dimanche 8 août 2021

MATTHEW STAFFORD : LA PIÈCE QUI MANQUAIT AUX RAMS POUR RETOURNER AU SUPER BOWL ?



En remportant le Super Bowl LV le 7 février dernier, les Buccaneers de Tampa Bay sont devenus la première équipe de la NFL à triompher chez eux, devant leurs partisans, au stade Raymond James, lors du match de championnat du football professionnel américain.

Le prochain Super Bowl aura lieu le 13 février 2022 au SoFi Stadium de Los Angeles, où évoluent les Rams de LA.  Pour espérer imiter les Bucs en gagnant le trophée Vince Lombardi à domicile, les Rams tentent le tout pour le tout cette saison en ayant acquis à fort prix le vétéran quart-arrière Matthew Stafford dans une transaction au cours de la saison morte avec les Lions de Détroit.  En retour, ces derniers ont reçu l'ex-quart no 1 des Rams Jared Goff, deux choix de première ronde, et un de troisième ronde au repêchage.

Stafford imitera-t-il Tom Brady des Buccaneers en conduisant son club aux plus grands honneurs ?  Certains experts le croient, mais il y a beaucoup de chemin à parcourir pour réussir cet exploit dans le camp des Rams...

Certes, Stafford est un meilleur quart-arrière que Goff, qui après avoir conduit la puissante attaque des Rams (moyenne de 33 points par match et 421 verges de gains par partie) jusqu'au Super Bowl de février 2019 perdu 13-3 contre la Nouvelle-Angleterre, n'a pas cessé de régresser les deux saisons suivantes.  Des premières positions, l'offensive des Rams a chuté au 11e rang en 2020 avant de se ramasser 22e l'an passé.



L'ambitieux entraîneur-chef Sean McVay (ci-dessus) en avait assez de Goff, de son pauvre jugement, de son inhabilité à improviser de bons jeux quand le jeu prévu ne fonctionnait pas, et, surtout, le coach ne pouvait plus endurer les gaffes coûteuses de Goff (une machine à revirements).  Il a perdu patience et il a demandé à ses patrons de porter un grand coup en allant chercher un pivot plus fiable, et capable, en la personne de Stafford.  Les rivaux des Rams dans la NFC Ouest, les 49ers de San Francisco, cherchaient eux aussi à mettre la main sur l'ex-star des Lions.

Avec son ancienne formation, Stafford, 33 ans, détient la plupart des records d'équipe au chapitre du jeu par la passe.  En douze saisons avec eux, il n'a joué que dans trois matchs éliminatoires, tous des défaites.  Le changement d'air, d'un club d'éternels perdants à une formation nettement supérieure, lui procure un regain d'énergie et de motivation.

Certes, il ne rajeunit pas et, malgré son endurance, il a subi sa part de blessures qui pourraient finir par diminuer ses capacités physiques.  Il possède toujours l'un des bras les plus forts chez les quarts-arrières de la Ligue.  Il excelle sous pression; il jouit d'une vision du jeu et d'un grand bagage d'expérience qui lui permettent d'anticiper toutes les situations; il peut lancer le ballon loin et avec précision.  Le nouveau général en attaque des Rams devrait faire beaucoup de dégâts dans les défensives ennemis avec le très bon groupe de receveurs qui est à sa disposition.  DeSean Jackson s'est ajouté à ce talentueux groupe par la voie du marché des agents libres.



Mais sur ce même marché, les Rams ont perdu plusieurs joueurs qui pourraient mettre à l'épreuve leur profondeur à quelques positions, spécialement en défense.  Sur la première ligne, Aaron Donald (ci-dessus) est toujours là, probablement le meilleur de la NFL à sa position.  Mais à ses côtés, Michael Brockers n'est plus là, échangé aux Lions, et Morgan Fox, devenu agent libre, est également parti.

