samedi 7 septembre 2024



SAISON  2024-25  DES  BRONCOS  DE  DENVER  :  VIVRE  AVEC  L'IMPATIENCE  DE  SEAN  PAYTON  ET  LA  DETTE  LAISSÉE  PAR  LE  DÉPART  DE  RUSSELL  WILSON...


Dernière partie de notre voyage dans l'Ouest de l'Association Américaine : au Colorado, chez les Broncos de Denver.

Sean Payton a une excellente réputation comme entraîneur chef dans la Ligue Nationale de Football.  Les Broncos de Denver lui ont donné les pleins pouvoirs quand ils l'ont mis sous contrat l'an dernier.  Mais il leur a coûté très cher.  Son salaire annuel est estimé à 18 millions de dollars, et pour l'obtenir de son ancien club, les Saints de la Nouvelle-Orléans, ils leur ont cédé un choix de 1ère ronde, et un autre de 2e ronde, au repêchage.

L'année précédente, dans l'espoir de mettre enfin la main sur un bon quart arrière, depuis la retraite de Peyton Manning en 2015, les Broncos avaient dépensé une fortune colossale pour obtenir Russell Wilson, dans un échange au cours duquel ils ont dû donner plusieurs bons joueurs aux Seahawks de Seattle.

Malgré une assez bonne campagne, en 2023-24, Wilson n'était pas du tout le genre de quart arrière à pouvoir plaire à monsieur Payton.  Et ce dernier n'a rien fait pour l'accommoder ou lui rendre la vie facile.  Il lui a même fait réchauffer le banc pour les deux derniers matchs du calendrier.  Cet affront est survenu après que le colérique coach ait piqué une crise contre lui, le 16 décembre, dans une cinglante défaite de 42-17 face aux Lions de Détroit (photo en tête d'article).

Une fois la saison terminée, l'idée de Sean Payton était déjà faite : il ne voulait plus voir Wilson dans son équipe.  Il a été presque donné aux Steelers de Pittsburgh, mais son contrat étant garanti, les Broncos doivent lui verser encore la grande majorité de son salaire.  Cette saison ce sera 53 millions de dollars qui apparaîtront sur leur liste de paye, soit 21 % de celle-ci.  L'an prochain, ce sera encore 32 millions de $$$ supplémentaires.


Sean Payton veut bâtir une formation sur les mêmes critères qui lui ont fait gagner le Super Bowl en 2009, avec les Saints.  Il s'est d'ailleurs assurer les services de plusieurs joueurs qui étaient avec le club de la Nouvelle-Orléans.

Mais son gros salaire, et les hauts choix de repêchage que lui et Russell Wilson ont coûtés aux Broncos, font en sorte que Denver ne peut pas reconstruire l'équipe par de bonnes sélections aux encans amateurs.  Ils n'ont pas non plus de marge de manoeuvre, sous le plafond salarial, pour engager des agents libres de première classe.

Résultat : on fera ce qu'on peut avec les faibles ressources que l'on a, mais les prochaines saisons pourraient être difficiles, même si la grande expertise de Payton fera probablement éviter le pire du pire à l'Orange Crush.

Dans l'entre saison, pour faire des économies à cause du cap salarial limitatif, quatorze joueurs sont partis et autant sont venus les remplacer, mais à moindre coût.  On comprendra que ces changements n'amèneront pas assurément une amélioration de l'alignement.  Ce qui laisse présager que l'on ne pourra probablement atteindre les huit victoires de l'an passé.  Certains analystes les voient même avec deux gains de moins, sinon trois de moins, qu'en 2023-24.



Pour prendre la place de Russell Wilson au poste de quart, Payton vante beaucoup les mérites de la recrue Bo Nix, sélectionné en première ronde, au 12e échelon.  Il était coté au 6e rang chez les quarts arrières de cette cuvée 2024.  Cependant, les experts ne sont pas tous unanimes à son endroit...  Nix (photo ci-dessus) a connu une brillante carrière chez les amateurs en 61 départs comme QB partant, un record.  Son patron a tellement confiance en lui, et en ses qualités de leader, qu'il l'a nommé tout de suite capitaine.

Mais on a remarqué que ses passes sont courtes.  Est-ce parce qu'il n'a pas un bras assez puissant ?  En match de championnat la saison passée, les Huskies de Washington ont neutralisé Nix en inondant les zones courtes ou intermédiaires, parce qu'il ne le craignait pas sur les longs jeux aériens.  Les clubs de la NFL peuvent avoir appris des tactiques des Huskies, et ils vont les appliquer. 

