Dans ces circonstances, le club qui remportera la guerre des tranchées, aura l'attaque au sol la plus efficace, évitera le plus les revirements, et disposera des meilleures unités spéciales, aura le plus de chances de l'emporter.
Les Bills et les Steelers ont commencé la présente campagne sur les chapeaux de roues : Buffalo gagnant ses quatre premières parties, et Pittsburgh quatre de ses cinq premières. Mais les deux clubs ont éprouvé pas mal de difficultés ensuite, surtout en défensive.
La défense contre le jeu au sol des Bills croupit au 30e rang de la NFL pour les verges accordées par match (148,9), elle est 31e pour les verges allouées par portée, et 30e pour le nombre de courses de 20 verges et plus concédées (11 de + de 20 verges, 5 de plus de 40 verges).
De son côté, c'est la défense contre la passe qui mine la défensive des Steelers. C'est la pire de la Ligue Nationale avec une affreuse moyenne de 258,7 verges permises par rencontre. C'est à ce niveau que la mauvaise température prévue dimanche pourrait l'aider, car les longues passes seront difficiles à compléter, dans ces conditions défavorables.
En ce qui concerne la guerre des tranchées, l'avantage pourrait bien aller du côté de Pittsburgh. La ligne à l'attaque de Buffalo est ravagée par les blessures, et cela a paru, la semaine dernière, dans la défaite des Bills contre les Texans de Houston. Le quart arrière Josh Allen a été pourchassé toute la journée par les chasseurs de quarts des Texans, et il a été victime de huit sacs et de deux interceptions.
Le "pass rush" des Steelers, avec en tête T.J. Watt, Nick Herbig, Alex Highsmith, et Keeanu Benton, pourrait donc avoir du succès contre la ligne offensive affaiblie des Bills. Et si le blocage effectué par les remplaçants des blessés de cette unité est de moins bonne qualité, cela prive partiellement l'avantage de l'attaque au sol de Buffalo, avec un James Cook ayant moins de brèches pour se faufiler à travers les rangs ennemis.
Pour ce qui est du facteur clé des revirements, sur un terrain qui sera probablement glissant, le dossier actuel de la troupe du coach Mike Tomlin est plus reluisant que celui des porte couleurs de la formation de Buffalo. Les Steelers ont un différentiel de + 8 (20 en leur faveur, dont 11 échappés recouvrés, 12 contre), tandis que les Bills sont - 2 (13 en leur faveur, 15 contre, dont 9 interceptions).
Si l'attaque terrestre devient prépondérante, à cause du "temps de chien", les porteurs de ballon seront engagés dans une guerre d'usure et de robustesse, la surface de jeu glissante limitant les courses hors l'aile ou en périphérie.
James Cook (ci-dessus) est pratiquement le seul demi offensif utilisé par Buffalo. Il aura besoin de beaucoup d'énergie pour foncer fréquemment au centre du front défensif des Steelers, qui l'attendra de pied ferme. La défense de Pittsburgh contre le jeu au sol s'est resserrée dernièrement, et elle a accorde très rarement (quatre fois cette saison, 3e meilleur bilan dans la NFL) de longues courses (20 verges et +).
Tandis que chez les adversaires, Pittsburgh dispose d'un bon duo de porteurs de ballon (Jaylen Warren et Kenneth Gainwell) qui peut se partager la charge de travail. Ils bénéficient aussi de bons blocs de leur ligne offensive (8e meilleur taux de succès dans la Ligue).
Dans un match compliqué par les conditions atmosphériques défavorables à l'attaque aérienne, les courtes passes seront privilégiées, et les ailiers rapprochés risquent d'être très sollicités. Encore là, les Steelers sont avantagés avec Pat Freiermuth (6'5" - 258 lbs), Jonnu Smith (6'3" - 248 lbs) et l'énorme Darnell Washington (6'7" - 264 lbs). Chez les Bills, il n'y a pas une telle abondance d'ailiers rapprochés, avec Dalton Kincaid qui est blessé (ischio-jambiers, cas incertain pour dimanche), et Dawson Knox, qui n'a que 16 réceptions à son crédit, cette année.
D'ailleurs, les Bills ont de gros problèmes avec leurs receveurs cette saison. Il n'y a que Khalil Shakir qui offre un rendement satisfaisant. Keon Coleman a été rayé deux fois de l'alignement en raison de son inefficacité, et Josh Palmer est blessé. On a donc dû demander de l'aide en embauchant le vétéran Brandin Cooks, récemment libéré par les Saints de la Nouvelle Orléans.
Aaron Rodgers (photo ci-dessous) retrouvera son poste de quart partant, après avoir raté le dernier match des siens (défaite de 31 à 28 à Chicago) à cause d'une blessure au poignet gauche. Il excelle dans ce genre de rencontre où le jeu aérien commande de courtes passes vives sur les flancs, des passes pièges ou voilées, ainsi que des relais rapides dans les zones intermédiaires mal protégées.
Les Bills ont perdu trois de leurs cinq joutes sur la route, tandis que les Steelers ont un bilan positif de 4-2 à la maison. Avec une victoire dimanche, Pittsburgh reprendrait l'exclusivité du premier rang de la division Nord de la Conférence Américaine. Un revers des Bills les mettrait en danger de rater les séries de fin de saison. L'enjeu est donc grand pour cet affrontement.
Les Bills sont favoris par un placement pour gagner dimanche, en fin d'après-midi, à Pittsburgh. Mais je pense que plus les conditions météo seront mauvaises, plus les chances de l'emporter se retrouveront dans le camp des hommes de Mike Tomlin.
Bills 17, Steelers 20.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire