mardi 7 septembre 2021

SAISON 2021-22 DE LA NFL : LES CHIEFS DE KANSAS CITY, TOUJOURS LES CHEFS DE FILE DANS L'OUEST DE LA AFC.



Dans l'Ouest de la Conférence Américaine, les Chiefs de Kansas City sont nettement les favoris.  Non seulement pour dominer leur division, mais pour aller jusqu'au bout et remporter le prochain Super Bowl.  Ils devront cependant faire face à plus de compétition dans leur section et prier pour que leurs joueurs-clés demeurent en santé, car ils manquent de profondeur en défensive...

Finalistes au dernier Super Bowl et très (trop ?) confiants de le gagner, les Chiefs ont été ramenés brutalement sur terre en subissant une cuisante défaite (31-9) aux mains des champions, les Buccaneers de Tampa Bay de Tom Brady.  Cette humiliation sera une source de motivation en 2021 car ils voudront venger cet affront.

Ils en ont d'ailleurs tiré des leçons, notamment dans l'urgence de remodeler leur ligne à l'attaque qui a lamentablement perdu sa guerre des tranchées face à leurs rivaux des Bucs.  Il est vrai que si cette ligne a si mal parue à cette occasion, c'est que leur quart-arrière Patrick Mahomes était blessé à un pied et que le manque de mobilité qui en résultait ne lui permettait plus aussi facilement d'échapper à la pression exercée par le front 7 adverse.


Mahomes a mangé la volée de sa vie en étant plaqué et harcelé pendant tout le match, mais il ne faut pas trop s'en étonner car son style de jeu agressif l'expose à jouer dangereusement.  À seulement 25 ans, il a déjà été ennuyé fréquemment par des blessures aux chevilles, au pied, et à un genou, en plus d'avoir subi au moins une commotion cérébrale.  On sait qu'il sort souvent de sa pochette protectrice, qu'il court fréquemment avec le ballon, en plus de lancer celui-ci en déséquilibre, de toutes les façons possibles.  Toutes ces actions prélèvent un lourd tribut physique et le prédisposent aux «accidents».

D'où l'importance de le protéger davantage, comme Brady l'est, à Tampa Bay.  Ce fut donc la priorité l'été dernier à K.C..  Et il semble que les dirigeants de l'équipe aient bien travaillé en ce sens en allant chercher des joueurs capables de combler les lacunes de cette ligne offensive.

Un échange a amené Orlando Brown (ex-Ravens).  On a pigé chez les agents libres en signant Joe Thuney (ex-Patriots).  À la position de centre, en plus de signer Austin Blythe (ex-Rams), les Chiefs ont repêché Creed Humphrey (2e ronde, 63e choix au total, de Oklaoma).  Le garde Kyle Long (ex-Bears) a été tiré de sa retraite et rejoindra Laurent Duvernay-Tardif quand tous deux seront remis de leurs blessures.

Résultat de tout ces chambardements sur la ligne offensive : Eric Fisher a dû faire ses valises pour aller jouer avec les Colts d'Indianapolis et Mitchell Schwartz a été libéré et se remet encore d'une grave blessure au dos subie en octobre 2020. 

Tout en apprenant à jouer ensemble avec cohésion, les nouveaux membres de cette ligne à l'attaque améliorée devraient ouvrir davantage de bons couloirs de course et profiter ainsi au porteur de ballon Clyde Edwards-Helaire, qui a bien fait à sa saison recrue l'an passé.  Ses coéquipiers, les demis offensifs Darrell Williams et Jerick McKinnon, pourront en bénéficier aussi de cette meilleure tenue de l'O.L..




Chez les receveurs, exit Sammy Watkins, qui en sera déjà à sa quatrième équipe avec Baltimore.  Ça libère le poste de receveur éloigné no 2 aux côtés du lièvre Tyreek Hill.  Les Chiefs croient qu'à sa troisième saison dans la Ligue, le rapide Mecole Hardman (photo ci-dessus) est prêt à prendre du galon.  Byron Pringle et Demarcus Robinson sont d'autres prétendants.  Travis Kelce vieillit (32 ans) mais il demeure l'un des meilleurs de la Ligue à son poste d'ailier rapproché.

De médiocre la saison dernière, la défensive des Chiefs devrait se classer dans la moyenne cette année.  En 2020, des blessures à des joueurs importants ont miné ses ressources et exposé le manque de profondeur de ce côté du ballon.  Quelques changements ont été effectués avant le camp d'entraînement, mais la tertiaire demeure «so-so» et le nouveau venu, le plaqueur Jarran Reed devra donner un sérieux coup de main pour aider cette unité défensive à faire davantage pression sur les QB adverses, une faiblesse, durant la dernière campagne.