L'offensive des Broncos a fait pitié l'an passé en ne marquant en moyenne que 19½ points par match.  Avec le porteur de ballon principal Javonte Williams et ses 3,6 verges de gains par course (3,3 verges par portée, dans les dix dernières parties), l'attaque au sol ne carbure certainement pas au maximum.  La recrue Audric Estime (choix de 5e ronde) pourrait même être appelée en renforts, si Williams, et son adjoint Jaleel McLaughlin, ne produisent pas au goût de Sean Payton.  Les Broncos n'ont marqué que huit touchés au sol la saison passée.



Et les receveurs de l'équipe sont loin de répandre la terreur en territoire ennemi.  Les Broncos n'ont pas vraiment de receveur éloigné no 1.  Ils avaient, en fait, deux numéros 2, l'an passé, Courtland Sutton et Jerry Jeudy.  Ce dernier a été échangé aux Browns de Cleveland durant la saison morte.

Il sera remplacé par Josh Reynolds, un agent libre embauché après son passage chez les Lions de Détroit.  Les Broncos espèrent aussi que Marvin Mims (photo ci-dessus) puissent "éclore" à sa deuxième saison dans les majeures, lui qui a déçu l'an dernier, mais qui a excellé comme retourneur de botté, en méritant même une place au Pro Bowl, dans ce rôle, sur les unités spéciales.

Troy Franklin, repêché en 4e ronde ce printemps, pourrait contribuer à cette modeste attaque aérienne, dès cette saison, si elle est aussi peu productive que l'an dernier (24e de la NFL).  Franklin a développé une bonne chimie avec Nix, la saison passée quand ils étaient coéquipiers à Oregon.



Du côté des ailiers rapprochés, ce n'est pas l'or du Colorado non plus.  Adam Trautman (photo ci-dessus) semble l'élu au poste de numéro 1, faute de mieux, mais Sean Payton n'ira nulle part avec lui s'il désire gruger de grosses parties de terrain.

La meilleure partie de l'offensive de Denver est de loin leur ligne à l'attaque, bien qu'elle ait permis 52 sacks (27e rang de la Ligue).  Au moins, c'est une bonne fondation...

La défensive ?  Malgré les problèmes de l'attaque, ce n'est rien comparés à ceux de cette unité, où les points positifs sont rares.  L'exception étant le demi de coin Patrick Surtain (photo ci-dessous), qui est tellement intimidant, que les quarts arrières opposés évitent de lancer le ballon en sa direction. Contre lui, ils n'ont maintenu qu'une faible efficacité de 68 %.  C'est le 4e meilleur score pour un demi de sûreté dans la NFL, depuis les trois dernières saisons.

Les autres demis de coin des Broncos ne sont pas de calibre, mais, heureusement, les demis de sûreté sont plutôt bons, avec Brandon Jones et P.J. Locke, bien qu'ils manquent d'expérience, après la perte de Justin Simmons (maintenant avec les Falcons).  Ce seront des partants pour la première fois de leur carrière.



Mais pour freiner les jeux de courses, c'est pas mal le désert.  Après la perte de leur leader Josey Jewell (maintenant avec les Panthers de la Caroline), les secondeurs de ligne sont atroces, et les ailiers défensifs aussi.  Depuis de nombreuses lunes, les Broncos n'ont pas eu un seul chasseur de quart avec au moins dix sacks à son compte.

Il n'y a qu'à l'intérieur de la première ligne que Zach Allen et D.J. Jones sont efficaces.  L'an dernier ce "front 7" a fini 30e de la NFL contre le jeu au sol (137,1 verges allouées par match), et 29e pour les verges totales accordées.  L'unité défensive de Denver a été la pire de la NFL pour défendre les dix dernières verges à la porte de ses buts (20e en zone rouge).

Étrangement, cette défensive a connu énormément de succès dans une séquence de cinq victoires d'affilée, du 22 octobre au 26 novembre, et ce, contre de gros clubs.   Alors que l'offensive ne commettait plus d'erreurs, la défense en provoquait une tonne chez les adversaires.  Elle en a réussi 16, dont 15 échappés recouvrés.  Un exploit qui sera sans doute difficile à répéter.

Ces victoires consécutives, souvent remportées par une très mince marge, ont fait paraître le dossier de 8-9 plus respectable qu'il l'a été en réalité. 