Du côté des demis de coin, le joueur tout-étoile Jalen Ramsey et son coéquipier Darious Williams couvrent la moitié du terrain avec beaucoup d'efficacité, mais ils ne pourront plus compter sur Troy Hill pour les aider dans la tertiaire des Rams.  Une certaine relève pourra peut-être compenser cette perte, mais les Rams vont s'ennuyer de la versatilité qui faisait de Hill un atout précieux en défense.

Pour ce qui est des demis de sûreté, la perte de John Johnson (agent libre rendu à Cleveland) sera difficile à combler.  Cela se fera par comité, en rotation, par plusieurs joueurs, mais un point d'interrogation plane au-dessus de cette position...

Malgré ces départs, la défensive des Rams devrait demeurer parmi les meilleures du circuit Goodell dans le nouveau calendrier de 17 matchs réguliers (au lieu de 16) qui s'amorce le 9 septembre prochain.



Parlant de point d'interrogation, le plus gros est sans doute au poste de porteur de ballon.  Durant l'entraînement pré-camp, le titulaire du poste no 1, Cam Akers (no 23, ci-dessus), a subi une grave blessure au talon d'achille.  Il sera absent toute la saison.  Akers avait éclos durant les deux derniers mois de la saison dernière et il s'était établi comme un des bons demis offensifs de la Ligue.  Darrell Henderson Jr prendra sa place.  Il n'est pas mauvais mais il a été ennuyé par des blessures au cours des deux dernières campagnes.

S'il devait se retrouver encore au rencart, les Rams n'ont que des recrues sans expérience pour le remplacer.  McVay n'a pas écarté la possibilité de transiger pour ajouter un porteur de ballon expérimenté pour seconder Henderson.  L'ex-Rams Todd Gurley est agent libre, mais, pour le moment, le coach des Rams a déclaré que son club n'est pas intéressé à le rapatrier.

C'est certain que, depuis plusieurs années, les changements aux règlements de la NFL ont favorisé le jeu aérien, et que les Rams sont bien nantis en armes offensives avec leur nouveau quart-arrière et leur excellent groupe de receveurs, mais ça prend un minimum d'attaque au sol pour garder les défensives adverses «honnêtes».

Les Rams au prochain Super Bowl avec Matthew Stafford en tête ?  Pas impossible, mais le nouveau quart-arrière du club californien, qui devrait produire à profusion, après s'être adapté au système offensif de Sean McVay, devra vraiment faire toute la différence pour que cela se produise... 

jeudi 24 juin 2021

CHEERLEADERS DES ANNÉES 1960 ET LE MOUVEMENT DES DROITS CIVILS AUX USA.



En 1960, le cheerleading franchit un autre pas de géant. La prestigieuse Ligue Nationale de Football ouvre ses portes pour la première fois aux cheerleaders professionnelles. Ce sont les Colts de Baltimore qui ont l'honneur et le bonheur de poser ce geste qui est à la fois une reconnaissance du statut enviable déjà atteint par le cheerleading mais qui servira également de tremplin pour l'évolution de ce futur sport.

Les années soixante sont celles de la bataille des droits civils pour les personnes de race noire aux États-Unis. Ces temps de tumultes et d'affrontements viendront troubler spécialement la vie des étudiants sur les campus universitaires. Dans la société américaine, ce sont des endroits progressistes par excellence pour nourrir les revendications des noirs, qui sont de plus en plus nombreux dans ces institutions d'enseignement supérieur. Dans le sud du pays, où ils sont encore en plus grand nombre, les noirs protestent souvent pour dénoncer le fait qu'ils ne sont pas assez bien représentés dans les équipes de cheerleaders. À certains points névralgiques du territoire américain, cela se traduira par des manifestations, des boycottages de cours et même des émeutes.


L'intégration des "blacks" au cheerleading se fera peu à peu mais il connaîtra quelques difficultés en raison des différences de styles. À cause de leur culture et de leur bagage génétique, les noirs sont plus adeptes d'un style acrobatique rythmé. Les blancs sont plus orientés vers des figures ou des chorégraphies misant davantage sur la beauté et la grâce des gestes que sur des prouesses de haute voltige. Le mariage des deux styles sera très bénéfique au cheerleading et il le conduira plus tard à son apogée.