Champions incontestés du Super Bowl en 2019, les Chiefs ont perdu de leur superbe l'an passé.  Certes, ils continuaient de gagner presque tous leurs matchs, mais avec des pointages plus serrés.  Mahomes dit viser une fiche de 20-0 (en incluant les séries éliminatoires) cette saison, mais son club devra d'abord se méfier de rivaux plus redoutables dans sa division.




À chaque début de saison, lorsqu'on évalue les forces en présence dans la Ligue Nationale de Football, on constate que la très grande majorité des clubs vont demeurer les mêmes. C'est-à-dire que, malgré les modifications apportées à leur alignement à cause du respect du plafond salarial, du repêchage et du marché des agents libres, les plus fortes formations vont encore dominer et les plus faibles vont toujours en arracher, du moins, à court terme, dans un avenir prévisible.

Il y a bien quelques exceptions, mais elles sont plutôt rares.  Une bonne organisation sait se maintenir longtemps près des sommets, tandis qu'il faut souvent plusieurs années pour reconstruire solidement une franchise qui est tombée dans les bas fonds du classement.

Reste les autres, de force moyenne, qui se seront peut-être améliorées dans l'entre-saisons grâce à de nouveaux entraîneurs, un bon repêchage, l'ajout judicieux d'agents libres de fort calibre pour combler des faiblesses (sans, d'un autre côté, avoir perdu trop de bons joueurs sur ce même marché des agents libres), de bons échanges et la progression bien prévue des jeunes joueurs de l'organisation.

Ainsi, grâce à ce bon travail durant la saison morte, certains clubs pourront causer des surprises durant la saison régulière.  Plusieurs experts pensent que les Chargers de Los Angeles pourraient être une de ces bonnes surprises en 2021.  Et ça pourrait être attribuable en grande partie à leurs nouveaux entraîneurs.  Même si l'an passé, avec les anciens entraîneurs en place, l'équipe a fini la saison en force en alignant cinq victoires d'affilée, dont la dernière contre Kansas City, les éventuels champions de leur Conférence. 


Au poste d'entraîneur-chef, Brandon Staley (photo ci-dessus) arrive de pas très loin puisqu'il dirigeait l'an passé la défensive no 1 de la NFL chez les Rams, les voisins des Chargers, à Los Angeles.  D'ailleurs, c'est lui qui appellera les jeux en défensive pour son nouveau club.  Il s'est fait une réputation de champion pour varier les formations (looks) et les stratégies pour mêler ou dérouter les offensives adverses.

Il a rebrassé les cartes dans les schémas défensifs en changeant certains joueurs de positions en vue de la prochaine campagne.  Autour du noyau des stars défensives des Chargers, il manque toutefois un demi de sûreté de qualité, un secondeur de ligne efficace et il y a encore trop peu de joueurs pour appliquer de la pression sur les quarts-arrières opposés.

En attaque, Staley veut aussi instaurer un mélange de systèmes offensifs, mais il prône surtout l'adoption de celui des Saints de la Nouvelle-Orléans.  Celui-ci est axé sur les longs jeux de passes et il met beaucoup l'accent sur les courtes passes aux demis sortant du champ arrière.  Le porteur de ballon Austin Ekeler doit donc s'attendre à être mis davantage à contribution au cours de la prochaine saison, comme l'est Alvin Kamara avec les Saints.  Ekeler n'est pas Kamara.  Il est moins costaud et moins durable.  Il pourrait ployer sous le fardeau de cette charge supplémentaire de travail.


La demande de Staley pour davantage de longs jeux aériens, genre «bombes», mettra aussi à l'épreuve la force du bras du jeune quart-arrière Justin Herbert (photo ci-dessus) recrue offensive de l'année 2020 dans la NFL.  Si on peut se fier sur la dernière campagne, il n'y a pas d'inquiétude au sujet des capacités de Herbert de propulser le ballon sur de grandes distances...  Du moment que ses receveurs Keenan Allen, Mike Williams, Jalen Guyton et Tyron Johnson soient suffisamment «bien en jambes» pour courir d'aussi longues routes !

Pour les passes courtes, Herbert sera moins bien servi puisque son excellent ailier rapproché Hunter Henry a quitté pour la Nouvelle-Angleterre et qu'il sera remplacé par le «vieux» Jared Cook, qui a beaucoup ralenti.  Herbert pourra toujours se rabattre sur ses demis offensifs pour jouer ce rôle sur les courtes distances.