Dans l'ensemble la brigade défensive a terminé 27e pour les points marqués contre elle (417).  De ceux-ci, 70 ont été encaissés le 24 septembre contre les Dolphins de Miami.  C'était la première fois dans l'histoire du circuit Goodell qu'une défensive accordait au moins 70 points, et 700 verges de gains, à un club opposé, dans un même match.

Ce n'est pas en allouant une moyenne de cinq verges par course, et en permettant aux QBs ennemis d'afficher un coefficient d'efficacité de 98 (3e pire de la NFL pour une défensive), que la brigade défensive des Broncos va aider le club à gagner plus de matchs qu'il va en perdre.

On a beau dire que les statistiques de la défensive peuvent souvent varier d'une saison à l'autre, mais disons que ce n'est pas rassurant pour le futur immédiat, en ce qui concerne les Broncos.  Il n'y a pas beaucoup de raisons pour espérer une grande amélioration, du moins, à court terme.

Unités Spéciales

Voilà au moins un domaine dans lequel les Broncos excellent !  Sean Payton a confiance à l'ex porte couleurs des Saints, Wil Lutz (photo ci-dessous), pour les bottés de précision.  Il a bien fait l'an passé.  Le botteur de dégagements Riley Dixon a plutôt été très moyen, mais Mims, comme nous l'avons déjà mentionné, a été superbe comme retourneur de bottés (dont un retour de 99 verges pour un touché).



Conclusion

Sean Payton et les Broncos ont décidé de miser sur la jeunesse et la rapidité pour commencer la reconstruction de l'équipe.  Du 8e plus vieux alignement l'an dernier, Denver aura le 10e plus jeune cette saison.  Payton ne pourra se fier sur sa faible défensive pour gagner à elle seule des affrontements.  Pas même contre les modestes Raiders de Las Vegas, qui ont battu les Broncos dans leurs neuf dernières confrontations !

Les parieurs et les preneurs aux livres misent sur une 8e saison perdante d'affilée pour l'Orange Crush.

Payton a certes apporté de la discipline dans sa troupe.  Avec Nix, un QB qui demeure davantage dans la pochette protectrice, -contrairement à Russell Wilson-, le coach en chef veut du rythme dans le jeu de passes, avec un bon timing entre les QB et les receveurs.  Il veut que ces derniers soignent leurs tracés, surtout en milieu de terrain.  

Si Nix n'est pas fort sur les longs jeux de passes,  ça ne dérange pas Sean Payton.  Drew Brees n'avait plus de bras, en dernier avec les Saints, et Payton s'en est accommodé.  Mais pour réussir, Nix devra être mieux protégé.  La ligne à l'attaque a permis beaucoup trop de sacks en 2023-24.


Il faudra voir si Bo Nix ne sera pas le 12e quart arrière à manquer son coup avec Denver, depuis que Peyton Manning a pris sa retraite, après avoir gagné le Super Bowl 50.  Les pivots substituts Jarrett Stidham et Zach Wilson ne seront pas des sauveurs, si Nix faillit à la tâche.  Dire que les Broncos auraient pu repêcher Josh Allen (photo ci-dessus) en 2018 !  Quelle occasion ratée !  Allen, un candidat permanent au titre de MVP à chaque année, aurait pu changer le sort du club pour dix ou quinze ans !

Sean Payton sait toujours soutirer le meilleur de ses joueurs, et sa vaste expérience évitera que les siens tombent trop bas.  Mais de là à pouvoir les conduire en séries éliminatoires, il ne faut tout de même pas rêver...  Du moins pas dans un proche avenir.  La dette envers Russell Wilson va freiner encore les espoirs des Broncos pour un bon bout de temps...












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vendredi 6 septembre 2024



SAISON  2024-25  DES  RAIDERS  DE  LAS  VEGAS  :  LE  RETOUR  DU  FOOTBALL  DE  VILAINS  PIRATES !

Nous poursuivons notre aventure chez les clubs de la division Ouest de l'Association Américaine.  Nous visitons les Raiders de Las Vegas.

Peu de changements dans l'entre saison pour le Noir et Argent.  En fait, le gros changement est survenu deux mois après le début de la dernière campagne.  Les Raiders s'en allaient en enfer avec leur entraîneur en chef Josh McDaniel.  Il a été congédié et remplacé par Antonio Pierce, à titre intérimaire.  