En 1968, au moment où ce mariage commence à porter ses fruits, une autre innovation concourra à rendre encore plus attrayant le spectacle des Pom Pom Girls : il s'agit du pom pom en vinyl créé par Fred Gasthoff. Lawrence Herkimer conserve toutefois ses droits (brevet) sur cet objet étincelant qui améliore et embellit tellement le "travail" et le physique des charmantes meneuses de claques.

Sur la photographie en tête d'article, on voit un typique "home coming", une cérémonie traditionnelle de bienvenue faite par les cheerleaders des Colts de Baltimore. Cela se passe en 1959 au retour des joueurs des Colts après une partie disputée à l'étranger. Dans le montage photographique ci-dessous, vous pourrez voir en images les sujets que je viens d'aborder. Toujours sur une musique de NFL films, Times of Glory.

lundi 8 février 2021

SUPER BOWL LV : BRADY FAIT LE TRAVAIL ET LA DÉFENSIVE DES BUCS EMBOUTEILLE L'OFFENSIVE DES CHIEFS.












 Évidemment après l'écrasante victoire de 31-9 des Buccaneers de Tampa Bay au Super Bowl LV, la Presse et les amateurs de football, en général, n'en avaient que pour le quart-arrière et joueur du match Tom Brady.  «Un 7e titre du Super Bowl pour Brady», ça résume à peu près l'ensemble des manchettes des médias sur la couverture de ce Super Bowl plutôt décevant pour ceux qui aiment les matchs serrés avec des dénouements dramatiques de dernières secondes.

Que l'attaque de Tampa Bay marque plus de 30 points sous la direction d'un Brady, ayant à sa disposition un paquet de coéquipiers de fort calibre, ça n'a surpris personne.  C'était le Brady habituel "faisant la job" comme avait l'habitude de commander son ancien pilote des Patriots Bill Belichick.

Que la défensive de Tampa Bay limite la puissante offensive des Chiefs à trois maigres placements, ça c'était impensable et imprévisible.  C'est de loin, ce qui a fait la différence dans cette partie de championnat.  Un deuxième d'affilée pour la ville de Tampa Bay, après la conquête de la Coupe Stanley par le Lightning, au hockey, l'été dernier.

On force également la note en affirmant que Brady a transformé à lui seul une équipe perdante en équipe championne.  On doit aussi donner crédit aux dirigeants du club floridien pour l'excellence de son repêchage et pour avoir engagé de bons agents libres.  Mentionnons l'étonnante tertiaire des Bucs qui est composée de six jeunes hommes de 24 ans et moins, tous repêchés au cours des trois dernières années !  Ils n'ont donné aucun touché aux rapides gazelles des Chiefs !  Un exploit digne...de champions !  

Avant cela, dans leurs autres matchs éliminatoires, eux et leurs coéquipiers de la défense, étaient venu à bout de deux autres quarts-arrières super étoiles Drew Brees (New Orleans) et Aaron Rodgers (Green Bay).  Ce n'est pas peu dire !



Mais c'est clair, comme le soulignait l'entraîneur chef des champions, Bruce Arians (photo ci-dessus, à 68 ans, le plus vieux coach à gagner le SB), que, si sa formation avait le personnel pour aller jusqu'au bout, la mission de Brady c'était de les faire croire en la victoire ultime.  Sur ce plan, le professionnalisme du numéro 12, sa réputation de gagnant, et sa façon scrupuleuse de se préparer à chaque match, en ne négligeant aucun détail, ont nettement inspiré ses coéquipiers à suivre son exemple et son leadership.

Il faut aussi ajouter que la présence de Brady à Tampa, a probablement incité Rob Gronkowski (deux touchés dans le match) et Antonio Brown (un touché) à se joindre à l'équipe.  Brady avait également approuvé la signature du demi offensif Leonard Fournette (tiens, tiens ! l'autre marqueur de touché pour les Bucs, dimanche !).