Pour donner le temps à Herbert de passer aussi souvent le ballon, la ligne offensive devra être à la hauteur pour le protéger.  On a embauché le centre étoile Corey Lindsay (ex-Packers) et on a repêché le plaqueur offensif Rashawn Slater en première ronde, mais les gardes Matt Feiler et Oday Aboushi sont loins d'être très compétents...

Herbert subira-t-il la fameuse «guigne de la 2e année» ?  Il doit se familiariser avec un nouveau livre de jeux et une combinaison de systèmes offensifs pas mal compliquée.  Depuis fort longtemps, à chaque nouvelle saison, on croit que les Chargers ont beaucoup de talent et qu'ils vont se hisser parmi l'élite de la NFL.  Chaque fois, ils déçoivent.  Est-ce que ce sera encore le cas en 2021 ?  On verra bien !




Comme les Chargers, les Broncos de Denver donnent beaucoup d'espoir à leurs partisans au moment d'amorcer le calendrier 2021.  Plusieurs connaisseurs prétendent qu'ils lutteront avec les Chargers pour une des dernières places en séries éliminatoires dans la Conférence Américaine.

Il est vrai que leur excellente défensive force le respect.  Leur tertiaire et leurs joueurs capables de presser les QB adverses (dont Von Miller, photo ci-dessous) représentent des forces de premier ordre.  Mais en attaque, je ne partage pas les évaluations flatteuses de plusieurs analystes.

Les Broncos, dit-on, sont venus très près de mettre le grappin sur Aaron Rodgers cet été.  Mais ils ont manqué leur coup et ils se sont rabattus sur...Teddy Bridgewater qui, à part une bonne performance de cinq matchs en remplacement de Drew Brees, en 2019, n'a jamais rien cassé dans la NFL depuis ses débuts en 2014 au Minnesota.  L'an passé, avec les Panthers de la Caroline, en quinze parties, il a commis onze interceptions.

C'est lui qui sera le quart partant, dimanche prochain, à la place de Drew Lock, qui a connu une saison atroce en 2020 comme QB no 1 des Broncos (seulement 57 % de passes complétées, dont seize pour des touchés, quinze interceptions, faible efficacité de 75).  On reproche aux Broncos de ne pas avoir plutôt repêché un jeune quart-arrière, alors qu'il y en avait encore de très bons qui étaient disponibles quand les recruteurs de Denver ont fait leur choix de première ronde.

Depuis la retraite de Payton Manning, en 2015, les Broncos n'ont jamais pu trouver un quart-arrière valable.  Si vous ne savez pas si votre quart-arrière, au poste le plus important de l'équipe, est en mesure de bien accomplir ses tâches, vous risquez gros en ce qui concerne vos chances de succès.

Je ne partage pas non plus les hommages rendus au groupe de receveurs des Broncos, par certains experts qui les classent très hauts parmi les meilleurs de la NFL.  Qu'est-ce que Courtland Sutton, Tim Patrick, Jerry Jeudy et Noah Fant ont de si excitant pour mériter une aussi bonne évaluation ?  Je me le demande...

Melvin Gordon III n'est pas un mauvais porteur de ballon, mais ce n'est pas ce que l'on peut appeler un «game changer»...

Peut-être neuf victoires pour les Broncos, grâce à leur bonne défensive.  Pas de qualification en séries de fin de saison.




Les Raiders de Las Vegas ont donné tout l'or de Fort Knox (100 millions de dollars sur un contrat de dix ans) pour embaucher le flamboyant entraîneur Jon Gruden.  Après trois ans, les résultats sont assez minces : 29 gains, 39 revers.  À venir jusqu'ici, on ne peut pas dire que Mark Davis, le propriétaire de l'équipe, est content de son énorme investissement...

Il faut dire que les Raiders sont partis de loin et que le dossier de Gruden s'est amélioré d'année en année, jusqu'à parvenir à une moyenne de .500 (8-8 en 2020).  Un fait troublant demeure : après trois bons débuts de saison, le club s'est effondré chaque fois en deuxième moitié de calendrier.

Pour expliquer ces revers de fortune, les observateurs pointent la mauvaise défensive, de mauvais repêchages et de mauvais choix d'agents libres.

Pour remédier aux ennuis de la défensive, qui a été pourrie en 2020, les Raiders ont remplacé quatre partants durant la saison morte.  La plus notable addition est celle de l'excellent agent libre Yannick Ngakoue (ex-Ravens et ex-Jaguars), un maître pour presser les quarts-arrières ennemis, réussir des sacks et faire échapper le ballon aux adversaires.  Sur la première ligne de défense, les ajouts de Solomon Thomas, Quinton Jefferson et Darius Philon sont les bienvenus.  Les Raiders espèrent que sur les deux autres lignes de défense, certains jeunes joueurs, y compris des recrues, pourront hausser leur niveau de jeu et contribuer à faire passer la défensive de médiocre à passable.




