon ou en sortant du champ arrière pour capter des passes, il était partout.  Il a mené la NFL pour les verges totales avec 2 298, en 2025.  

Il est devenu seulement le deuxième demi offensif dans l'histoire de la Ligue à gagner au moins 1 400 verges au sol et 800 par la passe, dans la même saison (le premier a été Steven Jackson, des Rams, en 2006).  Son adjoint de l'an dernier Tyler Allgeier est passé lui aussi aux Cardinals.  Les Falcons ont donc embauché Brian Robinson Jr (ex 49ers et ex Commanders) pour prendre sa place.  Les Falcons ne devraient rien perdre au change.



🏈Un manque de profondeur dans le groupe de receveurs...

Par contre, c'est différent chez les receveurs.  Drake London et l’ailier rapproché Kyle Pitts (photo ci-dessus) resteront les cibles privilégiées du jeu aérien, mais ils auront peu de soutien avec le départ de Darnell Mooney vers les Giants de New York, et celui de David Sills V vers les Buccaneers de Tampa Bay.

Ce ne sont pas de grosses pertes, mais les Falcons ont tout de même dû trouver des remplaçants.  Ils ont opté pour deux autres joueurs marginaux : Johan Dotson (ancien des Eagles) et, un revenant, Olamide Zaccheaus, joueur non repêché, qui avait porté leurs couleurs de 2019 à 2022, au début de sa carrière.

Il ne faudrait pas s'étonner de voir la recrue Zachariah Branch (photo ci-dessous) s'intégrer progressivement dans la formation partante des receveurs des Falcons, au cours de la saison, ou d'en faire régulièrement partie. 
 


Sa principale qualité au niveau collégial, c'était de briser beaucoup de plaquages une fois en possession du ballon.  Mais sur ses 81 réceptions avec Georgia l'an passé, 51 ont été réussies à la ligne de mêlée.  Son utilisation a donc été limitée de cette façon, mais les Falcons pensent qu'il pourra s'adapter à un rôle élargi dans la NFL. 

Par contre, s'il est très rapide, vif, et explosif, Branch ne constitut pas une grande cible avec ses 5'10" et ses 180 lbs.  C'est justement pour cette raison qu'on lui lançait si fréquemment le ballon, à la hauteur de la ligne de mêlée, à Georgia.

🏈Plusieurs pertes à combler en défense...

Ayant accompli un travail satisfaisant avec le personnel qu'il avait à sa disposition la saison dernière, le coordonnateur défensif Jeff Ulbrich a pu sauver son poste durant l'intersaison, contrairement à ses principaux collègues qui se sont vus montrer la porte de sortie.  Il a fait progresser sa brigade en 2025-26, surtout au chapitre du "pass rush", qui a rapporté une production formidable de 57 sacs, le deuxième plus haut total dans la NFL.



Mais Ulbrich (photo ci-dessus), - endeuillé par le décès de son épouse Cristina, à la suite d'un cancer, à l'âge de 48 ans, le 26 juillet dernier -, a perdu plusieurs joueurs importants sur le marché des joueurs autonomes.  Il ne pourra plus compter sur le demi de coin Dee Alford (à Buffalo), le secondeur Kaden Elliss (Nouvelle Orléans), et les plaqueurs David Onyemata (New York Jets), et Ruke Orhorhoro (Jacksonville).

Un de ses meilleurs atouts, l'ailier James Pierce, auteur de 10½ sacs l'an passé, a été suspendu par la NFL pour huit matchs, parce qu'il a été impliqué dans un cas de violence domestique, en février dernier.  Il a aussi été accusé d'avoir provoqué un accident de voiture lors de l'incident, ainsi que d'avoir fui la police, et résisté à son arrestation.  C'est une autre lourde perte pour Ulbrich et la défensive des Falcons.

Comble de malchance, son éventuel remplaçant, Jalon Walker s'est blessé au genou au camp d'entraînement, et il va rater toute la saison.


Face à cette situation périlleuse, et malgré un budget limité à cause des 75 millions de dollars qu'ils ont accordé au prolongement du contrat de leur star Bijan Robinson, les Falcons ont embauché les secondeurs de ligne Samson Ebukam (ancien des Colts) et Azeez Ojulari (ex Eagles et ex Giants); Christian Harris (ancien des Texans), l'ailier défensif Cameron Thomas (ex Browns), le plaqueur Maason Smith (ex Jaguars), et le demi de sûreté Sydney Brown (ex Eagles, photo ci-dessus).

Désespérés, les Falcons ont même fait appel au vétéran secondeur Za'Darius Smith (34 ans en septembre), qui s’apprête à rejoindre sa 7e équipe en NFL. 

Ulbrich aura la tâche gigantesque de remodeler sa défensive car, en plus des nombreux nouveaux joueurs, d'autres devront changer de position pour boucher des trous.

Samson Ebukam devrait être «l'heureux élu» pour prendre la relève de James Pierce, mais à côté des 10½ sacs de ce dernier, les deux d'Ebukam avec les Colts l'an dernier, font piètre figure.



