Les champions défendants du Super Bowl de février dernier, n'ont plus le "mordant" et l'aplomb de la saison victorieuse de l'an passé. En 2024-25 ils ne se seraient pas fait remonter au pointage après avoir pris une avance de 21 à 0, comme ce fut le cas dimanche passé, dans leur revers de 24 à 21 aux mains des Cowboys de Dallas.
Que se passe-t-il donc chez les Eagles pour justifier cette apparente perte de désir de vaincre et de résilience devant l'adversité ? L'esprit d'équipe semble être miné par des critiques entre coéquipiers. Le jeu au sol, la grande force du club l'an dernier, avec la saison incroyable de Saquon Barkley, ne fonctionne plus du tout cette saison. Et le quart arrière Jalen Hurts (photo ci-dessous) est souvent incapable de mettre en marche l'attaque aérienne, pour compenser la panne de l'offensive terrestre.
Bref, de ce côté-là du ballon, les Aigles sont tombés dans le dernier tiers des attaques du circuit Goodell, en compagnie des formations les moins performantes.
Pendant ce temps, la défensive tient le fort tant bien que mal, mais elle ne peut pas gagner les matchs à elle seule, bien qu'elle l'ait fait à quelques reprises jusqu'ici. Elle a perdu des joueurs importants dans l'entre saison et ça paraît. Elle n'est plus aussi dominante qu'autrefois.
Mais il ne faut pas dramatiser la situation non plus. Les hommes de l'entraîneur Nick Sirianni sont toujours confortablement en tête de la division Est de la Conférence Nationale, et bien des équipes ont plus de problèmes qu'eux.
Mais il faut qu'ils réagissent avec conviction vendredi, contre les Bears de Chicago, un club surprenant, en pleine ascension, et qui joue avec confiance, après une seconde poussée de quatre victoires consécutives cette saison. Le très respecté coach des Ours, Ben Johnson (photo ci-dessus), a conduit sa troupe au premier rang de la section Nord de la Conférence Nationale, ce que personne n'avait prévu.
Gourou de l'offensive quand il était avec les Lions de Détroit, au cours des dernières années, il a fait, en très peu de temps, de l'attaque de sa nouvelle équipe, une des meilleures de la NFL. Celle-ci est la 2e meilleure pour les gains au sol, avec une moyenne de 142,3 verges par match, et elle est 8e pour le plus grand nombre de points marqués, avec 26,3 points par partie.
Les Bears (8-3) n'ont cependant battu qu'un seul club avec une fiche positive cette saison. C'est arrivé la semaine passée contre les Steelers de Pittsburgh, mais ceux-ci étaient privés de leur quart arrière Aaron Rodgers, blessé à un poignet.
De plus, les Bears ont un différentiel négatif de - 3, entre les points marqués, et les points accordés. C'est seulement la 3e équipe dans l'histoire de la NFL à avoir remporté huit de ses onze premiers matchs, tout en ayant un différentiel négatif.
Les Bears de Ben Johnson joue avec confiance et défiance, sans complexe, et avec agressivité. Ils dominent la Ligue pour les revirements provoqués avec 24, soit 16 interceptions et 8 échappés recouvrés. Ce qui compense pour leurs faiblesses défensives (27e pour les points accordés avec 26,5 par match, et leur vulnérabilité contre le jeu au sol où ils sont 30e avec 5,18 verges allouées par course), que les analystes pointent du doigt, pour leur prédire une chute au classement, dans les prochaines semaines.
En effet, le calendrier de Chicago se corse à partir de cette semaine. Les Bears n'affronteront qu'un seul club avec un dossier négatif (Cleveland) d'ici la fin de la saison. Et leur défensive sera d'autant plus mise à rude épreuve parce qu'elle compte une multitude de blessés.
On verra donc de quel bois se chauffe ces Bears. Sont-ils vraiment aussi bons que leur fiche semble le démontrer ? Vont-ils réussir autant de retours gagnants dans les derniers quarts de match, comme ils l’ont fait à plusieurs reprises cette année ?
Le quart arrière Caleb Williams a en effet réussi ce tour de force, en guidant ses coéquipiers à des victoires de ce genre, au cours des trois dernières semaines. Il affiche une force de caractère peu commune, et Ben Johnson l'a transformé en joueur que rien ne semble pouvoir arrêter.
Il se classe maintenant dans le top-10 des quarts les plus performants de la Ligue, et son bras puissant lui permet d'occuper la 5e place pour le nombre de passes de 20 verges et plus, avec 37. Il doit encore travailler la précision de ses passes, qui reste décevante à 59,2 %. Contrairement à la saison dernière, il évite les jeux trop risqués en restant discipliné. Ici, c’est l’expérience et le soutien de Ben Johnson qui font toute la différence.
Ce qui fait aussi la différence, c'est la complicité qu'il a développée avec ses ailiers espacés Rome Odunze (photo ci-dessus) et D.J. Moore, deux receveurs qui jouent de mieux en mieux dans le système offensif génial de Ben Johnson. Ils ont déjà réussi 20 jeux explosifs de 20 verges et plus, cette saison.
Caleb Williams a aussi découvert un ailier rapproché qui le sert très bien : la recrue Colston Loveland, qui s'affirme de plus en plus à mesure que son utilisation augmente. Il compte déjà six passes de plus de 20 verges à son actif, ainsi que trois touchés. Il possède des mains sures, et des qualités athlétiques qui lui permettent d'échapper à ses poursuivants, et de réaliser des jeux clés.
Le fait saillant de la rencontre de vendredi contre les Eagles pourrait être l'incapacité de la défense des Bears d'arrêter le jeu au sol. Quand l'attaque terrestre de Philadelphie réussit à franchir la barre des 100 verges de gains, les Eagles gagnent (fiche de 5-0). Les Bears en concèdent en moyenne 138,1 par match. Et avec tous les blessés qu'ils ont cette semaine, ça ne va pas aller pour le mieux.
En plus, même si l’attaque des Ours a été impressionnante cette saison, elle n’a pas encore eu à se mesurer à une défense du calibre de celle des Aigles. Caleb Williams sera mis sous pression par le front défensif de Philadelphie, et il pourrait avoir du mal à repérer ses receveurs, qui seront bien couverts par la défense anti aérienne du club local.
Mais pour espérer faire bonne figure vendredi contre ces Bears confiants et talentueux, les Eagles devront régler leurs problèmes. Le "pass rush" du front-7 n'a pas été régulier cette année, l'attaque au sol doit être meilleure, et Hurts dont aussi être plus constant comme passeur.
Les bookmakers pensent que ces carences seront corrigées vendredi, et que Philadelphie va gagner par un touché transformé (7 points). Après leur défaite gênante de la semaine dernière contre Dallas, les Eagles ont quelque chose à prouver. Leurs efforts seront plus soutenus contre les Bears, qui eux, feront face à leur plus grand défi de la saison, contre les champions de la saison passée.
Bears 20, Eagles 24.
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