En attaque, à son arrivée en poste, Gruden (photo ci-dessus) avait laissé entendre qu'il remplacerait le quart-arrière Derek Carr par «son homme».  Il n'en a rien fait et c'est tant mieux puisque Carr vient de connaître trois saisons irréprochables (plus de 4 000 verges de gains par la passe à chaque année).  Il utilise à merveille son extraordinaire ailier rapproché Darren Waller.  

Mais les deux receveurs de deuxième année, Henry Ruggs III et Bryan Edwards devront en donner beaucoup plus, après des saisons recrues peu impressionnantes. Il y a des limites à toujours lancer le ballon à Waller.  Ça devient une tactique trop prévisible pour les défensives opposées. Par chance, les agents libres John Brown et Willie Snead IV vont ajouter de l'expérience complémentaire pour mieux nantir ce groupe de receveurs.  

La grande force des porteurs de ballon Josh Jacobs et Kenyan Drake va dispenser les Raiders de trop se fier sur leur attaque aérienne.

Malgré quelques changements récents, la ligne à l'attaque reste suspecte, et un point faible.

L'offensive des Raiders a de bonnes chances de bien fonctionner encore en 2021.  Si la défensive peut mieux tenir le coup, Gruden pourrait mieux justifier son salaire astronomique en conduisant les siens à plus de succès.  Mais les autres clubs de leur division sont eux aussi en progression et ils ne leur feront pas de cadeaux...            

lundi 6 septembre 2021

SAISON 2021-22 DE LA NFL : LES TITANS DU TENNESSEE VISENT LE SUPER BOWL.









Très largement favoris pour rafler le titre dans la division Sud de la Conférence Américaine, les Titans du Tennessee ont de plus grandes ambitions cette saison.  Ils visent une participation au prochain Super Bowl, rien de moins.  Oui ils ont les outils nécessaires en attaque, mais leur défensive laisse à désirer, du moins pour un club qui aspire aux plus grands honneurs...

Si je faisais partie de l'unité défensive d'une équipe de la NFL, je n'aimerais pas affronter l'attaque des Titans du Tennessee.  Sur les jeux au sol, la locomotive Derrick Henry est presque impossible à arrêter.  Si vous vous massez à la ligne de mêlée pour espérer limiter les dégâts que le gros gaillard peut causer, le quart-arrière Ryan Tannehill peut changer le jeu et passer facilement le ballon à trois dangereux receveurs que sont A.J. Brown, et deux nouvelles acquisitions : Julio Jones -futur membre du Temple de la Renommée- et Josh Reynolds, qui a montré de très belles choses l'an passé avec les Rams de Los Angeles.

Choisissez votre poison !  Jones (photo ci-dessus) a 32 ans, et ses meilleures saisons sont probablement derrière lui, mais sa seule présence imposera le respect aux demis défensifs et aux secondeurs de ligne adverses, et ça va libérer de l'espace pour Brown et Reynolds, en plus de rendre encore plus dangereux Henry quand le front défensif ennemi s'attendra à un jeu de passe mais que le ballon lui sera remis.

La défensive reste douteuse même si les Titans ont signé Bud Dupree et Denico Autry (une grosse perte pour les Colts, les seuls rivaux sérieux des Titans dans leur division) pour corriger la grande lacune qu'a été le manque de pression sur les quarts-arrières opposés l'an passé.  Le Tennessee pourrait avoir des ennuis en couverture de passe car pas moins de quatre de leurs spécialistes se retrouvent sous d'autres cieux après avoir quitté l'équipe.  Au moins la moitié d'entre eux ne seront probablement pas remplacés adéquatement.

Obtenu en 2019 des Dolphins de Miami, en échange de presque rien, le quart-arrière Ryan Tannehill a été un vrai vol pour les Titans.  Il est rare qu'un joueur de plus de 30 ans se révèle enfin, à un âge si tardif.  Mais cela a été le cas pour Tannehill qui s'est classé parmi les QB les plus efficaces depuis deux ans.  Il a métamorphosé l'offensive de l'équipe qui, avec ses quarts précédents, n'allait nulle part.