Dans sa conférence de presse après cette cuisante défaite des siens, le quart-arrière Patrick Mahomes a rejeté du revers de la main l'excuse selon laquelle sa blessure à un orteil avait joué un rôle dans la contre performance de son attaque.  Il a préféré louangé le plan de match des Bucs et la solidité de leur défensive qui, de son propre aveu, lui a infligé la pire correction de sa carrière.

Mené par le secondeur Shaq Barrett, qui aurait mérité le titre de joueur du match, à mon avis, chaque membre de la brigade défensive des Bucs a joué son rôle à merveille pour littéralement embouteiller Mahomes et ses hommes à l'attaque.  Le jeune quart a été constamment harcelé, pressé, frappé et plaqué pendant toute la rencontre.



On aurait dit que la défensive de Tampa connaissait ou devinait à l'avance tous les jeux ou les stratégies offensives des Chiefs.  À croire qu'ils avaient volé les signaux des ennemis (pour faire un clin d'oeil au «Spygate» des  Patriots de Brady, quand il jouait pour eux !).

Décimée par les blessures, la ligne à l'attaque des Chiefs, recousue de remplaçants, n'a eu aucune chance de freiner les élans irrésistibles du front défensif des Bucs.  La guerre des tranchées a été remportée facilement par les gros joueurs de Tampa.  Ce qui a été à l'origine des succès des nouveaux champions, et ce, des deux côtés du ballon.

Les Buccaneers avaient bien appris de leur défaite contre Kansas City durant la semaine 12, en novembre dernier.  Cette fois-ci ils ont étroitement surveillé le petit poison Tyreek Hill qui les avait humilié en saison régulière en marquant trois touchés en plus d'accumuler l'incroyable total de 269 verges par la voie des airs, dans la victoire de 27-24 des Chiefs. Cette fois-ci, Hill a été limité à 73 verges de gains et sept ballons attrapés.



















 Lorsque venait le temps de passer, Mahomes semblait toujours courir pour sa vie, et il lançait souvent le ballon en déséquilibre, tout croche, ce qui compliquait la tâche de ses receveurs, la plupart bien couverts par les défenseurs des Bucs, qui ont d'ailleurs réussi deux interceptions.  Travis Kelce (no 87, photo ci-dessus) a capté dix passes pour 133 verges mais il a aussi échappé quelques passes cruciales.

Un match des Chiefs sans marquer aucun touché, on avait pas vu ça depuis longtemps !  Pendant que tout fonctionnait très bien pour Tampa, rien ne se passait comme prévu pour Kansas City.

Profitant de la faiblesse de la ligne à l'attaque rapiécée des Chiefs, les Bucs n'ont même pas eu à utiliser la blitz.  Ils pouvaient exercer efficacement de la pression sur Mahomes avec seulement leur quatre joueurs de ligne, et libérer ainsi leurs sept autres coéquipiers de la défense pour surveiller plus étroitement les receveurs des Chiefs.  Les dangereux lièvres de Kansas City se retrouvaient plus souvent qu'autrement à lutter contre des couvertures doubles ou triples dont ils n'arrivaient pas à se défaire.

Mahomes, ne trouvant pas ses cibles, devait courir avec le ballon, s'en débarrasser, ou subir des sacks (trois).  Tout le contraire de ce qu'on attendait...

Ce qui a grandement motivé les Buccaneers (en particulier la brigade défensive) avant ce match décisif, c'est qu'ils étaient les négligés des parieurs et des experts, qui ne semblaient en avoir que pour les exploits de Mahomes et de ses brillants receveurs de passes.

On entend souvent dire que c'est la défensive qui fait gagner les championnats au football.  On en a eu encore une preuve au Super Bowl LV même si après cette éclatante victoire des Buccaneers on ne parle que de Brady et cie...