Autant les footballeurs de Vegas avaient détesté jouer pour McDaniel, autant ils ont adoré jouer pour Pierce, qui les a menés à une fiche de cinq victoires en neuf parties.  Aussi, ses nouveaux protégés ont-ils milité, au printemps, pour que Pierce perde son étiquette d'intérim pour devenir leur coach officiel.  Ce que la direction de l'équipe a confirmé ensuite.

Pierce, par son dynamisme, et sa bonne humeur, a complètement changé l'atmosphère, à la fois dans le vestiaire, et sur le terrain.  Le plaisir de jouer est revenu, de même que la traditionnelle façon de compétitionner des Raiders : frapper fort, faire mal aux adversaires, être agressifs et insolents !  Faire des raids impromptus !



Les Raiders ne seront pas les plus talentueux encore cette saison, mais ils vont parfois surprendre des adversaires qui les prendront trop à la légère.  Comme la saison passée, quand Vegas est allé battre les champions du Super Bowl à Kansas city.  Ou quand les Raiders ont massacré les Chargers de L.A. 63 à 21.  Les deux victoires sous la direction de Pierce.

Les points d'interrogation restent nombreux en ce qui concerne l'alignement.  Les Raiders parlaient au 13e rang au dernier repêchage.  Ils auraient voulu choisir un des six quarts arrières de première force qui étaient éligibles, mais ils avaient tous été pris quand leur tour est arrivé.  Ils se sont rabattus sur l'ailier rapproché Brock Bowers, qui pourrait être un des meilleurs à sa position dans la NFL, au cours des prochaines années.

À l'attaque, sans pouvoir lancer dans la mêlée une recrue de qualité au poste de pivot, les Raiders ont embauché Gardner Minshew, qui devrait être leur partant pour débuter la saison.  Minshew (photo ci-dessous) a presque mené les Colts d'Indianapolis en playoffs, la saison passée, après avoir pris la relève D'Anthony Richardson, blessé au 5e match.



C'est avant tout un substitut, mais les entraîneurs ont décidé de lui confier le ballon, à la place d'Aidan O'Connell, qui avait pourtant bien fait au poste de quart, après que Jimmy Garoppolo fut encore tombé au combat, et que Pierce ait pris les commandes de l'équipe.

Garoppolo est rendu chez les Rams, et le demi offensif Josh Jacobs a déménagé à Green Bay.  Ce qui donne son poste à Zamir White, qui a excellé quand Jacobs s'est blessé en fin de saison.  White a gagné 397 verges en quatre parties, et il a été le porteur de ballon le plus occupé de la NFL durant cette période.  Les Raiders ont acquis les services d'Alexander Mattison (ex-Vikings) pour le seconder au champ arrière.

Vegas va probablement utiliser encore souvent une formation à deux ailiers rapprochés.  Bowers devrait donc s'aligner avec Michael Mayer.  Le dangereux receveur numéro un, Davante Adams (photo ci-dessous), sera d'un côté, et Jakobi Meyers, de l'autre.  Les Raiders ont libéré le petit receveur Hunter Renfrow (agent libre).  Dommage, je l'aime bien, il pourrait aider une autre équipe.



La ligne à l'attaque est potable, mais, dans l'ensemble, avec les doutes au sujet des quarts arrières, un manque de profondeur au niveau des ailiers espacés et des demis offensifs, la plupart des analystes et des preneurs aux livres ne donnent pas une bonne note à cette offensive.  La saison dernière, elle n'a marqué que 19½ points par match.  Avec le personnel en place présentement, je ne crois pas qu'elle en mettra plus au tableau indicateur. 

Même constat en ce qui regarde la défensive.  Les Raiders reviennent avec les mêmes joueurs que l'an passé sauf le joueur de ligne Christian Wilkins (ex-Dolphins), engagé comme agent libre.  Il a connu sa meilleure saison en 2023-24 en réussissant neuf sacks.  Dans ce domaine, il aidera l'as de la défense de Vegas, Max Crosby (14½ sacks).  Wilkins est, semble-t-il, bon contre les jeux au sol.  Les Raiders ont alloué 2 015 verges (21e de la NFL) de cette manière durant la dernière campagne.

Il ne faudrait pas que des blessures viennent gâcher la saison des partants aux postes défensifs.  Les substituts sont médiocres à toutes les positions.  Et même certains titulaires réguliers laissent à désirer.  On peut qualifier l'ensemble de la brigade défensive de "moyenne" ou "passable".