Le calendrier 2021 des Titans ne sera pas reposant et leur défensive chancelante risque d'accorder encore beaucoup de verges et de points aux adversaires.  Leur puissante attaque devra donc compenser et maintenir un long temps de possession du ballon afin de ménager cette défensive vulnérable.

L'opposition n'est pas très forte dans la division Sud, ce qui devrait permettre aux Titans de finir en tête sans coup férir.  Mais de là à se rendre en finale de Conférence, c'est loin d'être dans la poche...










Alors que l'offensive est la force des Titans du Tennessee, c'est la défensive qui est celle des Cots d'Indianapolis, leurs principaux rivaux dans la division Sud de la Conférence Américaine.  Même si cette unité a perdu les services de Denico Autry (rendu chez leurs pires ennemis, les Titans), de Justin Houston et de Malik Hooker, les Colts devraient pouvoir compter encore sur une défensive très capable de se classer dans le top-10 de la Ligue Nationale.

Mais c'est un tout autre portrait en offensive.  Le quart-arrière Philip Rivers a pris sa retraite et les Colts l'ont remplacé par Carson Wentz (photo ci-dessus), un choix extrêmement risqué.  D'abord, le nouveau titulaire a la réputation d'être un joueur fragile.  On a même établi à 87 % ses probabilités de blessures graves en 2021 !  Ensuite, son niveau de jeu n'a pas cessé de péricliter depuis 2017, sa seule bonne saison chez les pros.

L'an dernier il a été absolument affreux avec les Eagles de Philadelphie.  Mais il devait constamment courir pour sauver sa vie à cause de la pire ligne offensive de la Ligue dans le domaine de la protection du QB.

Les Colts croient que, mieux protégé, et mieux dirigé, Wentz fera du bon travail à Indianapolis.  Ça reste à prouver !  En cas d'absence à cause de blessure, Wentz n'a aucun remplaçant valable puisque le quart substitut, Jacoby Brissett, est maintenant avec les Dolphins de Miami.

En attaque, les Colts devront s'en remettre surtout à leur excellent porteur de ballon Jonathan Taylor (3e meilleur de la Ligue pour les gains au sol en 2020).  Le manque de bons  receveurs pose problème.  T.Y. Hilton (cou) est encore blessé (comme c'est trop souvent le cas) et il aura 32 ans en novembre.  Le seul autre bon prospect à cette position est le jeune Michael Pittman, de qui les Colts expèrent une vraie éclosion en 2021.

Seuls les Colts croient encore que Wentz va «ressusciter» cette année pour conduire à bon port leur attaque plutôt inoffensive sur les longs jeux de passe.  Si ils perdent leur pari sur lui, ils auront bien des bâtons dans les roues pour gagner suffisamment de parties pour accéder aux séries de fin de saison, au terme d'un calendrier très peu commode pour tous les clubs de leur division.









La seule chose que les pitoyables Jaguars de Jacksonville (1-15) ont réellement gagné l'an passé c'est le premier choix au repêchage de 2021.  Et ce choix n'était pas difficile à faire. Le quart-arrière Trevor Lawrence (photo ci-dessus) a été l'heureux élu, comme tout le monde le prévoyait.  Il a bien fait au camp d'entraînement et dans les matchs préparatoires, et les risques qu'il échoue (comme bien d'autres premiers choix dans l'hsitoire de la NFL) sont, semble-t-il, très minces.  Les fans des Jags sont très très excités à son sujet, mais leurs attentes semblent pas mal trop élevées !  Le jeune homme n'est probablement pas un messie ou un sauveur qui va transformer leurs favoris en champions, du moins, pas cette saison...

Dépourvus à chaque position de leur alignement l'an dernier, les Jaguars ont dépensé des fortunes dans l'entre-saisons pour engager des agents libres.  Parmi ceux-ci notons des noms intéressants comme le receveur Marvin Jones (ex-Lions) qui, avec D.J. Chark, devrait former un duo dynamique comme ailiers éloignés.  Dans le champ arrière, Jacksonville a ajouté Carlos Hyde pour seconder le jeune James Robinson qui a été fantastique en 2020 (1 414 verges de gains au total).  Au poste de quart-arrière, on a acquis C.J. Beathard, au cas où le jeune Lawrence faillirait à la tâche.

En défensive, les nouveaux coachs de l'équipe vont passer davantage à un système 3-4 (trois joueurs en première ligne et quatre en seconde ligne) au lieu du 4-3 inefficace de l'an dernier.  Les Jaguars ont profité du marché des agents libres en sur-payant des gars comme Roy Robertson-Harris (ex-Bears) et Jihad Ward (ex-Ravens) pour améliorer leur capacité de presser les quarts adverses.  Une pression qui faisait gravement défaut en 2020.  Ils ont également misé sur Malcom Brown (ex-Saints) pour renforcer leur défense contre le jeu au sol.