Il y a également quelques points faibles dans la tertiaire avec Mike Hughes (photo ci-dessus) et Billy Bowman.  Les Falcons ont repêché le jeune Avieon Terrell (2e ronde, Clemson) cette année.  Est-ce qu'il pourrait jouer immédiatement avec son frère A.J., qui est le demi de coin régulier du côté gauche ?  Ce n'est pas impossible si Bowman est aussi inefficace que la saison dernière...  Avieon a bien joué à Clemson durant sa carrière amateur.  

Rappelons aussi que ça n'a pas aidé les Falcons d'avoir perdu leur choix de premier tour (13e rang) au dernier repêchage, dans un échange avec les Rams, l'an passé.

Même si elle ne comptait pas vraiment de joueurs étoile, la défensive a bien soutenu l'équipe la saison dernière.  Mais avec tous les problèmes qui l'affectent cette année, elle ne pourra pas rendre autant de bons services en 2026-27.



🏈La situation des unités spéciales améliorée...

Au moins, la situation des unités spéciales a été améliorée dans l'intersaison.  L’an dernier, les Falcons ont testé trois botteurs de précision : Zane Gonzalez, Parker Romo et Younghoe Koo. Aucun d’eux n’a été à la hauteur.  D’ailleurs, tous les trois sont encore à la recherche d’un emploi dans la NFL en ce moment.

Les dirigeants du club d’Atlanta pensent avoir trouvé la solution en recrutant le vétéran Nick Folk (photo ci-dessus), qui fêtera ses 42 ans début novembre.  Très précis ces trois dernières saisons, il a brillé l’an passé avec les Jets, et les deux années précédentes, avec les Titans, ne manquant qu’un seul placement à chaque campagne (taux de réussite de 96 % !!!).

Au poste de botteur de dégagement, Jake Bailey, un ancien des Dolphins et des Patriots, va remplacer Bradley Pinion.  Les Falcons ne perdent pas au change, et Bailey (photo ci-dessous) est trois ans plus jeune (29 ans) que Pinion.



Il n'y a pas de joueur déterminé pour les retours de bottés.  La recrue Zachariah Branch pourrait être un bon candidat.  Avant qu'il soit mieux formé pour accomplir cette tâche, Olamide Zaccheaus pourrait s'occuper des retours de bottés de dégagement, et Brian Robinson Jr, des retours de bottés d'envoi.

                           


Tout peut arriver dans l’étrange division Sud de la NFC.  La saison dernière, les Falcons ont terminé à égalité avec les Buccaneers et les Panthers, les trois équipes affichant un bilan identique de 8-9.  Cette année, les experts favorisent plutôt Tampa Bay pour remporter le titre de la section, un ou deux matchs devant les Saints de la Nouvelle Orléans, et trois devant la Caroline et Atlanta.

Les Falcons n'ont pas été couronnés champions de cette division depuis 2016.  Ils ne sont favoris que dans deux matchs, la saison prochaine, mais les prévisionnistes les plus optimistes pensent qu'ils pourraient en gagner cinq ou six.  Ils estiment très faibles leurs chances de remporter le titre de la division.  Les matchs intra division seront déterminants pour le classement.


Pourquoi tant de négativisme à propos des Falcons ?  D’entrée de jeu, leurs quarts arrières fragiles, Tua Tagovailoa et Michael Penix, n’inspirent pas vraiment confiance.  Les analystes fondent leur avis sur leurs récentes performances, qui ont été plutôt décevantes.  Leur dossier médical chargé n’est pas très rassurant non plus.  

Qui est vraiment le quart no 1 ?  Le regretté et légendaire John Madden disait souvent que si vous avez deux quarts arrières pareils, c'est que vous n'en avez aucun ! 
 

À moins que Tagovailoa ne retrouve la forme et l’efficacité qui étaient les siennes il y a trois ou quatre ans, ou que Penix parvienne enfin à franchir un cap vers l’excellence, les fans des Falcons feraient mieux de tempérer leur enthousiasme face aux nouveautés affichées par leur équipe cette saison.

Les passeurs des Falcons disposent certes d’armes offensives redoutables avec Bijan Robinson, Drake London et Kyle Pitts, mais est-ce suffisant ?  Qu'arrivera-t-il si un ou deux de ces piliers se blesse sérieusement ?  Le groupe de receveurs manque nettement de profondeur.

En défensive le pauvre coordonnateur Jeff Ulbrich ne sait plus où donner de la tête pour boucher les trous dans son alignement.  Il est accablé par une multitude de problèmes en raison de pertes subies durant la saison des agents libres, à cause de blessures importantes à des joueurs clés, sans oublier la suspension de James Pierce qui lui fera manquer la moitié de la saison.

Avec autant de questions, de conditions, et de « si », on va à Paris, comme dit l’adage.  Quant aux Falcons, ils n’iront nulle part, sauf vers le bas du classement de leur division...
        

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