Unités Spéciales

Les trois spécialistes des bottés, le botteur de précision Daniel Carlson, et le botteur de dégagements AJ Cole (élu le meilleur de la NFL l'an passé, photo ci-dessus), sont de retour cette année.  Tre Tucker sera en charge des retours de dégagements, et Ameer Abdullah recevra les bottés d'envoi.

Conclusion

Avec leurs quarts arrières limités aux points de vue qualité et capacité, car ils sont en fait deux substituts; avec un porteur de ballon encore non prouvé et sans remplaçant valable; avec un seul receveur dangereux pour les longs jeux de passes, l'offensive des Raiders ne fera guère peur à personne.

La défensive et les unités spéciales peuvent tenir le coup, mais elles pourraient être surutilisées et souffrir à cause d'une attaque incapable de contrôler le temps de possession du ballon.



Ce qui va compliquer les choses c'est le calendrier de l'équipe.  Il est très difficile.  Les Raiders doivent gagner leur part de matchs contre leurs adversaires de division, les Chargers et les Broncos.  À part ça, seule la rencontre face aux Panthers de la Caroline est vraiment à leur portée.  Bien sûr ils peuvent surprendre des formations supérieures à la leur.  Mais s'ils réussissent à atteindre la même fiche qu'en 2023-24 (8-9), ce serait déjà tout un accomplissement.

Certaines prévisions les limitent à six gains seulement.  C'est plausible.  En tous cas, ça les mettrait en meilleure position au repêchage de 2025.  Ils pourraient ainsi courir la chance de sélectionner enfin, un bon quart arrière pour le futur. 


N.B.  Pour consulter d'autres analyses des clubs de la NFL, voir dans la marge de droite sous le titre : "Messages les plus consultés dans les 30 derniers jours", ou les archives du blog →   

jeudi 5 septembre 2024



SAISON  2024-25  DES  CHARGERS  DE  LOS ANGELES :  EST-CE  QUE  JIM  HARBAUGH  POURRA  ACCOMPLIR  DES  MIRACLES  POUR  SORTIR  SA  NOUVELLE  ÉQUIPE  DU  TROU  ?

Après un arrêt à Kansas City chez les Chiefs, nous poursuivons notre chemin dans l'Ouest de la Conférence Américaine, à Los Angeles, là où les Chargers tenteront de rebondir d'une mauvaise saison l'an dernier (5-12), grâce à leur illustre nouvel entraîneur, Jim Harbaugh.

Partout où il est passé, le vénérable coach de 60 ans a eu des succès fracassants, que ce soit chez les amateurs, ou chez les professionnels.  Il s'est fait le spécialiste des retournements rapides, de situations apparaissant souvent désespérées.  En peu de temps, de 2011 à 2014, il a conduit les 49ers de San Francisco à trois finales de championnats de la Conférence Nationale, et à une participation au Super Bowl (en 2012, contre les Ravens de Baltimore, coaché par son frère John).

Plusieurs équipes de la NFL voulaient l'embaucher cette année, et ce sont les Chargers de Los Angeles qui ont gagné le gros lot.  Harbaugh aura une tâche colossale sur les bras, pour rebâtir ce club, qui a dû laisser partir presque toutes ses vedettes offensives, afin de respecter un plafond salarial qui débordait.



En défensive, on a sauvé les meubles quand les deux piliers de cette brigade, Khalil Mack et Joey Bosa (photo ci-dessus), ont accepté des coupures salariales.  Par mesures budgétaires, les Chargers ont tout de même dû dire adieu aux secondeurs Eric Kendricks et Kenneth Murray, ainsi qu'au demi défensif Michael Davis.

On les a remplacés en faisant venir Poona Ford (ex-Bills et ex-Seahawks), Denzel Perryman (un revenant puisqu'il a joué pour l'équipe, de 2015 à 2020), et le demi de coin Kristian Fulton (ex-Titans).  Si la situation demeure bonne avec les demis de sûreté Alohi Gilman et Derwin James, c'est loin d'être aussi reluisant chez les demis de coin, avec Fulton et Asante Samuel Jr.

La défense anti-aérienne des Chargers a été une des pires de la NFL l'an dernier en permettant 4 246 verges aux adversaires (30e échelon de la Ligue).  Et au sol, elle a accordé 18 touchés aux coureurs ennemis (aussi parmi les pires stats de la NFL).  À moins que le nouveau coordonnateur de la défensive, Jesse Minter fasse des miracles avec ses ouailles, ça ne devrait pas s'améliorer beaucoup, même si on peut difficilement faire aussi pire qu'en 2023-24.