Du côté de la couverture contre la passe, ils ont aussi marqué des points en allant chercher le demi de coin Shaquill Griffin (ex-Seahawks) et le demi de sûreté Rayshawn Jenkins (ex-Chargers).  Mais la valeur ajoutée de cette unité défensive, poreuse l'an dernier, va dépendre surtout de la progression des jeunes joueurs qui sont nombreux à plusieurs postes.

Bref, les Jaguars seront meilleurs cette année, surtout si la prometteuse recrue Trevor Lawrence réussit sa rentrée chez les pros.  Il reste trop de trous à boucher en défensive pour que l'équipe connaisse une saison gagnante.  Mais six ou sept victoires en 2021 devient un objectif à leur portée si tous les ajustements apportés à la formation, et aux plans de matchs, portent fruits, pour faire en sorte que tout se déroule assez bien...













En 2021, les joueurs des Texans de Houston auront la moyenne d'âge la plus élevée de la NFL.  Et...probablement la pire formation de la Ligue aussi !  Au cours de la dernière année, la franchise du Texas a été une véritable entreprise de destruction massive !  Tous leurs meilleurs éléments ont pris la porte de sortie.

Il restait le quart-arrière Deshaun Watson (photo ci-dessus), mais celui-ci sera probablement écarté de l'alignement car il doit faire face à pas moins de 22 plaintes d'inconduite ou d'agressions sexuelles.  À sa demande, l'équipe tente de l'échanger, mais ils n'ont pas trouvé preneur jusqu'à maintenant, et il semble qu'on le paiera pour qu'il demeure chez lui cette saison.

Comme si les choses n'allaient pas déjà très mal !  Les pronostics sont épouvantables en vue de la prochaine campagne.  Les moins pires prédisent quatre victoires (comme en 2020) aux Texans.  D'autres leur en accordent deux.  Les plus pessimistes : zéro !

Peut-être que ces sombres prédictions sont trop sévères.  L'entraîneur en chef  David Culley a confirmé que c'est Tyrod Taylor qui sera aux commandes de l'attaque lors du premier match régulier de l'équipe, dimanche prochain.  Par le passé, avec d'autres formations, Taylor a connu quelques bonnes séquences, mais ce n'est certainement pas un aussi bon QB que Watson.  De plus, il est sujet aux blessures.

Autour de lui, le personnel offensif ne fera pas de miracle.  Le seul bon receveur est Brandin Cooks qui, gageons-le, verra beaucoup de doubles couvertures sur lui.

Chez les porteurs de ballon, David Johnson devrait voir le plus d'action, mais il y a aussi Phillip Lindsay, Mark Ingram II et Rex Burkhead qui doivent tous se demander comment et dans quelle mesure ils seront utilisés au champ arrière.  Tous peuvent toutefois servir assez bien d'options sur des jeux de passe.  La ligne offensive comporte des faiblesses qui n'ont pas été corrigées dans l'entre-saisons.

La défensive aussi, a été presque complètement changée.  Ce sera étrange de ne plus voir J.J. Watt à son poste, lui dont la direction a eu pitié en l'envoyant poursuivre (et possiblement finir) sa glorieuse carrière en Arizona.  Il faut absolument que cette nouvelle unité, rebâtie avec 19 vétérans provenant du marché des agents libres, soit capable d'effacer la minable performance de leurs prédécesseurs de l'an dernier qui n'ont réussi à provoquer que neuf petits revirements.

Les Texans espèrent que tous ces nouveaux venus d'expérience pourront faire mieux dans tous les départements, que ce soit pour neutraliser les jeux au sol, appliquer de la pression sur les quarts-arrières, ou améliorer la couverture sur les jeux aériens.  Pratiquement derniers dans la Ligue dans tous ces domaines, les Texans peuvent difficilement être aussi pires que la saison passée.

En 2021, les Texans peuvent surprendre quelques adversaires pas très forts qui les prendront trop à la légère.  Quatre victoires, c'est pas mal tout ce qu'ils peuvent espérer...   

dimanche 5 septembre 2021

SAISON 2021-22 DE LA NFL : LE FUN EST DE RETOUR DANS LE «DAWG POUND» DE CLEVELAND !