Au niveau des secondeurs de ligne, Daiyan Henley (photo ci-dessus) et Perryman vont essayer de tenir le fort, mais ce ne sont pas des "super man" non plus.  Ils ne sont pas du même excellent calibre que Mack et Bosa.  Ce dernier est un "monstre" mais aux pieds d'argile.  Souvent blessé, il n'a disputé que 14 des 34 derniers matchs de son équipe.

À l'intérieur de la première ligne de cette unité défensive, Poona Ford n'apportera guère de respectabilité en jouant aux côtés de Morgan Fox, et Otito Ogbonnia.  Aucun d'eux ne se classe parmi les meilleurs de la NFL à leur position.  Heureusement, avec Mack et Bosa, le front 7 est en mesure de faire pression sur les quarts arrières adverses (la défensive a réussi 48 sacks en 2023-24).  

Dans l'ensemble, cependant, cette défensive va encore faire partie du dernier tiers du circuit Goodell, en termes de qualité et de capacité.  Pour elle, c'est essentiel que l'attaque au sol, sur laquelle Jim Harbaugh mise énormément, contrôle le temps de possession du ballon, afin qu'elle ne soit pas trop mise à l'épreuve, étant donné sa vulnérabilité.



La formidable réputation de Jim Harbaugh l'a précédé avec les ex représentants de San Diego.  Les parieurs, et certains experts, croient fermement qu'il fera immédiatement des Chargers un club gagnant.  Ils le voient même remporter le titre d'entraîneur de l'année dans la NFL, à la fin de la saison prochaine.  J'en doute énormément, même si on le dit capable d'opérer des retournements spectaculaires, en faisant quelques miracles.

La défensive reste poreuse, et l'offensive a été changée presque totalement durant la saison morte.  Il n'y a plus de receveur numéro un dans cette attaque.  Keenan Allen a été échangé aux Bears de Chicago; et Mike Williams mettra son immense talent au service des Jets de New York.

Pour prendre leur place, Joshua Palmer et Quentin Johnston obtiennent une promotion, mais c'est la recrue Ladd McConkey (2e ronde, 34e choix au total) qui inspire les plus grands espoirs à ce poste.



Johnston a déçu à sa saison recrue l'an passé.  Palmer (photo ci-dessus) a assez bien fait quand il a été appelé à remplacer Allen et Williams, qui ont souvent été blessés, au cours des trois dernières saisons.  Mais Palmer ne semble pas avoir l'étoffe d'un ailier espacé numéro 1.

Les Chargers ont embauché l'agent libre DJ Chark Jr (photo ci-dessous), qui n'a connu qu'une seule bonne campagne, en 2019, avec les Jaguars, mais il éprouve très souvent des ennuis de santé.  D'ailleurs, il est encore sur le carreau.  Il souffre actuellement d'une blessure à la hanche.

Il y a eu des changements également au poste d'ailier rapproché.  Will Dissly (ex-Seahawks), et Hayden Hurst, (avec les Panthers en 2023-24), remplacent Gerald Everett (rendu à Chicago), et Nick Vannett (maintenant un Titans).



Les deux nouveaux venus sont surtout reconnus pour être de bons bloqueurs pour le jeu au sol.  Un style qu'a toujours privilégié, et qui a fait le succès du coach Jim Harbaugh.  Mais le football de la NFL a bien changé depuis que Harbaugh a quitté la Ligue (neuf ans).  Des changements de règlements ont favorisé l'attaque aérienne, et le jeu au sol a perdu des adeptes chez les entraîneurs du circuit Goodell.

Si Harbaugh s'entête à courir d'abord, et surtout, avec le ballon, afin de mettre la table pour les jeux de passes, avec un bon passeur comme Justin Herbert, est-ce qu'il ne pourrait pas être dépassé par la mode aérienne en vogue maintenant chez les professionnels ?

En tous les cas, cela ne semble pas son intention d'abandonner ses anciennes tactiques.  Pour lui, la base de l'offensive, c'est avant tout une bonne ligne à l'attaque, capable de gagner les guerres de tranchées, et d'ouvrir le chemin aux porteurs de ballon. C'est pourquoi avec le choix de première ronde (5e au total), il a sélectionné le plaqueur Joe Alt, pour commencer la reconstruction de cette unité offensive de base.



Le joueur de centre Corey Linsley ayant pris sa retraite, les Chargers ont engagé l'agent libre Bradley Bozeman (ex-Panthers de la Caroline / no 75 photo ci-dessus) pour lui succéder.  Ajoutés aux partants Rashawn Slater, Zion Johnson, et Trey Pipkins, ces nouveaux venus forment une unité fort respectable.  Une base suffisante pour mettre à exécution les desseins de coach Harbaugh.

On ne peut pas en dire autant, en ce qui concerne l'autre partie des plans d'offensive terrestre du renommé entraîneur en chef.  Il devra réaliser ces plans sans le versatile et très bon demi offensif Austin Ekeler, qui a quitté les Chargers pour aller jouer avec le club de Washington.  Joshua Kelley ne fait plus partie des plans non plus, puisqu'il s'aligne maintenant avec les Giants de New York.

Les remplaçants sont deux anciens des Ravens de Baltimore, les agents libres Gus Edwards et J.K. Dobbins.  Souvent blessé, ce dernier n'a joué que neuf parties au cours des deux dernières campagnes.  Il revient d'une grave blessure au tendon d'Achille, après avoir subi une opération pour reconstruire un genou, l'année précédente.
 


Edwards (photo ci-dessus), lui, a été plus utilisé l'an passé, par les Ravens, mais sa moyenne de verges par course a chuté à 4,1.  Lui et Dobbins sont inconstants.  Ils ne sont pas considérés comme des demis offensifs de première classe.  Pas comme l'est Ekeler, en tous cas.

S'ils ne font pas le travail exigeant escompté par Harbaugh, c'est peut-être la recrue Kimani Vidal (choix de 6e ronde) qui sera appelée à la rescousse.

Reste Justin Herbert (photo ci-dessous).  Après deux bonnes premières saisons en 2020 et 2021, son rendement a diminué au cours des deux dernières.  Ses passes de touché ont baissé de 69 à 45.  Et son coefficient d'efficacité a baissé de 98 à 93.



Il a surtout un défaut aggravant.  Depuis son arrivée dans la NFL en 2020, il est le quart arrière qui a lancé le plus d'interceptions au 4e quart, alors que le pointage était serré.  Il n'a pas une fiche gagnante jusqu'ici (deux parties sous la barre de .500).  Il est bon, mais il ne fait pas encore partie de l'élite des QBs de la Ligue.

Herbert devra encore apprendre un nouveau livre de jeux, car un quatrième coordonnateur offensif en cinq ans, Greg Roman, s'amène avec l'équipe.  Celui-ci partage la philosophie de Jim Harbaugh pour la prédominance du jeu au sol. 

Unités Spéciales

Les trois principaux occupants des postes des unités spéciales sont de retour cette année : le botteur de précision Cameron Dicker (no 11, photo ci-dessous), le botteur de dégagements JK Scott, et le retourneur de bottés Derius Davis.



Conclusion

Les Chargers ont souvent eu des clubs talentueux, mais sans obtenir de bons résultats.  Ils n'ont participé que deux fois aux séries éliminatoires au cours de la dernière décennie.  Leur dernier championnat de division remonte à 2009.

Certes, ils ont maintenant un entraîneur qui pourrait les sortir de leur médiocrité et de leur manque d'opportunisme.  En carrière, à tous les niveaux où il a coaché, il possède un taux de victoires impressionnant à 72½ %.

Les Chargers jouissent du 2e calendrier le plus facile de la NFL cette saison, ce qui est avantageux.  Mais c'est un club en transition.  Harbaugh et ses assistants ont beaucoup de travail à faire avant que leur alignement réponde à leurs objectifs.  Le personnel actuel a des croutes à manger avant d'être à la hauteur de leurs aspirations.



La défensive n'est pas à point.  Le groupe de receveurs est très inexpérimenté, et manque d'un véritable numéro un.  Les nouveaux demis offensifs sont fragiles et inconstants.  Ils n'ont pas les outils nécessaires pour remplir adéquatement l'immense tâche qui les attend.

Jim Harbaugh est un coach extraordinaire et un bon enseignant.  Mais réussir à faire des Chargers un club gagnant, dès cette année, est un tour de magie que même lui ne peut pas accomplir.  À moins qu'il me fasse mentir...  Rien ne semble impossible pour lui...


















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