Il aura fallu deux décennies pour que le fun revienne dans le «Dawg Pound» de Cleveland. L'an passé, les Browns de l'endroit ont mis fin à une vingtaine d'années de misère en méritant enfin une participation aux séries éliminatoires grâce à un reluisant dossier de onze victoires, cinq défaites. Leur chemin s'est arrêté en ronde éliminatoire de divisions en perdant contre les éventuels champions de la Conférence Américaine, les Chiefs de Kansas City. Les Browns peuvent-ils répéter leurs exploits de 2020 ?

Ils ont de la compétition dans leur division avec les Ravens de Baltimore et les Steelers de Pittsburgh. Mais tout est en place pour les Browns pour se rendre encore loin cette saison.

Après de multiples et infructueux changements d'entraîneurs, les Browns ont enfin trouvé d'excellents coachs, dont celui qui a été nommé l'entraîneur chef de l'année 2020 dans la NFL : Kevin Stefanski.

Leur attaque sera encore formidable. Elle n'a perdu aucune pièce maîtresse durant la saison morte. La ligne à l'attaque est féroce et très forte. Le duo de porteurs de ballon formé de Nick Chubb et Kareem Hunt est possiblement le meilleur de la Ligue.

Le quart-arrière Baker Mayfield semble s'être «trouvé» en deuxième moitié de saison, en novembre et en décembre, en jouant enfin à la hauteur des attentes élévés que l'on plaçait en lui. Si le jeune homme poursuit dans la même veine, et si son controversé et fragile receveur Odell Beckham Jr peut éviter les blessures et retrouver ne serait-ce que 80% de ses immenses moyens de jadis, quand il s'alignait avec les Giants de New York, les Browns seront extrêmement difficiles à stopper en attaque.




Mais ce qui est le plus important à l'aube de la nouvelle saison, ce sont les changements apportés à la défensive de Cleveland. Tous les partants de cette unité, la faiblesse du club l'an passé, ont été remplacés, sauf les Pro-Bowlers Myles Garrett et Denzel Ward. De gros noms sont venus s'ajouter par la voie des agents libres. Des noms comme Jadeveon Clowney, Takk McKinley, Malik Jackson, Troy Hill, John Johnson III (photo ci-dessus) et Anthony Walker.

Certes, quelques-uns d'entre eux ont sous-performé ces dernières années, soit à cause de blessures ou parce qu'ils étaient peut-être mal entourés. Mais si ces footballeurs peuvent jouer à la mesure de leur potentiel et de leur talent, attention aux Browns, ils pourraient poser un sérieux défi aux autres formations de tête de leur Conférence.


Avec une pierre d'assise aussi extraordinaire que le quart-arrière Lamar Jackson (photo ci-dessus), rien ne semble impossible aux Ravens de Baltimore pour avoir du succès dans la Ligue Nationale de football.

Mais aussi bon soit-il, Jackson a besoin d'appui en offensive pour conduire les siens à une place en séries éliminatoires. Et disons, qu'à ce chapitre, outre son coéquipier Gus Edwards, qui le secondera comme porteur de ballon (Jackson est toujours le meilleur porteur de ballon durant la saison et l'offensive des Ravens repose énormément sur les jeux de course), le pivot des Ravens ne peut compter sur d'aussi bonnes armes offensives que son homologue Baker Mayfield à Cleveland.

Déjà, des blessures durant le camp d'entraînement privent les Ravens de joueurs importants. Le demi offensif J.K. Dobbin et le secondeur L.J. Fort (tous les deux blessés gravement à genou) sont probablement finis pour la saison. Les receveurs Sammy Watkins (recruté comme agent libre, ex-Chiefs, un joueur frêle, sujet aux blessures depuis le début de sa carrière), Marquise Brown, Miles Boykin (aine, absence d'une durée indéfinie), et la recrue Rashod Bateman ont tous visité l'infirmerie durant le camp d'entraînement. Les deux premiers devraient être à leur poste au commencement de la saison; tandis que le dernier (aine) pourrait n'être de retour que pour la semaine 4.  Récemment, Jackson a attrapé le COVID- 19 pour la seconde fois en un an, et il n'est toujours pas vacciné.

Peut-on vraiment se fier presque uniquement à l'attaque au sol dans une Ligue où le jeu aérien est favorisé ?  Les défensives ennemies peuvent s'ajuster en conséquence si les jeux offensifs de l'adversaire deviennent trop prévisibles...

En défensive, les Ravens ont perdu deux gros morceaux : les secondeurs Matthew Judon et Yannick Ngakoue.  La question se pose à savoir qui pourra exercer de la pression sur les quarts-arrières adverses ? Un gros point d'interrogation sinon une faiblesse certaine même si l'ajout du vétéran Justin Houston (signé comme agent libre, ex-Colts, 32 ans) devrait aider...

Sur la première ligne de défense, les trois partants sont bons mais vieillisants (ils ont tous plus de 30 ans).  Sur la seconde ligne, on aura du mal à remplacer Judon, Ngakoue et Jihad Ward, tous partis.

La tertiaire est toutefois très solide avec le sensationnel Marcus Peters (photo ci-dessus), Marlon Humphrey et Tavon Young.

Incomplets en attaque, moins forts en défensive, les Ravens pourraient régresser cette saison.  Leurs onze victoires de l'an dernier seront difficiles à atteindre et une place en séries n'est pas garantie même s'il y a une place supplémentaire qui a été ajoutée dans chaque Conférence (sept équipes qualifiées au lieu de six), avec le calendrier de 17 matchs, cette année.



Les Steelers de Pittsburgh sont les champions défendants de la division Nord (12-4 en 2020) et ils devraient livrer une chaude lutte aux Browns de Cleveland pour le titre, encore cette année, si leur vieux quart-arrière Ben Roethlisberger (39 ans) tient le coup derrière sa mauvaise ligne à l'attaque.

Big Ben a baissé un peu de régime (passes plus courtes) l'an passé mais il a l'avantage de pouvoir compter sur des cibles de choix avec un très bon groupe de receveurs formé de JuJu Smith-Schuster, Chase Claypool, Diontae Johnson et James Washington.  Le principal porteur de ballon sera la recrue Najee Harris (James Conner est parti chez les Cardinals de l'Arizona), dont on dit qu'il est habile pour capter des passes lorsqu'il est utilisé comme option ou comme dépanneur.

Évidemment, si les joueurs de ligne ne peuvent pas bien protéger leur vieux quart-arrière, cela sera synonyme d'ennuis pour l'unité offensive.  Et il ne faut pas oublier que Pittsburgh aura un des calendriers les plus défavorables de la Ligue en 2021.

Les Steelers ont perdu des plumes en défensive avec les départs de Bud Dupree, Vince Williams, Mike Hilton et Steven Nelson.  L'unité défensive du coach en chef Mike Tomlin est encore très coriace avec en tête le super athlète T.J. Watt (photo ci-dessus), mais elle a moins de profondeur et la tertiaire est plus vulnérable avec les trous causés par les départs de Nelson et de Hilton.

Après avoir gagné leurs onze premières parties, l'an passé, les Steelers ont perdu cinq de leurs six dernières.  Vont-ils poursuivre sur ce déclin de fin de saison 2020 ?  Chose certaine, si le vieux Big Ben tombe au combat, ou s'il flanche en étant rendu au bout du rouleau, dans ce qui pourrait bien être sa saison d'adieu, les Steelers seront en difficultés et rateront les séries éliminatoires.

Les faibles Bengals de Cincinnati ont fait le ménage dans leur alignement au cours de la saison morte.  Ils ont dit Bye Bye aux vétérans A.J. Green, John Ross, Geno Atkins, Giovani Bernard, Ryan Finley et plusieurs autres.  La jeune quart-arrière recrue Joe Burrow (photo ci-dessus) qui a fait écarquiller les yeux de tout le monde par son brio et en étant super cool l'an passé, sera-t-il remis de sa grave blessure au genou subie lors du 10e match de l'équipe ?  Certains éclopés de ce genre ne s'en remettent jamais complètement et ils ne sont plus les mêmes après... 

Pour rejoindre ses receveurs de qualité, en l'occurence : la prometteuse recrue Ja'Marr Chase (5e choix au total lors du repêchage 2021), Tee Higgins et le dangereux Tyler Boys, Burrow devra avoir le temps et la chance de s'exécuter, ce qui est loin d'être assuré avec la ligne à l'attaque poreuse qui sera devant lui.  Affreuse l'an dernier, on a tenté de la renforcer durant l'été en procédant à quelques changements, mais les nouveaux membres de cette brigade devront prouver leur valeur puisqu'elle est loin d'être certifiée.

Au champ arrière, les Bengals se fient sur Joe Mixon qui devrait atteindre son apogée cette saison.  Mais si Mixon devait se blesser comme l'an dernier, il n'y a pas de releveur de qualité pour le remplacer.

De l'autre côté du ballon, les Bengals ont réussi à combler leurs pertes sur le marché des agents libres.  Mais aux postes de secondeurs, les déficiences restent apparentes.

Les Bengals demeurent un club en reconstruction et la compétition est trop forte dans leur division.  Si jamais Burrow est trop handicapé par son genou fragile, l'équipe n'ira pas loin encore cette année...